Livret d’étude de ce cours
Un livret à imprimer : une question par page, la réponse du Rav, sa source, et une leçon à débattre en famille.
À la veille de Chavouot, le point de mire de la fête est une femme : Ruth. Une étrangère, issue d’une ascendance qu’on préférerait taire, et qui regagne par son zèle et son abnégation les rangs du peuple juif, jusqu’à devenir l’ancêtre de David et de la figure messianique que nous attendons.
Le Rav Raphaël Benizri part de l’Echet Hayil — ce poème alphabétique que l’on chante la veille de Chabbat — pour montrer ce qui, dans le récit de Ruth, échappe à toute règle du permis et du défendu. Toute la meguila, disent nos sages, n’a été écrite que pour la guemilout hassadim : pour dire la grandeur du don de soi.
Ce que dit ce cours
Ruth est le point de mire de Chavouot. Une jeune femme venue de l’étranger, issue d’une union incestueuse si l’on remonte à ses ancêtres, et qui regagne par son assiduité, son zèle et son abnégation les rangs du peuple juif. Elle devient l’ancêtre non seulement du roi David, mais aussi du Machiah — et c’est particulièrement à elle que s’applique l’attribut d’Echet Hayil.
Il existe trois évocations d’Echet Hayil dans toute la Bible. La première donne son titre au cours : « echet hayil ateret ba’ala », la femme de vaillance est la couronne de son mari. La deuxième est la louange que Salomon place à la fin de son hymne à la sagesse, qu’il voit incarnée dans le féminin. Et la troisième, c’est Ruth.
Il y a glanure et glanure. Il y a le blé délaissé par le moissonneur, qui juge que ce ne sont là que des détails, qu’il en a suffisamment, qu’il maîtrise et possède tout. Et il y a le pauvre qui vient assidûment glaner ces épis oubliés et qui s’en nourrit : c’est peut-être celui-là qui mérite le qualificatif d’Echet Hayil.
L’Echet Hayil se chante à l’accueil du Chabbat, après le Chalom Alekhem — et ce n’est pas un hasard. Les anges de la semaine, financiers, cultivateurs, conseillers, hommes à tout faire, prennent congé du père de famille la veille de Chabbat. On laisse de côté les préoccupations, on rentre en soi, on se donne un temps de ressourcement, et l’on fait appel à de nouveaux anges de compagnie, à de nouvelles sphères de pensée.
Chalom ne veut pas dire seulement la paix, mais la plénitude d’être. Tant que l’homme n’est pas en paix avec soi, il n’est en paix avec personne. Le chalom est tributaire de la chlemout, de l’intégrité, de ce sentiment intérieur de paix avec son entourage, ses enfants, ses frères — quand il a fait table rase de toutes les tensions.
Certains suppriment « Betsetkhem lechalom », et c’est révélateur. Nous accueillons les anges de la paix comme si nous n’étions pas sûrs de la plénitude d’être qui règne dans la maison. Ceux qui n’en ont pas besoin le suppriment : ils ne veulent pas rester tributaires de personnes étrangères à leur table, qui altèreraient le langage de famille, de sérénité et de plénitude — d’abord avec le féminin.
Icha mevicha n’est pas une « femme dévergondée » : c’est une femme qui humilie son mari. La traduction du Rabbinat n’est pas fidèle au texte. Elle peut l’humilier de plusieurs façons, notamment en ne s’étant pas réalisée elle-même et en restant au bas de l’échelle par rapport à lui : elle le déstructure. « Rekav atsamot », la carie des os — et les os sont ce qui constitue la structure de l’homme.
Le féminin est le versant de l’homme, tsela. On appelle ainsi le versant d’une montagne, et sans ce versant l’homme ne peut pas tenir en équilibre. C’est pourquoi la structure du féminin est appelée la structure intérieure, celle des os, la chair ne représentant que l’extérieur. Si les os sont atteints, il n’y a pas de relève possible.
Icha n’est pas le féminin de ich. Dans ich il y a un youd ; dans icha, pas de youd, mais un daguech, signe qu’une lettre a été absorbée. Et le pluriel ? Anachim, nachim : le noun réapparaît. Ce noun rappelle l’embryon d’être — nous sommes toujours en état de conception, en état de devenir dès que nous nous comptons dans une communauté.
Adam avait nommé tous les êtres, mais ne connaissait pas encore sa propre nature. Nommer, c’est une façon de maîtriser, de connaître la nature de chaque chose en fonction de la tâche pour laquelle elle a été créée — et l’homme continue aujourd’hui de nommer les choses. Mais dans le mot Adam se mêlaient pêle-mêle le masculin et le féminin.
