Une fête où l’on lit un rouleau en faisant du bruit à chaque mention d’un nom, où les enfants et les adultes se déguisent, où l’on s’envoie des plats et où l’on donne aux pauvres : c’est Pourim, le 14 du mois d’Adar. Que raconte exactement la Méguila (le rouleau) d’Esther ? Pourquoi se déguise-t-on, et que dit la loi du vin, de la joie, du jeûne ? Cet article répond à partir du texte d’Esther, de la Michna, du Talmud, de Maïmonide et du Choulhan Aroukh, distingue la halakha (la loi qui se pratique) des coutumes et des lectures spirituelles, et expose honnêtement ce que la recherche moderne dit de ce livre singulier.

La réponse en bref

Pourim commémore le salut des juifs de l’empire perse, menacés d’extermination par Haman et sauvés grâce à Esther et à Mordekhaï, à une date que le sort (pour) avait désignée pour leur perte et qui devint, selon le livre, un jour « transformé de deuil en fête » (Esther 9, 22). Elle se célèbre le 14 Adar (le 15 dans les villes entourées d’un mur depuis Yehochoua, dont Jérusalem). Quatre mitsvot la structurent : lire la Méguila le soir et le matin, envoyer au moins deux mets à une personne (michloa’h manot), donner au moins à deux pauvres (matanot laevyonim), et prendre un festin joyeux (séouda). Les déguisements, le bruit à la lecture et les friandises sont des coutumes, non des obligations. Le livre d’Esther ne contient pas le Nom divin, et la tradition y lit la présence d’un D’ caché.

Le récit de la Méguila d’Esther

Le livre s’ouvre sur le roi Assuérus (Ahachvéroch), « qui régnait de l’Inde jusqu’à Couch sur cent vingt-sept provinces » (Esther 1, 1). Après un grand festin, sa reine Vachti refuse de paraître et est écartée ; des jeunes filles de tout l’empire sont rassemblées pour choisir une nouvelle reine.

Dans la capitale, Suse (Chouchan), vit « un homme juif nommé Mordekhaï, fils de Yaïr, fils de Chimeï, fils de Kich, un Benjaminite » (Esther 2, 5), exilé de Jérusalem avec Yekhonia, roi de Juda, que Nabuchodonosor avait déporté (Esther 2, 6). Il a adopté sa cousine Hadassa, appelée Esther, orpheline de père et de mère (Esther 2, 7). Choisie comme reine, Esther ne révèle ni son peuple ni sa naissance, car Mordekhaï le lui avait interdit (Esther 2, 10).

Le roi élève alors Haman, fils de Hamedata « l’Agaguite », au-dessus de tous les autres ministres (Esther 3, 1). Mordekhaï refuse de s’agenouiller et de se prosterner devant lui (Esther 3, 2). Haman décide alors de détruire tout le peuple de Mordekhaï, et il jette le « pour », c’est-à-dire le sort, pour fixer le jour, qui tombe sur le douzième mois, Adar (Esther 3, 7). Il présente sa requête au roi en ces termes :

« Il est un peuple, disséminé et dispersé parmi les peuples, dans toutes les provinces de ton royaume ; leurs lois sont différentes de celles de tous les peuples, et les lois du roi, ils ne les observent pas ; il n’est pas dans l’intérêt du roi de les laisser en paix. »

(Esther 3, 8) — וַיֹּאמֶר הָמָן לַמֶּלֶךְ אֲחַשְׁוֵרוֹשׁ יֶשְׁנוֹ עַם־אֶחָד מְפֻזָּר וּמְפֹרָד בֵּין הָעַמִּים בְּכֹל מְדִינוֹת מַלְכוּתֶךָ וְדָתֵיהֶם שֹׁנוֹת מִכָּל־עָם וְאֶת־דָּתֵי הַמֶּלֶךְ אֵינָם עֹשִׂים וְלַמֶּלֶךְ אֵין־שֹׁוֶה לְהַנִּיחָם

Mordekhaï presse Esther d’intervenir. Il lui adresse ces paroles, que la tradition a retenues comme un sommet du livre :

« Si tu te tais en ce temps-ci, le secours et le salut viendront aux juifs d’un autre lieu, et toi et la maison de ton père, vous périrez. Et qui sait si ce n’est pas pour un temps comme celui-ci que tu es parvenue à la royauté ? »

(Esther 4, 14) — כִּי אִם־הַחֲרֵשׁ תַּחֲרִישִׁי בָּעֵת הַזֹּאת רֶוַח וְהַצָּלָה יַעֲמוֹד לַיְּהוּדִים מִמָּקוֹם אַחֵר וְאַתְּ וּבֵית־אָבִיךְ תֹּאבֵדוּ וּמִי יוֹדֵעַ אִם־לְעֵת כָּזֹאת הִגַּעַתְּ לַמַּלְכוּת

Esther demande que tous les juifs de Suse jeûnent trois jours pour elle, puis ira chez le roi « contrairement à la loi » : « et si je dois périr, je périrai » (Esther 4, 16). Suit la série des retournements : la nuit où le sommeil du roi s’enfuit et où l’on lui lit le livre des chroniques (Esther 6, 1), l’invitation d’Haman au festin d’Esther, Haman pendu à l’arbre qu’il avait dressé pour Mordekhaï (Esther 7, 10), Mordekhaï sortant de chez le roi en vêtements royaux (Esther 8, 15), « et pour les juifs il y eut lumière, joie, allégresse et honneur » (Esther 8, 16). Le texte résume ainsi : le jour où les ennemis des juifs espéraient les dominer, « ce fut l’inverse » (venahafokh hou, Esther 9, 1).

