Pas de matsa, pas de soucca, pas de chofar : Chavouot ne tient dans aucun objet. C’est le cinquantième jour après la sortie d’Égypte, celui où la tradition situe le don de la Torah au Sinaï. Pourquoi cette fête n’a-t-elle pas de date propre dans la Torah, pourquoi veille-t-on toute la nuit, pourquoi mange-t-on des laitages, et que vient faire là l’histoire de Ruth la Moabite ?

Chavouot, « les semaines », est la fête qui clôt les sept semaines comptées depuis Pessah. Elle célèbre à la fois la moisson du blé, l’offrande des premiers fruits au Temple et, selon la tradition, le don de la Torah au mont Sinaï. Elle tombe le 6 Sivan, dure un jour en Israël et deux jours en diaspora. On y lit les Dix Paroles, on passe souvent la première nuit à étudier, on mange des laitages et l’on lit le livre de Ruth.

En 5787, Chavouot commence le jeudi 10 juin 2027 au soir. La fête dure le vendredi 11 juin en Israël ; en diaspora, elle se prolonge le samedi 12 juin. Chavouot enchaînant directement avec le Chabbat, on prépare la veille un erouv tavchilin (un plat mis de côté avant la fête, qui permet de cuisiner le vendredi pour le Chabbat). On se fera préciser les détails pratiques par son rabbin.

Chavouot est pourtant la plus discrète des grandes fêtes. Le Rav Raphaël Benizri en fait le point de départ de sa réflexion : la particularité de Chavouot, dit-il, c’est de n’en avoir aucune. Cet article parcourt les sources, les rites et le sens de la fête, puis s’arrête longuement sur ce que le Rav en dit dans ses quatre cours consacrés à Chavouot.

Une fête aux trois noms

La Torah ne donne jamais à Chavouot un nom unique. Elle l’appelle de trois façons, et chacune dit une facette de la fête.

  • Hag haChavouot, la fête des semaines (Chemot 34, 22 ; Devarim 16, 10) : le nom vient du compte de sept semaines qui la précède.
  • Hag haKatsir, la fête de la moisson (Chemot 23, 16) : en terre d’Israël, c’est le début de la récolte du blé.
  • Yom haBikourim, le jour des prémices (Bamidbar 28, 26) : c’est à partir de ce jour qu’on apporte au Temple les premiers fruits de la terre.

Deux autres noms viennent de la tradition. La Michna et le Talmud l’appellent Atseret, « l’assemblée » ou « la clôture » : Chavouot est vu comme le terme de Pessah, de même que Chemini Atseret clôt Souccot. Et la liturgie la nomme zeman matan Toraténou, « le temps du don de notre Torah ». C’est ce dernier sens qui s’est imposé dans la conscience juive.

Or, fait remarquable, la Torah elle-même ne dit nulle part que Chavouot est le jour du don de la Torah. Le Rav Benizri insiste sur ce silence dans son cours Le cinquantième jour, hors du compte : si nous rattachons la Torah à cette fête, c’est parce que nos Sages ont enseigné que le cinquantième jour du compte est celui qui parachève notre création. Et dans son cours sur le chapitre des Pirkey Avot lu avant Chavouot, il rapporte l’explication du Maharal de Prague : la Torah ayant été reçue au Sinaï avec une part de contrainte, la fête ne pouvait pas être désignée comme le jour de la révélation. Elle est appelée jour des prémices, le jour où l’homme est capable de donner le meilleur de lui-même.

Le compte de l’Omer : quarante-neuf jours pour arriver au cinquantième

Chavouot est la seule fête de la Torah qui n’a pas de date inscrite dans le texte. Elle se définit uniquement par un compte : « Vous compterez, à partir du lendemain du jour de repos, du jour où vous aurez apporté l’Omer du balancement, sept semaines complètes ; jusqu’au lendemain de la septième semaine, vous compterez cinquante jours » (Vayikra 23, 15-16, dans la paracha Emor). Le Deutéronome le redit : « Tu compteras sept semaines… puis tu célébreras la fête des semaines » (Devarim 16, 9-10).

L’Omer est une mesure de grain. Au lendemain du premier jour de Pessah, le 16 Nissan, on offrait au Temple une gerbe d’orge nouvelle ; ce n’est qu’après cette offrande qu’on avait le droit de consommer la récolte de l’année. À partir de ce jour, on compte chaque soir, avec une bénédiction : « aujourd’hui, c’est tel jour de l’Omer », en précisant aussi les semaines. Celui qui a oublié de compter pendant une journée entière continue les soirs suivants, mais sans bénédiction (Choulhan Aroukh, Orah Haïm 489, 8).

Selon le Talmud, la Torah fut donnée le 6 Sivan d’après les Sages, le 7 d’après Rabbi Yossé (Chabbat 86b). Depuis que le calendrier est fixe, Chavouot tombe toujours le 6 Sivan. Mais le Rav fait remarquer qu’à l’époque où l’on proclamait les mois sur témoignage, la fête pouvait tomber le 5, le 6 ou le 7 Sivan selon la longueur des mois précédents : elle n’avait d’autre date que la fin du compte.

