Yom Kippour

par le Rav Raphaël Benizri

Foule en prière devant le mur Occidental à Jérusalem

Chofar en corne de bélier sonné à Roch Hachana

Yom Kippour

Il existe des jours où l’on ajoute, et un jour où l’on retire. Yom Kippour est ce jour-là. On ne mange pas, on ne boit pas, on quitte le confort, on laisse tomber tout ce qui d’ordinaire nous occupe. Ce qui reste alors, une fois le décor enlevé, c’est ce que l’on est.

La techouva n’est pas le remords

Le mot que l’on traduit par « repentir » signifie littéralement « retour ». La différence est immense. Le remords regarde en arrière et s’y installe ; le retour regarde en arrière pour repartir. La tradition juive ne demande pas de se détester pour ses fautes — elle demande de reconnaître, de réparer autant qu’il est possible, et de recommencer.

C’est une conception étonnamment optimiste : elle suppose que personne n’est réductible à ce qu’il a fait, et qu’un homme reste capable de changer jusqu’au dernier jour.

Ce que le pardon ne couvre pas

Un principe traverse tout le jour : Yom Kippour répare ce qui s’est joué entre l’homme et D.ieu, mais ne touche pas à ce qui s’est joué entre les hommes. Pour cela, il faut aller voir la personne concernée, dire ce qui doit être dit, réparer ce qui peut l’être. Aucune prière ne remplace une conversation qu’on n’a pas eue.

C’est sans doute la partie la plus difficile de la journée, et elle se passe avant elle.

Le jeûne

Le jeûne n’est pas une punition ni une performance. Il met simplement de côté, pour vingt-cinq heures, la mécanique des besoins qui organise toutes nos autres journées. Beaucoup décrivent la même chose : passé la difficulté du milieu d’après-midi, quelque chose s’allège. Non pas le corps, mais l’attention.

La fin du jour

Yom Kippour se termine par une dernière prière, alors que la lumière baisse, puis par un unique son de chofar. Après quoi l’on rentre chez soi et l’on mange. Et l’usage veut que l’on commence dès le soir même à préparer la soucca — comme si la tradition refusait qu’un tel jour se termine sur lui-même, et voulait qu’il débouche immédiatement sur une action, et sur la joie.

À poursuivre

Le mois d’Elloul et Roch Hachana, qui ouvrent cette période ; Souccot, qui la conclut dans la joie.