Mordekhaï consigne ces événements et envoie des lettres à tous les juifs de l’empire pour instituer une fête annuelle (Esther 9, 20) : jours « de festin et de joie, d’envoi de portions l’un à l’autre et de dons aux pauvres », en souvenir des jours où les juifs « eurent du repos devant leurs ennemis » (Esther 9, 22). Le nom de la fête vient du sort : « C’est pourquoi on appela ces jours Pourim, du nom de pour » (Esther 9, 26). Et le texte promet : « Ces jours seront rappelés et célébrés de génération en génération, dans chaque famille, chaque province, chaque ville ; ces jours de Pourim ne disparaîtront pas du milieu des juifs, et leur souvenir ne s’éteindra pas chez leurs descendants » (Esther 9, 28).

Haman, Amalek et la mémoire

Haman est qualifié d’« Agaguite » (Esther 3, 1). Pour les Sages, le mot renvoie à Agag, le roi d’Amalek que le roi Chaoul avait capturé vivant alors que l’ordre était de ne rien épargner (1 Chemouel 15, 3 ; 15, 8) : Le Talmud relève que Haman est né d’Agag parce que Chaoul ne l’avait pas tué sur-le-champ (Méguila 13a). Haman est donc un descendant d’Amalek, le peuple qui avait attaqué Israël à Refidim après la sortie d’Égypte. La Torah commande à son sujet un double devoir :

« Souviens-toi de ce que t’a fait Amalek, en chemin, quand vous sortiez d’Égypte […] Lorsque l’Éternel ton D’ t’aura accordé du repos devant tous tes ennemis alentour, dans le pays que l’Éternel ton D’ te donne en héritage pour le posséder, tu effaceras le souvenir d’Amalek de dessous les cieux. Ne l’oublie pas ! »

(Devarim 25, 17-19) — זָכוֹר אֵת אֲשֶׁר־עָשָׂה לְךָ עֲמָלֵק בַּדֶּרֶךְ בְּצֵאתְכֶם מִמִּצְרָיִם … תִּמְחֶה אֶת־זֵכֶר עֲמָלֵק מִתַּחַת הַשָּׁמָיִם לֹא תִּשְׁכָּח

C’est pourquoi on lit, le chabbat qui précède Pourim, le passage de « Zakhor » (Michna Méguila 3, 4) ; et le jour de Pourim lui-même, la Michna prévoit la lecture de « Et Amalek vint » (Chemot 17, 8-16) (Michna Méguila 3, 6). La guerre contre Amalek est décrite comme une guerre « de génération en génération » (Chemot 17, 16).

Une coutume ancienne en découle : on fait du bruit au nom de Haman. Le Rema l’explique : les enfants avaient l’habitude de dessiner la figure de Haman sur du bois ou des pierres, ou d’écrire son nom, et de les frapper l’un contre l’autre pour l’effacer, d’après « tu effaceras le souvenir d’Amalek » (Devarim 25, 19) et « le nom des méchants pourrit » (Michlé 10, 7) ; de là vient l’usage de faire du bruit à la synagogue quand on lit la Méguila. Et il ajoute : « On n’annule aucune coutume et l’on ne s’en moque pas, car ce n’est pas pour rien qu’elle a été établie » (Rema, Ora’h ’Haïm 690, 17). Le bruit n’est donc pas une obligation, mais une coutume qui a elle-même un sens.

Le Rav Raphaël Benizri en tire, dans son cours sur Amalek, une lecture plus intérieure (voir plus bas) : Amalek s’engendre à travers nos divisions et nos démissions, et c’est dans le « repos de tous tes ennemis » que le souvenir s’efface.

Un livre sans le Nom : la présence cachée

Dans le livre d’Esther, le Nom divin n’apparaît pas. Le Talmud en fait le point de départ d’une lecture célèbre : où trouve-t-on Esther dans la Torah ?

