La michna qui inaugure le traité est celle de Chimon HaTzadik : sur trois colonnes le monde repose, la Torah, le culte et la bienfaisance. Le Rav Raphaël Benizri s’arrête sur ce qui ressemble d’abord à une recette de l’esprit et demande pourquoi il faudrait à tout prix fonder le monde sur ces trois piliers-là. La réponse se cherche du côté des trois patriarches, mais aussi du côté de la situation historique d’un homme qui fut le dernier témoin de la Grande Assemblée. Le cours devient alors une réflexion sur la pluralité des voies au sein d’un même peuple et sur ce qui permet à Israël de se reconstituer après chaque effondrement.
Le Rav part de la correspondance entre les trois colonnes et les trois patriarches, puis élargit à une comparaison qui court sur toute la séance : celle de la lumière blanche décomposée en couleurs. Les divergences de pensée, au sein de l’humanité comme d’un peuple ou d’une famille, sont des nuances d’une même lumière, et l’arc-en-ciel est précisément l’engagement pris par le Créateur avant même le don de la Torah. De là le cours passe aux trois stades de la création, à la techouva comme résurrection à partir du néant, et aux trois voies par lesquelles l’homme se cherche.
La seconde moitié situe Chimon HaTzadik dans l’histoire : cohen gadol, dernier survivant de la Grande Assemblée, il se tient à la charnière entre la culture perse et la culture grecque, comme Rabban Yohanan ben Zakaï se tiendra plus tard entre le monde hellénistique et Rome. Le Rav en tire une réflexion sur les luttes internes du peuple, sur la légitimité des avis contraires et sur la manière dont les sages ont relevé des communautés effondrées. L’enregistrement s’interrompt avant la conclusion de la dernière phrase.
Ce que dit ce cours
Les trois colonnes correspondent aux trois patriarches. Chimon HaTzadik inaugure le traité en affirmant que le monde repose sur la Torah, sur le culte et sur la bienfaisance. Or nous avons déjà appris, à travers les patriarches, que la pratique de la bonté et l’ouverture à l’autre étaient le propre d’Avraham ; que le culte, c’est-à-dire le dévouement poussé à l’extrême, était celui d’Itzhak, qui a accepté de se porter sur l’autel ; et que la Torah, la vérité, est celle de Yaakov. Ce sont ces trois piliers qui portent le monde.
Le même principe se retrouve autrement habillé à la fin du chapitre. Rabban Chimon ben Gamliel dit, lui, que le monde tient par trois choses : la justice, la vérité et la quête de la paix. Ce sont les mêmes principes sous un autre vêtement, à quelques nuances près. La différence de formulation ne défait pas l’unité de la structure ; elle indique seulement que les mêmes appuis se disent différemment selon la génération qui les énonce.
La langue hébraïque dit la succession des générations comme une descente. Le verbe employé est celui de la descente, et cela ne signifie pas que rien ne progresse. La science a résolu de nombreux problèmes, ouvert de nouvelles perspectives et promu l’homme à différents stades de sa propre dignité. Mais on ne peut pas dire que l’homme d’aujourd’hui soit beaucoup plus moral ou beaucoup plus spirituel qu’il ne l’était avant. Ceux qui étaient en quête de spiritualité ont marqué leur époque par leur conduite, par leur érudition et par la référence qu’ils ont constituée pour leur société et au-delà.
Les divergences de pensée sont les couleurs d’une même lumière. Les couleurs de l’arc-en-ciel émanent d’une lumière blanche qui, par réfraction, en produit sept ; et si l’on parvient à les recomposer, on retrouve le blanc. Kandinsky disait que le noir et le blanc sont les mêmes couleurs, sauf que le noir est l’ensemble des couleurs à l’état statique, tandis que le blanc est ce même ensemble en mouvement — on le vérifie sur une roue qui tourne vite. Il en va de même au niveau de la pensée : les différences de pensée sont à l’image de ces couleurs, non seulement à l’échelle de l’humanité, mais à celle d’un peuple et d’une famille. Il faut composer avec.
