Ouvrez le livre de Vayikra (le Lévitique) et vous tomberez, pendant sept chapitres, sur des animaux, de la farine, du sang, de la fumée. Pour un lecteur d’aujourd’hui, rien n’est plus étranger. Pourquoi D’ a-t-Il demandé des sacrifices ? Fallait-il vraiment verser du sang pour obtenir le pardon ? Et que reste-t-il de tout cela dans le judaïsme, deux mille ans après la destruction du Temple ? Cet article répond à partir de la Torah, de la Michna, du Talmud, de Rambam (Maïmonide), de Ramban (Na’hmanide) et du Rav Raphaël Benizri, en distinguant la halakha (la loi pratique), la lecture morale et la lecture mystique.
Le mot hébreu korban (pluriel korbanot) vient de la racine karav, « s’approcher » : il désigne une offrande par laquelle l’homme se rapproche de D’. Il y en avait de plusieurs sortes (montée, farine, repas de paix, expiation, culpabilité), offertes au Sanctuaire puis au Temple de Jérusalem selon des règles très précises (Vayikra 1-7). Les Sages n’ont jamais dit que le sang, à lui seul, effaçait quoi que ce soit : sans regret ni aveu, le sacrifice n’expiait rien (Rambam, Hilkhot Techouva 1, 1). Depuis la destruction du Temple en l’an 70, il n’y a plus de sacrifices ; la prière, l’étude et la bonté en tiennent la place, et la tradition espère leur retour, avec des lectures qui divergent sur la forme qu’il prendra.
Qu’est-ce qu’un korban ?
La Torah ouvre son troisième livre par cette parole : « Parle aux enfants d’Israël et dis-leur : quand l’un d’entre vous apportera une offrande (korban) à l’Éternel, vous l’apporterez du bétail, du gros ou du menu bétail » (Vayikra 1, 2) :
« Parle aux enfants d’Israël et dis-leur : lorsqu’un homme d’entre vous apportera une offrande à l’Éternel, du bétail, du gros bétail ou du menu bétail, vous apporterez votre offrande. »
(Vayikra 1, 2) — דַּבֵּר אֶל־בְּנֵי יִשְׂרָאֵל וְאָמַרְתָּ אֲלֵהֶם אָדָם כִּי־יַקְרִיב מִכֶּם קָרְבָּן לַה׳ מִן־הַבְּהֵמָה מִן־הַבָּקָר וּמִן־הַצֹּאן תַּקְרִיבוּ אֶת־קָרְבַּנְכֶם
Le verbe est celui du rapprochement (yakriv, « il fera approcher »). Le mot « sacrifice » est donc un peu trompeur : il évoque la privation, alors que korban dit l’approche. Le livre lui-même s’appelle en hébreu Vayikra, « Il appela », du premier mot du verset 1, 1 : D’ appelle Moché depuis la tente d’assignation avant de lui transmettre ces lois.
Deux traits ressortent déjà de ce verset. D’abord, l’offrande est volontaire dans son élan : « un homme d’entre vous » qui veut s’approcher. Ensuite, elle est encadrée : la Torah fixe les espèces, le lieu, les officiants. Dans la tradition, un seul lieu est légitime : « le lieu que l’Éternel, votre D’, choisira parmi toutes vos tribus pour y mettre Son nom » (Devarim 12, 5), c’est-à-dire le Sanctuaire puis le Temple de Jérusalem (voir Qu’est-ce que le Beit Hamikdash, le Temple de Jérusalem ?).
Ce que la Torah ne dit pas non plus, et que la tradition a souvent rappelé, c’est que l’homme n’a pas inventé le sacrifice pour apaiser un D’ affamé. Le Psaume 50 est explicite : « Si j’avais faim, je ne te le dirais pas, car à Moi est le monde et ce qu’il contient. Mangerais-je la chair des taureaux, boirais-je le sang des boucs ? » (Tehilim 50, 12-13). L’offrande n’a pas pour but de nourrir D’ ; c’est l’homme qui a besoin de s’approcher.
Les familles de sacrifices et leur déroulement
Les cinq grandes catégories
Les sept premiers chapitres de Vayikra distinguent cinq grandes offrandes individuelles, auxquelles s’ajoutent les offrandes publiques :
- La ola (« montée »). Un animal mâle sans défaut, entièrement brûlé sur l’autel : « le cohen fera fumer le tout sur l’autel : c’est une montée, un feu d’odeur apaisante pour l’Éternel » (Vayikra 1, 3 et 1, 9). C’est le sacrifice de l’élan sans contrepartie : rien n’en est consommé par l’offrant.
- La minha (offrande de farine). De la fleur de farine, de l’huile, de l’encens (Vayikra 2, 1) : l’offrande végétale, accessible à ceux que l’animal dépasse.
- Les chelamim (« sacrifices de paix »). L’animal est partagé : une part brûlée sur l’autel, une part pour les cohanim, le reste mangé par l’offrant et ses invités dans l’enceinte sacrée (Vayikra 3, 1 ; 7, 11-15). Dans cette famille entre la toda, l’offrande de reconnaissance, accompagnée de pains (Vayikra 7, 12).
- La hatat (offrande d’expiation), pour une faute commise par inadvertance : « Quand une personne péchera par inadvertance… » (Vayikra 4, 2).