« Esther, d’où la déduit-on de la Torah ? “Et Moi, Je cacherai (haster astir) Ma face en ce jour-là” (Devarim 31, 18). Mordekhaï, d’où la déduit-on de la Torah ? Il est écrit “myrrhe pure” (mor dror, Chemot 30, 23), que l’on traduit en araméen “mira dakhia”. »

(Talmud de Babylone, ’Houlin 139b) — אֶסְתֵּר מִן הַתּוֹרָה מִנַּיִן? ״וְאָנֹכִי הַסְתֵּר אַסְתִּיר״. מׇרְדֳּכַי מִן הַתּוֹרָה מִנַּיִן? דִּכְתִיב: ״מׇר דְּרוֹר״, וּמְתַרְגְּמִינַן: ״מֵירָא דַּכְיָא״.

Le jeu de mots est double : « Esther » rappelle le verbe « cacher » (histir), et le nom de Mordekhaï renvoie à la myrrhe pure de l’huile d’onction. Le Talmud donne d’ailleurs, au traité Méguila, plusieurs raisons au nom d’Esther : selon Rabbi Yehouda, elle fut appelée Esther parce qu’elle « cachait ses paroles », comme il est écrit qu’elle ne révélait pas son peuple (Méguila 13a, citant Esther 2, 20) ; selon Rabbi Nehemya, c’est son nom non hébreu, car les nations l’appelaient d’après Istahar (Vénus) à cause de sa beauté ; pour Rabbi Méïr, Esther est son nom véritable et Hadassa vient des justes, appelés « myrtes » (Méguila 13a).

Pour la pensée juive, le livre devient celui d’une providence qui agit sans se montrer. Aucun miracle visible, aucune voix, aucune prophétie : une reine renvoyée, une jeune fille choisie, un complot entendu, une nuit d’insomnie. Cette discrétion ne signifie pas l’absence. Le Rav Benizri, dans son cours « Pourim : la Méguila dans le présent », rappelle que le nom de D’ n’apparaît pas dans la Méguila, non parce qu’Il en serait absent mais parce qu’Il y est constamment présent ; à chaque emploi de « hamélekh » (« le roi »), hormis le roi qui règne de l’Inde jusqu’à Couch, c’est la providence divine, présente mais invisible, que l’on peut lire.

Les mitsvot de Pourim

Le livre lui-même fixe le programme de la fête : « des jours de festin et de joie, d’envoi de portions l’un à l’autre et de dons aux pauvres » :

« …afin d’en faire des jours de festin et de joie, d’envoi de portions l’un à l’autre et de dons aux pauvres. »

(Esther 9, 22) — לַעֲשׂוֹת אוֹתָם יְמֵי מִשְׁתֶּה וְשִׂמְחָה וּמִשְׁלֹחַ מָנוֹת אִישׁ לְרֵעֵהוּ וּמַתָּנוֹת לָאֶבְיֹנִים

La halakha en tire quatre mitsvot, que le Choulhan Aroukh et Maïmonide détaillent. Toutes sont d’institution rabbinique ou prophétique tardive, mais les Sages les tiennent pour très importantes.

La lecture de la Méguila

Maïmonide ouvre ses lois sur la Méguila par cette règle :

« La lecture de la Méguila en son temps est une mitsva positive de nos Sages. Et il est connu que c’est une institution des Prophètes. Tous y sont tenus : hommes, femmes, convertis et esclaves affranchis, et l’on forme les enfants à la lire. »

(Rambam, Hilkhot Méguila ve-Hanouka 1, 1) — קְרִיאַת הַמְּגִלָּה בִּזְמַנָּהּ מִצְוַת עֲשֵׂה מִדִּבְרֵי סוֹפְרִים. וְהַדְּבָרִים יְדוּעִים שֶׁהִיא תַּקָּנַת הַנְּבִיאִים. וְהַכּל חַיָּבִים בִּקְרִיאָתָהּ אֲנָשִׁים וְנָשִׁים וְגֵרִים וַעֲבָדִים מְשֻׁחְרָרִים

Les femmes y sont tenues pour une raison que le Talmud énonce expressément : « Rabbi Yehochoua ben Lévi a dit : les femmes sont tenues à la lecture de la Méguila, car elles aussi étaient dans ce miracle » (Méguila 4a). La lecture a lieu le soir et le jour, et il est bon de lire toute la Méguila (Rambam, Hilkhot Méguila ve-Hanouka 1, 3). Elle est si importante que le Talmud demande de suspendre pour elle le service du Temple et l’étude de la Torah :

« Les prêtres à leur service, les lévites sur leur estrade et les israélites à leur poste, tous interrompent leur service et viennent entendre la lecture de la Méguila. De là l’école de Rabbi [Yehouda Hanassi] a déduit qu’on interrompt l’étude de la Torah pour venir entendre la lecture de la Méguila. »

(Talmud de Babylone, Méguila 3a) — כֹּהֲנִים בַּעֲבוֹדָתָן, וּלְוִיִּם בְּדוּכָנָן, וְיִשְׂרָאֵל בְּמַעֲמָדָן — כּוּלָּן מְבַטְּלִין עֲבוֹדָתָן וּבָאִין לִשְׁמוֹעַ מִקְרָא מְגִילָּה. מִכָּאן סָמְכוּ שֶׁל בֵּית רַבִּי שֶׁמְּבַטְּלִין תַּלְמוּד תּוֹרָה וּבָאִין לִשְׁמוֹעַ מִקְרָא מְגִילָּה

Le Choulhan Aroukh note que l’on déroule la Méguila et on la lit « comme une lettre, pour faire connaître le miracle » (Ora’h ’Haïm 690, 17) ; et, selon le Rema, on dit à haute voix les quatre versets de délivrance (« Un homme juif… », « Mordekhaï sortit… », « Pour les juifs il y eut lumière… », « Car Mordekhaï le juif… ») avant que le lecteur ne les reprenne.