Ich vient de yesh, car il n’existe pas de verbe avoir en hébreu. On trouve ich chez Mikha et dans Job comme synonyme de yesh. Il n’y a que le verbe être : la seule réalité que nous puissions considérer face à tout l’univers créé, c’est ce que nous sommes, ce que nous avons acquis par nous-mêmes, ce qui fait partie de nous et que l’on transporte avec soi.
Quand l’homme voit le féminin, il refuse de le nommer comme le reste. Ce n’est pas quelque chose qu’on possède de l’extérieur : elle fait partie de moi-même, sa réalité propre c’est moi. D’où le mot de nos sages : sans femme, l’homme n’a pas de bien, il ne connaît ni le bonheur ni la bénédiction, il n’est pas complet. Ce n’est pas lui qui définit la femme, c’est la femme qui le définit.
Il n’y a pas de masculin et de féminin dans les attributs de HaKadoch Baroukh Hou. Contrairement aux autres religions, Elohim est à la fois masculin et féminin. Dans le Tanakh, cela apparaît dans la dualité du Chamayim, l’esprit et la matière ; dans le Talmud, HaKadoch Baroukh Hou et sa présence immanente ; dans le Zohar, le roi et la reine ; dans le langage hassidique, le révélé et le non-révélé.
Hayil porte une vocalisation de duel : c’est un combat dans la vertu. Comme mayim, comme chamayim. Il y a la manifestation rude et intransigeante, celle de la loi écrite, le ’hok, la limite à laquelle on ne touche pas : c’est le zakhar, le masculin. Et il y a la loi orale, le féminin : tout le dialogue, l’émanation de soi, la transcription, l’interprétation, l’adaptation.
De même qu’il y a trois Echet Hayil, il y a trois fois le mot techouka dans la Torah. Techouka, c’est le désir. La première occurrence suit la faute d’Adam HaRichon : « ve’el ichekh techoukatekh » ne dit pas que ce sera elle qui désirera, mais qu’elle sera la source de ses désirs, son feu — celle qui ramène à la réalité toutes les citadelles de la raison qu’il édifie.
La deuxième techouka est adressée à Caïn : faire le bien est un joug. Ce n’est pas se payer une bonne action ; ce n’est pas faire le bien envers soi-même, c’est le faire envers l’autre. Tu veux t’élever ? Alors tu dois t’écraser. Mais si tu décides de ne pas faire le bien, sache que le péché est tapi à ta porte, et qu’au lieu du désir du Très-Haut tu auras le désir de la déchéance.
La troisième est celle du Chir HaChirim : « je suis à mon bien-aimé ». Ce n’est pas lui qui me désire : c’est moi qui ai l’obligation de prendre en charge son désir. Ainsi parle l’assemblée d’Israël à son Créateur. Et si nous avons perdu l’intimité de cette relation dans sa plénitude, nous l’avons perdue aussi avec D’, avec nous-mêmes et avec le Chabbat — car le Chabbat lui-même est comparé à l’incarnation de l’Echet Hayil.
À lire le poème littéralement, on n’y trouve rien de transcendant. Le Rav en parcourt les versets un à un — la laine et le lin, le rouet et le fuseau, les tissus vendus au marchand, la maison dirigée avec vigilance — et pose la question : où est, dans ce portrait de la femme moderne, ce qui justifierait qu’on l’applique à Ruth ? On s’attendrait à une femme scrupuleuse du Chabbat et de la cacherout.
Or, dans le récit de Ruth, il n’y a rien de licite ni d’interdit. Pas de règle, rien qui relève du pur et de l’impur. Toute cette meguila n’a été écrite que pour la guemilout hassadim : pour dire combien est grande la vertu de la pratique de la bonté. Non pas la bonté au sens chrétien du mot, mais le don de soi — car c’est cela, le hessed.
Ce don de soi est précisément ce qui caractérise l’Echet Hayil. Tout ce qu’elle fait, elle le projette déjà sur son mari, sur ses enfants. Ce n’est pas elle qui est au centre de ses propres préoccupations : c’est l’autre. Et c’est d’abord une femme zeriza, qui fait les choses avec zerizout, avec zèle — une perfection qui n’est pas extérieure, mais qui respire une profondeur d’être.
L’exil pour la parnassa a un prix qu’il faut savoir mesurer. Naomi revient des champs de Moab, des champs de l’exil, où la famine avait constitué une épreuve déterminante. Aujourd’hui encore, beaucoup s’exilent pour leur parnassa — mais il faut mesurer les conséquences de cette recherche quand on avait la possibilité de vivre dans un milieu qui garantit l’éducation des enfants et la plénitude de son foyer.
Il n’y a de sainteté qu’en communauté. Une vie juive ne se pratique pas dans la solitude d’être. « Kedochim tihiyou » est au pluriel, et la notion de sainteté individuelle n’existe pas. La sainteté, c’est l’appartenance à l’ensemble, dans un sens de responsabilité accru de l’un pour l’autre. Son inverse est une solitude où l’homme ne voit que ce qui répond à son ego — jusque dans la pratique de la religion.