- L’acham (offrande de culpabilité), notamment pour celui qui a détourné un bien consacré (Vayikra 5, 15) ou nié un dépôt en jurant faussement, et qui doit d’abord restituer le bien en ajoutant un cinquième (Vayikra 5, 20-26).
À cela s’ajoutent les offrandes publiques, financées par la communauté entière. La plus importante est le tamid, « l’offrande perpétuelle » : « deux agneaux d’un an par jour, sans défaut… l’un le matin, l’autre entre les deux soirs » (Bamidbar 28, 3-4 ; Chemot 29, 38-39), pendant qu’un feu perpétuel brûle sur l’autel (« un feu perpétuel brûlera sur l’autel, il ne s’éteindra pas », Vayikra 6, 6). Le Chabbat, on y ajoute deux agneaux (Bamidbar 28, 9-10), et les fêtes ont leurs offrandes propres. Enfin, le korban Pessah, l’agneau pascal de la nuit du séder, est un sacrifice à part (Chemot 12) ; nous y reviendrons plus bas.
Comment se déroulait une offrande
L’offrant amenait l’animal « à l’entrée de la tente d’assignation » (Vayikra 1, 3), posait les mains sur sa tête (« il appuiera sa main sur la tête de la ola, et elle sera agréée pour lui, pour l’expier », Vayikra 1, 4), puis l’animal était abattu « du côté nord de l’autel, devant l’Éternel », et « les fils d’Aharon, les cohanim, aspergeront son sang sur l’autel, tout autour » (Vayikra 1, 11). L’animal était alors découpé, lavé, et le cohen « le faisait fumer » sur l’autel (Vayikra 1, 9). La Michna détaille ensuite, pour les offrandes dont le sang est déposé sur l’autel, le nombre de déposes de sang nécessaires à l’expiation (Michna Zevachim 4, 1).
Retenez trois idées. Le sang, la vie (« car l’âme de la chair est dans le sang », Vayikra 17, 11) a un traitement à part : il est réservé à l’autel et interdit à la consommation. Le service de l’autel appartient aux cohanim, descendants d’Aharon. Enfin, l’offrande doit être sans défaut : l’homme apporte ce qu’il a de meilleur.
Un dernier point, souvent oublié : l’offrande était à la portée de tous. Pour celui dont les moyens ne permettent pas deux tourterelles, la Torah accepte « un dixième d’épha de fleur de farine » (Vayikra 5, 11). Les Sages en tirent une leçon de portée générale :
« Il est dit de la ola de bétail : “feu d’odeur apaisante” ; de la ola d’oiseau : “feu d’odeur apaisante” ; de la minha : “feu d’odeur apaisante” — pour t’apprendre que celui qui en donne beaucoup et celui qui en donne peu, c’est pareil, pourvu qu’il oriente son cœur vers le Ciel. »
(Michna Menahot 13, 11) — נֶאֱמַר בְּעוֹלַת הַבְּהֵמָה אִשֵּׁה רֵיחַ נִיחֹחַ, וּבְעוֹלַת הָעוֹף אִשֵּׁה רֵיחַ נִיחֹחַ, וּבַמִּנְחָה אִשֵּׁה רֵיחַ נִיחֹחַ, לְלַמֵּד, שֶׁאֶחָד הַמַּרְבֶּה וְאֶחָד הַמַּמְעִיט, וּבִלְבַד שֶׁיְּכַוֵּן אָדָם אֶת דַּעְתּוֹ לַשָּׁמָיִם
C’est la clef de lecture de toute la matière : ce qui est « apaisant » (nikho’ah) n’est ni la quantité ni la fumée, mais l’orientation du cœur.
Pourquoi des sacrifices ? Trois grandes lectures
La Torah ne donne pas de raison systématique ; les commentateurs en ont proposé plusieurs, et ils ne s’accordent pas. Ces raisons (ta’amé hamitsvot) relèvent de la réflexion des maîtres, pas de la halakha elle-même : on ne les enseigne pas comme des lois.
Rambam : une pédagogie progressive
Pour Rambam, qui s’exprime dans le Guide des égarés (III, 32 et III, 46), les sacrifices ne sont pas la fin de la Torah, mais un moyen. À une humanité qui ne connaissait d’autre culte que celui des sacrifices, D’ n’a pas ordonné d’abandonner d’un coup tout ce qui structurait sa vie religieuse. Il a gardé la forme et en a changé le destinataire :
« Pour cette raison, D’ a permis que ces formes de culte subsistent : Il a reporté sur Son service ce qui servait auparavant à adorer des êtres créés et des choses imaginaires, et Il nous a commandé de Le servir de la même manière : Lui bâtir un temple (“qu’ils Me fassent un sanctuaire”, Chemot 25, 8), dresser l’autel à Son nom, Lui offrir des sacrifices, nous prosterner devant Lui et brûler l’encens devant Lui. »
(Rambam, Guide des égarés III, 32, d’après la traduction anglaise de M. Friedländer ; l’original est en judéo-arabe)
Rambam précise aussitôt la hiérarchie : les prières et les supplications sont « plus proches de l’objectif principal » que les sacrifices, d’où les restrictions imposées au sacrifice (un seul lieu, une seule famille de prêtres). C’est pour lui que les prophètes pouvaient, sans contradiction, parler durement des sacrifices (nous y revenons plus bas). Et il explique le choix des espèces (bœuf, mouton, chèvre, colombe) par les cultes d’alentour : ce que les idolâtres vénéraient, Israël doit l’offrir à D’ (Guide III, 46).