Michloa’h manot : l’envoi de portions

Le verset dit « envoi de portions l’un à l’autre » (Esther 9, 22 ; 9, 19). Maïmonide : « Chacun est tenu d’envoyer à son prochain deux portions de viande, ou deux plats, ou deux sortes d’aliments, comme il est dit “envoi de portions, chacun à son prochain” : deux portions à une seule personne. Celui qui en envoie à beaucoup de prochains est digne d’éloge » (Hilkhot Méguila ve-Hanouka 2, 15). Le Choulhan Aroukh précise que si l’on n’a pas les moyens, on peut échanger son repas avec celui d’un ami, et le Rema ajoute que la femme est tenue au michloa’h manot comme l’homme et qu’on envoie le jour, non la nuit (Ora’h ’Haïm 695, 4).

Le sens de la mitsva est la fraternité : elle est exigée même de qui n’a pas les moyens, d’où l’échange. Le Rav Benizri y lit l’effort d’intégrer l’autre, celui en qui je ne me reconnais pas (voir plus bas).

Matanot laevyonim : les dons aux pauvres

« Chacun est tenu de donner au moins deux dons à deux pauvres » (Choulhan Aroukh, Ora’h ’Haïm 694, 1). Maïmonide précise : « On ne fait pas de tri : à quiconque tend la main, on donne. » Et il ajoute ce qui est sans doute la phrase la plus célèbre sur la fête :

« Il vaut mieux se montrer généreux dans les dons aux pauvres que de multiplier son festin et ses envois de portions à ses amis. Car il n’y a pas de joie plus grande et plus belle que de réjouir le cœur des pauvres, des orphelins, des veuves et des étrangers. Celui qui réjouit le cœur de ces malheureux ressemble à la Présence divine. »

(Rambam, Hilkhot Méguila ve-Hanouka 2, 17) — מוּטָב לָאָדָם לְהַרְבּוֹת בְּמַתְּנוֹת אֶבְיוֹנִים מִלְּהַרְבּוֹת בִּסְעֻדָּתוֹ וּבְשִׁלּוּחַ מָנוֹת לְרֵעָיו. שֶׁאֵין שָׁם שִׂמְחָה גְּדוֹלָה וּמְפֹאָרָה אֶלָּא לְשַׂמֵּחַ לֵב עֲנִיִּים וִיתוֹמִים וְאַלְמָנוֹת וְגֵרִים

La séouda (le festin) et le vin

Le festin est le troisième pilier. Maïmonide : « On mange de la viande, on prépare un repas agréable selon ses moyens, et l’on boit du vin jusqu’à s’enivrer et s’endormir dans son ivresse » (Hilkhot Méguila ve-Hanouka 2, 15). Cette phrase repose sur un passage du Talmud :

« Rava a dit : on est tenu de s’enivrer à Pourim jusqu’à ne plus savoir distinguer entre “maudit soit Haman” et “béni soit Mordekhaï”. »

(Talmud de Babylone, Méguila 7b) — אָמַר רָבָא: מִיחַיַּיב אִינִישׁ לְבַסּוֹמֵי בְּפוּרַיָּא עַד דְּלָא יָדַע בֵּין אָרוּר הָמָן לְבָרוּךְ מָרְדֳּכַי.

Le Talmud poursuit aussitôt par un récit qui sonne comme un avertissement : Rabba et Rabbi Zeira prirent ensemble le festin de Pourim ; ils s’enivrèrent, et Rabba se leva et égorgea Rabbi Zeira. Le lendemain, il implora la miséricorde et le ressuscita. L’année suivante, Rabba l’invita de nouveau ; Rabbi Zeira répondit : « Les miracles n’arrivent pas à chaque heure » (Méguila 7b). La tradition n’a pas oublié cet avertissement. Le Choulhan Aroukh rapporte la règle de Rava, puis le Rema, qui exprime l’usage ashkénaze, la tempère : « Certains disent qu’il n’est pas nécessaire de s’enivrer autant, mais qu’il suffit de boire un peu plus que d’habitude et de dormir ; en dormant, on ne distingue plus entre Haman et Mordekhaï. Que l’on en fasse plus ou moins, pourvu que son cœur soit tourné vers le Ciel » (Ora’h ’Haïm 695, 2). Dans la pratique, les décisionnaires encadrent donc fortement cette obligation, et beaucoup conseillent la modération ; qui ne peut pas boire ou pour qui le vin est dangereux, on consultera un rabbin.