On peut être corrompu sous le couvert de la Torah. La pratique de la religion ne constitue pas une carapace pour l’être. On peut être naval, et c’est la nevala. Notre judaïsme, notre engagement juif se jauge dans l’ensemble d’une communauté — et l’Echet Hayil a exactement ce sens-là.
Naomi a accepté Ruth le jour où elle l’a entendue parler d’effort. Elle avait tout fait pour la dissuader : tu ne seras pas intégrée, on te regardera de travers, et moi-même je serai mal jugée d’avoir quitté ma communauté alors que j’avais les moyens de la servir. Reste chez toi, tu peux te réaliser par ta loi et être comptée parmi les justes des nations. Et sa bru répond : ce n’est pas un mariage de raison, si je te suis, c’est mon cœur qui suit.
Le judaïsme est une montagne — et Ruth a choisi de la gravir. Comme Abraham l’a gravie. Elle ne dit pas : c’est trop dur, je n’y arriverai pas. Elle dit : c’est vrai, c’est dur, mais chaque jour je vais me travailler un peu, je vais avancer un peu. Quand Naomi a entendu cela, elle ne lui a plus parlé : elle l’a acceptée dans ses rangs.
« Elle ceint ses reins de force » — mais ce n’est pas une force herculéenne. Ses bras sont les bras du féminin, et ces belles natures sont fragiles ; il ne faut pas leur demander de porter des charges, ce n’est pas leur nature. Mais elle va, avec zerizout, se donner elle-même la force dans les bras. C’est là le premier point — et le Rav annonce qu’il achèvera ce cours la fois suivante.
Transcription intégrale du cours
Ruth, le point de mire de Chavouot
Bonsoir tout le monde.
Ce cours est dédié, comme d’habitude, à la mémoire de mon frère et des victimes de la tragédie de Meron.
Nous sommes à la veille de Chavouot, et le point de mire de Chavouot, c’est Ruth.
Une jeune femme venue de l’étranger, issue d’une union incestueuse si nous remontons à ses ancêtres, et qui regagne, par son assiduité, par son zèle, par son abnégation, les rangs du peuple juif.
Elle devient l’ancêtre non seulement du roi d’Israël, David, mais aussi de la figure messianique que nous attendons, celle du Machiah.
Et c’est particulièrement à elle que s’applique l’attribut d’Echet Hayil.
Les trois Echet Hayil de la Bible
Il existe trois évocations d’Echet Hayil dans toute la Bible.
La première, c’est celle qui fait le titre de notre cours : « Echet hayil ateret ba’ala », la femme de vaillance est la couronne de son mari.
La deuxième, c’est celle que loue le roi Salomon à la fin de tout son hymne à la sagesse, et qu’il voit incarnée dans le féminin.
Et la troisième, c’est Ruth.
Il y a glanure et glanure
Et Boaz, un notable de la communauté juive, qui prend sous ses ailes Ruth l’étrangère, venue, de par sa pauvreté, glaner les épis de blé dans ses champs à lui.
Oui, il y a glanure et glanure.
La glanure du blé délaissé, abandonné par le moissonneur, qui considère que ce ne sont que des détails et qu’ils ne peuvent pas le nourrir.
Il a suffisamment. Il maîtrise tout. Il connaît tout. Il possède bien des choses.
Et ce pauvre qui vient assidûment dans les champs glaner ces épis de blé oubliés, abandonnés, et qui s’en nourrit, c’est celui-là, peut-être, qui mérite le qualificatif d’Echet Hayil, de femme de vaillance.
Les anges du Chalom Alekhem
Pour situer un petit peu les choses, il faut voir, dans la tradition juive, quand nous récitons cet Echet Hayil.
Vous le savez très bien : à l’accueil du Chabbat, avant de prendre le repas de Chabbat que nous a préparé la maîtresse de maison, et après avoir salué les anges de compagnie.
Vous ne vous êtes jamais demandé ce que ces anges venaient faire là, dans ce Chalom Alekhem ?
C’est très poétique, ces anges qui accompagnent le père de famille depuis la synagogue jusqu’à la maison.
Et il y a un changement de service.
Il y a les anges de la semaine, qui sont de tout bord : des financiers, des cultivateurs, des conseillers.
Aujourd’hui, on dirait aussi des hommes à tout faire.
Et la veille de Chabbat, ils prennent congé de nous, de ce père de famille.
On laisse de côté toutes ces préoccupations.
On considère que tout est fini, que nous n’avons plus rien à faire.
On va penser à soi-même, à sa famille, on va rentrer en soi, on va se donner un temps de ressourcement.
