« Les juifs ont-ils un credo ? » La question surprend, car on présente volontiers le judaïsme comme une religion de pratique plus que de dogmes. Pourtant, chaque matin, de très nombreuses communautés chantent le Yigdal ou récitent l’Ani Maamin (« Je crois d’une foi parfaite… »), deux textes qui mettent en vers et en prose une liste de treize points rédigée par Maïmonide au XIIe siècle. Que contient exactement cette liste, d’où vient-elle, que valent ses fondements dans la Torah et le Talmud, et pourquoi a-t-elle été discutée dès le Moyen Âge ? Cet article répond à partir des textes eux-mêmes, en distinguant ce qui relève de la halakha (la loi qui se pratique), de la philosophie et de la lecture spirituelle.
Les treize principes (yesodot ha-emouna, « fondements de la foi ») sont un résumé des croyances qu’un juif doit tenir, formulé par Rabbi Moché ben Maïmon, le Rambam (Maïmonide, 1138-1204), dans son introduction au chapitre « Hélèk » du traité Sanhédrin, dans son Commentaire de la Michna. Ils portent sur D’ (existence, unité, absence de corps, éternité, adoration exclusive), sur la prophétie et la Torah (prophétie, supériorité de Moché, origine céleste de la Torah, son caractère immuable), sur la justice divine (connaissance des actes humains, rétribution) et sur l’avenir (venue du Machia’h, résurrection des morts). Ce n’est pas un texte du Talmud ni une décision du Choulhan Aroukh : c’est l’œuvre d’un maître, adoptée par la liturgie, et discutée par d’autres maîtres. Nous verrons ce qu’elle affirme, ce qu’elle laisse de côté, et ce qu’en ont dit ses critiques.
Où et pourquoi Maïmonide a-t-il écrit ces principes ?
Le Rambam naît à Cordoue, en Espagne, en 1138 selon la date la plus souvent retenue. Lorsque les Almohades conquièrent la ville en 1148, sa famille quitte l’Espagne ; après des années de errance (Fès, Terre d’Israël), elle s’installe en Égypte, à Fostat, près du Caire, où il meurt en 1204. Il y compose trois monuments : le Commentaire de la Michna (achevé vers 1168), le Michné Torah, code de toute la loi juive (vers 1180), et le Guide des égarés (vers 1190). Ses principes de foi appartiennent au premier.
Le Commentaire de la Michna est écrit en judéo-arabe, et l’on lit aujourd’hui le passage qui nous occupe dans des traductions hébraïques. Au chapitre 10 de Sanhédrin, la Michna s’ouvre sur cette phrase :
« Tout Israël a une part au monde à venir (…). Et voici ceux qui n’ont pas de part au monde à venir : celui qui dit qu’il n’y a pas de résurrection des morts dans la Torah, et qu’il n’y a pas de Torah venue du ciel, et l’épicurien (apikoros). »
(Michna Sanhédrin 10, 1) — כָּל יִשְׂרָאֵל יֵשׁ לָהֶם חֵלֶק לָעוֹלָם הַבָּא (…) הָאוֹמֵר אֵין תְּחִיַּת הַמֵּתִים מִן הַתּוֹרָה, וְאֵין תּוֹרָה מִן הַשָּׁמָיִם, וְאֶפִּיקוֹרֶס.
Ce chapitre, que l’on appelle Pérek Hélèk d’après ses premiers mots (« Tout Israël a une part »), est donc le lieu où la Michna elle-même parle de croyances qui conditionnent la part au monde à venir. Maïmonide s’en sert pour écrire une longue introduction : il y décrit d’abord les erreurs des gens à propos du monde à venir et de la récompense, puis il distingue trois façons de recevoir les paroles des Sages (les prendre toutes à la lettre, s’en moquer comme d’absurdités, ou y reconnaître images et énigmes qui cachent un sens), et enfin il énumère « les fondements de la Torah de Moché » (Rambam, Commentaire de la Michna, Sanhédrin 10, introduction). Son but déclaré est pédagogique : que chacun sache ce qu’il doit croire, et non seulement ce qu’il doit faire.
Les treize principes un à un
Voici la liste, dans l’ordre de Maïmonide, avec le verset qu’il associe à chacun lorsqu’il en cite un et ce qu’il en dit. Pour la clarté, on les regroupe en quatre ensembles.