Ramban : l’homme se voit lui-même sur l’autel
Ramban (Na’hmanide) rejette cette lecture dans son commentaire sur Vayikra 1, 9. Il objecte que Noé offre un sacrifice dès sa sortie de l’arche, avant tout Chaldéen ou Égyptien (Bereshit 8, 20-21), et que Abel avait déjà apporté de ses premiers-nés (Bereshit 4, 3-4) : le sacrifice n’est donc pas né de l’idolâtrie. Surtout, il refuse de réduire des offrandes que la Torah appelle « feu d’odeur apaisante » à un remède contre les erreurs de l’esprit. Il propose alors l’explication « qu’il est plus convenable d’entendre » :
« Comme les actes des hommes s’accomplissent par la pensée, la parole et l’action, D’ a ordonné que, lorsqu’il a fauté et qu’il apporte une offrande, il appuie ses mains sur elle en face de l’acte, qu’il confesse de sa bouche en face de la parole, qu’il brûle au feu les entrailles et les reins, qui sont les instruments de la pensée et du désir, et les pattes, en face des mains et des pieds de l’homme qui accomplissent toute son œuvre, et qu’il asperge le sang sur l’autel en face de son sang dans son âme. Tout cela, pour qu’en le faisant, l’homme pense qu’il a fauté envers son D’ par son corps et par son âme, et qu’il aurait mérité que son sang soit répandu et son corps brûlé, n’était la bonté du Créateur qui a pris de lui un substitut et une rançon : cette offrande, pour que son sang soit à la place de son sang, une âme à la place d’une âme. »
(Ramban sur Vayikra 1, 9) — כִּי בַּעֲבוּר שֶׁמַּעֲשֵׂי בְּנֵי אָדָם נִגְמָרִים בְּמַחְשָׁבָה וּבְדִבּוּר וּבְמַעֲשֶׂה, צִוָּה הַשֵּׁם כִּי כַּאֲשֶׁר יֶחֱטָא יָבִיא קָרְבָּן יִסְמֹךְ יָדָיו עָלָיו כְּנֶגֶד הַמַּעֲשֶׂה, וְיִתְוַדֶּה בְּפִיו כְּנֶגֶד הַדִּבּוּר, וְיִשְׂרֹף בָּאֵשׁ הַקֶּרֶב וְהַכְּלָיוֹת שֶׁהֵם כְּלֵי הַמַּחֲשָׁבָה וְהַתַּאֲוָה, וְהַכְּרָעַיִם כְּנֶגֶד יָדָיו וְרַגְלָיו שֶׁל אָדָם הָעוֹשִׂים כָּל מְלַאכְתּוֹ, וְיִזְרֹק הַדָּם עַל הַמִּזְבֵּחַ כְּנֶגֶד דָּמוֹ בְּנַפְשׁוֹ
La logique est remarquable : le rituel est un miroir. L’homme qui pose les mains sur l’animal, avoue, voit brûler les entrailles et couler le sang, ne regarde plus le sacrifice du dehors : il lit sur lui-même ce que sa faute aurait pu lui coûter. Ramban la présente comme celle que « disent les sages » (les éditeurs y reconnaissent la pensée d’Ibn Ezra), et la qualifie de « paroles à accepter, qui séduisent le cœur comme des paroles de ‘agada » : sa force est morale et pédagogique. Les commentateurs ultérieurs ont souvent cherché à concilier Rambam et Ramban, plutôt qu’à trancher.
La lecture mystique et ‘hassidique
Ramban ajoute immédiatement une lecture « selon la voie de la vérité » (al derekh haémèt), c’est-à-dire la kabbale, qu’il évoque à demi-mot : un secret serait caché dans les offrandes. Il s’appuie sur un enseignement de Chimon ben Azaï : dans toute la section des sacrifices, la Torah n’emploie que le Nom de quatre lettres, jamais E-l, Elokim ou Chaddaï, « pour ne pas donner prise aux dissidents » (Sifré Pin’has ; Talmud, Menahot 110a, cité par Ramban sur Vayikra 1, 9). Pour Ramban, il y a là un secret que la tradition mystique développe ; nous ne l’exposons pas davantage ici.
Les courants ‘hassidiques développent volontiers l’idée que l’animal figure la part animale de l’homme (ses élans, ses appétits) qu’il s’agit d’« approcher » de D’ plutôt que de supprimer ; l’offrande devient transformation intérieure. Cette lecture est courante dans la ‘hassidout, mais elle est homilétique : elle ne remplace pas la loi.
Sefer Ha-’Hinoukh : D’ n’a besoin de rien
Le Sefer Ha-’Hinoukh (mitsva 95, qui range l’édification du Temple parmi les 613 commandements : voir Les 613 mitsvot) pose le cadre : toute la volonté divine d’obtenir que l’homme accomplisse les mitsvot n’a qu’un but, faire du bien à l’homme ; D’ n’a pas besoin de nos commandements. C’est le même fil que Tehilim 50 : le sacrifice est un chemin pour l’homme, pas une nourriture pour D’.