La période de l’Omer est aussi marquée par un deuil : les vingt-quatre mille disciples de Rabbi Akiva moururent entre Pessah et Chavouot parce qu’ils ne se traitaient pas avec respect les uns les autres (Yevamot 62b). Le Rav y consacre son cours Le mois de l’Omer : compter pour se compter. Il précise le diagnostic : il ne s’agit pas d’un manque d’amour du prochain, mais d’un refus de reconnaître la dignité propre de chacun, sa différence, sa nuance. Le mot sefira (le compte), relève-t-il, se rapproche de sapir, le saphir : compter, c’est rendre les choses transparentes. Et l’on ne bénit pas le décompte des jours, mais le compte « de l’Omer » : la ration de nourriture à laquelle on rend sa valeur. Le trente-troisième jour, Lag BaOmer, marque la fin de cette épidémie.

De l’orge au blé

Au début du compte, on offre de l’orge ; à la fin, on offre du blé. Le jour de Chavouot, le Temple recevait deux pains faits de la farine du blé nouveau, les chté halehem (Vayikra 23, 17). Détail étonnant : ces pains étaient levés, alors qu’à Pessah le levain est interdit.

Le Rav lit dans ce passage tout le chemin des quarante-neuf jours. L’orge était considérée comme une nourriture animale, le blé comme la nourriture de l’homme. Entre Pessah et Chavouot, un peuple à peine sorti de l’esclavage apprend à se nourrir en homme. Il rappelle aussi que l’Omer était la ration de manne que chacun recevait au désert (Chemot 16, 16) : l’offrande relie ainsi le pain venu du ciel et le pain tiré de la terre, car « l’homme ne vit pas de pain seulement » (Devarim 8, 3).

Au pied du Sinaï : le récit du don de la Torah

Le récit se trouve dans le livre de Chemot, aux chapitres 19 et 20 (paracha Yitro). « Au troisième mois après la sortie d’Égypte, ce jour-là, ils arrivèrent au désert du Sinaï » (Chemot 19, 1). Le peuple campe face à la montagne. Le verset dit « il campa » au singulier, et Rachi commente : « comme un seul homme, d’un seul cœur » ; ailleurs, le camp était divisé.

D’ propose une alliance : « Vous serez pour moi un royaume de prêtres et une nation sainte » (Chemot 19, 6). Le peuple répond : « Tout ce que l’Éternel a dit, nous le ferons » (Chemot 19, 8). Suivent trois jours de préparation. On se purifie, on lave ses vêtements, on ne s’approche pas de la montagne. Puis, au matin du troisième jour, viennent le tonnerre, les éclairs, la nuée épaisse et le son du chofar qui va en s’amplifiant (Chemot 19, 16-19). D’ prononce alors les Dix Paroles (Chemot 20, 1-14), reprises plus tard dans Devarim 5.

Au moment de conclure l’alliance, le peuple dit : naassé venichma, « nous ferons et nous entendrons » (Chemot 24, 7). Le Talmud s’émerveille de cet ordre : s’engager à faire avant même de comprendre. Il rapporte qu’à cet instant, six cent mille anges vinrent poser deux couronnes sur la tête de chaque Juif, l’une pour « nous ferons », l’autre pour « nous entendrons » (Chabbat 88a).

Le même passage du Talmud rapporte un midrach plus troublant : D’ aurait renversé la montagne au-dessus du peuple comme une cuve, en disant « si vous acceptez la Torah, tant mieux ; sinon, ce sera votre tombeau » (Chabbat 88a). C’est de là que le Maharal tire l’idée d’une part de contrainte. Le Talmud ajoute que le peuple accepta de nouveau la Torah, librement cette fois, au temps d’Esther et de Mordekhaï.

Pourquoi dans le désert ?

Les Sages ont beaucoup réfléchi au lieu du don. La Torah fut donnée dans le désert, un lieu qui n’appartient à personne, pour qu’aucune tribu ni aucun peuple ne puisse dire « elle est à moi » (Mekhilta, Yitro). Un autre midrach en tire une leçon morale : celui qui ne se rend pas libre et disponible comme le désert ne peut pas acquérir la Torah (Bamidbar Rabba 1, 7). Le midrach raconte aussi que la Torah fut d’abord proposée aux autres nations, qui la refusèrent (Sifri, Devarim 343).

Le Rav reprend ce thème dans son cours sur le livre de Ruth. Le désert, explique-t-il, est le lieu de la parole, celui où l’être communie avec l’absolu. La Torah est liée à une terre, mais elle n’est le produit ni d’une terre ni d’une condition sociale : il faut seulement être libre pour y accéder. C’est le fondement de son universalité. Il en tire un second enseignement : la Torah a été donnée à une collectivité, pas à un individu ni à une addition d’individus. Chacun en détient une lettre, et la lettre que l’un met en pratique s’associe à celle que met en évidence son voisin.