L’arc-en-ciel est un engagement antérieur au don de la Torah. C’est par cette image que D’ se promet de ne plus amener le déluge sur l’univers, c’est-à-dire d’admettre que l’on puisse aborder la même lumière selon différentes nuances de perception. Cet engagement du Créateur envers son humanité précède la remise de la Torah au peuple, et c’est important : tout ce qu’il crée porte la mention tov, bien. Ce bien traverse l’ensemble de la création et aboutit chez l’homme à la signature tov meod, très bien.
Le « très bien » n’est pas un aboutissement, il ouvre sur le Chabbat. Nos sages ont dit que si l’on parvient à l’excellence du très bien, cela signifie la mort. C’est pourquoi, lorsque la création de l’homme atteint ce degré, le très bien ouvre la perspective du Chabbat, c’est-à-dire d’une recréation de l’être. Nous sommes dans ce mouvement de recréation permanente. Il y a trois stades dans la création — sans parler de l’émanation, qui relève de l’intuition : la conception, la yetsira, et le passage au monde de la réalité, la assia ; la beria, création à partir du néant, se situe dans cette possibilité de résurrection de soi.
Le premier mouvement de résurrection est la techouva. Elle est le retour à une autre forme de pensée, à une autre conception de la vie. Et elle se fait précisément à partir du néant que l’on a constaté autour de soi, lorsqu’on aboutit à un bilan de mensonges et de faillites. C’est alors que l’on se met à la recherche de soi-même, et cette recherche emprunte trois voies, qui sont les trois colonnes. La Torah est la première : par elle nous sommes face à nous-mêmes, nous réalisons notre personne, et elle relève de la pensée et du rationnel. La prière est la seconde : par elle nous dépassons le rationnel, car elle relève du cœur. La troisième est la bienfaisance, c’est-à-dire la relation au prochain, et de celle-là nous ne pouvons pas nous passer : nous avons tous besoin de l’autre, une vie ne peut se vivre qu’à deux.
La pince faite avec une pince a été créée au crépuscule. Parmi les dix choses créées la veille du Chabbat, nos sages comptent la tenaille faite au moyen d’une tenaille : pour enchâsser un anneau dans un autre, il faut deux outils, il faut faire travailler les deux mains. Cela a été fait dans un temps qui n’est ni celui de la création, ni celui du Chabbat, dans l’entre-deux du crépuscule. Ce que cela signifie, c’est que la vie avec l’autre — et l’autre par excellence, c’est l’époux ou l’épouse — cet enchâssement de l’un dans l’autre, a été conçu dans ce temps intermédiaire. Le temps de la création est borné par le soir et le matin ; celui du Chabbat ne l’est pas, il est celui de l’infini ; et entre la finitude et l’infini, il y a le couple.
Le hassid prie d’abord pour trouver son partenaire. Le couple est l’enchâssement de deux êtres mus par un même esprit et par une même prière ; c’est pour cela qu’il est dit que tout hassid doit prier en vue de trouver ce qu’il doit trouver, c’est-à-dire celle ou celui qui lui est destiné. Et c’est aussi pour cela que le commandement d’aimer son prochain comme soi-même se réfère d’abord à son partenaire dans la vie.
Chimon HaTzadik est le dernier témoin de la Grande Assemblée. De cette Grande Assemblée, nous n’avons pas beaucoup de noms ni beaucoup de récits. Lui était cohen gadol et a dirigé la communauté juive en Israël durant quarante ans ; on raconte qu’à son époque de nombreux prodiges entouraient sa personne. C’est lui qui a accueilli Alexandre de Macédoine lors de sa venue en Israël, alors que celui-ci avait pour projet la destruction du Temple : il est sorti revêtu de son habit de cohen gadol pour l’accueillir, et l’aggada raconte qu’Alexandre serait descendu de son char devant lui. Après Chimon HaTzadik, le Talmud rapporte que les miracles de son temps ne se renouvelèrent plus.