Et c’est le Chabbat.
Alors on fait appel à de nouveaux anges de compagnie, à de nouvelles sphères de pensée, à de nouvelles idées, à un nouveau bilan.
Et nous, nous les saluons.
Nous abordons notre Chabbat avec un esprit tout à fait nouveau, un esprit régénéré.
Nous saluons les anges de service de la semaine, nous accueillons le Chalom Alekhem, nous accueillons ces anges de la paix.
Chalom, la plénitude d’être
Vous remarquerez que nous parlons toujours d’anges de la paix.
Et chalom veut dire plénitude d’être.
Ce n’est pas seulement une paix.
Cela peut s’entendre de différentes façons, mais tant que l’homme n’est pas en paix avec soi, il n’est en paix avec personne.
Le chalom est tributaire de la chlemout, de l’intégrité, de ce sentiment intérieur de paix avec son entourage, ses enfants, ses frères.
Et quand il a fait table rase de toutes ces tensions, alors il ne demande pas…
Betsetkhem lechalom
Vous savez, il y a un paragraphe qui est lu par certains et qui est supprimé par d’autres : c’est « Betsetkhem lechalom ».
Asseyez-vous en paix, chalom, anges de la paix.
On dirait que nous accueillons les anges de la paix parce que nous ne sommes pas sûrs de la plénitude d’être qui existe dans la maison.
Il y a toujours des tensions.
Et comme nous invitons quelquefois des personnes étrangères pour égayer notre table, pour ne pas laisser l’ennui s’installer dans la maison, et parce que nous voulons élargir un peu l’éventail de nos discussions et de nos centres d’intérêt…
Ceux qui n’en ont pas besoin, mes chers amis, suppriment « Betsetkhem lechalom ».
Nous n’avons pas besoin d’anges.
Nous n’allons pas rester timorés et tributaires de personnes qui sont étrangères à notre table et qui, dans une certaine mesure, vont altérer le langage de famille, le langage de sérénité, le langage de paix, le langage de plénitude que nous pouvons avoir avec les membres de la famille, et en premier lieu avec le féminin, la femme.
Icha mevicha et la carie des os
Parce que c’est au moment où nous voulons nous intégrer nous-mêmes et ressentir notre plénitude d’être que nous sommes tenus de lui rendre hommage à travers toutes les lettres de l’alphabet, puisque l’Echet Hayil est bâti sur les vingt-deux lettres de l’alphabet.
Et c’est à ce moment-là que nous déclarons « echet hayil ateret ba’ala » : elle est la couronne de son mari.
Et, effectivement, nous balayons ainsi cette idée d’icha mevicha.
Icha mevicha, c’est une femme gênante, une femme humiliante.
« Une femme dévergondée » : c’est la traduction du Rabbinat, mais ce n’est pas une traduction fidèle au texte.
Mevicha, c’est une femme qui humilie son mari.
Elle peut l’humilier de plusieurs façons.
Soit parce qu’elle ne s’est pas réalisée elle-même et qu’elle est restée au bas de l’échelle par rapport à lui, et alors elle le déstructure.
« Rekav atsamot » : la carie des os.
Les os, c’est ce qui constitue la structure de l’homme.
Puisque, quand le féminin est créé, c’est cela : « tsela ».
On appelle ainsi le versant d’une montagne, et le versant de l’homme, c’est le féminin.
Et sans ce versant, il ne peut pas tenir en équilibre.
C’est pour cela que la structure du féminin est appelée la structure intérieure, celle des os, et la chair ne représente que l’extérieur.
Or, si les os sont atteints d’une carie, d’une vermine, alors le remède est difficile, il n’y a pas de relève possible.
Alors il est en train de se demander : et qui va-t-elle la trouver, cette Echet Hayil ?
D’où vient le mot icha ?
Mais avant d’aller plus loin : vous êtes-vous déjà demandé d’où vient ce mot d’icha ?
Il y a tout de même une différence entre ich et icha.
Dans ich, il y a un youd.
Si icha était le féminin de ich, alors il y aurait également un youd dans icha.
Or il n’y a pas de youd dans icha, et il y a un daguech, pour dire qu’il y a une lettre qui a été absorbée.
Vous savez que chaque fois qu’il y a un accent, c’est une accentuation de la lettre, ou bien une fusion de deux lettres, ou bien le remplacement d’une lettre qui a été en quelque sorte occultée.
D’ailleurs, quel est le pluriel de ich ?
Le pluriel de ich, c’est anachim.
Mais d’où vient ce noun d’anachim ?
Quel est le pluriel d’icha ? Le pluriel d’icha, c’est nachim.
Le aleph a disparu, et le noun de nachim, alors, d’où vient-il ?