Une montagne du désert au lever du jour : le Sinaï, lieu où la Torah fut donnée à tout un peuple

Donnée au Sinaï, reçue à Kippour

Quarante jours après le Sinaï, le peuple fabrique le veau d’or ; Moshe brise les tables (Chemot 32, 19). Il remonte ensuite sur la montagne et redescend avec les secondes tables le 10 Tichri, le jour qui deviendra Yom Kippour. Le Rav en tire une formule forte : la Torah a été donnée au Sinaï, mais elle n’a été reçue qu’à Kippour. Le peuple l’avait reçue sans l’avoir encore intégrée. Il lui a fallu d’abord faire table rase de tout ce qui l’éloignait de son prochain et de son Créateur.

Dans son cours sur les Pirkey Avot, il ajoute pourquoi il y a deux tables : celles que D’ façonne, et celles que Moshe façonne. Si les tables peuvent se briser, dit-il, c’est parce que la part de l’homme y est fragile. Ce qui casse, c’est ce qui, en moi, n’a pas encore enveloppé l’enseignement divin.

Les prémices : Chavouot au Temple

À partir de Chavouot, chaque agriculteur apportait au Temple les premiers fruits des sept espèces qui font la louange de la terre d’Israël : le blé, l’orge, le raisin, la figue, la grenade, l’olive et la datte (Devarim 8, 8). La Michna précise qu’on ne les apporte pas avant Atseret (Bikourim 1, 3).

La Michna décrit la montée à Jérusalem (Bikourim 3). Dès qu’un paysan voyait mûrir le premier fruit, il l’entourait d’un brin de jonc et déclarait : « voici des prémices ». Les villageois se rassemblaient, montaient ensemble ; un bœuf aux cornes dorées et couronnées d’olivier marchait en tête, au son de la flûte. Les artisans de Jérusalem se levaient pour les accueillir. Au Temple, chacun récitait le texte de Devarim 26 : « Mon père était un Araméen errant… » Il racontait toute l’histoire du peuple, de l’Égypte jusqu’à la terre, avant de poser sa corbeille devant l’autel.

Ce rite éclaire la fête. Le premier fruit n’est pas un simple échantillon : il contient déjà toute la récolte. Le Rav développe cette idée dans La fête des serments. Le réchit, le commencement, ne se compte pas, parce qu’il est une totalité en soi : le reste n’en est que le développement, comme l’embryon contient l’être. La Torah, Israël, la création et les bikourim sont tous appelés réchit. Ce qui importe le jour de Chavouot, c’est de se rattacher à ce commencement.

Jugés sur les fruits de l’arbre

La Michna enseigne qu’à quatre moments de l’année le monde est jugé : à Pessah sur les céréales, à Atseret sur les fruits de l’arbre, à Roch Hachana tous les hommes, à Souccot sur l’eau (Roch Hachana 16a). Chavouot est donc, en un sens, un jour de jugement.

Le Rav s’appuie sur ce texte pour une lecture profonde. Selon l’avis de Rabbi Yehouda dans le Talmud, l’arbre de la connaissance était le blé (Berakhot 40a ; Sanhédrin 70b). Le Rav ajoute qu’au temps d’Adam, le blé montait en hauteur comme un palmier : c’était l’arbre du daat, de la connaissance. Après la faute d’Adam, il a perdu sa stature et n’est plus qu’une graine. Pour le Rav, c’est la différence entre le capital et le revenu. D’un arbre, on cueille le fruit et le capital reste : il produira l’an prochain. Une herbe, une fois mangée, il faut la ressemer. Retrouver à Chavouot la dimension de l’arbre, c’est retrouver une connaissance qui s’enracine et porte du fruit. Il rapproche aussi etz, l’arbre, de etsa, le conseil : la Torah est « un arbre de vie pour ceux qui la saisissent » (Michlé 3, 18).

Les coutumes de Chavouot

La nuit d’étude : le Tikoun leil Chavouot

Dans de nombreuses communautés, on passe la première nuit de Chavouot à étudier jusqu’à l’aube. Un midrach en donne la raison. Au matin du don de la Torah, le peuple dormait encore, et Moshe dut le réveiller (Chir haChirim Rabba 1, 12). En veillant toute la nuit, on répare ce sommeil : c’est le sens du mot tikoun, réparation. Le Zohar parle déjà de ceux qui veillent cette nuit-là pour « parer la fiancée » avant son union avec le roi.

La coutume s’est largement diffusée à partir des kabbalistes du XVIe siècle. Une lettre de Rabbi Chelomo Alkabets, rapportée par le Chla, raconte une nuit de Chavouot passée à étudier avec Rabbi Yossef Karo, l’auteur du Choulhan Aroukh. On lit souvent un recueil appelé lui aussi Tikoun : le début et la fin de chaque livre du Tanakh et de chaque traité de la Michna, puis des passages du Zohar. D’autres préfèrent étudier un sujet en profondeur. Le matin, on prie la prière de l’aube, puis on va se reposer.