Les prophètes contre les sacrifices ?
On cite souvent les prophètes pour dire que D’ ne voulait pas des sacrifices. Les textes sont réels et durs :
- « À quoi bon pour Moi la multitude de vos sacrifices ? dit l’Éternel. Je suis rassasié d’holocaustes de béliers » (Yecha’yahou 1, 11) — et le prophète poursuit : « Apprenez à faire le bien, recherchez la justice » (1, 17).
- « Car j’ai voulu la bonté (‘hessed) et non le sacrifice, la connaissance de D’ plus que les holocaustes » (Hochéa 6, 6).
- « Je n’ai pas parlé à vos pères, Je ne leur ai pas commandé, le jour où Je les ai fait sortir d’Égypte, au sujet d’holocauste et de sacrifice » (Yirmeyahou 7, 22).
- « Si vous M’offrez des holocaustes, Je ne les agréerai pas… Que le droit coule comme l’eau, et la justice comme un torrent intarissable » (Amos 5, 22-24).
- « L’obéissance vaut mieux que le sacrifice » (Chemouel I 15, 22) ; « faire la justice et le droit est plus agréable à l’Éternel que le sacrifice » (Michlé 21, 3).
« À quoi bon pour Moi la multitude de vos sacrifices, dit l’Éternel ? Je suis rassasié d’holocaustes de béliers et de graisse de bêtes grasses, et le sang des taureaux, des agneaux et des boucs, Je ne le désire pas. »
(Yecha’yahou 1, 11) — לָמָּה־לִּי רֹב־זִבְחֵיכֶם יֹאמַר ה׳ שָׂבַעְתִּי עֹלוֹת אֵילִים וְחֵלֶב מְרִיאִים וְדַם פָּרִים וּכְבָשִׂים וְעַתּוּדִים לֹא חָפָצְתִּי
Faut-il y lire une abolition ? Ce n’est pas la lecture de la tradition. Les mêmes prophètes, Yecha’yahou en tête, annoncent que dans l’avenir, les offrandes des nations seront agréées sur l’autel de D’, car « Ma maison sera appelée maison de prière pour tous les peuples » (Yecha’yahou 56, 7). Le prophète Malachie attend le jour où « l’offrande de Yehouda et de Yerouchalayim sera agréable à l’Éternel, comme aux jours d’autrefois » (Mal’akhi 3, 4). Ce que les prophètes dénoncent, c’est le sacrifice devenu écran : l’homme qui multiplie les holocaustes tout en opprimant l’orphelin et la veuve. La tradition lit donc ces versets comme une hiérarchie : l’offrande n’a de valeur que si elle accompagne la justice. C’est exactement ce que dit la Michna sur l’intention du cœur (Menahot 13, 11, cité plus haut).
Rambam, lui, résout la difficulté de Yirmeyahou 7, 22 de deux façons dans le Guide (III, 32) : ou bien la finalité première du commandement est l’obéissance (« Écoutez Ma voix »), le sacrifice n’étant qu’un moyen ; ou bien ce verset renvoie aux premiers commandements, donnés à Mara avant le Sinaï, qui ne comportaient pas de loi de sacrifice. Dans les deux cas, ces versets ne sont pas une abrogation.
Un autre texte célèbre résume la position des Sages après la ruine. Rabban Yo’hanan ben Zakaï, sortant de Jérusalem avec Rabbi Yehoshoua’ devant le Temple en ruine, entend celui-ci s’écrier : « Malheur à nous, voici détruit le lieu où l’on expiait les fautes d’Israël ! » Rabban Yo’hanan lui répond :
« Ne sois pas peiné, mon fils : nous avons une autre expiation qui vaut celle-là. Laquelle ? Les actes de bonté (guemilout ‘hassadim), comme il est dit : “Car j’ai voulu la bonté et non le sacrifice” (Hochéa 6, 6). »
(Avot de-Rabbi Nathan A, 4) — א״ל בני אל ירע לך יש לנו כפרה אחת שהיא כמותה ואיזה זה גמ״ח שנאמר כי חסד חפצתי ולא זבח
(Nous citons la version A des Avot de-Rabbi Nathan, telle que la donne Sefaria ; « guemah » est l’abréviation de guemilout ‘hassadim.) Notons que Chimon Hatsaddik, grand prêtre du Second Temple, enseignait déjà que « le monde repose sur trois choses : sur la Torah, sur le service (avoda) et sur la pratique de la bonté » (Pirké Avot 1, 2). L’avoda, c’est ici le service du Temple, et il est placé au milieu : ni isolé, ni dominant.
Un sacrifice efface-t-il les fautes ?
C’est ici que se concentrent les malentendus les plus tenaces. Rappelons ce que dit la Torah, puis ce qu’en dit la loi orale.
La hatat ne concerne que l’inadvertance. L’offrande d’expiation couvre « celui qui pèche par inadvertance » (Vayikra 4, 2). Le péché commis volontairement ne se répare pas par un animal, mais par la techouva, le retour : voir Qu’est-ce que la techouva ?.