Le même passage du Rema précise que l’on fait le festin l’après-midi, après Min’ha, et qu’il est bon d’étudier un peu la Torah avant de commencer, car « pour les juifs il y eut lumière (ora) et joie » et les Sages lisent « ora, c’est la Torah » (Ora’h ’Haïm 695, 2). On ajoute « Al hanissim » dans le Birkat Hamazon (Ora’h ’Haïm 695, 3).

Le jeûne d’Esther

La veille de Pourim, le 13 Adar, on jeûne : « On jeûne le 13 Adar » (Choulhan Aroukh, Ora’h ’Haïm 686, 2), en souvenir du jeûne d’Esther et du peuple avant qu’elle ne se présente au roi (Esther 4, 16). Mais, précise le Rema, ce jeûne n’est pas une obligation stricte : on s’en dispense pour la femme enceinte ou qui allaite, pour le malade, et en cas de grande douleur. Si Pourim tombe un dimanche, on jeûne le jeudi précédent.

Quand ? Le 14, le 15 et Chouchan Pourim

La Michna fixe les dates : « La Méguila est lue le 11, le 12, le 13, le 14 ou le 15 Adar, ni plus tôt ni plus tard. Les villes entourées d’un mur depuis les jours de Yehochoua fils de Noun lisent le 15 ; les villages et les grandes villes, le 14 » (Michna Méguila 1, 1). C’est l’origine de « Chouchan Pourim » : dans le livre, les juifs de Suse ont combattu un jour de plus et ont fêté le 15 (Esther 9, 13-18), et c’est sur ce modèle que le Talmud fixe le 15 pour les villes fortifiées depuis l’Antiquité (Méguila 2b). À Jérusalem, on fête donc Pourim le 15. Les années où il y a deux mois d’Adar, Pourim se célèbre au second Adar ; le 14 et le 15 du premier Adar (Pourim Katan) n’ont qu’un statut limité (Choulhan Aroukh, Ora’h ’Haïm 697, 1).

Des enfants déguisés en roi et en reine, de dos, marchant main dans la main dans une rue pavée vers une porte éclairée

Les masques et les déguisements

Se déguiser n’est pas une mitsva de Pourim. Les mitsvot sont les quatre précédentes ; le déguisement est une coutume. Le Rema l’évoque comme un usage déjà admis et en règle la portée :

« Quant à l’usage de porter des masques à Pourim, et à l’homme qui porte un vêtement de femme et à la femme un vêtement d’homme, il n’y a pas d’interdit, car l’intention n’est que la joie. »

(Rema sur Choulhan Aroukh, Ora’h ’Haïm 696, 8) — מה שנהגו ללבוש פרצופים בפורים וגבר לובש שמלת אשה ואשה כלי גבר אין איסור בדבר מאחר שאין מכוונין אלא לשמחה בעלמא

Le Rema ajoute « pourvu que l’on ne fasse rien d’indécent, selon les dirigeants de la communauté » ; certains, signale-t-il, interdisent, mais l’usage suit l’avis permissif. Les historiens estiment que l’usage de se déguiser à Pourim est apparu chez les juifs d’Italie à la fin du XVe siècle, peut-être sous l’influence du carnaval romain (Wikipédia, « Purim ») ; cette datation est celle de la recherche, non de la halakha, et d’autres usages de joie à Pourim sont certainement plus anciens.

Le sens que les juifs ont donné au déguisement est celui du livre : tout y est masqué, et tout s’y renverse. Le Talmud lit le nom d’Esther dans la promesse « Je cacherai Ma face » (’Houlin 139b) ; Esther cache son identité (Esther 2, 10) ; le texte parle de « retournement » (venahafokh hou, Esther 9, 1) ; Mordekhaï, d’abord en sac, ressort de chez le roi en pourpre et or (Esther 4, 1 ; 8, 15). Le Rav Benizri en tire, dans son cours sur Amalek, une lecture : les déguisements de Pourim sont nos déguisements de l’année ; ce sont des vêtements, qui ne sont pas abjects en soi, mais qui le deviennent quand nous les étiquetons pour rejeter l’autre.

Le livre d’Esther : canon, date, histoire

Un livre dont les Sages ont discuté la place

Le Talmud rapporte une discussion étonnante sur l’entrée du livre dans le canon. Rav Chmouel bar Yehouda raconte :

« Esther envoya dire aux Sages : écrivez-moi pour les générations ! Ils lui envoyèrent dire : tu vas exciter la jalousie des nations contre nous. Elle leur envoya dire : je suis déjà écrite dans le livre des chroniques des rois de Médie et de Perse. »

(Talmud de Babylone, Méguila 7a) — אָמַר רַב שְׁמוּאֵל בַּר יְהוּדָה: שָׁלְחָה לָהֶם אֶסְתֵּר לַחֲכָמִים: קִבְעוּנִי לְדוֹרוֹת! שָׁלְחוּ לָהּ: קִנְאָה אַתְּ מְעוֹרֶרֶת עָלֵינוּ לְבֵין הָאוּמּוֹת. שָׁלְחָה לָהֶם: כְּבָר כְּתוּבָה אֲנִי עַל דִּבְרֵי הַיָּמִים לְמַלְכֵי מָדַי וּפָרָס.