C’est que ce noun rappelle l’embryon d’être, que nous sommes toujours en état de conception.
Il est intégré quand nous nous recensons en tant qu’individu, mais dans une communauté, il est en état de devenir : anachim, nachim.
Vous savez très bien que le noun, c’est l’embryon d’être.
C’est comme cela qu’il est représenté dans l’alphabet hébraïque.
Et celui-là, dans le pluriel, il réapparaît.
Nommer, c’est maîtriser
Or, d’où vient ce mot, au début ?
Vous savez que HaKadoch Baroukh Hou, quand il a formé le féminin à partir du masculin, c’est lui qui dit, et il l’a amenée en tant que femme.
Mais au début, on nous a dit que HaKadoch Baroukh Hou a créé Adam, il l’a créé « zakhar ounkéva », mâle et femelle, masculin et féminin.
Et Adam, bien sûr, partage sa racine avec adama, c’est-à-dire la terre de laquelle il a été extrait.
Mais c’est lui qui prononce le mot, au début, l’homme, quand il dit : cette fois, c’est la chair de ma chair et les os de mes os, celle-ci, on l’appellera icha.
D’où vient ce mot ich ? D’où l’a-t-il sorti ?
Lui venait de nommer tous les êtres créés, parce que tous les êtres créés répondent à une fonction bien définie, bien déterminée, et en fonction de cette tâche pour laquelle chaque être a été créé, il a su donner un nom.
Il continue d’ailleurs, aujourd’hui, à nommer les choses.
Mais nommer, c’est une façon de maîtriser, de connaître la nature de chaque chose.
Or lui ne connaissait pas encore sa propre nature.
On lui a donné le titre d’Adam.
Mais dans Adam, il y avait pêle-mêle le masculin et le féminin.
Ich et yesh : il n’y a pas de verbe avoir en hébreu
Alors, ce mot ich, on le trouve chez le prophète Mikha et dans Job, comme le synonyme de yesh.
C’est un mot propre au langage hébraïque.
Yesh li, yesh lo, yesh lekha.
Il n’existe pas de verbe avoir dans la langue hébraïque.
Il n’y a que le verbe être.
Le verbe avoir, il est traduit par ce qui est lu chez Mikha et dans Job comme ich.
C’est-à-dire que la seule réalité que nous pouvons considérer par rapport à tout l’ensemble de l’univers créé, c’est ce que nous sommes, ce que nous avons acquis par nous-mêmes, ce qui fait partie de nous-mêmes, ce que l’on transporte avec soi.
C’est cela, le yesh.
Elle fait partie de moi-même
Alors l’homme, quand il voit le féminin, il dit : non, cela ne se nomme pas comme les autres.
Ce n’est pas quelque chose que l’on possède de l’extérieur, comme on peut posséder, maîtriser toutes les autres choses.
Non : elle fait partie de moi-même.
Sa réalité propre, c’est moi.
Ce qui fait dire à nos sages que si l’homme reste sans femme, alors il n’a pas de bien, il ne connaît pas le bonheur, il ne connaît pas la bénédiction.
Bref, il n’est pas complet.
Il ne peut pas parler de plénitude d’être.
Ce n’est pas lui qui définit la femme, c’est la femme qui le définit.
C’est-à-dire qu’Adam réalise sa propre personne à travers l’être qu’on vient de lui présenter et qui était son versant jusqu’à présent.
C’est cela qui a entraîné cette autre interprétation de nos sages : à savoir que sans cette plénitude d’être, il n’y a que le éch, il n’y a que le feu.
Parce que si l’on a dépouillé l’homme de cet attribut divin qui les unit…
Masculin et féminin dans les noms divins
Comme disent nos sages, la femme est un univers en soi, un univers séparé.
Il ne faut pas essayer, chaque fois, d’établir une comparaison, une analogie entre le masculin et le féminin, parce que ce n’est pas possible.
Et vous savez pourquoi ?
Contrairement aux autres religions, nous n’avons pas de masculin et de féminin dans les attributs de HaKadoch Baroukh Hou.
Elohim, c’est à la fois masculin et féminin.
Dans le Tanakh, cela apparaît dans la dualité du Chamayim, l’esprit et la matière.
Dans le Talmud, c’est une autre appellation : HaKadoch Baroukh Hou, le Saint béni soit-Il, et Sa présence immanente.
Dans le Zohar, c’est une royauté : c’est le roi et la reine.
Alors, tantôt il est le roi, tantôt, dans l’assemblée d’Israël, il est la reine.
Dans le langage hassidique, cela devient le révélé et l’ineffable, le non-révélé.
Il y a toujours un aspect révélé et un aspect caché.
Mais il y aura un temps où, petit à petit, ce qui est caché relèvera du monde du révélé.