La Torah, elle, ne change pas ; ce sont ses paramètres qui restent inexploités. Bien des personnes croient que la Torah ne passe pas elle-même par ce mouvement de recréation. Ce n’est pas exact : son essence est restée entière et bien conservée, mais ses différents paramètres n’ont pas été exploités jusqu’au bout, et à chaque génération cela tourne. Quand le Talmud relate la vie à l’époque de Babel ou celle du peuple en terre d’Israël, ce sont des situations qui semblent dépassées ; en réalité les structures sont les mêmes, seule l’architecture est différente.
C’est là que le sage l’emporte sur le prophète. Si le hakham est plus important que le prophète, c’est parce que c’est lui qui trace la route à sa génération, en fonction des problèmes auxquels elle doit se mesurer. Et si l’on a retenu de Chimon HaTzadik qu’il était le dernier témoin de la Grande Assemblée, c’est pour nous dire qu’à partir de lui s’ouvre une autre tranche de l’histoire du peuple juif : le passage de la culture perse à la culture grecque. Les sages ont dès lors à se mesurer à un mouvement philosophique qui veut renier le passé et tout repenser avec le seul rationnel, sans tenir compte de la perception intérieure ni des obligations de l’homme envers son prochain.
Ces mutations s’accompagnent toujours de luttes internes. Quand elles se produisent, il y a au sein du peuple juif des luttes intestines et des courants divers dans l’interprétation de la Torah — pharisiens, saducéens, zélotes — et de grandes écoles qui se disputent la priorité, comme celles de Hillel et de Chamaï, le plus souvent opposées l’une à l’autre. Il faut bien statuer sur la règle de conduite, mais surtout ne jamais mésestimer ni rejeter l’avis de l’autre en le tenant pour extrémiste ou abusif sans l’avoir analysé sous plusieurs angles.
La michna rapporte pour cela une loi et son contraire. Quand elle expose les avis des sages, elle donne l’opinion et son opposée, et s’il y a cinq avis, elle les analyse tous et les passe au crible pour savoir si chacun tient face à la logique d’ensemble de la Torah. Nos sages ne se sont pas empêchés de dire que celles-ci et celles-là sont paroles du D’ vivant, bien que les uns interdisent et les autres permettent, que les uns déclarent profane ce que les autres déclarent sacré. Cela dépend des conjonctures et des situations dans lesquelles l’homme se place, et ce sont les perspectives qui commandent les prises de position ; les sages de chaque génération ont dû prendre sur eux de marquer les priorités.
Après la destruction du Temple, il a fallu relever des hommes qui ne voulaient plus vivre. Des personnes se sont alors promis de ne plus boire de vin, de ne plus chanter, de ne plus manger de viande ; de nombreuses communautés ont sombré dans le désespoir. Nous le savons par nous-mêmes, nous qui avons côtoyé il y a quelques années ceux qui étaient rescapés de la mort et des camps, et qui se sont demandé s’ils étaient vraiment le peuple élu, et où était D’. Ce sont des questions qui reviennent constamment. Les sages ont voulu insuffler la vie à ces hommes profondément déçus par leur propre histoire et se sont demandé ce qui pourrait reconstituer le peuple.
La position de Chimon HaTzadik est celle-là même qu’occupera Rabban Yohanan ben Zakaï. L’un se tient à la croisée des chemins entre la culture perse et la culture grecque, l’autre entre le monde hellénistique et le monde romain. Le projet est toujours le même : s’accaparer le patrimoine juif et en rejeter le détenteur, l’oublier. L’humanité entière s’agenouille devant le génie juif, seulement elle a commencé par crucifier celui qui le portait. On retrouve ce phénomène jusque chez Pharaon, qui voulait intégrer la matrice juive à travers les femmes et les filles, mais rejeter le père et ne retenir que la mère.
Par la Torah on est prince, par la prière on est serviteur — et les deux ont leur privilège. Le culte, c’est le dévouement de soi. Par la Torah nous sommes le prince ; dans la prière nous ne le sommes plus, nous sommes le serviteur. Mais le serviteur a un privilège que le ministre n’a pas : le ministre doit demander audience et ne peut pas ouvrir la porte du palais à n’importe quel moment, tandis que le serviteur, qui se tient à la porte, a consigne d’entrer et de sortir parce qu’il est au service du roi. Nous devons avoir ces deux prérogatives, la dignité d’être et l’humilité de servir, et c’est par elles que l’on peut aborder le troisième volet, celui de la bienfaisance et de l’ouverture au prochain.