D’ : existence, unité, absence de corps, éternité, adoration exclusive (principes 1 à 5)
1. L’existence du Créateur. Il y a un Être parfait en tous sens, cause de l’existence de tout ce qui existe.
« Le premier fondement : croire à l’existence du Créateur, béni soit-Il ; c’est-à-dire qu’il y a un Être parfait de toutes les façons d’exister, qui est la cause de l’existence de tous les êtres. »
(Rambam, Commentaire de la Michna, Sanhédrin 10, 1er fondement) — היסוד הראשון להאמין מציאות הבורא יתברך והוא שיש שם נמצא שלם בכל דרכי המציאות הוא עילת מציאות הנמצאים כלם
Le verset invoqué est le premier des Dix Paroles : « Je suis l’Éternel, ton D’, qui t’ai fait sortir du pays d’Égypte » (Chemot 20, 2). Dans le Michné Torah, il ouvre tout l’ouvrage de la même façon : « Le fondement des fondements et le pilier des sciences est de savoir qu’il y a un Être premier, qui fait exister tout ce qui existe » (Rambam, Hilkhot Yessodei HaTorah 1, 1) — יסוד היסודות ועמוד החכמות לידע שיש שם מצוי ראשון. Notons le verbe : « savoir ». Pour Maïmonide, la foi en D’ est aussi une connaissance à acquérir, ce qui le distingue de ceux qui ne voient dans la foi qu’une adhésion du cœur (nous y reviendrons).
2. Son unité. Le Rambam précise : D’ n’est pas « un » comme une paire est composée de deux, ni comme une espèce qui contient plusieurs individus, ni comme un corps qui se divise.
« …mais Il est Un d’une unité qui n’a pas d’égale. »
(Rambam, Commentaire de la Michna, Sanhédrin 10, 2e fondement) — אבל הוא הש »י אחד באחדות שאין כמותה אחדות
Il cite le Chema : « Écoute, Israël, l’Éternel est notre D’, l’Éternel est Un » (Devarim 6, 4). Dans le Michné Torah, il fait de cette connaissance une mitsva positive (Hilkhot Yessodei HaTorah 1, 7).
3. Il n’a pas de corps. Aucune des propriétés des corps, mouvement, repos, division, ne s’applique à Lui. Les passages de la Torah qui parlent de la « main » ou de l’« œil » de D’ sont des images.
« Et tout ce qui vient dans les Écrits saints, qui Le décrit par des attributs corporels, comme marcher, se tenir, s’asseoir, parler, et le reste, tout cela est par emprunt. »
(Rambam, Commentaire de la Michna, Sanhédrin 10, 3e fondement) — וכל מה שבא בכתבי הקדש שמתארים אותו בתארי הגופות כמו ההליכה והעמידה והישיבה והדבור וכיוצא בזה הכל דרך השאלה
Il s’appuie sur la formule des Sages, « la Torah a parlé le langage des hommes » (Berakhot 31b, que cite le texte), et sur Devarim 4, 15 : « Vous n’avez vu aucune image… » (« ki lo ritem kol temouna »). Ce troisième principe est l’un des plus discutés, comme on le verra avec le Ra’avad.
4. Son éternité. D’ est « premier » et rien n’existe avant Lui. Le terme n’a ici qu’un sens : D’ est éternel (kadmon) et tout le reste existe par rapport à Lui. Il ne faut pas le confondre avec la question de l’éternité du monde, que Maïmonide traite longuement dans le Guide des égarés (Livre II) et où il conclut à la création du monde. Le verset cité par le Rambam est « Une demeure, le D’ d’antan » (Devarim 33, 27) ; la tradition y associe « Je suis le premier et Je suis le dernier » (Yécha’ya 44, 6), que reprend l’Ani Maamin.
5. D’ seul mérite d’être adoré. Ni les anges, ni les astres, ni les forces de la nature : la prière et l’adoration ne se dirigent que vers Lui, et on ne se sert pas de ces intermédiaires pour « se rapprocher de Lui ». Ce principe est celui de l’interdit de l’idolâtrie : « Tu n’auras pas d’autres dieux devant Ma face » (Chemot 20, 3), et le Rambam le décrit comme celui que « la plus grande partie de la Torah » vient avertir.
La prophétie et la Torah (principes 6 à 9)
6. La prophétie. Il existe des hommes, de nature et de qualités exceptionnelles, dont l’intellect s’unit à une source supérieure : ce sont les prophètes. La Torah atteste de nombreux prophètes.
7. La prophétie de Moché, la plus haute. Moché est le père de tous les prophètes qui l’ont précédé ou suivi, et nul n’atteindra son degré. Le Rambam relève quatre différences entre sa prophétie et celle des autres : il reçoit la parole sans intermédiaire (« bouche à bouche, Je lui parle », Bamidbar 12, 8) ; il la reçoit éveillé, de jour, et non en rêve ou en vision ; il ne tremble pas, alors que les autres prophètes sont accablés (« comme un homme parle à son prochain », Chemot 33, 11) ; et il peut prophétiser quand il le veut, alors que les autres attendent que l’esprit vienne sur eux (Commentaire de la Michna, Sanhédrin 10, 7e fondement ; Hilkhot Yessodei HaTorah 7, 6). Les versets de base sont :
« Il n’en est pas ainsi de Mon serviteur Moché : il est digne de confiance dans toute Ma maison. Bouche à bouche Je lui parle, en pleine vue et non en énigmes, et il contemple la forme de l’Éternel. »
(Bamidbar 12, 7-8) — לֹא־כֵן עַבְדִּי מֹשֶׁה בְּכׇל־בֵּיתִי נֶאֱמָן הוּא׃ פֶּה אֶל־פֶּה אֲדַבֶּר־בּוֹ וּמַרְאֶה וְלֹא בְחִידֹת וּתְמֻנַת ה׳ יַבִּיט
8. La Torah vient du ciel. C’est le point le plus fort de la liste. La Torah que nous avons est celle que Moché a reçue, et il l’a écrite « comme un scribe à qui l’on dicte ».