Il faut confesser. Pour tout fautif qui apporte une offrande, la Torah exige l’aveu : « il confessera ce en quoi il a fauté » (Vayikra 5, 5). Rambam en fait la clef de lecture de toute la matière :
« Ceux qui apportent des offrandes d’expiation et de culpabilité, lorsqu’ils les apportent pour leur faute involontaire ou volontaire, n’obtiennent pas l’expiation par leur offrande tant qu’ils n’ont pas fait techouva et confessé verbalement, comme il est dit : “il confessera ce en quoi il a fauté”. »
(Rambam, Michné Torah, Hilkhot Techouva 1, 1) — בַּעֲלֵי חַטָּאוֹת וַאֲשָׁמוֹת בְּעֵת שֶׁמְּבִיאִין קָרְבְּנוֹתֵיהֶן עַל שִׁגְגָתָן אוֹ עַל זְדוֹנָן אֵין מִתְכַּפֵּר לָהֶן בְּקָרְבָּנָם עַד שֶׁיַּעֲשׂוּ תְּשׁוּבָה וְיִתְוַדּוּ וִדּוּי דְּבָרִים
Le grand Jour du Pardon n’est pas automatique. Même Kippour n’expie que celui qui se repent : « Celui qui dit : je fauterai et Kippour expiera, Kippour n’expie pas » ; et pour les fautes envers autrui, il faut d’abord apaiser son prochain (Michna Yoma 8, 8-9). La Michna ajoute le mot de Rabbi Akiva : « Heureux êtes-vous, Israël ! Devant qui vous purifiez-vous, et qui vous purifie ? Votre Père qui est aux cieux » (Michna Yoma 8, 9).
Le bouc émissaire n’est pas un sacrifice. Le rite de Kippour des deux boucs (Vayikra 16) est souvent mal compris. L’un des deux est offert comme hatat sur l’autel ; l’autre, sur lequel le grand prêtre confesse les fautes du peuple, est envoyé au désert (Vayikra 16, 21-22) et, selon la Michna, précipité d’un rocher (Michna Yoma 6, 6). Ce n’est pas un animal innocent « puni à la place » des coupables : c’est un rite d’éloignement de la faute.
Dans le judaïsme, donc, l’expiation passe d’abord par la techouva, et le sacrifice n’en est qu’un accompagnement dans une situation précise. Cette distinction explique que le judaïsme ait pu continuer à vivre sans sacrifices après l’an 70, sans que le pardon ait cessé d’être possible. Cette question est au cœur d’un désaccord de longue date avec le christianisme. La position juive, que nous exposons ici sans polémique, est qu’aucun sang n’est nécessaire pour qu’un repenti soit pardonné : c’est la leçon de Rabban Yo’hanan ben Zakaï et de la Michna que nous venons de lire.
Ce qu’enseigne le Rav Raphaël Benizri
Le Rav Benizri n’a pas consacré de cours aux sacrifices en tant que tels, mais plusieurs de ses cours publiés les touchent, et nous les rapportons sans rien y ajouter.
- Le sanctuaire d’abord comme lieu d’élévation, non d’expiation. Dans son cours sur la parasha Tetsavé, le Rav conteste l’évidence selon laquelle le sanctuaire serait avant tout un lieu de sacrifices et de pardon des fautes. Pour lui, il est d’abord un makom, un lieu où l’on s’élève : le don qui l’édifie s’appelle terouma, « élévation ». Il note que le premier élément du sanctuaire apparaît juste après la révélation du Sinaï : un autel de pierre brute, « simplement un autel, et non un instrument d’expiation des péchés ». Voir le cours : Tetsavé : l’élévation de soi.
- Les sacrifices financés à parts égales. Dans ce même cours, le Rav rappelle que les dons pour le sanctuaire étaient de trois sortes, dont deux imposaient l’égalité stricte : un demi-sicle pour les socles, un demi-sicle pour financer les sacrifices, c’est-à-dire le fonctionnement du sanctuaire. Le riche ne pouvait pas donner plus, le pauvre pas moins.
- L’ouverture aux nations. Le Rav souligne qu’un non-Juif pouvait offrir un holocauste (ola) dans le Temple ; un seul sacrifice lui restait fermé, celui que l’on partage : les chelamim, divisés en trois parts (autel, cohen, propriétaires), car « manger devant D’, partager le repas en sa présence » est une idée à laquelle le monde païen n’était pas parvenu. Voir le même cours, et, sur Salomon laissant une place à tout étranger désireux d’apporter un sacrifice, Vayekhel : le Tabernacle hors de l’espace.
- Le Temple n’était pas un abattoir. Répondant à une question lors de son cours sur l’origine de la destruction, le Rav dit que le sanctuaire n’était certainement pas « un abattoir consacré à D’ » : les sacrifices se faisaient dans l’annexe du Temple, et ce qui comptait avant tout était la présence de D’, point de référence et de convergence de tout Israël, et l’unité retrouvée à chacune des fêtes de pèlerinage. Voir le cours : Ticha beAv : à l’origine de la destruction.
- Les sacrifices et les hommes de pouvoir. Dans ce dernier cours, le Rav commente aussi le récit de Kamtsa et Bar Kamtsa (Talmud, Guittine 55b-56a), où le refus d’offrir un animal portant un défaut léger, dans l’affaire d’un sacrifice envoyé par l’empereur, entraîne la guerre. Il y lit l’intolérance entre courants juifs qui a livré Jérusalem, plus qu’un simple point de rituel.