Il fallait bien que ce soit un cohen qui ne donne pas la priorité au culte. Chimon HaTzadik était cohen gadol : il aurait pu placer en tête la prière, le sacrifice ou le rituel du Temple. Il ne l’a pas fait. Car les cohanim ne figurent pas dans la transmission de la loi ; ce sont les anciens et les sages qui en ont la charge. C’est sur eux que repose cette tenaille faite avec une tenaille, c’est-à-dire cette volonté de constituer la chaîne de transmission et de pouvoir se refaire après chaque épreuve.
Transcription intégrale du cours
occasion de saluer. Je poursuis ma réflexion sur Piquet à vote et au travers des paroles de Chimon Atsadiq qui inaugure le Piquet à vote par l’affirmation suivante sur trois colonnes le monde repose sur la Torah, sur le culte et sur la bienfaisance. Bon, ça semble une recette de cuisine, c’est une recette de l’esprit, mais pourquoi tout d’un coup vouloir à tout prix fonder le monde sur ces trois colonnes. nous avons trois patriarches, Avraham, Itzhak et Yaakov, et à travers eux nous avons déjà appris que le récept de la bonté était le propre d’Avraham, l’ouverture sur l’autre, le culte, le dévouement à l’extrême, c’était le propre de Itzraq puisque accepté de se porter sur l’Authènes pour l’humanité entière et ma foi, la Torah est celle de Yaakov, Titan, Emet, les Yaakov, la vérité est celle de Yaakov et c’est le principe de trois piliers sur lequel reposerait le monde. Il est par ailleurs traduit autrement par Rabin Shimon Ben Gamdi El à la fin du premier Perek de Avot, à Shoshadvalli Ma’olam K’ayam, par trois choses de Montesemble Mais là-bas il dit, à la Dix, à la Emmet, vers la Shalom, sur la justice, par la justice, par la vérité et par la quête de la paix.
C’est autrement habillé, ce sont les mêmes principes, avec quelques nuances près, mais il faut que l’on retienne une chose. La langue hébraïque définit la déchéance des générations par le verbe d’ardèr. Et d’ardèr, c’est d’or et d’or. Au fur et à mesure que nous avançons dans l’histoire, Il n’y a pas effectivement d’amélioration de la condition humaine dans sa dimension spirituelle. Bien sûr, la science a résolu de nombreux problèmes, elle a effectivement ouvert de nouvelles perspectives à l’homme. bien sûr, promue l’homme à différents stades de la vie, de sa propre dignité, mais nous ne pouvons pas dire que l’homme aujourd’hui est beaucoup plus moral qu’il ne l’était avant et qu’il est beaucoup plus spirituel qu’il ne l’était avant. Ceux qui cherchaient, ceux qui étaient en quête de spiritualité, eh bien nous à ce jour ils ont marqué par leur conduite exemplaire, par leur érudition par la référence qu’ils ont été pour leur société et au-delà, les maîtres de la pensée universelle et spécifiquement juive.
Je dis universelle, excusez-moi, parce que le principe de la l’inspiritualité dans son fondement vient du judaïsme. Il s’est un petit peu propagé à différents niveaux. Ça nous le savons, n’est-ce pas ? Les couleurs de l’arc en ciel viennent ou émanent d’une lumière blanche qui, par réfraction, produisent 7 couleurs, paradoxalement 7. Et si on arrive à les recomposer d’une manière scientifique, on pourrait obtenir effectivement la couleur blanche. C’est Kandinsky qui disait, le noir et le blanc sont les mêmes couleurs, sauf que le noir est une couleur à l’état et le blanc, ce sont différentes couleurs en mouvement. C’est à dire que toutes les couleurs fondues ensemble à l’état statique, c’est du noir, toutes les couleurs en mouvement, eh bien vont donner la domination du blanc, on le voit dans une roulette, n’est-ce pas, quand on l’a fait tourner rapidement, c’est le blanc qui domine.