C’est cette même notion qui se vit dans la dualité du masculin et du féminin, à notre propre niveau.
Hayil : le duel et le combat dans la vertu
Et c’est pour cela que « hayil » a une notion de combat dans la vertu.
Il y a cette vocalisation du duel, comme dans mayim, comme dans chamayim.
Il y a cette notion de duel dans hayil, parce qu’il y a tantôt cette manifestation qui est rude, intransigeante, celle de la loi écrite.
On ne peut rien changer. C’est le principe, c’est le ’hok, c’est une limite, c’est un « lo », il ne faudrait pas y toucher.
Loi écrite, loi orale
Mais attention, cela, c’est la loi écrite.
La loi écrite, c’est le zakhar, c’est le masculin.
La loi orale, non : c’est le féminin.
Tout le dialogue, tout le discours, c’est une émanation de soi, c’est une transcription, une interprétation, une adaptation.
Cela, c’est le masculin, le féminin, même dans ce qui relève du chant, n’est-ce pas.
Il y a une manière de chanter la Torah, cela obéit à des notes.
Le livre chante, il y a toute une poésie d’être, toute une possibilité de composition. C’est merveilleux.
Les trois techoukot
Maintenant, quand on arrive au domaine du Zohar, là, ce n’est plus le feu de la rivalité, c’est le feu de l’amour, d’un désir.
De la même manière qu’il y a trois fois « Echet Hayil » dans le texte, il y a trois fois le mot techouka dans la Torah.
Techouka : le désir.
Alors, quelles sont les fois où apparaît ce mot techouka, le désir ?
La première, après la faute d’Adam HaRichon, quand est défini ce que sera le rôle de la femme, que l’homme a voulu réduire à la rigueur de la science, comme si elle en était incapable.
Oui, mais lui ne veut que cela.
Non : « ve’el ichekh techoukatekh ».
Qu’est-ce que cela veut dire ? Est-ce toi qui vas le désirer ?
Non : toi, tu seras la source de ses désirs.
Toi, tu seras son feu.
Toi, tu seras effectivement celle qui ramène à la réalité toutes les citadelles de la raison qu’il peut lui-même édifier.
Parce que ce qu’il vivra par le feu du désir, de l’amour, cette joie, ce bonheur, cet équilibre, cette plénitude, il ne pourra jamais l’avoir à travers la rigueur scientifique pure.
Le désir de Caïn : le bien est un joug
Alors, à quel autre moment est évoquée cette notion de techouka ?
C’est dans le péché d’Adam, lorsque, pour la première fois, D’ s’adresse à Caïn et lui dit :
Écoute, tu as pensé que moi, je t’ai imposé et contraint de ne pas toucher à l’arbre de la connaissance du bien et du mal, et de laisser toute ta vie consacrée à cette distinction, à cette limite entre le bien et le mal.
Je te dis : si tu fais le bien, si tu t’appliques à faire le bien, c’est que tu dois prendre sur toi.
Tu dois supporter de faire le bien.
Attention, c’est un joug, ce n’est pas quelque chose comme si on allait se payer une bonne action.
Non : ce n’est pas de faire le bien envers soi-même qui compte, c’est de faire le bien envers l’autre.
Tu veux t’élever ? Alors tu dois t’écraser.
Il faut effectivement porter le joug.
Mais si tu décides de ne pas faire le bien, sache que le péché est tapi à ta porte.
Et au lieu d’avoir le désir du spirituel, du Très-Haut, qui te nourrit, tu auras le désir de la bassesse, de la déchéance, de la dégénérescence, qui va effectivement t’emporter […].
Ce sont là les deux premières techoukot que le Tanakh utilise.
Je suis à mon bien-aimé
Mais la troisième, c’est dans Chir HaChirim : « Je suis à mon bien-aimé. »
C’est comme cela que l’assemblée d’Israël parle à son Créateur.
Nous sommes toujours dans cette relation intime du masculin et du féminin, que nous ne pouvons en aucun cas séparer totalement.
Nous devons la penser conjointement, parce que l’homme et la femme sont habités l’un et l’autre par le masculin et le féminin, dans des proportions différentes, mais elles sont là.
« Je suis à mon bien-aimé. »
Ce n’est pas lui qui me désire : c’est moi qui ai l’obligation de prendre en charge son désir.
C’est moi qui porte cette techouka, c’est moi qui le désire.
C’est la troisième dimension.
Donc, ensemble, je prends en charge ce désir profond d’union avec l’assemblée d’Israël.
Et je l’ai dit, n’est-ce pas : tout est perçu dans l’intimité de cette relation.
Et c’est la raison pour laquelle, si nous avons perdu l’intimité de cette relation dans sa plénitude d’être, nous l’avons perdue également avec D’, nous l’avons perdue avec nous-mêmes, nous l’avons perdue avec le Chabbat.