Le Rav Benizri ne commente pas la veillée elle-même dans ses cours, mais il donne une clé qui l’éclaire. Chavouot, dit-il, n’est pas l’anniversaire d’un événement passé. Si l’on ne sait pas avec certitude si le don eut lieu le 5, le 6 ou le 7 Sivan, c’est parce que les paroles de la Torah doivent être chaque jour comme nouvellement acquises : de l’Égypte on s’est affranchi, de la Torah on ne s’affranchit jamais. Il ne s’agit pas de fêter un anniversaire, conclut-il, mais de reprendre le souffle de la Torah dans sa pureté initiale, et de le partager avec les autres. Une nuit d’étude en commun en est une belle traduction.

Les laitages

La coutume de manger des laitages à Chavouot est mentionnée par le Rema (Orah Haïm 494, 3). Plusieurs raisons sont données.

  • La cacherout : en recevant la Torah, le peuple reçut aussi les lois sur l’abattage rituel et la séparation du lait et de la viande. Ce jour-là, il n’avait pas la possibilité de préparer de la viande selon les règles, et il mangea des laitages (Michna Beroura 494).
  • Le verset : « le miel et le lait sont sous ta langue » (Chir haChirim 4, 11), que les Sages appliquent aux paroles de la Torah.
  • Le rappel des deux pains : selon le Rema, on sert un repas lacté puis un repas de viande, ce qui impose deux pains différents. Ils rappellent les deux pains offerts au Temple.
  • La guematria : le mot halav, le lait, a pour valeur numérique quarante, comme les quarante jours que Moshe passa sur la montagne.

Beaucoup de familles servent les gâteaux au fromage, les feuilletés ou les crêpes au fromage blanc. Selon les coutumes, on prend aussi un repas de viande pendant la fête, car la joie de la fête s’exprime traditionnellement par la viande. Entre lait et viande, on respecte les règles habituelles de séparation.

Les feuillages et les fleurs

Le Rema rapporte l’usage de décorer la synagogue et les maisons de verdure, en souvenir de la joie du don de la Torah (Orah Haïm 494, 3). On rappelle souvent que le mont Sinaï, selon le midrach, se couvrit de verdure ; le Maguen Avraham ajoute que ce jour-là le monde est jugé sur les fruits de l’arbre. Certains décisionnaires, dont le Gaon de Vilna, se sont opposés à l’usage des arbres, parce qu’il ressemblait à une coutume non juive. Chaque communauté suit sa tradition.

À la synagogue

  • Le premier jour, on lit le récit du Sinaï et les Dix Paroles (Chemot 19-20). La haftara est la vision du char divin d’Ézéchiel (Yehezkel 1).
  • Le deuxième jour (en diaspora), on lit le passage des fêtes de pèlerinage (Devarim 15, 19 – 16, 17 ; lorsque ce jour tombe un Chabbat, comme en 5787, on commence plus haut, à Devarim 14, 22). La haftara est la prière de Habakuk (Havakouk 3).
  • Le Hallel complet est récité à chaque jour de la fête, et l’on ajoute la prière de Moussaf.
  • Les Achkénazes lisent avant la Torah le poème araméen Akdamout, composé par Rabbi Meïr ben Yitzhak de Worms. Ils récitent la prière pour les défunts, Yizkor, le dernier jour.
  • Les Séfarades lisent souvent les Azharot, poèmes qui énumèrent les commandements. Beaucoup récitent aussi, à l’ouverture de l’arche, une ketouba poétique : Chavouot y est décrit comme le mariage de D’ et d’Israël, et la Torah comme le contrat.

La semaine qui précède

Le Chabbat qui précède Chavouot, on lit le chapitre « Kinyan Torah », « l’acquisition de la Torah », ajouté aux Pirkey Avot comme un sixième chapitre. Dans son cours donné la semaine avant Chavouot, le Rav commente la michna de Rabbi Meïr sur celui qui s’occupe de la Torah de façon désintéressée. Il souligne que le texte ne dit pas « celui qui étudie », mais « celui qui s’affaire » à la Torah. La Torah ne s’étudie pas comme une science. Elle se découvre dans la manière de vivre, et c’est pourquoi servir les sages vaut plus que l’apprentissage lui-même.

Par ailleurs, le Chabbat avant la fête, on lit souvent la paracha Bamidbar. Un peu plus tôt, on a lu la paracha Behoukotaï et ses malédictions. Le Rav note qu’elles sont au nombre de quarante-neuf, comme les jours du compte, alors que Ki Tavo, lue avant Roch Hachana, en compte quatre-vingt-dix-huit, soit deux fois quarante-neuf.

Le livre de Ruth : pourquoi le lit-on à Chavouot ?