Dans le même passage, Rav Yehouda rapporte au nom de Chmouel qu’Esther « ne rend pas les mains impures », c’est-à-dire qu’elle n’a pas le statut de livre saint selon un critère technique ; la Guemara concilie : elle a été dite par l’inspiration divine pour être lue, non pour être écrite (Méguila 7a). Plusieurs Sages affirment qu’Esther fut dite par l’inspiration divine, chacun tirant un verset du livre pour le prouver, dont Rabbi Éliézer (Esther 6, 6) et Rabbi Akiva (Esther 2, 15) (Méguila 7a).

Au terme de cette histoire, la tradition a fait d’Esther un livre à part. Le Talmud note que les prophètes n’ont rien ajouté à la Torah, « sauf la lecture de la Méguila » (Méguila 14a). Et Maïmonide écrit : « Tous les livres des Prophètes et tous les Écrits seront annulés à l’époque du Messie, à l’exception de la Méguilat Esther, qui subsistera comme les cinq livres de la Torah et comme les lois de la Torah orale, qui ne seront jamais annulées. Même si tout souvenir des malheurs sera aboli, la célébration de Pourim ne le sera pas » (Hilkhot Méguila ve-Hanouka 2, 18, citant Esther 9, 28).

Ce qu’en dit la recherche

La tradition juive tient le récit pour historique. La recherche académique le lit généralement autrement, et il est honnête de le dire. Le roi Ahachvéroch est le plus souvent identifié à Xerxès Ier, qui régna de 486 à 465 avant l’ère commune ; le texte hébreu est ordinairement daté du IVe siècle avant l’ère commune ; et une grande partie des spécialistes y voit une « nouvelle historique » destinée à expliquer l’origine de la fête, car aucun événement de la vie de Xerxès connu par ailleurs n’est mentionné dans le livre (Wikipédia, « Book of Esther »). Le nom de Mordekhaï et celui d’Esther ont été rapprochés de ceux des divinités babyloniennes Mardouk et Ishtar, et le mot « pour » vient de l’akkadien. Pour Esther, ce rapprochement apparaît déjà dans le Talmud : Rabbi Nehemya rapporte que les nations l’appelaient d’après Istahar (Vénus) (Méguila 13a). Le Rav Benizri s’y réfère aussi : pour lui, ces noms montrent l’ouverture des juifs de l’exil à la culture de leur pays, jusqu’à porter les noms de ses idoles.

On rapproche aussi la date du texte du second livre des Maccabées, qui décide de célébrer le 13 Adar, « la veille du jour de Mordekhaï » (2 Maccabées 15, 36). Enfin, on a relevé qu’aucun fragment du livre d’Esther n’a été retrouvé parmi les manuscrits de Qoumrân, ce qui a suscité diverses hypothèses sur son statut à l’époque. Ces questions de critique historique n’affectent pas la mitsva : la fête se pratique de la même manière dans toutes les communautés.

Lectures morales et spirituelles

Un second don de la Torah

Le Talmud lit dans le verset « les juifs établirent et acceptèrent » (Esther 9, 27) un indice remarquable :

« Rava a dit : malgré cela [la montagne suspendue sur eux au Sinaï], ils l’ont de nouveau acceptée aux jours d’Ahachvéroch, comme il est écrit “les juifs établirent et acceptèrent” : ils ont établi ce qu’ils avaient déjà accepté. »

(Talmud de Babylone, Chabbat 88a) — אָמַר רָבָא: אַף עַל פִּי כֵן הֲדוּר קַבְּלוּהָ בִּימֵי אֲחַשְׁוֵרוֹשׁ, דִּכְתִיב: ״קִיְּמוּ וְקִבְּלוּ הַיְּהוּדִים״ — קִיְּימוּ מַה שֶּׁקִּיבְּלוּ כְּבָר.

Selon cette lecture, le Sinaï fut un don sous contrainte, et Pourim, un don librement accepté. Le Rav Benizri la reprend : à Pourim, le peuple adhère librement à la loi orale qu’il avait reçue sous contrainte au Sinaï.

Une cause : le festin

Le Talmud cherche aussi pourquoi les juifs de cette génération ont mérité d’être menacés. Les disciples de Rabbi Chimon bar Yo’haï répondent : « Parce qu’ils ont joui du festin de ce méchant ». Rabbi Chimon objecte alors que, dans ce cas, seuls ceux de Suse auraient dû être menacés ; et il donne sa propre réponse : « Parce qu’ils se sont prosternés devant l’idole » (Méguila 12a). Le Rav Benizri, dans son cours « Pourim : la fête née dans l’exil », reprend la question à sa manière : la faute est d’avoir mangé aux ustensiles du Temple, c’est-à-dire d’avoir participé sans scrupule à un festin qui dit à lui seul le degré d’assimilation. Dans le cours sur Amalek, il précise que la faute n’est pas alimentaire : le repas servait cacher à qui voulait manger cacher ; la faute fut de se prêter à l’ambiance.