Parce que, je vous l’ai dit, si cet Echet Hayil est lu la veille de Chabbat, c’est parce que le Chabbat lui-même est comparé à l’incarnation de l’Echet Hayil.
Lecture de l’Echet Hayil
Et je crois que nous devrions rien qu’avoir une lecture, disons superficielle, de la traduction, pour voir que…
Bon, attention aux esprits mal tournés, cela risque de choquer.
« Heureux qui a rencontré une femme vaillante. »
Le Rabbinat traduit par « vaillante ». Mais une femme de vaillance, une femme de combat.
« Elle est infiniment plus précieuse que les perles. »
Bon, cela va de soi. Des perles s’achètent, une femme ne s’achète pas.
À moins, bien sûr, que dans le choix du féminin on ne fasse intervenir le rapport du salaire, et la dot, et les biens des parents, et les héritages en vue, et cetera.
Alors, effectivement, ce n’est pas de cette femme-là que nous parlons, parce que tout cela, en fin de compte, ce sont des considérations étrangères à ce féminin que nous louons et à cette intériorité que nous revendiquons.
« En elle le cœur de son époux a toute confiance. »
Attention aux infidélités, hein, aussi.
« Les ressources ne lui font pas défaut. »
Très bien. Mais de quelles ressources parle-t-on ?
« Tous les jours de sa vie, elle travaille à son bonheur, jamais elle ne lui cause de peine. »
C’est merveilleux.
« Elle se procure de la laine et du lin, et accomplit sa besogne d’une main diligente. »
« Il fait encore nuit qu’elle est déjà debout, distribuant des vivres à sa maison, des rations à ses servantes. »
Jusque-là, avez-vous vu quelque chose de particulier, entre nous ?
« Sa lampe ne s’éteint pas la nuit. »
« Ses mains saisissent le rouet, ses doigts manient le fuseau. »
Merveilleux, l’art du tricot.
« Elle ouvre sa main au pauvre et tend les bras au nécessiteux. »
« Son époux est considéré aux portes de la ville, quand il siège avec les anciens du pays. »
Aujourd’hui, ce sont les grands politiques.
« Elle confectionne des tissus qu’elle vend, et des ceintures qu’elle cède au marchand. »
Bon, la voici plongée dans la mercerie.
« Parée de force et de dignité, elle pense en souriant à l’avenir. »
« Elle ouvre la bouche avec sagesse, et des leçons empreintes de bonté sont sur ses lèvres. »
C’est déjà mieux, hein.
« Elle dirige avec vigilance la marche de sa maison, et jamais ne mange le pain de l’oisiveté. »
« Ses fils se lèvent pour la proclamer heureuse, son époux pour faire son éloge. »
L’éloge de quoi ?
De tout ce qu’elle a fait dans la maison, hein.
Elle a bien préparé sa pâte, elle a bien préparé sa cuisine, elle a tissé, elle a été au travail, elle a rapporté un bon chèque.
« Bien des femmes se sont montrées vaillantes, tu leur es supérieure à toutes. »
« Mensonge que la grâce, vanité que la beauté : la femme qui craint l’Éternel est seule digne de louange. »
« Rendez-lui hommage pour le fruit de ses mains, et que ses œuvres disent son éloge. »
Rien de licite ni d’interdit : seulement le hessed
Bon, avez-vous trouvé quelque chose de transcendant dans ce texte de la femme vertueuse, de la femme moderne, disons-le ?
Alors, si j’ai commencé par vous parler de Ruth, qui seule a été qualifiée d’Echet Hayil, on se demande où est le rapport.
Je m’attendais à ce qu’on me dise que vraiment, c’est une femme qui observe son Chabbat comme il faut, qui fait très attention aux règles de la cacherout, qui fait le tri de tout ce qui est permis et de ce qui est interdit.
Or vient […] et nous dit, à propos du récit de Ruth, qu’il n’y a rien là qui soit licite ou interdit.
Il n’y a pas de règle, il n’y a rien qui relève du pur et de l’impur.
Toute cette meguila n’a été écrite que pour la guemilout hassadim.
La Torah ne nous a légué tout ce récit de Ruth que pour dire combien est grande la vertu de la pratique de la bonté.
Ils ne l’ont pas dit dans un langage chrétien, la pratique de la bonté, mais bien le don de soi, parce que cela, c’est le hessed : le don de soi.
Et ce don de soi, Ruth l’a incarné.
Et l’Echet Hayil, c’est cela qui va la caractériser : le fait que tout ce qu’elle fait, elle le projette déjà sur son mari, sur ses enfants.
Ce n’est pas elle qui est au centre de ses propres préoccupations.
C’est l’autre.
C’est en premier lieu son homme, ses enfants.