« Il n’y a pas de différence entre “Les fils de ‘Ham : Koush et Mitsrayim” (…) et “Je suis l’Éternel ton D’” et “Écoute Israël” : tout vient de la bouche de la Puissance. »
(Rambam, Commentaire de la Michna, Sanhédrin 10, 8e fondement) — אין הפרש בין ובני חם כוש ומצרים ושם אשתו מהטבאל ותמנע היתה פלגש ובין אנכי ה’ אלהיך ושמע ישראל כי הכל מפי הגבורה
Le Rambam précise que ceci vaut aussi pour la Torah orale, c’est-à-dire l’explication transmise des mitsvot : ce que nous faisons aujourd’hui avec la soucca, le loulav, le chofar, les tsitsit et les téfilines est « la forme même que D’ a dite à Moché ». La source talmudique est la baraïta de Sanhédrin 99a, lue ainsi par Maïmonide :
« Même s’il dit : toute la Torah vient du ciel, sauf ce verset-ci que le Saint, béni soit-Il, n’a pas dit, mais que Moché a dit de lui-même, voilà celui dont il est écrit : “car il a méprisé la parole de l’Éternel” (Bamidbar 15, 31). »
(Talmud de Babylone, Sanhédrin 99a) — וַאֲפִילּוּ אָמַר כׇּל הַתּוֹרָה כּוּלָּהּ מִן הַשָּׁמַיִם, חוּץ מִפָּסוּק זֶה שֶׁלֹּא אֲמָרוֹ הַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא אֶלָּא מֹשֶׁה מִפִּי עַצְמוֹ
Le verset invoqué par Maïmonide lui-même est la parole de Moché devant Kora’h : « À ceci vous saurez que l’Éternel m’a envoyé pour faire toutes ces choses, car ce n’est pas de mon cœur » (Bamidbar 16, 28).
9. La Torah est immuable. Elle ne sera pas remplacée par une autre et on n’y ajoutera ni n’y retranchera, ni dans la Torah écrite, ni dans la Torah orale : « Vous n’ajouterez rien à ce que je vous prescris, et vous n’en retrancherez rien » (Devarim 13, 1 ; voir aussi Devarim 4, 2). Le Michné Torah le développe : aucun prophète, même muni de signes et de prodiges, n’a le droit d’abolir une mitsva, car la Torah « n’est pas dans le ciel » (Devarim 30, 12 ; Rambam, Hilkhot Yessodei HaTorah 9, 1). Une note de texte : l’édition courante du Commentaire de la Michna porte ici deux formulations (« la transmission » ou « l’abrogation »), signe d’un passage qui a fait l’objet de corrections de copistes ; le sens de l’énoncé, lui, ne fait pas de doute : la Torah de Moché n’est pas abrogeable.
La justice divine (principes 10 et 11)
10. D’ connaît les actes des hommes. Il n’a pas détourné les yeux d’eux, contrairement à ceux qui disent « l’Éternel a abandonné la terre » (Yé’hezkel 8, 12 ; 9, 9). Verset cité : « Grand en conseil et puissant en action, Toi dont les yeux sont ouverts sur toutes les voies des fils de l’homme » (Yirmeyahou 32, 19).
11. D’ rétribue. Il récompense qui observe la Torah, il punit qui la transgresse ; la plus grande récompense est le monde à venir, la plus grave punition est le karet (le « retranchement »). Le verset cité est la prière de Moché : « Et maintenant, si Tu pardonnes leur faute… sinon, efface-moi de Ton livre » et la réponse : « Celui qui a péché contre Moi, Je l’effacerai de Mon livre » (Chemot 32, 32-33).
L’avenir : le Machia’h et la résurrection (principes 12 et 13)