Et bien, il en est de même au niveau de la pensée. Il en est de même de la pensée. Les différences de pensée sont à l’image de ces différentes couleurs, et pas seulement au niveau de l’humanité, au niveau d’un peuple, au niveau d’une famille. Et il faudrait composer avec. D’ lui-même se promet de ne plus amener le déluge sur l’univers par l’image de l’arc-en-ciel. C’est-à-dire admettre que l’on puisse effectivement aborder à partir de la même lumière différentes nuances de couleurs, différentes nuances de perception. Et ça c’est important. L’image de l’arc-en-ciel est donnée avant que la Torah ne soit remise au peuple. C’est un engagement du créateur envers son humanité, parce que tout ce qu’il crée, c’est avec la mention bien, tov.
Le Tov traverse l’ensemble de la création et est abouti chez l’homme par la signature de Tovméod. Très bien. Mais, attention, nos singes ont dit que si on arrive à l’excellence du très bien, cela signifie la mort. Et par conséquent, quand on a abouti à cette création de l’homme dans son paramètre d’aide, le très bien ouvre la perspective du Shabbat, c’est-à-dire d’une recréation d’être. Nous sommes dans le Shabbat. mouvement de recréation permanente. Sachez-le, il y a trois stades dans la création, on ne parle pas de l’émanation qui est la forme d’intuition, proprement dit, mais celle qui relève effectivement de notre ressort, c’est c’est la conception, Yetsira, et son passage au monde de la réalité, la Asiya, la Beria où elle se situe, la création à partir du néant où elle se situe, dans cette possibilité de résurrection de soi.
Et le premier mouvement de résurrection, c’est l’atechuvin. L’atechuvin, le retour à une autre forme de pensée, une autre conception de vie. Et celle-là, elle se fait effectivement à partir du néant que l’on a constaté autour de soi, quand on a abouti à avoir un bilan de mensonges, de faillites autour de nous, et alors nous sommes à la recherche de nous-mêmes. Et à la recherche de nous-mêmes il y a trois voies. La Torah c’est la première recherche. La deuxième, c’est la prière. Par la Torah, nous sommes face à nous-mêmes. Nous réalisons notre personne. Par la prière, nous dépassons le rationnel. La prière relève du cœur. la Torah relève de la pensée, du rationnel. Et Gémi-l’outre, à sa digne, c’est effectivement la relation à son prochain.
Et de celle-là, nous ne pouvons pas nous passer. Nous avons tous besoin de l’autre. Une vie ne peut se vivre qu’à deux. Et nos sages disent, entre les dix choses qui ont été créées la veille de Shabbat, il y a dix choses qui ont été créées la veille de Shabbat. Il y a Tzvat Bitzvat HaSuyah. Qu’est-ce que c’est Tzvat Bitzvat HaSuyah ? c’est une couronne qui est enchâssée dans l’autre, dans une autre couronne. Alors pour le faire, il faut deux pinces. En général, il faut faire travailler les deux mains, il faut deux tenailles pour faire glisser le premier rano dans le deuxième ambeau. Cela a été fait dans un temps qui n’est ni celui de la création, ni celui de Shabbat, ben H.Machot, dans le crépuscule.
Et qu’est-ce que ça veut dire ? Qu’en réalité, la vie avec l’autre, et l’autre par excellence, c’est l’époux, ou c’est l’épouse, eh bien, c’est l’enchassement de l’un dans l’autre a été conçu dans ce temps qui n’est pas le temps de la création limitée ou c’est aussi « va y erer, va y boquer » « ce fut le soir, ce fut le matin » donc un temps bien défini. Ce n’est pas un temps du Shabbat parce que c’est le temps de l’infini et dans le temps du Shabbat il n’y a pas de va-i-hè-re, va-i-bou-keh, yom ha-shé-vié-ri. Il n’y a pas de soir ni de matin le septième jour. Le temps qui est celui de l’éternité et entre celui de la finitude et de l’infini, il y a le couple.