Cinq rouleaux, les meguilot, accompagnent l’année juive. Le Cantique des cantiques se lit à Pessah, Kohelet à Souccot, Esther à Pourim, les Lamentations le 9 Av, et Ruth à Chavouot. Le Rav fait remarquer que pour les quatre premiers, le lien avec la fête est évident. Pour Ruth, il l’est beaucoup moins.

Le récit en bref

« Au temps où les juges jugeaient, il y eut une famine dans le pays » (Ruth 1, 1). Elimelekh quitte Beit Lehem avec sa femme Naomi et ses deux fils pour s’installer dans les champs de Moav. Les fils y épousent deux Moabites, Orpa et Ruth. Puis Elimelekh et ses deux fils meurent. Naomi, restée seule, décide de rentrer. Elle presse ses belles-filles de retourner chez leurs mères. Orpa l’embrasse et s’en va. Ruth s’attache à elle : « Où tu iras j’irai, où tu demeureras je demeurerai ; ton peuple sera mon peuple, et ton D’ sera mon D’ » (Ruth 1, 16).

Les deux femmes arrivent à Beit Lehem « au début de la moisson des orges » (Ruth 1, 22). Pauvre, Ruth va glaner dans les champs, derrière les moissonneurs. Elle arrive dans le champ de Boaz, un parent d’Elimelekh. Boaz la remarque, la protège et demande à ses ouvriers de laisser tomber des épis pour elle. À la fin de la moisson, sur le conseil de Naomi, Ruth va trouver Boaz la nuit sur l’aire de battage et lui demande de la racheter, selon la loi de la gueoula, qui permettait à un proche parent de reprendre le champ d’un défunt et de relever son nom. Boaz l’épouse devant les anciens de la ville. De leur union naît Oved, père d’Ichaï, père de David (Ruth 4, 13-22).

Une glaneuse au bord d'un champ de Judée : Ruth ramassant les épis dans le champ de Boaz

Les raisons classiques

Plusieurs raisons sont données par les commentateurs pour lire Ruth à Chavouot.

  • La moisson : l’histoire se passe entre la moisson de l’orge et celle du blé, c’est-à-dire exactement pendant la période qui va de Pessah à Chavouot.
  • La conversion : Ruth entre dans l’alliance d’Israël, comme le peuple tout entier y est entré au Sinaï. Selon le Talmud, nos ancêtres sont entrés dans l’alliance par la circoncision, l’immersion et un sacrifice, les mêmes étapes qu’on demande au converti (Keritot 9a).
  • David : le livre se termine sur la naissance de la lignée de David. Selon une tradition rapportée par le Talmud de Jérusalem (Haguiga 2, 3), le roi David est mort à Chavouot.
  • Le hessed : le midrach enseigne que ce livre a été écrit pour montrer la grandeur de la bonté.

Ce dernier point est central. Rabbi Zeïra enseigne que cette meguila ne contient ni pureté ni impureté, ni interdit ni permis. Elle n’a été écrite que pour enseigner la grandeur de la récompense de ceux qui pratiquent la bonté (Ruth Rabba 2, 14). Le mot hessed, que l’on traduit par « bonté », désigne une générosité qui va au-delà de ce qu’on doit.

Le glanage : un pont entre la loi et la bonté

La Torah impose au moissonneur de laisser aux pauvres le coin du champ (pea), les épis tombés (leket) et les gerbes oubliées (chikh’ha) (Vayikra 19, 9-10 ; Devarim 24, 19). Ce sont précisément ces lois qui permettent à Ruth de survivre.

Or, dans le chapitre des fêtes du Lévitique, la loi du coin du champ et des épis tombés est rappelée juste après Chavouot (Vayikra 23, 22), au milieu des fêtes. Rachi, citant le midrach, explique que celui qui laisse sa part au pauvre est considéré comme s’il avait bâti le Temple et y avait offert ses sacrifices. Le lien entre la fête de la moisson et le livre de Ruth est donc déjà écrit dans la Torah.

Le Rav Benizri montre comment Boaz incarne cet esprit. Quand il salue ses ouvriers d’un « que l’Éternel soit avec vous » (Ruth 2, 4), ce n’est pas un contrôle : il les considère comme des associés. S’il vient dans ses champs, c’est pour vérifier que les droits des pauvres sont respectés. D’où l’ordre qu’il donne de laisser tomber des épis exprès pour qu’on puisse les ramasser.

Ruth la Moabite : la porte ouverte

L’origine de Ruth pose une question grave. La Torah déclare : « Le Moabite et l’Ammonite n’entreront pas dans l’assemblée de l’Éternel » (Devarim 23, 4). La raison est donnée au verset suivant : ils n’ont pas accueilli Israël avec du pain et de l’eau lors de sa marche dans le désert (Devarim 23, 5). Le Talmud tranche que l’interdit ne vise que les hommes : « un Moabite et non une Moabite » (Yevamot 76b-77a). C’est ainsi que Ruth a pu entrer dans le peuple.