- Les trois piliers du monde. Dans son cours sur Pirké Avot, il observe que Chimon Hatsaddik, grand prêtre, aurait pu placer en tête la prière, le sacrifice ou le rituel du Temple, et qu’il ne l’a pas fait : il place d’abord la Torah, et avec elle la chaîne de transmission qui permet au peuple de se relever après chaque épreuve. Voir le cours : Pirkey Avot : les trois piliers du monde.
Sans Temple : que fait-on aujourd’hui ?
Aucun sacrifice ne s’offre aujourd’hui
Depuis la destruction du Second Temple, en l’an 70 de l’ère courante, aucun sacrifice n’est offert dans le judaïsme. Le sacrifice perpétuel avait même cessé avant la destruction : Flavius Josèphe indique que le tamid fit défaut le 17 Tamouz de l’an 70 (La Guerre des Juifs, VI, 2, 1), date que le Rav Benizri rappelle à propos du jeûne du 17 Tamouz (cours sur la destruction du premier Temple). Pour la tradition orthodoxe, offrir un sacrifice exige un Temple, un autel et des prêtres en état de pureté ; il n’y en a pas.
La Michna rapporte pourtant que Rabbi Yehoshoua’ avait entendu que « l’on peut offrir des sacrifices même s’il n’y a pas de Temple », puisque la sainteté première a sanctifié le lieu « pour son époque et pour le temps à venir » (Michna Eduyot 8, 6). Rambam en tire que la sainteté du Temple et de Jérusalem demeure à jamais, car elle tient à la Présence divine et que celle-ci ne s’annule pas (Hilkhot Beit Habé’hira 6, 14-16 ; 7, 7). Mais ce raisonnement n’a, dans la pratique, jamais conduit les grandes autorités à rétablir l’autel : le débat est resté théorique. Au XIXᵉ siècle, le rabbin Tsvi Hirsch Kalischer proposa, dans Derichat Tsion (1862), de reprendre le sacrifice de Pessah à Jérusalem avant même la venue du Messie ; sa thèse suscita de fortes réserves et ne fut pas suivie d’effets.
La prière, l’étude et la bonté tiennent la place des offrandes
Le Prophète Hochéa avait déjà ouvert la voie : « Prenez avec vous des paroles et revenez à l’Éternel… et nous paierons les taureaux par nos lèvres » (Hochéa 14, 3). Le Talmud formule la correspondance : les prières ont été instituées soit par les patriarches, soit « en face des offrandes perpétuelles » (Berakhot 26b) :
« On a dit : Rabbi Yossé fils de Rabbi ‘Hanina dit : les prières, ce sont les patriarches qui les ont instituées. Rabbi Yehoshoua’ ben Lévi dit : les prières ont été instituées en face des offrandes perpétuelles (temidin). »
(Berakhot 26b) — אִיתְּמַר, רַבִּי יוֹסֵי בְּרַבִּי חֲנִינָא אָמַר: תְּפִלּוֹת אָבוֹת תִּקְּנוּם. רַבִּי יְהוֹשֻׁעַ בֶּן לֵוִי אָמַר: תְּפִלּוֹת כְּנֶגֶד תְּמִידִין תִּקְּנוּם
C’est pourquoi il y a trois offices quotidiens, dont la Amida de Moussaf du Chabbat et des fêtes, qui correspond aux offrandes supplémentaires. Le psalmiste dit de même : « Que ma prière soit établie devant Toi comme l’encens, l’élévation de mes mains comme l’offrande du soir » (Tehilim 141, 2).
L’étude, elle aussi, est comptée comme offrande. Rabbi Chimon ben Lakich (Rech Lakich) enseigne que « quiconque étudie la Torah est comme s’il avait offert une ola, une minha, une hatat et un acham » (Menahot 110a). Et lorsque Avraham demande à D’ ce qu’il adviendra d’Israël quand il n’y aura plus de Temple, la réponse est :
« Maître du monde, cela va pour le temps où le Temple existe ; mais quand il n’existe plus, que sera-t-il d’eux ? — Je leur ai déjà institué l’ordre des sacrifices : chaque fois qu’ils le lisent devant Moi, Je le considère comme s’ils l’avaient offert devant Moi, et Je leur pardonne toutes leurs fautes. »
(Ta’anit 27b) — אָמַר לְפָנָיו: רִבּוֹנוֹ שֶׁל עוֹלָם! תִּינַח בִּזְמַן שֶׁבֵּית הַמִּקְדָּשׁ קַיָּים. בִּזְמַן שֶׁאֵין בֵּית הַמִּקְדָּשׁ קַיָּים מָה תְּהֵא עֲלֵיהֶם? אָמַר לוֹ: כְּבָר תִּקַּנְתִּי לָהֶם סֵדֶר קָרְבָּנוֹת, בִּזְמַן שֶׁקּוֹרְאִין בָּהֶן לְפָנַי — מַעֲלֶה אֲנִי עֲלֵיהֶם כְּאִילּוּ הִקְרִיבוּם לְפָנַי וַאֲנִי מוֹחֵל לָהֶם עַל כָּל עֲוֹנוֹתֵיהֶם
D’où l’usage de réciter chaque jour, dans les rites ashkénaze, séfarade et ‘hassidique, des passages sur les sacrifices (le tamid, l’encens) dans la prière du matin. Les nuances d’un rite à l’autre portent sur le détail des textes et des mélodies ; l’idée est la même. Dans la liturgie traditionnelle, on demande aussi la reconstruction du Temple et le retour du service (« Veha-chèv cohanim la-avodatam ») ; les mouvements libéraux ont en général supprimé ou reformulé ces demandes, ce qui n’est pas la position de la halakha orthodoxe.