12. Les jours du Machia’h. Le Machia’h viendra, et il ne faut pas penser qu’il tarde.
« Et même s’il tarde, attends-le ; ne lui fixe pas de date. »
(Rambam, Commentaire de la Michna, Sanhédrin 10, 12e fondement) — ולא יחשב שיתאחר אם יתמהמה חכה לו
Il s’appuie sur Chavakouk 2, 3 : « S’il tarde, attends-le, car il viendra, il viendra sans retard » (אִם־יִתְמַהְמָהּ חַכֵּה־לוֹ כִּי־בֹא יָבֹא לֹא יְאַחֵר). Il ajoute que celui qui calcule la fin des temps tombe sous le mot des Sages : « Que se consument ceux qui calculent les fins » (Sanhédrin 97b, que Maïmonide cite sous la forme « que s’éteigne leur esprit »). Le Michné Torah décrit le Machia’h comme un roi de la maison de David qui rétablit la royauté, reconstruit le Temple et rassemble les dispersés d’Israël (Hilkhot Mélakhim 11, 1). Il précise que rien ne changera dans l’ordre du monde : le verset du loup et de l’agneau est « une parabole » (Hilkhot Mélakhim 12, 1), et il invite à ne pas se perdre dans les détails :
« Et de même, qu’il ne calcule pas les fins. »
(Rambam, Michné Torah, Hilkhot Mélakhim 12, 2) — וְכֵן לֹא יְחַשֵּׁב הַקִּצִּין
13. La résurrection des morts. Le Rambam ne développe pas ce principe dans l’introduction (« nous l’avons déjà expliqué » ; voir plus haut dans la même introduction), car il le traite ailleurs. Sa source est dans la Michna elle-même : ceux qui nient la résurrection sont privés du monde à venir (Michna Sanhédrin 10, 1), et dans le Talmud, qui demande « d’où la résurrection est-elle dans la Torah ? » (Sanhédrin 90b). Rabbi Yo’hanan y lit le verset sur la terouma d’Aharon (Bamidbar 18, 28) et Rabbi Simaï un verset sur les patriarches (Chemot 6, 4). Les prophètes l’annoncent : « Tes morts revivront, mes cadavres ressusciteront » (Yécha’ya 26, 19) ; « Et beaucoup de ceux qui dorment dans la poussière de la terre se réveilleront » (Daniel 12, 2).
« Croire » ou « savoir » ? Ce que Maïmonide demande vraiment
Un lecteur d’aujourd’hui entend « principe de foi » comme « chose à croire sans preuve ». Maïmonide a une autre idée. Pour lui, plusieurs de ces principes sont des vérités que l’on doit chercher à comprendre : l’existence et l’unité de D’ sont « un fondement des fondements » qu’il faut connaître (Hilkhot Yessodei HaTorah 1, 1 et 1, 7), et, par la méditation sur la création, l’homme en vient à l’amour et à la crainte de D’ (Hilkhot Yessodei HaTorah 2, 1-2). Il écrit dans les Hilkhot Yessodei HaTorah que l’on aime D’ en contemplant « ses actes et ses créatures merveilleuses ».
La tradition juive connaît pourtant un autre axe, celui de la emouna comme confiance, comme fidélité. C’est le sens du verset sur Avraham : « Il crut en l’Éternel, et Il le lui compta comme justice » (Bereshit 15, 6, וְהֶאֱמִן בַּיהוָה וַיַּחְשְׁבֶהָ לּוֹ צְדָקָה), et du verset sur Israël au bord de la mer : « Ils crurent en l’Éternel et en Moché son serviteur » (Chemot 14, 31). Le prophète Chavakouk résume : « Le juste vivra par sa foi (emounato) » (Chavakouk 2, 4 ; le Talmud, Makot 24a, en fait le résumé de toute la Torah). Chez les Sages, croire n’est pas seulement admettre une proposition : c’est tenir fidèlement, durablement, dans l’épreuve. Les deux dimensions, savoir et faire confiance, se retrouvent dans le judaïsme, et Maïmonide lui-même ne les oppose pas : il demande que l’on comprenne autant que l’on peut, et que l’on tienne ce qui dépasse l’entendement.
Qui est en dehors ? Min, apikoros, kofer ba’ikar
La fin de l’introduction de Maïmonide est la plus délicate. Après avoir énuméré les treize fondements, il écrit : celui qui croit toutes ces choses « entre dans la communauté d’Israël », on doit l’aimer et se comporter avec lui avec fraternité, même s’il commet des fautes par passion : il sera puni selon ses fautes, mais il a une part au monde à venir.
« Et même s’il a commis les fautes que son désir et la force de sa mauvaise nature lui ont fait commettre, il est puni selon ses péchés, mais il a part au monde à venir, et il est parmi les pécheurs d’Israël. »
(Rambam, Commentaire de la Michna, Sanhédrin 10, conclusion) — ואפי’ עשה מה שיכול מן העבירות מחמת התאוה והתגברות הטבע הגרוע הוא נענש כפי חטאיו אבל יש לו חלק לעוה »ב והוא מפושעי ישראל
À l’inverse, si l’un de ces fondements est atteint, « il est sorti de la communauté, il a renié le principe (kafar ba’ikar), on l’appelle min, apikoros et “celui qui coupe les plantations” » (même passage). Le Rambam ajoute que l’on a le devoir de le haïr et de le faire disparaître, en citant le Psaume 139, 21. Cette sévérité est à lire dans le contexte médiéval d’un auteur qui veut défendre la communauté contre des doctrines perçues comme la sapant, et elle est à distinguer de ce que la halakha applique en pratique. Les termes sont définis plus précisément dans le Michné Torah :
- les cinq sortes de « minim » (hérétiques) : celui qui nie D’ ; celui qui admet deux puissances ou plus ; celui qui Lui prête un corps et une forme ; celui qui dit qu’Il n’est pas seul premier et créateur de tout ; celui qui adore un astre ou une constellation comme intermédiaire (Hilkhot Techouva 3, 7) ;
- les trois sortes d’« apikorsim » : celui qui nie toute prophétie ; celui qui nie la prophétie de Moché ; celui qui dit que le Créateur ne connaît pas les actes des hommes (Hilkhot Techouva 3, 8) ;
- les trois sortes de « kofrim ba-Torah » : ceux qui disent que la Torah ne vient pas de D’, même un verset ; qui renient la Torah orale ; ou qui affirment qu’elle a été remplacée (Hilkhot Techouva 3, 8).