Le Rav souligne la profondeur de ce motif. Moav est exclu pour avoir refusé le pain : c’est l’anti-hessed, l’exact opposé d’Avraham qui ouvrait sa tente à tous. Et Moav descend de Loth, le neveu d’Avraham, qui avait gardé de son oncle l’hospitalité jusqu’au cœur de Sodome (Bereshit 19). Le Rav va plus loin : les filles de Loth ont poussé la bonté au-delà de toute limite, jusqu’à l’acte abominable dont naquirent Moav et Amon ; mais leur intention de fonder une famille n’a pas été perdue. Aucun acte bon en soi, dit-il, n’est totalement perdu : il finit par trouver sa greffe. Par Ruth, la bonté héritée d’Avraham revient au sein d’Israël.

Ce qu’enseigne le Rav Raphaël Benizri sur Chavouot

Le Rav a consacré quatre cours à Chavouot. Ils ne répètent pas les mêmes idées : chacun ouvre une porte différente sur la fête.

La fête des serments

Dans Chavouot : la fête des serments, le Rav part d’une observation : la tradition a retenu le nom « les semaines » plutôt que « la fête de la moisson », « des prémices » ou même « du don de la Torah ». Le nom de la fête est le nom d’un compte. Or le mot cheva, sept, a donné chevoua, le serment. Il cite l’alliance entre Avraham et Avimelekh : sept brebis sont mises à part, et le lieu s’appelle Beer Cheva « parce que là, tous deux prêtèrent serment » (Bereshit 21, 31). Chavouot serait donc aussi la fête des serments.

Deux serments se répondent ce jour-là, explique-t-il. D’ s’engage à ne jamais échanger ce peuple contre un autre, et Israël s’engage à rester attaché à son Créateur par la Torah. Le Rav remarque qu’en hébreu, on ne dit pas « je jure », mais nichba, à la forme passive : « je suis juré ». Cela signifie que je suis porté par une vérité qui me précède. Je n’ai pas choisi de venir au monde, mais je peux prendre en main la réalité qui m’a été donnée.

Il relève aussi que la semaine est le seul rythme du temps qui ne dépend ni du soleil ni de la lune. Le jour vient du soleil, le mois de la lune, l’année des saisons. La semaine, elle, n’est commandée par aucun phénomène naturel. Le compte de l’Omer ne commence pas un dimanche, comme la semaine de la création, mais au lendemain de Pessah, quel que soit le jour. Pour le Rav, c’est la preuve que ce temps-là est le nôtre : celui de la découverte de notre propre réalité.

Il rattache ensuite Chavouot à la loi orale. Il rapporte le midrach selon lequel D’, pour créer l’homme malgré l’opposition des anges, jeta la vérité à terre. Il voulait que la vérité ne soit pas imposée d’en haut, mais que l’homme l’extraie lui-même des ténèbres de ce monde. La loi écrite est fixe, on n’y touche pas ; la loi orale, elle, se discute. C’est là que l’homme trouve sa part. Chavouot devient ainsi le jour où l’homme procède à sa propre création.

Le cinquantième jour

Dans Chavouot : le cinquantième jour, hors du compte, le Rav situe la fête entre les deux autres fêtes de pèlerinage. Pessah célèbre le passé, nos racines retrouvées dans la sortie d’Égypte. Souccot annonce l’avenir, le temps où tous les peuples seront réunis sous une même soucca. Chavouot célèbre le présent. C’est pourquoi, dit-il, elle n’a pas de date fixe dans la Torah : le présent ne se laisse pas enfermer dans un calendrier.

Pourquoi ne compte-t-on que quarante-neuf jours, et pas cinquante ? On connaît l’enseignement du Talmud : il y a cinquante portes de l’intelligence, et toutes furent données à Moshe sauf une (Roch Hachana 21b). Pour le Rav, le cinquantième dépasse le safar, la limite, le calcul. Il est au-delà du carré de sept : on y atteint une transparence où l’on regarde les choses à travers elles. Le Rav rapproche encore le nombre quarante-neuf, en hébreu mem-tet, du mot tamé, impur, qui s’écrit avec les mêmes lettres et un alef en plus. Et cet alef, dit-il, c’est le cinquantième.

De là, il développe la notion de ani, le moi irréductible. Personne n’accepte d’être réduit à un chiffre ou à un matricule. Il cite Hillel : « si je suis ici, tout est ici » (Soucca 53a). Mais il précise le sens de « comme un seul homme, d’un seul cœur » : ce n’est pas se fondre dans la masse. C’est que chacun s’efface un peu pour donner sa place à l’autre, et que le peuple devient un véritable tsibour, un ensemble rassemblé.

Le Rav parle aussi du chofar entendu au Sinaï. Ce n’est pas un instrument de musique, dit-il : on ne le met pas dans un orchestre. C’est un son qui reste seul, comme le moi qui ne se dissout dans aucun ensemble. Et il relie ce chofar à celui du jubilé, le yovel : au bout de sept fois sept années, la cinquantième rend à chacun sa terre et sa liberté (Vayikra 25, 10). Le cinquantième jour et la cinquantième année disent la même chose : le retour de chacun à sa source.