Les coutumes qui rappellent le sacrifice
- Le séder de Pessah conserve la mémoire de l’agneau pascal : l’afikoman, dernier aliment du repas, se mange en souvenir du dernier morceau de l’agneau pascal qu’on mangeait au Temple (Michna Pessa’him 10, 8). Aucun agneau pascal n’est offert, car le sacrifice n’a lieu qu’au Temple.
- Les kapparot, avant Kippour. Certaines communautés font tourner un coq (ou de l’argent) au-dessus de la tête en disant des versets, puis donnent le prix aux pauvres. Ce n’est pas un korban : le Choulhan Aroukh (Ora’h ’Haïm 605, 1) écrit qu’« il faut empêcher cet usage » ; le Rema lui répond que des Guéonim et de nombreux ’Aharonim l’ont rapporté, qu’il s’agit d’un usage ancien dont on ne change pas, et qu’on peut aussi racheter les bêtes avec de l’argent donné aux pauvres. La pratique varie d’une communauté à l’autre ; on consultera son rabbin.
Les sacrifices reviendront-ils ?
Pour Rambam, oui : « Le roi Messie se lèvera… il bâtira le Temple et rassemblera les dispersés d’Israël… on offrira les sacrifices » (Hilkhot Melakhim 11, 1). C’est la position la plus répandue dans la tradition orthodoxe.
« Le roi Messie se lèvera pour restaurer la royauté de David… Il bâtit le Temple et rassemble les exilés d’Israël. Toutes les lois reviennent en ses jours comme jadis : on offre les sacrifices, on observe les années sabbatiques et les jubilés. »
(Rambam, Hilkhot Melakhim 11, 1) — הַמֶּלֶךְ הַמָּשִׁיחַ עָתִיד לַעֲמֹד וּלְהַחְזִיר מַלְכוּת דָּוִד לְיָשְׁנָהּ לַמֶּמְשָׁלָה הָרִאשׁוֹנָה. וּבוֹנֶה הַמִּקְדָּשׁ וּמְקַבֵּץ נִדְחֵי יִשְׂרָאֵל. וְחוֹזְרִין כָּל הַמִּשְׁפָּטִים בְּיָמָיו כְּשֶׁהָיוּ מִקֹּדֶם. מַקְרִיבִין קָרְבָּנוֹת
D’autres lectures existent. Un midrach ancien affirme que, « dans l’avenir, tous les sacrifices seront annulés, sauf l’offrande de reconnaissance (korban toda) », de même que toutes les prières, sauf la reconnaissance (Vayikra Rabba 9, 7) :
« Dans l’avenir, tous les sacrifices seront annulés, mais le sacrifice de reconnaissance ne sera pas annulé ; toutes les prières seront annulées, mais la reconnaissance ne sera pas annulée. »
(Vayikra Rabba 9, 7) — לֶעָתִיד לָבוֹא כָּל הַקָּרְבָּנוֹת בְּטֵלִין וְקָרְבַּן תּוֹדָה אֵינוֹ בָּטֵל, כָּל הַתְּפִלּוֹת בְּטֵלוֹת, הַהוֹדָאָה אֵינָהּ בְּטֵלָה
Le Rav Avraham Its’hak Hacohen Kook, dans son commentaire sur le siddour (Olat Re’iya, tome 1, p. 292, d’après l’étude de Marc Shapiro), envisageait que, dans l’avenir, les offrandes soient seulement végétales plutôt qu’animales, en s’appuyant notamment sur l’expression « Mon pain, Mon offrande » de Bamidbar 28, 2. Cette position a été discutée, et ne représente pas l’avis unanime ; Rambam, on l’a vu, enseigne le rétablissement des sacrifices. Ces débats portent sur l’avenir ; ils ne changent rien à la pratique d’aujourd’hui.
Idées reçues sur les sacrifices
« Les juifs sacrifiaient des humains »
Faux. La Torah interdit au contraire formellement de « livrer de ses enfants à Molokh » (Vayikra 18, 21) et condamne les peuples voisins qui « brûlent au feu leurs fils et leurs filles pour leurs dieux » (Devarim 12, 31). Quant à la ligature d’Its’hak (Bereshit 22), elle s’achève par l’interdiction : « Ne porte pas la main sur l’enfant » (Bereshit 22, 12).
« Le sang efface automatiquement les péchés »
Faux. Sans regret ni aveu, l’offrande n’expie pas (Rambam, Hilkhot Techouva 1, 1), et le péché volontaire ne se répare pas par la hatat (Vayikra 4, 2). C’est pourquoi les prophètes dénoncent ceux qui offraient sans se convertir intérieurement.
« Les sacrifices ont été abolis par les prophètes »
Faux. Les prophètes critiquent un usage qui prend le pas sur la justice, pas la loi elle-même (voir plus haut). La tradition juive n’a jamais considéré les sacrifices comme abolis, mais comme suspendus faute de Temple, avec l’espoir de leur retour sous une forme que les maîtres débattent.