« Vayehi biyemei »

Le Talmud note que le début du livre, « Et il advint aux jours d’Ahachvéroch », s’ouvre sur une formule, « vayehi », que la tradition des hommes de la Grande Assemblée associe toujours à la détresse (Méguila 10b). Le récit commence donc par une annonce d’épreuve, et c’est de cette épreuve que naît la fête.

Pourim et Kippour : la lecture mystique

La tradition de la Kabbale a prolongé les jeux de mots. Le Tikounei Zohar écrit que la Présence divine « est appelée Pourim du nom de Yom HaKippourim (“Yom Ki-Pourim”), car on se réjouira en ce jour, que l’on changera de peine en délice » (Tikounei Zohar 57b) : d’où l’idée, souvent citée, que le nom de « Yom Ki-Pourim » (« jour comme Pourim ») désigne Kippour. C’est une lecture mystique ; elle n’a pas de valeur halakhique, mais elle montre comment la tradition a pu relier le jour le plus grave et le jour le plus joyeux de l’année.

Ce qu’enseigne le Rav Raphaël Benizri

Le Rav Benizri a consacré trois cours publiés à Pourim ; nous les résumons sans rien y ajouter.

  • Dans « Pourim : la guerre contre Amalek », il part du chabbat Zakhor. Amalek naît d’un rejet mal négocié : il est le fils de Timna, qui voulut adhérer au peuple juif sans trouver sa place. Il situe Amalek à Refidim (« rafou yedeihem », « les mains se relâchent ») : Amalek attaque celui qui s’arrête en route. Mordekhaï, c’est « mor dror », la myrrhe pure ; Esther, c’est l’éclipse de la face divine. Pourim contient toutes les fêtes, et le « ad delo yada » n’est pas l’ivresse mais le dépassement : cesser d’étiqueter le bien et le mal comme deux camps extérieurs. Les déguisements de Pourim sont nos déguisements de l’année, et le michloa’h manot ainsi que les matanot laevyonim sont un effort d’intégration de l’autre. La joie est l’essence de Pourim : le premier enfant juif est Its’hak, celui qui rit. Voir le cours : Pourim : la guerre contre Amalek.
  • Dans « Pourim : la fête née dans l’exil », il lit le premier chapitre d’Esther comme un document sur l’exil : un empire de cent vingt-sept provinces, une politique d’unification des cultures, des communautés juives devenues citoyennes à part entière. Pourim est la fête de l’absence de révélation : le nom d’Esther vient de « sater », cacher. Il note qu’Ahachvéroch n’a pas le titre de « hamélekh » dans le premier verset, que la Méguila est une « lettre ouverte » adressée aux communautés d’Israël, et que la résistance passe toujours par le féminin. Voir le cours : Pourim : la fête née dans l’exil.
  • Dans « Pourim : la Méguila dans le présent », il lit la Méguila comme le secret de l’histoire juive au sein des nations. Amalek surgit quand on s’arrête en route ; c’est nous qui l’engendrons par nos divisions. Le nom de Hachem n’y figure pas parce qu’Il y est constamment présent. Pourim ne disparaîtra jamais (« lo yassouf »), et Esther, selon lui, n’a pas dit son dernier mot : la Méguila reste déroulée. Voir le cours : Pourim : la Méguila dans le présent.

Idées reçues sur Pourim

« Pourim est le carnaval juif »

Non, ou pas seulement. Les déguisements sont une coutume tardive, qui a pu être influencée par le carnaval (Wikipédia), mais la fête repose sur des mitsvot précises (Esther 9, 22) et sur la lecture d’un livre. La lecture classique y voit un rappel que la main de D’ agit derrière un visage qui ne la montre pas (’Houlin 139b) ; le Rav Benizri y lit, lui, la mise à nu de notre goût des étiquettes.

« Il faut se saouler à Pourim »

La phrase de Rava existe (Méguila 7b), et Maïmonide la reprend (Hilkhot Méguila ve-Hanouka 2, 15). Mais le Rema la tempère et le Talmud lui-même la fait suivre du récit de Rabba et de Rabbi Zeira. On ajoute qu’en pratique beaucoup préconisent de boire un peu plus que d’habitude et de dormir, « pourvu que son cœur soit tourné vers le Ciel » (Rema, Ora’h ’Haïm 695, 2). Pour toute question de santé ou de conduite, on consultera un rabbin.

« Le livre d’Esther ne parle pas de D’, donc ce n’est pas un livre religieux »

Le Talmud y lit au contraire le texte de la providence cachée (’Houlin 139b), et Maïmonide en fait le seul livre, avec la Torah, qui ne sera pas annulé aux temps messianiques (Hilkhot Méguila ve-Hanouka 2, 18).