Le livre de Ruth et le hessed

Dans Chavouot : le livre de Ruth et le hesed, le Rav commence par le départ d’Elimelekh. Il note que le livre de la bonté commence par une absence de bonté. Elimelekh était riche, et sa maison était celle où l’on distribuait le pain. Il part pendant la famine, sans même que le texte le nomme d’emblée. Le Rav compare ce départ à ceux d’Avraham et de Yaakov, eux aussi descendus en Égypte pendant une famine. La différence tient à la conscience de la descente : qui sait qu’il descend fera tout pour remonter. Elimelekh, lui, s’installe pour de bon. Et ce qui arrive à sa famille, les mariages étrangers puis la mort, est la conséquence de ce choix.

Il s’arrête ensuite sur la manière dont la Torah traite le converti : comme un être nouveau, et non comme un être réparé. Le renouveau n’est pas une retouche de l’ancien, c’est une recréation. Cette expérience, dit-il, ne pouvait être vécue pleinement que par une personne venue de l’extérieur : c’est Ruth. Si Naomi a mérité une telle belle-fille, c’est qu’elle était douce et agréable dans sa conduite. Deux princesses, filles de rois selon le midrach, étaient restées attachées à leur belle-mère après la mort de leurs maris.

Le Rav souligne l’audace de Boaz, dont le nom contient le mot oz, la force. Boaz ne s’accroche pas à la lettre de la loi : il en cherche l’esprit. Il descend d’ailleurs de Peretz, fils de Tamar, qui avait elle aussi forcé sa place dans la famille de Yehouda (Bereshit 38). D’une naissance irrégulière est sortie la lignée du Messie.

Il avance enfin une idée audacieuse sur le cinquantième degré. Selon le Talmud, Moshe, transporté dans la maison d’étude de Rabbi Akiva, ne comprenait plus l’enseignement qui s’y donnait (Menahot 29b). Pour le Rav, Moshe avait atteint quarante-neuf degrés ; Rabbi Akiva, descendant de convertis et venu d’un monde étranger, a atteint le cinquantième. Il en conclut que la cinquantième dimension est celle de l’universalité, et que sans l’apport du monde extérieur, il n’y a pas de messianisme possible. Il rappelle aussi que le Tanakh se clôt sur un mot de montée, « qu’il monte » (Divré haYamim II 36, 23).

Interrogé sur la conversion, le Rav rappelle que c’est à l’amour du prochain qu’on juge un maître, suivant la parole de Rabbi Akiva : c’est une grande règle de la Torah. Tant qu’on peut laisser la porte ouverte, dit-il, il faut la garder ouverte. Il ajoute une image : dans l’encens du Temple entrait un composant qui, isolé, sentait mauvais, et qui, mêlé aux autres, renforçait le parfum.

Ruth, femme de vaillance

Dans Ruth, l’Echet Hayil et le hessed, le Rav relit le livre de Ruth à la lumière du poème Echet Hayil, « la femme de vaillance » (Michlé 31, 10-31), que l’on chante le vendredi soir. Le Rav relève trois mentions de la femme de vaillance dans la Bible. La troisième est Ruth elle-même, que Boaz appelle ainsi (Ruth 3, 11).

Il commence par distinguer deux façons de regarder les épis oubliés. Le moissonneur les laisse parce qu’il estime en avoir assez ; il maîtrise tout. Le pauvre vient les ramasser avec assiduité et en vit. C’est peut-être celui-là, dit le Rav, qui mérite le titre de femme de vaillance. Ce qui caractérise l’Echet Hayil, c’est le don de soi : tout ce qu’elle fait, elle le tourne vers les autres. Et c’est une femme zeriza, qui agit avec zèle.

Le moment décisif du récit est, pour le Rav, le dialogue entre Naomi et Ruth sur la route. Naomi a tout fait pour la dissuader : tu ne seras pas intégrée, on te regardera de travers ; reste chez toi, tu peux être comptée parmi les justes des nations. Ruth répond que ce n’est pas un calcul, que c’est son cœur qui suit. Le judaïsme est une montagne, et Ruth choisit de la gravir, comme Avraham. Elle ne dit pas « c’est trop dur ». Elle dit : c’est dur, mais chaque jour j’avancerai un peu. Quand Naomi entend cela, elle cesse de la décourager.

Le Rav rappelle aussi qu’il n’y a pas de sainteté individuelle. « Soyez saints » (Vayikra 19, 2) est au pluriel : la sainteté est l’appartenance à un ensemble, avec la responsabilité de chacun pour l’autre. La pratique religieuse ne doit jamais être une carapace pour l’ego.