Questions fréquentes sur les sacrifices
Que veut dire « korban » ?
Le mot vient de la racine karav, « s’approcher ». Un korban est une offrande par laquelle on se rapproche de D’. Le terme « sacrifice » est une traduction imparfaite.
Les juifs pratiquent-ils encore des sacrifices ?
Non. Aucun sacrifice n’est offert depuis la destruction du Temple en l’an 70. Les prières et la lecture des passages sur les sacrifices en tiennent lieu (Ta’anit 27b ; Berakhot 26b). Les kapparot ne sont pas un sacrifice.
Le sacrifice peut-il expier un péché volontaire ?
Non, la hatat concerne l’inadvertance (Vayikra 4, 2). Pour le reste, il y a la techouva, la confession et, à Kippour, la purification du jour lui-même (Vayikra 16, 30 ; Michna Yoma 8, 8).
Les sacrifices reviendront-ils un jour ?
Pour Rambam, oui, avec le Temple reconstruit (Hilkhot Melakhim 11, 1). D’autres lectures, comme celle du midrach où seule l’offrande de reconnaissance subsiste (Vayikra Rabba 9, 7), laissent la question ouverte. Quoi qu’il en soit, c’est un sujet de la tradition, non une pratique actuelle.
Quelle place pour les non-juifs ?
La Torah prévoit que l’étranger puisse offrir comme l’Israélite (Bamidbar 15, 14-16 ; Vayikra 22, 18), et le Temple était appelé « maison de prière pour tous les peuples » (Yecha’yahou 56, 7).
Pour aller plus loin
Les sacrifices sont un chapitre de l’histoire de la relation entre l’homme et D’. Pour poursuivre, voici quelques lectures sur le site.
- Qu’est-ce que le Beit Hamikdash, le Temple de Jérusalem ?
- Pourquoi jeûne-t-on à Tich’a Beav ? Les destructions du Temple
- Qu’est-ce que la techouva, le repentir dans le judaïsme ?
- Qu’est-ce que la tsedaka ? La charité dans le judaïsme
- Qu’est-ce que Pessah et comment se déroule le séder ?
- Yom Kippour : le sens du jour du Grand Pardon
- Ticha beAv : pourquoi le 9 Av est un jour de deuil
- Glossaire des mots hébreux du judaïsme
Sources et références (36)
- Bereshit 4, 3-4 ; 8, 20-21 ; 22, 12
- Chemot 12 ; 25, 8 ; 29, 38-39
- Vayikra 1, 1-11 ; 2, 1 ; 3, 1 ; 4, 2 ; 5, 5 ; 5, 11 ; 5, 15 ; 5, 20-26 ; 6, 6 ; 7, 11-15 ; 16 ; 16, 21-22 ; 16, 30 ; 17, 11 ; 18, 21 ; 22, 18
- Bamidbar 15, 14-16 ; 28, 2 ; 28, 3-4 ; 28, 9-10
- Devarim 12, 5 ; 12, 31
- Chemouel I 15, 22
- Yecha’yahou 1, 11 ; 1, 17 ; 56, 7
- Yirmeyahou 7, 22-23
- Hochéa 6, 6 ; 14, 3
- Amos 5, 21-24
- Mal’akhi 3, 4
- Tehilim 50, 12-14 ; 51, 18-19 ; 141, 2
- Michlé 21, 3
- Michna Pirké Avot 1, 2
- Michna Zevachim 4, 1
- Michna Pessa’him 10, 8
- Michna Menahot 13, 11
- Michna Yoma 6, 6 ; 8, 8-9
- Michna Eduyot 8, 6
- Talmud de Babylone, Berakhot 26b
- Talmud de Babylone, Menahot 110a
- Talmud de Babylone, Ta’anit 27b
- Talmud de Babylone, Guittine 55b-56a
- Avot de-Rabbi Nathan (version A), 4
- Vayikra Rabba 9, 7
- Rambam, Michné Torah, Hilkhot Techouva 1, 1
- Rambam, Michné Torah, Hilkhot Melakhim 11, 1
- Rambam, Michné Torah, Hilkhot Beit Habé’hira 6, 14-16 ; 7, 7
- Rambam, Guide des égarés III, 32 ; III, 46
- Ramban sur Vayikra 1, 9
- Sefer Ha-’Hinoukh, mitsva 95
- Choulhan Aroukh, Ora’h ’Haïm 605, 1 (et Rema)
- Flavius Josèphe, La Guerre des Juifs, VI, 2, 1
- Marc Shapiro, « R. Kook on Sacrifices & Other Assorted Comments », The Seforim Blog, 2010 (sur Olat Re’iya, t. 1, p. 292)
- Tsvi Hirsch Kalischer, Derichat Tsion, Lyck, 1862
- Cours du Rav Raphaël Benizri : Tetsavé : l’élévation de soi ; Vayekhel : le Tabernacle hors de l’espace ; Ticha beAv : à l’origine de la destruction ; Pirkey Avot : les trois piliers du monde
Article de la rédaction de Pensées Juives. Les passages attribués au Rav Raphaël Benizri sont tirés de ses cours publiés sur ce site.