Mais le Rambam ajoute aussitôt deux correctifs décisifs. Premier correctif : la techouva (le repentir) efface tout.
« Même s’il a renié le principe toute sa vie et se repent à la fin, il a une part au monde à venir. »
(Rambam, Hilkhot Techouva 3, 14) — אֲפִלּוּ כָּפַר בָּעִקָּר כָּל יָמָיו וּבָאַחֲרוֹנָה שָׁב יֵשׁ לוֹ חֵלֶק לָעוֹלָם הַבָּא
Second correctif : les descendants de ceux qui se sont égarés ne sont pas jugés comme eux. À propos des karaïtes, qui rejettent la Torah orale, il écrit que leurs fils et petits-fils, élevés dans l’erreur, sont « comme un enfant qui a été fait prisonnier parmi eux » :
« Il est comme un enfant fait prisonnier parmi eux et élevé par eux, car il est comme contraint. (…) Il faut donc les ramener à la techouva et les attirer par des paroles de paix. »
(Rambam, Hilkhot Mamrim 3, 3) — הֲרֵי הוּא כְּתִינוֹק שֶׁנִּשְׁבָּה בֵּינֵיהֶם (…) לְפִיכָךְ רָאוּי לְהַחְזִירָן בִּתְשׁוּבָה וּלְמָשְׁכָם בְּדִבְרֵי שָׁלוֹם
C’est l’origine du « tinok chénichba » (« enfant capturé »), concept que les décisionnaires ont ensuite appliqué aux juifs élevés loin de la Torah : on ne les traite pas en hérétiques, mais en frères à rapprocher. Il faut donc se garder de tirer de la liste de Maïmonide un tribunal qui excluerait qui doute ou qui ignore : ce n’est pas le ton de sa propre halakha. Pour tout cas personnel, on consultera un rabbin.
Ce que les principes ne disent pas
Une liste suppose des choix. Ceux de Maïmonide ont étonné, dès le Moyen Âge, par leurs absences.
- Le libre arbitre. Le Rambam écrit dans le Michné Torah : « Chacun a la possibilité d’incliner vers le bien ou vers le mal » (Hilkhot Techouva 5, 1), et il ajoute : « Ceci est un grand principe (ikar gadol), le pilier de la Torah et de la mitsva » (Hilkhot Techouva 5, 3) — וְדָבָר זֶה עִקָּר גָּדוֹל הוּא וְהוּא עַמּוּד הַתּוֹרָה וְהַמִּצְוָה. Et pourtant, il ne figure pas dans les treize. Le remarque, au XVe siècle, Rabbi Yossef Albo (voir plus bas).
- La création du monde. Le principe 4 parle de l’éternité de D’, non de la création ex nihilo ; Maïmonide traite le sujet à part dans le Guide des égarés.
- L’élection d’Israël, la terre d’Israël, les mitsvot elles-mêmes. Aucune n’apparaît comme fondement.
- Les miracles de la Torah, la présence divine (Chekhina) en Israël. Albo en fera aussi la remarque.
Il faut ajouter que Maïmonide ne prétend pas faire une liste de tout ce que la Torah demande de croire : il dit qu’il rassemble ce qui est « une fondation » de la Torah de Moché.
Les critiques : Ra’avad, Albo, Abravanel
La liste n’a pas fait l’unanimité. Voici les voix principales, pour que le lecteur voie la discussion telle qu’elle est.
Le Ra’avad (Rabbi Avraham ben David de Posquières, XIIe siècle) critique, dans ses gloses sur le Michné Torah, la définition de l’hérétique qui prête un corps à D’ (principe 3) :
« Et pourquoi l’a-t-il appelé “min” ? Car bien des gens plus grands et meilleurs que lui ont suivi cette pensée, d’après ce qu’ils ont vu dans les versets et, plus encore, dans les paroles de la Aggada qui troublent les esprits. »
(Ra’avad sur Rambam, Hilkhot Techouva 3, 7) — וכמה גדולים וטובים ממנו הלכו בזו המחשבה לפי מה שראו במקראות ויותר ממה שראו בדברי האגדות המשבשות את הדעות
Autrement dit : on ne peut pas traiter d’hérétique celui qui, de bonne foi, s’appuie sur des textes qui semblent parler d’un D’ doté d’une forme. Maïmonide, lui, tient que ces textes sont des images.