« Pourim est un jour de vengeance »

Le livre décrit une défense contre un décret d’extermination (Esther 9, 1-2), et le jour est fait de joie, de partage et de dons aux pauvres (Esther 9, 22). Le Rav Benizri y lit un dépassement des étiquettes qui séparent le bien du mal, non une haine.

« On peut travailler ce jour-là »

Le travail est permis, mais Maïmonide rappelle l’avertissement des Sages : « Quiconque fait un travail le jour de Pourim ne verra jamais de signe de bénédiction » (Hilkhot Méguila ve-Hanouka 2, 14).

Questions fréquentes sur Pourim

Qu’est-ce que Pourim en une phrase ?

C’est la fête du 14 Adar qui commémore le salut des juifs de l’empire perse menacés par Haman, que l’on célèbre en lisant la Méguila d’Esther, en envoyant des portions, en donnant aux pauvres et en prenant un festin (Esther 9, 22).

Pourquoi le nom « Pourim » ?

Le texte l’explique : « du nom de pour », le sort que Haman avait jeté pour fixer le jour (Esther 3, 7 ; 9, 26). Pourim est le pluriel de « pour ».

Pourquoi fait-on du bruit quand on prononce le nom de Haman ?

C’est une coutume, fondée sur « tu effaceras le souvenir d’Amalek » (Devarim 25, 19) : on veut effacer son nom (Rema, Ora’h ’Haïm 690, 17).

Les femmes lisent-elles la Méguila ?

Elles y sont tenues, « car elles aussi étaient dans ce miracle » (Méguila 4a). Elles sont aussi tenues au michloa’h manot et aux matanot laevyonim (Rema, Ora’h ’Haïm 695, 4).

Quand a lieu Pourim, et qu’est-ce que Chouchan Pourim ?

Le 14 Adar, et le 15 pour les villes entourées d’un mur depuis l’époque de Yehochoua, dont Jérusalem (Michna Méguila 1, 1). Les années à deux Adar, on fête au second.

Faut-il jeûner à Pourim ?

Non : on ne jeûne pas le jour de Pourim, sauf pour un jeûne de songe (Rema, Ora’h ’Haïm 695, 2). Le jeûne d’Esther est le 13 Adar, veille de Pourim, et il n’est pas obligatoire pour qui est enceinte, allaite ou est malade (Rema, Ora’h ’Haïm 686, 2).

Faut-il se déguiser ?

Non, ce n’est pas une mitsva ; c’est une coutume, autorisée par le Rema pourvu que l’on ne fasse rien d’indécent (Ora’h ’Haïm 696, 8). Pour les cas particuliers (habits de l’autre sexe, costumes blessants), on consultera un rabbin.

Pour aller plus loin

Pourim est une fête de la joie qui n’oublie pas la gravité de son récit. Pour poursuivre, voici quelques lectures sur le site.

Sources et références (16)
  • Chemot 17, 8-16 ; 30, 23
  • Devarim 25, 17-19 ; 31, 18
  • 1 Chemouel 15, 3 ; 15, 8
  • Michlé 10, 7
  • Esther 1, 1 ; 2, 5-7 ; 2, 10 ; 2, 15 ; 2, 20 ; 3, 1-2 ; 3, 7-8 ; 4, 1 ; 4, 14 ; 4, 16 ; 6, 1 ; 6, 6 ; 7, 10 ; 8, 15-16 ; 9, 1 ; 9, 13-22 ; 9, 26-28
  • 2 Maccabées 15, 36 (traduction NRSVUE)
  • Michna Méguila 1, 1 ; 3, 4 ; 3, 6
  • Talmud de Babylone, Chabbat 88a
  • Talmud de Babylone, Méguila 2b ; 3a ; 4a ; 7a ; 7b ; 10b ; 12a ; 13a ; 14a
  • Talmud de Babylone, ’Houlin 139b
  • Tikounei Zohar 57b
  • Rambam, Michné Torah, Hilkhot Méguila ve-Hanouka 1, 1 ; 1, 3 ; 2, 14-18
  • Choulhan Aroukh, Ora’h ’Haïm 686, 2 ; 690, 17 ; 694, 1 ; 695, 2-4 ; 696, 8 ; 697, 1
  • BiblePlaces.com, « Why No Esther in Dead Sea Scrolls? » (absence d’Esther à Qoumrân)
  • Wikipédia, « Book of Esther » et « Purim » (datation, identification d’Ahachvéroch, étymologies, origine du déguisement)
  • Cours du Rav Raphaël Benizri : Pourim : la guerre contre Amalek ; Pourim : la fête née dans l’exil ; Pourim : la Méguila dans le présent

Article de la rédaction de Pensées Juives. Les passages attribués au Rav Raphaël Benizri sont tirés de ses cours publiés sur ce site.