C’est un chassement de deux êtres qui sont mûs par un même esprit, par une même prière, parce que « al-zotid palel kol hasid la’et medzru » Pour cela, un hasid doit prier en vue de trouver, qu’est-ce qu’il va trouver, l’Amsur, son partenaire. Et c’est pour cela que « Avtalere akha kamukha » qui aimera ton prochain comme toi-même, se réfère d’abord à ton partenaire dans la vie. à ta partenaire dans la vie. Et bien, Shimaon HaTzadik, HaYam Ishiare, un sheik naissé de Tagedola, vous savez Shimaon HaTzadik, était le dernier témoin de la Grande Assemblée. De cette Grande Assemblée, nous n’avons pas entendu parler beaucoup. Nous n’avons pas beaucoup de nom. Et Shimaon HaTzadik, c’est un Koïn Gadol, qui a dirigé la communauté juive en Israël durant 40 ans et on raconte à son sujet que de son vécu il y avait de nombreux prodiges autour de sa personne.
C’est lui-même qui a accueilli Alexandre de Macédoine lorsque, lors de sa visite en Israël en vue de la conquérir et il avait comme projet la destruction du temple. Il est sorti habillé de son costume de son coin de Gadol pour l’accueillir et la gada raconte que il serait descendu de son char, je parle d’Alexandre de Macédoine pour accueillir le Kohen Gadol qui était Chimon Azzadik. Et après Chimon Azzadik, bien sûr, le Talmud nous relate que tous ces miracles qui ont existé du temps de Chimon Azzadik ne se renouvelaient plus. Mais comment on va définir ce shimon na tzadik ? On le définit comme étant « michi ale an sheik nese tage dola » du reste de « an sheik nese tage dola ».
Et là, nous allons devoir prendre une autre direction pour comprendre cette michina. Parce que bien des personnes croient que la Torah ne passe pas elle-même par ce mouvement de recréation et de conception au travers de l’école. Ce n’est pas vrai. L’essence de la Torah, et je vous l’ai dit la semaine dernière, elle est restée entières bien conservées, mais par contre ces différents paramètres n’ont pas été exploités jusqu’au bout. Et à chaque génération, ça tourne. Le timute quand il relate la vie de l’époque de Babel, où la vie du peuple d’Israël enterre l’Israël, ce sont des situations qui semblent aujourd’hui dépassées, mais en réalité les structures sont les même l’architecture est différente et le propre du haqqam pourquoi nous disons que le haqqam est adif minabi Pourquoi le haram est beaucoup plus important que le prophète ?
C’est parce que c’est lui qui va tracer la route à sa génération en fonction des problèmes face auxquels il doit se mesurer. Et effectivement, si on a retenu de Shimon HaTzadik, ce Koen Gadol, qu’il était le dernier témoin de la Grande Assemblée, c’est pour nous dire que, à partir de Shimon HaTzadik, va s’opérer une autre tranche de l’histoire du peuple juif. Et cette tranche de l’histoire du peuple juif, elle passe du mouvement perse, de la culture perse, à la culture grecque. Et les haqamim doivent se mesurer à ce mouvement de la philosophie grecque qui veut renier passé et tout repenser avec le rationnel sans laisser, sans tenir compte des émotions de chacun, de la perception intérieure de chaque chose et des obligations de l’homme vis-à-vis du prochain.
Alors compte tenu de ces mutations successives, et il faut dire que ces mutations successives, quand elles se font, il y a au sein du peuple juif des luttes intestines, il y a différents courants, soit dans l’interprétation de la Torah, le Pharisien, les Anuséens, les Élotes, et il y a aussi des grandes écoles qui se dispute la priorité de l’al-qa, nous le savons très bien à travers de Météhillel et de Bechamay qui sont la plupart du temps à l’opposé l’un de l’autre, et nous devons statuer quelle devrait être la règle de conduite, mais surtout ne jamais mésestimer ou rejeter l’avis de l’autre, le considérant comme extrémiste, abusif, sans l’avoir effectivement analysé sous plusieurs angles. C’est la raison pour laquelle la mishnah, quand elle rapporte les avis des saints, sages, elles donnent une idée, une loi et son contraire. Et s’il y a cinq avis, elles vont toutes les analyser et les passer au crible pour savoir si cela tient face à à la logique de la Torah dans son ensemble.
Et nos sages ne se sont pas empêchés de dire que Eilu ve Eilu divre Eilu umbraïne. Bien que les uns interdisent, les autres permettent, les uns déclarent profane, les autres déclarent sacré, Elu ve elu, les deux en raison d’ivré Elohim Chayim, cela dépend des conjonctures et des situations dans lesquelles se place l’homme et ce sont les perspectives qui commandent prises de position là, ces prises de position les sages de l’intorin ont dû effectivement, les sages de chaque génération ont dû prendre sur eux la manière de marquer les priorités. Comment vous savez lorsque le temple a été détruit, il y a des personnes qui se sont promises de ne plus boire de vin, de ne plus chanter, de ne plus manger de viande.
De nombreuses communautés en sombrer dans le désespoir. Bon, ça nous, nous le savons nous-mêmes, qui avant, il y a quelques années, vécu et côtoyé, l’ère escapée de la mort, l’ère escapée des contre-concentrations, tout comment se demander si nous étions vraiment le peuple et le par D’, où était D’, etc. Ce sont des questions qui reviennent constamment. Les sages ont voulu insuffler à ces hommes qui ont été déçus, profondément déçus par leur propre histoire à redonner vie, à assurer une résurrection. bien ils se sont demandé qu’est ce qui va pouvoir reconstituer à nouveau le peuple juif et lui donner ses dires. Et vous savez ce que traverse Shimon HaTzadik qui se situe à la croisée de chemin entre la culture perse et la culture grecque c’est ce que vit plus tard Rabbi Orhanam ben Zakai entre, à la croisée de chemin, entre le monde hélénistique et le monde romain, qui le projet est toujours, le projet est toujours de s’accaparer du patrimoine juif et de rejeter le juif, de rejeter son détenteur, de l’oublier.
En réalité, en réalité, l’humanité entière s’agenouille devant le génie juif. Seulement, elle a commencé d’abord par crucifier son détenteur et en somme que ce soit même paro dans le monde dans lequel il a vécu il voudrait bien intégrer la matrice juive à travers les femmes juives, les filles mais rejeter le père, ne retenir que la mère, ce phénomène traverse toute notre histoire. Et par conséquent, quand Shimon l’Azadique dit quels sont les trois piliers qui peuvent sauver le peuple. Il dit, la Torah, le culte. Le culte, qu’est-ce que c’est ? Le dévouement de soi. On dit que par la Torah, on est le prince. Dans la prière, nous ne sommes plus le prince. Nous sommes le rêve, nous sommes le serviteur.
Mais il y a tout de même un privilège du serviteur sur le prince, sur le ministre. C’est que le ministre lui-même doit demander audience au roi, il ne peut pas venir, il ne peut pas ouvrir la porte du palais à n’importe quel moment, mais le serviteur lui qui est à la porte, lui, et il a la consigne de rentrer et de sortir parce que il est au service du roi. Eh bien, nous devons avoir ces deux prérogatives, à savoir, « sal » et « etret », une dignité d’être, oui toujours, l’humilité de servir et c’est par ces deux que l’on peut aborder le troisième volet, celui de Gimilut HaSadim, de la pratique de la bonté, de l’ouverture sur le prochain. Mais il faut remarquer que si Manzadi, qu’il était un Khoen, il aurait dû peut-être donner la priorité à la prière, ou au sacrifice, ou au rituel du temple.
Non, nous avons dit que les Khoens ne figurent pas dans la transmission de la loi, mais plutôt les Ekenim, les Haramim, et bien c’est sur eux que compte effectivement le Tzvat Bitzvat Asouia, c’est-à-dire cette volonté de constituer la chaîne de transmission et de pouvoir se refaire après chaque épreuve. Parce que ce que fait, ce que dit le Réjeu de la Shimon a-t-il dit, le Réjeu de la Shimon a-t-il dit,