Rabbi Yossef Albo (Espagne, XVe siècle), dans le Séfer Ha-Ikarim, juge la liste de Maïmonide arbitraire et la ramène à trois fondements :
« Les fondements généraux et nécessaires à la religion divine sont trois : l’existence de D’, la providence par la récompense et la punition, et la Torah venue du ciel. »
(Séfer Ha-Ikarim, traité 1, chapitre 4) — העקרים הכוללים וההכרחיים לדת האלהית הם שלשה, והם מציאות השם, וההשגחה לשכר ולעונש, ותורה מן השמים
Albo reproche aussi à Maïmonide de ne pas avoir compté le libre arbitre, alors qu’il l’appelle lui-même « grand principe » :
« Et c’est un grand étonnement : pourquoi ne l’a-t-il pas compté parmi les principes dans le commentaire de la Michna, au chapitre Hélèk, comme il a compté les treize principes ? »
(Séfer Ha-Ikarim, traité 1, chapitre 3) — והוא תימה גדול למה לא מנה אותו בעקרים בפירוש המשנה בפרק חלק כמו שמנה הי״ג עקרים
Pour Albo, la venue du Machia’h n’est pas un fondement (ni, selon lui, propre à la Torah de Moché). Il rapporte aussi l’idée que le chiffre treize ferait écho aux treize attributs de D’ et aux treize règles d’interprétation de la Torah, et il la juge très peu convaincante.
Rabbi Has’daï Crescas (Espagne, vers 1340-1410), dans son Or Hachem, propose une liste différente, plus courte que celle de Maïmonide, qui fait toute sa place au libre arbitre.
Don Its’hak Abravanel (Portugal-Italie, XVe-XVIe siècles), dans son Rosh Amana, défend Maïmonide contre certains reproches mais refuse de faire des treize points une liste limitative : chaque parole de la Torah est vraie et mérite la foi, et on ne peut donc pas choisir treize « dogmes » parmi elles. (Point à faire relire par un rabbin : nuance de la position d’Abravanel.)
Ces débats montrent que les treize principes ne sont pas un article de foi voté par un concile : ils sont une proposition de Maïmonide, qui a été acceptée dans la prière avant d’être acceptée en théorie. Plusieurs historiens notent que, pendant plusieurs siècles, ils ont eu une réception réservée avant de s’imposer dans le monde orthodoxe.
De la michna à la prière : Yigdal et Ani Maamin
C’est la liturgie qui a rendu les principes familiers. Deux textes les reprennent.
Le Yigdal est un poème de treize vers, un par principe. Son auteur est généralement identifié à Rabbi Daniel ben Yehouda, dayan de Rome, qui l’aurait achevé en 1404 ; d’autres l’attribuent à un autre poète italien, et l’identité de l’auteur reste débattue. Ses vers suivent l’ordre de Maïmonide. Voici le premier, le septième et le dernier vers :
« Que soit grandi le D’ vivant et loué ; Il existe, et nul temps ne précède Son existence. »
(Yigdal, vers 1) — יִגְדַּל אֱלֹהִים חַי וְיִשְׁתַּבַּח, נִמְצָא וְאֵין עֵת אֶל מְצִיאוּתוֹ
« Il n’est plus surgi en Israël de prophète comme Moché, qui contemple Sa forme. »
(Yigdal, vers 7) — לֹא קָם בְּיִשְׂרָאֵל כְּמשֶׁה עוֹד, נָבִיא וּמַבִּיט אֶת־תְּמוּנָתוֹ
« Il fait revivre les morts dans Sa grande bonté ; béni à jamais soit le nom de Sa louange. »
(Yigdal, dernier vers) — מֵתִים יְחַיֶּה אֵל בְּרֹב חַסְדּוֹ, בָּרוּךְ עֲדֵי עַד שֵׁם תְּהִלָּתוֹ
Les rites divergent : les ashkénazes le placent en tête de l’office du matin ; chez les séfarades, il est chanté en divers moments ; dans certaines communautés (notamment hassidiques), il est omis de la prière quotidienne pour des raisons d’usage kabbalistique.
L’Ani Maamin (« Je crois ») est une version en prose de la liste, où chacun des treize énoncés commence par « Je crois d’une foi parfaite ». Sa forme courante est postérieure à Maïmonide, d’auteur inconnu, et elle diffère par endroits de ses formulations. Par exemple, pour le douzième principe :
« Je crois d’une foi parfaite en la venue du Machia’h ; et même s’il tarde, malgré tout j’attendrai chaque jour qu’il vienne. »
(Ani Maamin, 12e énoncé) — אֲנִי מַאֲמִין בֶּאֱמוּנָה שְׁלֵמָה בְּבִיאַת הַמָּשִֽׁיחַ וְאַף עַל פִּי שֶׁיִּתְמַהְמֵֽהַּ עִם כָּל זֶה אֲחַכֶּה לּוֹ בְּכָל יוֹם שֶׁיָּבוֹא
Beaucoup le récitent à la fin de l’office du matin ; la place varie selon les rites.

Foi, pratique et orthopraxie : ce que le judaïsme demande
On entend souvent que « le judaïsme n’a pas de dogme, seulement des actes ». C’est trop simple. La Michna cite des croyances dont le rejet exclut du monde à venir (Sanhédrin 10, 1), et la Torah demande de « connaître » (Devarim 4, 35 : « Tu as été amené à voir, afin de savoir que l’Éternel est le D’, il n’en est point d’autre que Lui »). Mais il est juste de dire que la tradition juive met d’abord l’accent sur la pratique : la plus grande partie du Michné Torah est consacrée aux lois, et les treize principes n’occupent qu’une page. Pour les Sages, la foi se prouve dans les actes, et réciproquement les actes sans foi manquent leur sens.
Halakha, aggada, philosophie, mystique
Pour bien lire les treize principes, distinguons quatre registres.
1. La halakha. Elle retient de la liste ce qui a des conséquences pratiques : définir qui est « min » ou « apikoros » (Hilkhot Techouva 3, 6-8), ce qui a des effets en droit ; mais aussi la règle de l’enfant capturé (Mamrim 3, 3), qui tempère la sévérité. Le texte des treize principes lui-même n’est pas dans le Choulhan Aroukh. 2. La aggada et le moussar. Ils lisent ces principes comme une éducation du regard : que D’ soit « le Premier et le Dernier » invite à l’humilité, que la Torah vienne du ciel invite à l’étude. 3. La philosophie. C’est le cadre de Maïmonide : la preuve de l’existence de D’, de son unité et de son incorporéité s’appuie sur la raison (Guide des égarés), même si, pour lui, la raison humaine a ses limites. 4. La kabbale et la ’hassidout. Elles ajoutent des couches de lecture : D’ y est dit « infini » (Eïn Sof), et le monde intérieur de la Torah (sod) s’ajoute à son sens simple. Le Yigdal n’est pas dit dans certains rites hassidiques, pour des raisons de coutume kabbalistique, non par désaccord sur le fond.
Idées reçues
- « Les treize principes sont le credo officiel du judaïsme. » Pas exactement. Ils sont très largement acceptés dans le monde orthodoxe et inscrits dans la prière, mais ils sont l’œuvre d’un maître, et d’autres, comme Albo ou Crescas, ont proposé d’autres listes.
- « Maïmonide a inventé ces croyances. » Non : chacune a une source dans la Torah, la Michna ou le Talmud. Son apport est de les rassembler et de les ordonner.
- « Qui doute d’un principe n’est plus juif. » Faux : la qualité de juif ne dépend pas de la foi (on reste juif même en péchant), et Maïmonide lui-même affirme que le repentir ouvre le monde à venir à qui a renié (Hilkhot Techouva 3, 14). Le doute, la recherche, la question sont une partie de l’étude.
- « Le Yigdal est de Maïmonide. » Non : le Yigdal est un poème du Moyen Âge tardif (vers 1400) qui versifie la liste.
- « On y croit parce que Maïmonide l’a dit. » Les Sages n’ont jamais fondé la foi sur l’autorité d’un seul : le peuple d’Israël a cru à Moché à cause du « maamad Har Sinaï », la révélation au Sinaï, et non d’abord pour ses signes (Rambam, Hilkhot Yessodei HaTorah 8, 1).
Ce qu’enseigne le Rav Raphaël Benizri
Le Rav Raphaël Benizri n’a pas consacré de cours à l’énumération des treize principes, mais il a longuement enseigné ce qu’est la foi, ce qui éclaire la lecture de Maïmonide. Dans son cours « Lech Lecha : le rapport de l’homme à D’ », il part du verset « il crut en l’Éternel, et cela lui fut compté comme justice » (Bereshit 15, 6) et s’étonne : jusque-là, c’était Avram qui découvrait D’ et l’enseignait, pourquoi le texte a-t-il besoin de dire qu’il a cru ? Sa réponse : une foi qui se déduit de la vérité n’est plus une foi, c’est une conclusion logique. La foi, dit-il, est « la demeure de la vérité » : sans elle, même la vérité découverte ne serait pas pratiquée dès qu’elle contredirait nos intérêts. Il y relie la foi à la bonté (hessed) : D’ se fait connaître par ses attributs, non par une discussion sur son existence.
Dans « Lech Lecha : la foi en mouvement », il ajoute que la foi n’est jamais figée : elle nous empêche de nous arrêter sur une idée déjà révélée et nous projette vers ce que cette idée cache derrière elle. Et dans son introduction aux Pirkey Avot, il rapporte que Maïmonide, dans sa pédagogie, ne voulait pas toujours citer ses références, afin qu’on ne rejette pas une idée à cause de sa provenance : chacun détient des éléments de révélation.
Ces enseignements ne remplacent pas le texte de Maïmonide, mais ils montrent comment une tradition vivante a toujours tenu ensemble les principes et la manière de les vivre : comprendre, et continuer à chercher. Les cours cités sont disponibles sur le site : Lech Lecha : le rapport de l’homme à D’, Lech Lecha : la foi en mouvement, Pirkey Avot, 1re partie : introduction.
Questions fréquentes sur les treize principes de foi
Qui a écrit les treize principes et quand ?
Maïmonide (le Rambam), vers 1168 au plus tard, dans son Commentaire de la Michna, à l’introduction du chapitre 10 de Sanhédrin (Pérek Hélèk). Il l’écrivait en judéo-arabe ; le texte hébreu que l’on lit est une traduction médiévale.
Les treize principes figurent-ils dans le Choulhan Aroukh ?
Non, sous forme de liste. Le Choulhan Aroukh est un code de lois pratiques. Les principes sont inscrits dans la prière (Yigdal, Ani Maamin) et dans la pensée juive.
Pourquoi treize ?
Maïmonide n’explique pas le chiffre. Albo mentionne l’idée qu’il aurait voulu rappeler les treize attributs de D’ ou les treize règles d’interprétation de la Torah, et il la juge peu convaincante (Séfer Ha-Ikarim 1, 3).
Le libre arbitre est-il un principe de foi ?
Maïmonide l’appelle « un grand principe, le pilier de la Torah et de la mitsva » (Hilkhot Techouva 5, 3), mais il ne le met pas dans la liste de l’introduction de Sanhédrin ; Albo s’en étonne. Dans la pratique, nul ne conteste qu’il soit fondamental.
Un juif qui ne croit pas à l’un de ces principes reste-t-il juif ?
Oui. L’appartenance au peuple juif ne dépend pas de la foi. La question de la « part au monde à venir » est un autre sujet, et Maïmonide lui-même précise que la techouva efface tout (Hilkhot Techouva 3, 14) et que les enfants élevés dans l’erreur sont comme des captifs (Hilkhot Mamrim 3, 3).
Que faut-il dire de la résurrection des morts ?
C’est un principe, enseigné dans la Michna (Sanhédrin 10, 1) et le Talmud (Sanhédrin 90b), et dit chaque jour dans la prière. Les Sages et Maïmonide discutent de la manière de le comprendre ; on peut lire le chapitre 8 des Hilkhot Techouva sur le monde à venir.
Les autres religions ont-elles un credo comparable ?
Certaines ont des credo formulés par des conciles. Le judaïsme n’a pas de concile fixant les croyances, et ses « credo » sont des propositions de maîtres. Cela n’enlève rien à leur autorité, mais explique la liberté de discussion.
Pour aller plus loin
- Qu’est-ce que la Torah ?
- Qu’est-ce que le Talmud ?
- Que dit le Chema Israël ?
- Les 613 mitsvot
- Qu’est-ce que le Machia’h ?
- Que se passe-t-il après la mort ?
- Qu’est-ce que la Kabbale ?
- La pensée juive : sources, courants et grandes questions
- Les grands penseurs juifs, de Rabbi Akiva au Rav Kook
- Glossaire des mots hébreux du judaïsme
Sources et références (24)
- Bereshit 15, 6
- Chemot 14, 31 ; 20, 2-3 ; 32, 32-33 ; 33, 11
- Bamidbar 12, 6-8 ; 15, 31 ; 16, 28
- Devarim 4, 15 ; 4, 35 ; 6, 4 ; 13, 1 ; 30, 12
- Yécha’ya 26, 19 ; 40, 25 ; 44, 6
- Yirmeyahou 32, 19
- Chavakouk 2, 3-4
- Daniel 12, 2
- Tehilim 33, 15 ; 139, 21
- Michna Sanhédrin 10, 1
- Talmud de Babylone, Berakhot 31b ; Sanhédrin 90b ; 97b ; 99a ; Makot 23b-24a
- Rambam, Commentaire de la Michna, Sanhédrin 10 (Pérek Hélèk), introduction et treize fondements
- Rambam, Michné Torah, Hilkhot Yessodei HaTorah 1, 1 ; 1, 7-8 ; 2, 1-2 ; 7, 6 ; 8, 1 ; 9, 1
- Rambam, Michné Torah, Hilkhot Techouva 3, 6-8 ; 3, 14 ; 5, 1 ; 5, 3 ; 8, 2-3 ; 8, 7
- Rambam, Michné Torah, Hilkhot Mamrim 3, 3
- Rambam, Michné Torah, Hilkhot Mélakhim 11, 1 ; 12, 1-2
- Rambam, Guide des égarés, Livre II (sur la création)
- Ra’avad, Hasagot sur Rambam, Hilkhot Techouva 3, 7
- Rabbi Yossef Albo, Séfer Ha-Ikarim, traité 1, chapitres 3 et 4
- Rabbi Has’daï Crescas, Or Hachem
- Don Its’hak Abravanel, Rosh Amana
- Yigdal (rite achkénaze), attribué à Rabbi Daniel ben Yehouda de Rome
- Ani Maamin (version du siddour courant)
- Cours du Rav Raphaël Benizri : Lech Lecha : le rapport de l’homme à D’ ; Lech Lecha : la foi en mouvement ; Pirkey Avot, 1re partie
Article de la rédaction de Pensées Juives. Les passages attribués au Rav Raphaël Benizri sont tirés de ses cours publiés sur ce site.