David, le roi de la prière

Dans plusieurs de ces cours, le Rav relie Chavouot au roi David, arrière-petit-fils de Ruth. Chavouot est, selon la tradition, le jour de sa mort, et donc aussi celui de sa naissance, car la vie des justes forme un cycle complet. Selon le midrach, David ne devait vivre que quelques heures ; Adam lui donna soixante-dix de ses propres années.

Le Talmud explique le nom de Ruth : d’elle est sorti David, « qui a abreuvé le Saint, béni soit-Il, de cantiques et de louanges » (Berakhot 7b). Le Rav reprend cette idée : Ruth a irrigué D’ non de paroles de Torah, mais de prière. David, qui dit de lui-même « et moi, je suis prière » (Tehilim 109, 4), a composé les cinq livres des Psaumes, qui font pendant aux cinq livres de la Torah. Pour le Rav, la prière est ce qui ouvre l’accès à la Torah : sans l’aide de D’, nous resterions fermés à son enseignement.

Il souligne enfin que David a souffert de son ascendance : il remonte jusqu’aux filles de Loth et à Moav. Le midrach raconte qu’il fut longtemps tenu à l’écart par les siens, jusqu’à ce que le prophète Chemouel demande qu’on aille le chercher auprès du troupeau (Chemouel I 16, 11). Sa royauté est née de cette recréation. Et son règne, dit le Rav, a consisté à rassembler les brebis égarées.

Questions fréquentes sur Chavouot

Quelle est la date de Chavouot en 2027 ?

Chavouot 5787 commence le jeudi 10 juin 2027 au soir. La fête a lieu le vendredi 11 juin en Israël, et les vendredi 11 et samedi 12 juin en diaspora. Comme la fête précède le Chabbat, on prépare un erouv tavchilin la veille.

Pourquoi Chavouot dure-t-il deux jours en diaspora ?

Autrefois, le tribunal de Jérusalem proclamait le début des mois sur témoignage, et les communautés éloignées ne savaient pas toujours à temps quel jour avait été choisi. Elles célébraient donc deux jours par doute. Le calendrier est fixé depuis longtemps, mais les Sages ont demandé de conserver l’usage de la diaspora (Beitsa 4b). En Israël, Chavouot dure un jour.

Est-on obligé de veiller toute la nuit ?

Non. Le Tikoun leil Chavouot est une coutume très répandue, pas une obligation. Celui qui veille doit veiller à rester en état de prier le matin avec attention. Pour les questions pratiques, comme les bénédictions du matin après une nuit blanche, on consultera un rabbin.

Pourquoi mange-t-on des laitages à Chavouot ?

La raison la plus connue est qu’après avoir reçu les lois de la cacherout au Sinaï, le peuple n’a pas pu préparer de viande ce jour-là. On cite aussi le verset « le miel et le lait sont sous ta langue » (Chir haChirim 4, 11), appliqué à la Torah. Le Rema y voit en plus un rappel des deux pains offerts au Temple.

Pourquoi Chavouot ne célèbre-t-il pas seulement la moisson ?

La Torah présente d’abord la fête comme agricole. Mais la tradition, s’appuyant sur le récit de Chemot 19 et sur le Talmud (Chabbat 86b ; Pessahim 68b), l’a identifiée au jour du don de la Torah. Les deux sens se rejoignent : les prémices de la terre et les prémices du peuple. Pour le Rav, Pessah forme le corps du peuple, et Chavouot lui insuffle son souffle, la Torah.

Pourquoi le livre de Ruth parle-t-il si peu de lois ?

C’est précisément ce que souligne le midrach : il n’y a dans Ruth ni permis ni défendu, ni pur ni impur, et il n’a été écrit que pour enseigner la grandeur du hessed (Ruth Rabba 2, 14). Pour le Rav, c’est un message pour le jour du don de la Torah : celui qui ne cherche dans la Torah que la stricte règle n’a pas pénétré son sens profond. Son cœur, dit-il, c’est la bonté.

Pour conclure : un présent qui ne finit pas

Chavouot n’a pas de date propre, pas d’objet rituel, pas de geste spectaculaire. C’est peut-être ce qui en fait la plus exigeante des fêtes. On ne peut la marquer qu’en se donnant soi-même : en comptant les jours pour se compter soi-même, en apportant ses prémices, en veillant pour étudier, en laissant le coin du champ au pauvre. Ruth la Moabite, qui choisit de gravir la montagne pas à pas, en est la meilleure image.

Comme le dit le Rav Benizri, il ne s’agit pas de fêter un anniversaire, mais de reprendre chaque année le souffle de la Torah dans sa pureté initiale, et de le partager. Pour approfondir, écoutez ses cours sur Chavouot et sur le mois de l’Omer. Vous trouverez aussi des livrets à lire en famille dans la rubrique livrets, et l’explication des mots hébreux dans notre glossaire.

Pour aller plus loin

Article de la rédaction de Pensées Juives. Les passages attribués au Rav Raphaël Benizri sont tirés de ses cours publiés sur ce site.


Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *