Un verset dit qu’Avram a cru en D’ et que cela lui fut compté comme un acte de justice. Les exégètes s’arrêtent sur cette phrase : jusque-là, c’est Avram qui découvre D’ et qui l’enseigne aux autres, et voici que le texte a besoin de dire qu’il a cru. Ce cours prend ce verset comme prétexte à une question de fond : qu’est-ce que croire, si ce n’est ni déduire ni démontrer ? Le Rav Raphaël Benizri y répond en liant la foi à la bonté, et la bonté au principe de l’unité.
Le Rav part de l’échange qui précède, où Avram s’interroge sur un héritage de la terre alors qu’il n’a pas d’enfant, et où D’ le fait sortir de ses limites pour lui montrer les étoiles. Jusqu’à ce moment, Avram était l’homme du raisonnement : il convainquait ses auditeurs par l’absurde que ce monde répond à une volonté créatrice. Le texte, en le déclarant croyant, indique que quelque chose d’autre est en jeu.
Le cours remonte alors très en amont — la confiance que D’ a faite à sa création avant de la créer, la stature d’Adam avant la faute, le rôle de la femme dans le récit du serpent — puis redescend jusqu’à Avram, qui restaure après deux mille ans l’image de l’homme et rétablit le dialogue entre le créateur et la créature. Il se referme sur le rapport entre la foi et le hesed, sur ce que signifie prêter à D’, et sur l’exil comme apprentissage de l’unité.
Ce que dit ce cours
Le texte a besoin de dire d’Avram qu’il a cru, et c’est cela qui étonne. Avram est appelé le premier des croyants, et il aura fallu deux mille ans depuis la création du monde pour qu’un croyant apparaisse enfin. Mais jusqu’ici il était surtout celui qui démontrait : il établissait par A plus B, devant les mécréants de son temps, que le monde répond à une volonté créatrice, qu’il a donc un sens et un but, et qu’il n’est ni le fait du hasard ni celui de la nature. On l’écoutait sans le suivre, en se disant qu’un homme sans enfant ne tiendrait pas la route et finirait par se lasser. C’est au moment où il s’interroge sur sa descendance que le texte le déclare croyant.
Une foi qui se déduit de la vérité n’est plus une foi. Dans la prière du soir, la vérité et la foi sont associées, et l’on serait tenté d’en conclure qu’une quête de la vérité conduit à la foi. Or, si l’on accède à la foi par la vérité, il n’y a plus de foi : il y a une conclusion logique. Le Rav observe que des hommes parviennent à des convictions solides, scientifiques ou philosophiques, et restent malgré tout habités par le doute. La foi tient donc plutôt au sentiment propre de l’être : s’il est une chose dont l’homme ne doute pas, c’est qu’il existe — et il le sait parce qu’il sent, non parce qu’il comprend. J’existe parce qu’un monde m’entoure, parce que j’ai faim, parce que je souffre, parce que j’aime. C’est en ce sens que l’on dit d’Avram que son cœur a été trouvé fidèle : ce n’est pas sa logique qui est fidèle, ni sa quête de la vérité, c’est le fait de se tenir au milieu d’une création qui est elle-même le lieu de la révélation.
La foi est la demeure de la vérité, et non l’inverse. Aucune vérité ne tient sans elle. Sans foi, comment accéderais-je à la vérité ? Et quand bien même je la découvrirais, je ne la pratiquerais pas dès lors qu’elle contredirait mes intérêts, mon sentiment ou mon désir. La vérité a besoin d’un lieu où se tenir, et ce lieu est la foi.
La foi a précédé la création. Nos sages enseignent que D’, au moment de créer, a fait confiance à sa création : il a craint que les lois de la nature ne se mettent à fonctionner de manière incontrôlée, il s’est demandé s’il fallait créer ce monde, et il l’a créé parce qu’il lui a fait crédit. Quand la foi précède la création, la charte de cette création est la Torah : le monde a été tracé selon ses données, et c’est à ce tracé qu’il devait rester conforme. Ce que D’ a confié au monde, c’est de ne pas se dérégler.
Ce qui pouvait dérégler ce monde, c’était l’homme. L’homme est l’être qui contient en lui toutes les données de la nature, et il a été créé à l’image de D’. C’est la vision d’Ezekiel : sur le trône céleste siégeait la ressemblance d’un homme. Cette ressemblance épousait l’ensemble du phénomène de la création. Dès lors, si l’homme ne se reconnaissait pas en son créateur, il allait dérégler la création — et c’est ce qui est arrivé, puisque Adam a fauté.
Adam s’étendait d’une extrémité du monde à l’autre. Nos sages lui donnent cette dimension universelle : cet homme était véritablement le projet divin de la création. Après la faute, il a été réduit à cent coudées, et il ne retrouvait plus ses marques. Sa force de perception s’est éteinte, son monde s’est restreint, il est devenu limité. La foi, du même coup, a été entamée.
Le serpent s’adresse à la femme parce que c’est elle qui incarne la foi. Le Zohar remarque que la vérité est posée au masculin et la foi au féminin. La femme est celle qui accepte de recueillir, de féconder, de donner vie — et cela suppose une certaine confiance en l’avenir. Si elle nourrissait des craintes sur le devenir de l’enfant, sur le plan physique comme sur le plan moral, pourquoi courrait-elle ce risque ? Le serpent, qui est le ferment du désir, vient à bout de cette résistance-là ; l’homme suit ensuite.
Avram rouvre le dialogue, et c’est ce qui rend un développement possible. La foi entamée se redécouvre par lui, et il la transmet à ses descendants. Par cette voie, le langage entre le créateur et le créé redevient praticable ; et quand le dialogue est rétabli, il y a possibilité de développement. Le Rav insiste : c’est bien une restauration, non une invention. Avram récupère l’homme après deux mille ans.
Il faut une terre, parce qu’on ne sème pas en l’air. Au début, il n’est pas encore question de Torah : il est question d’une descendance, de semailles — mais de semailles dans la terre. Il faut à tout prix une terre pour que l’identité d’Avram se développe. C’est aussi pourquoi la royauté passe désormais par l’homme : lorsqu’on se réfère à Avram, on n’a plus besoin de déclarer que D’ est le roi du monde. L’homme, dans le langage qu’il a innové avec son créateur, est devenu porte-parole, et D’ a trouvé un refuge sur terre.
L’idolâtrie est un morcellement, non une erreur d’adresse. Après le Sinaï, un peuple qui avait entendu la parole a pourtant dit du veau : voici tes dieux, Israël. L’idolâtrie, c’est de ne pas parvenir à relier les éléments créés, à les unir en une seule force et à les faire jouer dans sa propre vie. Aujourd’hui nous pensons ceci, demain cela. Le Rav n’en fait pas un procès : un enfant qui vient de naître n’a pas encore fait l’expérience de la vie, ne s’est pas forgé aux épreuves, et l’éparpillement fait partie du chemin.
L’exil de l’homme n’est pas négatif, il est constructif. L’histoire du peuple juif commence par un exil parce qu’il était interdit de se replier sur soi, de rester un peuple confiné dans ses frontières, sans dialogue avec le monde extérieur, sans possibilité d’y diffuser son identité. Nous sommes nés en exil ; le jardin d’Eden n’est plus le point de départ, il devient un aboutissement. Nous aspirons à la terre d’Israël, à Jérusalem, à la construction du sanctuaire — et quand bien même le projet n’aboutirait pas, nous restons animés par la foi. C’est cela, la foi entière : tenir quand tout crie l’interrogation. De la même manière que Celui qui a créé le monde ne va pas détruire son œuvre, il ne va pas non plus détruire l’homme en lequel il a placé toute sa confiance pour la réussite de cet univers. Reste la question de savoir où lui rendre hommage, et la réponse est dans l’homme lui-même : dans sa capacité à diffuser le bien à travers sa personne.
L’alliance est conclue avec Avram parce qu’il partageait avec D’ sa foi dans le hesed. C’est ici que se noue le rapport entre la bonté et la foi. On le retrouve dans la bénédiction qui se referme sur le seul Avram — bouclier d’Avram — alors même que d’autres patriarches viendront après lui : il est le porteur du hesed. Et D’ fait dire de lui-même qu’il est connu par ses actes, non par sa nature : il ne sert à rien de philosopher sur son existence, il faut s’interroger sur ses attributs. Chaque attribut par lequel il se révèle a pour source la bonté.
Mais le hesed mal pratiqué blesse. Il suscite l’envie, le mépris, parfois la haine et la jalousie. Les personnes ne veulent pas de charité, ne veulent pas de bonté, ne veulent être redevables à personne. Nos sages enseignent pourtant que le pauvre rend au riche plus de service que le riche au pauvre, puisqu’il le fait exister comme riche à ses propres yeux. Il n’empêche : dès lors qu’il y a un donateur et un receveur, il y a le risque de la jalousie, du mépris et de la honte de dépendre d’autrui.
D’où une autre définition de la bonté : grandir soi-même jusqu’à contenir les autres. Je cherche chaque jour à accéder à une dimension plus élevée, et lorsque je grandis, je ne sers plus seulement ma personne : beaucoup profitent de ce que je deviens. J’ai intégré les autres en moi. Il n’y a plus moi et l’autre, il y a l’autre qui se retrouve en moi et s’y reconnaît. C’est le principe de l’unité, celui-là même qui vaut pour D’ : il a créé son monde, mais il est un — il n’y a pas le monde et lui, le monde se retrouve totalement en lui.
Le morcellement du monde, à l’inverse, fabrique les idoles. On rapporte qu’Avram a combattu quatre cents chapitres de pratiques idolâtres, et le Rav invite à mettre ce nombre en rapport avec les quatre cents années demandées au peuple juif en Égypte pour accéder à la révélation d’un D’ un. Il s’agit de ne pas s’éparpiller, et de ne pas dire non plus que je suis, moi, et que l’autre n’existe que par rapport à moi. Chacun doit dire que le monde a été créé pour lui, ce qui signifie que l’univers entier se retrouve en lui — et qu’il peut donc l’orienter vers l’idolâtrie ou vers la reconnaissance.
Revenu au verset, le Rav le lit dans le sens du bénéfice donné à autrui. Rachi entend que cela est compté au mérite d’Avram ; le Rav suggère d’entendre aussi la lecture qui oriente le verset vers le fait de faire profiter d’autres personnes. Mais pour faire profiter autrui, il faut d’abord développer ses propres attributs et parvenir à porter en soi cette ressemblance aux attributs de D’, puisque D’ ne se manifeste que par eux. La bonté ne se distribue pas avant d’avoir été acquise.
Prêter à D’, c’est gratifier le pauvre — et le pauvre, ici, c’est le créateur qu’on a enfermé dans un lieu. Un verset des Proverbes dit que celui qui gratifie l’indigent prête à D’, et que D’ s’engage à lui restituer bien au-delà. Le Rav en donne une lecture inattendue : celui qui est réduit à l’état de pauvre, c’est le créateur du monde qu’on a enfermé dans un temple, alors qu’il est le créateur de tout l’univers. Comment le restreindre à quelques recoins de ce monde-ci ? Et nos sages affirment qu’à la destruction du Temple, les hommes de foi ont cessé — parce que la foi avait été atteinte dans ce dialogue permanent de l’homme avec D’.
L’exil est donc l’école de l’unité. Une notion idolâtre s’est profilée, qui considère l’humanité comme une multiplicité d’individus séparés les uns des autres et se complétant par apport mutuel. Ce n’est pas ainsi qu’il faut voir le monde. Les différents attributs du divin sont répartis entre les hommes — la justice chez l’un, la miséricorde chez un autre, la vérité chez un troisième — mais chaque homme, par son attribut, représente l’ensemble de la création. Les quatre royaumes qui exposeront le peuple juif à l’exil, et dont l’Égypte est la matrice, contribuent à former le peuple appelé à enseigner à l’univers l’unité de D’, l’unité de l’univers et l’unité des nations.
Transcription intégrale du cours
Bon, nous avons vu la dernière fois en introduction à l’Alliance conclue avec Avraham que Avraham s’interrogeait sur le fait de l’héritage de la terre alors qu’il n’avait pas d’enfant. Et D’ lui dit, sors de tes limites et observe les étoiles du ciel, ainsi sera ta descendance. Et puis le texte nous dit, «Ve emin vachem vayah sheve alot tzedaka». Avraham a cru en D’, vayah sheve alot tzedaka, Et il a considéré cela comme une charité. Qui a considéré cela comme une charité ? Les exégètes se sont interrogés sur cette phrase de Bohr de Véhémin Bachem, ce qui n’avait pas foi en D’. Jusqu’à présent, qui a découvert D’, c’est bien Avraham, Abitou el surhoutzaften ve’el sarate’ol el-reyn, k’ehad k’eratim.
Référez-vous à Avraham qui est considéré comme Rochma Aminim, comme le premier des croyants. Il a fallu deux mille ans depuis la création du monde pour qu’on voit enfin surgir un croyant. Et jusqu’à présent, Avraham s’est appliqué à trouver par A plus B à tous les mécréants que ce monde a été créé par la volonté d’un créateur qui répond à une volonté créatrice et par conséquent, il a un sens, il a un but, ce n’est pas le fait du hasard, ce n’est pas le fait de la nature, donc jusqu’à présent nous étions en train de croire en un Avraham qui répandait la foi en D’ et qui la fondait sur un raisonnement par l’absurde, un raisonnement logique et qui arrivait à convaincre ses auditeurs.
C’est vrai qu’on ne l’a pas cru parce qu’on se disait qu’il ne tiendra pas la route, étant donné qu’il n’a pas d’enfant, un jour ou l’autre il va se lasser, même s’il a échappé à la fournaise ardente, mais on ne va pas s’accrocher avec lui outre mesure et nous allons attendre. Et maintenant, le voici qui s’interroge sur son héritage futur est le texte de de dire V. Emin Bachin. Il a cru en D’. Nous ouvrons une parenthèse maintenant pour voir ce que c’est que la foi V. Emin Bachin. Croire en D’, qu’est-ce que c’est ? Est-ce Une conviction par le fait de la création du monde est une chose qui se prouve, qui se vérifie.
Dans notre prière du soir, nous associons Emet ve Emunah, la vérité et la foi. conséquent on serait plus en clin à dire que à partir d’une quête de la vérité on accède à la foi, mais si on accède à la foi à partir de la vérité alors il n’y a pas de foi, c’est logique. Ah non, il y a des personnes qui effectivement arrivent à des convictions sur le plan scientifique ou tant sur le plan philosophique et qui ne se fondent pas sur les vérités qu’ils ont trouvé pour croire, ils sont toujours animés du doute. Alors la foi c’est la grâce comme le préconise certains, ou bien la foi, c’est réellement un phénomène qui est lié davantage au sentiment propre de l’être et non pas à sa conscience, non pas à sa logique, mais à une certitude d’abord de sa propre vie. Parce que s’il y a une chose de laquelle je ne doute pas, c’est que j’existe. J’existe parce que je sens les choses, non pas tant parce que je les comprends, j’existe parce qu’il y a tout un monde qui m’entoure et j’ai parce que j’ai faim, je souffre, j’aime et ainsi de suite. Alors dans ce cas là nous pouvons nous Nous pouvons dire qu’Avraham, au matzah, tu as trouvé son cœur qui t’était fidèle.
C’est son cœur qui est fidèle, ce n’est pas sa logique, ce n’est pas sa quête de la vérité. C’est le fait même qu’il se trouve au milieu d’une création et que cette création elle-même est le lieu de la révélation et de la même manière. que aucune vérité ne peut tenir sans la foi puisque la foi est la demeure de la vérité. Si je n’ai pas de foi, comment vais-je accéder à la vérité ? Combien même je la découvrirai, je ne la pratiquerai pas dans la mesure où elle contredirait mes intérêts, mais le sentiment, mais le désir. Alors, nous avons dit qu’il est vrai qu’Avraham est Rosham Aminim. Il est l’homme de la foi. Il est la source de la foi.
Or cette foi qui le caractérise à bras se rattache plus à la réalité de la création. De quelle manière ? Nos harami m’ont dit que D’ a eu confiance en sa création. Quand il l’a créé, il a eu peur que les lois de la nature ne commencent à fonctionner. d’une manière non contrôlée, incontrôlée, alors il s’est demandé si oui ou non il fallait créer ce monde. Il a décidé de le créer parce qu’il a fait confiance à sa création. C’est-à-dire que la foi a précédé la création. Or quand la foi a précédé la création, quelle était la charte de la création et quel était le tracé de la création, c’était les lois de la Torah, c’était D’ a un petit peu suivi les lois de la Torah, les données de la Torah et il a créé le monde et ce monde il lui a fait confiance qu’il allait effectivement rester conforme à l’architecture de la Torah et qu’il n’allait pas se dérégler.
Or, qu’est-ce qui pouvait dérégler ce monde, c’est l’homme. Parce que quelle est l’être créé qui lui se disons obéit à toutes les lois de la nature et en lui il contient ou qui renferme en lui toutes les données de la nature. Dmout Adam, l’aspect de l’homme, la ressemblance de l’homme, c’est celle de l’Ezekiel, il l’a créé à l’image de D’. S’il a créé à l’image de D’, alors se confirme cette vision de Ezekiel. Vers Al-Dmouta, qui sait, et sur le trône céleste, il y avait Dmouta Adam siégeé la ressemblance de l’homme. La ressemblance de l’homme, c’est celle qui épousait tout le phénomène de la création. Et par conséquent si l’homme, lui, ne se reconnaissait pas en son créateur, il allait effectivement dérégler la création. Et c’est ce qui est arrivé, le premier Adam a pêché.
Mais le premier Adam, nos sages disent qu’il avait une dimension de l’extrémité du monde à son autre extrémité. Mixera olam verazofo, c’est-à-dire il avait une dimension universelle telle que cet homme était vraiment le projet divin de la création. Mais ce projet divin de la création. A quoi sert-il? Nos sages nous enseignent. «Tout ce que D’ a créé, il ne l’a créé que pour sa propre gloire, sans propre prédire, sans propre respect. Tant vient-ce un cavaute lichement, nous disons dans nos prières. Le bien qu’il a créé, c’est un cavaute pour lui. Un cavaute. Alors pour ça on crée un monde. Est-ce que finalement on va s’investir à entretenir une famille des enfants pour son cavaute personnelle. Le narach, qui est en somme le fermant du désir, est venu à bout de la résistance de la femme. Pourquoi à bout de la résistance de la femme ? Parce que c’est elle qui incarne la fidélité, la foi. Le Zohar pose la question « ihu emet ve’ei emunah ». Quand il pose la question, disons « mais quelle est la vérité ? », il la pose sous forme du masculin « ihu emet Et où c’est avec ? Quelle est la justice ? Mais Eïe et Mouna, c’est féminin. Pourquoi ? Parce que c’est elle qui accepte de recueillir le produit masculin, de le féconder, de lui donner vie avec une certaine confiance en l’avenir, une certaine foi en l’avenir. Si, par exemple, elle nourrissait des craintes quant au devenir de l’enfant sur le plan physique et sur le plan moral, qu’est-ce qu’elle a enfin pourquoi va-t-elle courir ce risque ? Et nous comprenons la raison pourquoi le serpent s’attaque d’abord à la femme et c’est elle qui va convaincre son masque. Et après le péché, cet homme-là qui était d’une extrémité de l’univers à l’autre, c’est-à-dire qui épousait l’univers entier, il ne contenait en lui-même un seul homme, il a été réduit, réduit de la dimension qu’il avait à 100 coudés et il ne retrouvait plus ses marques.
Il n’avait plus cette force de perception, son monde s’est restreint, il est limité. Alors, la foi a été entamée, elle va se redécouvrir par Avraham Rosham Aminim et qui lui va la transmettre à ses descendants et ce qui fait que par cette voix le langage entre le dialogue entre D’ et l’homme entre le créateur et le créé est possible et quand le dialogue est rétabli il y a possibilité de développement. Nous avons dit tout à l’heure que la foi est la demeure de la vérité et le lieu de la vérité et le monde aussi est le lieu où s’épanouit l’homme. Sans le monde, il n’y a pas d’épanouissement possible. C’est pour cela qu’au début, il n’y a pas de référence à la Torah, il y a tout simplement zera haaretz, la descendance, les semailles, mais les semailles pas en l’air, mais les semailles dans la terre, c’est-à-dire qu’il faut à tout prix une terre pour développer l’identité d’Avraham, parce que Avraham, il a comme attribut à Anakin chez Baradun, le géant de tous les hommes. Pourquoi ? Parce qu’il a récupéré l’homme après 2000 ans, Il a restauré l’image de l’homme qui fait, comme je l’ai expliqué, que lorsqu’on cite Avraham, lorsqu’on se réfère à Avraham, on n’a plus besoin de déclarer que D’ est le roi du monde, la royauté passe par celle de l’homme.
L’homme, dans le langage qu’il a innové avec son créateur, il est devenu le porte-parole de D’, et D’ lui aussi a trouvé un refuge sur terre, et quand il construit et il dispense sa parole, il se révèle à l’homme, tout se passe bien, sauf lorsque, à nouveau, le peuple pêche, ce peuple qui a entendu la parole de D’ au Sinaï, c’était l’Akituba, c’était la charge d’alliance entre D’ et le peuple d’Israël quand il a vu cela et il a dit elle est quand il a péché pardon en pratiquant le mot d’ordre il a déclaré elle est Elohech à Israël elle est Elohech à Israël voici tes dieux Israël tes dieux Ça, c’est avodazala. Qu’est-ce que avodazala ? Qu’est-ce que l’idolâtrie ?
L’idolâtrie, c’est le morcellement de tous les éléments créés par D’. Lorsqu’on n’arrive pas à connecter tous ces, à unir tous ces éléments en une seule force, et à les faire, en quelque sorte, reproduire dans notre être, dans notre propre vie. Parce qu’aujourd’hui nous pensons comme ceci, demain nous pensons comme cela. Et c’est tout à fait normal, cet enfant, quand est-elle qu’il est né, il n’a pas encore fait l’expérience de la vie, Il n’a pas étudié, il ne s’est pas forgé aux épreuves de la vie. Or, cet exil de l’homme, il n’est pas négatif, cet exil de l’homme est constructif. Dans l’histoire du peuple juif, nous avons commencé par un exil parce qu’il était interdit que nous nous replions sur nous-mêmes et que nous restions un peuple confiné dans ses frontières, sans dialogue avec le monde extérieur, sans possibilité d’intégrer le monde extérieur et de diffuser son identité, de répandre ses connaissances au monde extérieur et par conséquent on a commencé par l’exil, on est né en exil, ce n’est plus le jardin d’Eden, le jardin d’Eden l’Éden devient un aboutissement. Nous aspirons à la terre d’Israël, nous aspirons à Yerushalayim, nous aspirons à la construction du sanctuaire, et de cette façon-là, quand bien même, nous ne réussirions pas à faire aboutir notre projet, nous restons animés par la foi.
Ça c’est ce qu’on appelle émonach lema. Anima amin be émonach lema, quand en somme tout crie à à l’extérieur qu’il y a un grand point d’interrogation, mais nous faisons fi de tout ce questionnement et nous continuons effectivement à nous dire que de la manière dans un cadeau Joao Loucrou a créé le monde fait qu’il ne va pas détruire son monde, il ne va pas détruire son oeuvre, et de la même manière qu’il ne va pas détruire son oeuvre, il ne va pas détruire l’homme en lequel il a fondé toute sa confiance pour la réussite de cet univers. Nous l’avons dit tout à l’heure, Kvodomalairolam. Alors où est cet endroit ? Où est ce lieu où nous pouvons effectivement lui rendre hommage, l’admirer ? Il est dans sa possibilité de diffuser le bien à travers sa personne.
Et là nous nous arrivons à un point important qui établit le rapport entre le ché cède, entre la bonté et la foi. On m’a tzataït lé bavoné eman lé farayécha vé charrot immo abéri. Le Kaddosh Walucho a conclu une alliance avec Avraham parce qu’il partageait avec lui sa foi. Sa foi en quoi ? Sa foi en le hesed. Nous avons dit un mot sur ce hesed, cette bondé. Et nous avons dit que bien souvent ce recette s’il est mal pratiqué, il suscite des envies, du mépris, quelquefois même de la haine, de la jalousie. Les personnes ne veulent pas de charité, ne veulent pas de bonté, ne veulent être redevables à personne. Alors est-ce que ce résel est véritablement recommandable au point que, si on doit clôturer une bénédiction, d’entre tous les patriarches, nous ne prendrons qu’Avraham.
Baruch atashem ma gen Avraham, bénis soit-tu éternel, bouclier d’Avraham parce qu’Avraham est porteur du récepte. Oh, vous savez très bien que D’ dit, les films ma’asa yani nikra, d’après mes actes, je suis ce que je suis, vous ne pouvez pas me connaitre. Ce n’est pas la peine de philosopher sur mon existence, si j’existe ou si je n’existe pas. Interrogez-vous sur mes attributs. J’ai plusieurs attributs et chaque fois je me révèle par un attribut, mais c’est un tribut par lequel je me révèle à pour source, toujours la bonté. HM, HM, quel raconte, quand nous l’invoquons, nous invoquons sa bonté, sa miséricorde. Oh, vous savez, nos sages enseignent que plus que ce que le riche le sert le pauvre, le pauvre lui rend beaucoup plus de service au riche parce qu’il le reconnaît.
Parce que sans prendre de chez lui, eh bien, à conserver sa richesse, il ne se reconnaîtrait pas. Mais alors, il y a là un donateur et un receveur, il y a toujours ce risque, ce risque de jalousie, ce risque de mépris, la honte de devoir dépendre d’une autre personne. Orlossage donne une autre définition du reste. Qu’est-ce que c’est que le reste ? Qu’est-ce que la bonté ? La bonté, c’est l’orscope. Je suis en train de m’épanouir moi-même, je ne fais attention qu’à ma personne et je cherche à accéder chaque jour à une dimension plus élevée, à un niveau supérieur fait que lorsque je grandis, je me développe, alors je ne sers plus que ma personne. Il y a beaucoup de personnes qui profitent de ce que je deviens. Et en somme, qu’est-ce que j’ai fait ?
J’ai intégré les autres dans ma personne. Je deviens le modèle unique de toute une collectivité qui, elle, se nourrit indirectement de ce que je suis. Il n’y a pas moi et l’autre, non, il y a l’autre qui se retrouve en moi, qui se reconnaît en moi. Et celui-là, c’est le principe de l’unité. Le principe de l’unité, c’est lorsque celui qui reçoit, c’est celui qui donne indirectement. Parce qu’il se donne à moi, mais indirectement, il se nourrit de moi. C’est ce qui se passe avec D’. Il a créé son monde, mais il est un. Il n’y a pas le monde et lui. Le monde se retrouve totalement en lui. Le morcellement du monde et le morcellement des forces de la nature deviendrait ou plutôt servirait de nombreux idoles. On dit qu’Avraham avait, nous, 400 chapitres d’idoles, de pratiques idolâtre. Il les a combattus. Vous pouvez faire la relation entre ces 400 chapitres d’idoles et les 400 années demandées au peuple juif en Égypte afin qu’il accède à la révélation de D’-un.
Il s’agit de ne pas s’éparpiller, de ne pas affirmer à ni ou vélo à chers, je suis et l’autre n’existe que par rapport à moi. Non, il faut… Bishvili livra Olam veut dire que tout l’univers se retrouve en moi. Et de cette façon-là, je peux effectivement l’orienter dans le sens de l’idolâtrie ou dans le sens de la reconnaissance de la foi, de l’épanouissement, tel qu’un enfant qui grandit et de jour en jour s’affirme, s’épanouit. Et bien c’est là la relation de la foi avec la volonté. La foi, c’est voir que ce monde, il est entièrement dans l’homme, qui lui est le résultat de la création, il est le prototype de l’univers entier, et ce prototype de l’univers entier, il est à l’image de D’ en train de partager avec le monde tous ses attributs à lui que il a effectivement acquis dans un dialogue permanent avec le créateur, la création.
Alors maintenant, on peut revenir à notre texte. V. Emin Bachin. Avraham manifestait sa foi en D’. Et que dit Raché ? Plissroth, pour son mérite. Quel mérite ? Le mérite, c’est celui d’avoir acquis qui une autre un autre niveau d’existence parce que comme nous l’avons dit tout à l’heure notre appartenance à ce monde se vérifie d’abord par le fait que il y a monde autour de moi, je le sens, je le vis, je ne le pense pas toujours, je ne dis pas je pense dans ce que je suis, ce n’est pas ça. Quand je souffre, je ne pense pas, non. Ce monde c’est une réalité, j’adhère ou je n’adhère pas, je le prends comme tel ou je le refuse et dans le cas où je le refuse et bien je porte atteinte à ma propre vie, je n’existe plus, ça c’est ce que Avraham a venu apporter comme enseignement et éminbachem lissrout, il ne faut pas lire lissrout mais les akkot, pour faire profiter d’autres personnes, mais pour faire profiter d’autres personnes, il faut songer d’abord à développer ses propres attributs, à arriver soi-même à porter cette moute, cette ressemblance aux attributs de D’, puisque Aqadosh Waloukhoun ne se manifeste que par ses attributs, alors on va y archiver à l’autre, c’est d’accord et il l’a considéré comme une charité, vous savez, il y a un passage dans les proverbes « Malvez la chaîne honnête d’âme », celui qui prête à D’, comment prêter à D’ ? Honnête d’âme, par une action de grâce envers le peau. Alors D’ s’engage à te rembourser, à te restituer même 100 fois ce que tu as donné. Mais d’un autre côté il est dit Et quand il y a quelqu’un qui prête de l’argent, on a saisi, on lui a confié tous nos biens, on a hypothéqué toute notre vie pour, afin de lui rembourser ce qu’il nous a donné.
Alors, en serait-il de même pour D’, à propos de l’homme ? Le texte de proverbe dit m’a levé la chaîne, celui qui prête à D’ au Nendal. Il va et il fait une action de grâce envers le pauvre qui est réduit à l’état de pauvre. Celui qui est réduit à l’état de pauvre, C’est le créateur du monde que l’on a enfermé dans un lieu, dans un temple, alors qu’il est boréola, il est le créateur de tout l’univers. Comment, en fin de compte, pouvoir le restreindre à quelques côtés dans ce monde-ci. Mais il s’avère, et nos sages l’affirment également, que lorsque le temple a été détruit, Pascour, un chef à manin, il n’y a plus d’homme de foi, Pascour, un chef à manin, et David Améner, Qu’il vasse sous émonime et béné à d’âme le digne dont est l’îme.
Vos chiens achèment qu’ils gamment à l’chassis. Ceux pour nos dieux qu’ils gamment à l’chassis car le pieux n’existe plus. Vasse sous émonime et béné à d’âme les hommes de confiance, on les retrouve. Pourquoi ? tout simplement parce que la foi a été atteinte dans ce dialogue permanent de l’homme avec D’. Il y a une notion idolâtre qui s’est profilée et qui considère l’humanité comme une multiplicité d’individus, c’est séparer les uns des autres, des unis, et qui se complète tout simplement par l’apport mutuel de l’un à l’autre. Or, ce n’est pas comme ça qu’il faut voir le monde. Il faut voir que chaque homme, et cela particulièrement pour le peuple juif, pourquoi je dis pour le peuple juif ? Parce que Avraham lui-même n’a atteint ce niveau quand il s’est demandé comment vais-je avoir la preuve que ma descendance héritera de cette terre, le cadre naturel dans lequel tu vis, c’est un cadre idolâtre, c’est un cadre où toutes les lois de la nature, où toutes les forces de la nature se disputent entre elles, n’est-ce pas, pour essayer de maintenir une certaine cohésion, mais toi, Vaillotse Oto Haroutsa, il l’a sorti vers l’extérieur et il lui a dit lève les yeux vers le ciel. Vous n’êtes pas le jouet de la nature, vous n’êtes pas le produit de la nature, c’est vous qui commandez la nature. Et si c’était vous qui commandez la nature, alors à ce moment-là vous avez un statut particulier, c’est celui d’être une unité qui intègre toutes les forces de la nature en elles, tous les attributs du divin en elles, et comme il y a différents attributs du divin, il y a ceux qui vont se disons s’affirmer par le sens de la justice, il y a ceux par le sens de la miséricorde, il y a ceux par le sens de la vérité et ainsi de suite.
les différents attributs sont répartis entre les hommes, mais chaque homme, par son attribut, il représente l’ensemble de la création, le prototype, l’image d’Adam à Richelieu. Et c’est la raison pour laquelle nos sages disent qu’au l’Ehad, chacun doit dire « bishvillin ivra olam » « pour moi le monde a été créé, je suis l’embryon ». Et alors, quand je suis l’embryon du monde, nous allons voir l’Alliance, qu’est-ce qu’elle va être maintenant l’exil. L’exil, c’est pour apprendre effectivement à combattre ce phénomène de séparation, de répartition des différents courants, des différentes cultures, des différentes force et de les faire converger vers un seul point, celui de l’homme qui, Misova Olam Vyatsoko, qui lui se voit comme pouvant effectivement changer l’ordre du monde, l’orientation du lui donner une plus grande résonance, une plus grande valeur, mais les quatre que nous verrons, les quatre forces ou les quatre disons royaumes qui vont exposer le peuple juif à cet exil, et Mitzraim est la matrice de tous les exils, c’est une manière de contribuer à la formation de ce peuple qui lui doit enseigner à l’univers entier le principe de l’unité, l’unité de D’, l’unité de l’Univers, l’unité des nations. Voilà si vous avez des questions à poser avec nous.