La femme zeriza
Or nos Hakhamim ont cherché tout de même à trouver une relation, un lien, entre le récit de Ruth, ou les qualités évoquées dans Ruth, et leur mise en exergue dans l’Echet Hayil.
C’est vrai que l’Echet Hayil, telle qu’elle est rapportée ici dans Ruth, c’est d’abord une femme zeriza.
Le zayin : faire les choses avec zerizout, avec zèle.
C’est aussi la traduction par excellence de l’Echet Hayil : la femme zeriza dans tout ce qu’elle entreprend, celle qui a le sens de la perfection.
Mais cette perfection n’est pas une perfection extérieure.
C’est d’abord et avant tout une perfection qui respire une profondeur d’être.
Il n’y a de sainteté qu’en communauté
Et dans Ruth, vous savez que Naomi, sa belle-mère, lorsqu’elle revient des champs de Moab, lorsqu’elle revient des champs de l’exil, de cet exil où la famine a constitué une épreuve déterminante…
Et aujourd’hui encore, il y a beaucoup de personnes qui s’exilent pour leur parnassa.
Mais il n’y a pas que la parnassa qui soit source de l’exil, et les conséquences de cette recherche de la parnassa, il faudrait les mesurer, quand on a la possibilité d’évoluer dans un milieu qui nous offre, qui nous garantit l’éducation des enfants, la plénitude de soi dont nous avons parlé, celle de son foyer, de sa société, de sa communauté.
Parce qu’une vie juive ne se pratique pas, pardon, dans la solitude d’être.
Ce n’est pas possible.
On n’est juif qu’en communauté.
C’est là que se vit intensément notre appartenance à la communauté juive, parce qu’il n’y a de sainteté qu’en communauté.
La notion de sainteté individuelle n’existe pas.
« Kedochim tihiyou » : vous serez les hommes de la sainteté.
C’est dans ce pluriel que l’on accède à ce niveau suprême de la sainteté.
Or, qu’est-ce que la sainteté ?
La sainteté, c’est l’appartenance à l’ensemble, dans un sens de responsabilité accru de l’un pour l’autre.
L’inverse de la sainteté, l’inverse du kadoch, […], c’est déjà une solitude où l’homme ne voit que ce qui peut lui procurer du plaisir, ce qui peut répondre à son ego, dans la pratique même de la religion.
La pratique de la religion ne constitue pas une carapace pour l’être, n’est-ce pas.
On peut être naval, on peut être corrompu sous le couvert de la Torah.
Cela ne veut absolument rien dire.
C’est la nevala.
Notre judaïsme, notre engagement juif se jauge dans l’ensemble d’une communauté.
Et l’Echet Hayil a effectivement ce sens-là.
En quoi ?
Naomi et sa bru
Vous savez que Naomi a essayé de dissuader sa bru de la suivre, quand elle a voulu entreprendre son retour à la terre d’Israël, n’est-ce pas.
Elle lui a dit : « Ce n’est pas la peine. Tu vas venir là-bas, tu ne vas pas être intégrée, on va te regarder de travers.
Moi-même, je vais être mal jugée, déjà que j’ai abandonné la communauté alors que j’avais les moyens de la servir et de l’aider.
Je n’ai pensé qu’à moi-même et je me suis séparée de cette communauté.
Alors maintenant, tu n’as qu’à rester chez toi. Tu peux être bien.
Tu peux être […] tout en restant à l’extérieur du peuple juif. »
Être juif sans remplir les engagements, alors pourquoi effectivement t’astreindre ?
Et les autres ne sont pas des crapules.
Ce n’est pas parce qu’ils ne sont pas juifs que, ’has vechalom, l’autre serait indigne de la vie, qu’il ne mériterait pas ceci ou cela, comme certains les considèrent.
Ce sont des créatures de D’, et tu es en train de cracher dessus.
Non : ils ont cette loi, ils peuvent très bien se réaliser au travers de cette loi et être considérés comme les justes des nations.
Alors, cette possibilité, qu’est-ce qui vaut mieux ?
C’est le discours que tient Naomi à sa bru.
Sa bru lui dit : il est inutile de chercher à me convaincre.
Ce n’est pas un mariage de raison que je fais avec toi.
Si je te suis, c’est mon cœur qui suit.
Et bien sûr que le judaïsme est une montagne pour moi, comme il l’a été pour Abraham.
Abraham, lui, a gravi la montagne. C’est une montagne.
Mais elle était en train de déployer des efforts pour y parvenir.
Ce n’est pas : non, c’est trop dur, je ne peux pas y arriver.
Non. C’est vrai, c’est dur.
Mais chaque jour, je vais essayer de me travailler un petit peu, je vais avancer un petit peu.
Quand Naomi a entendu ce mot, qu’elle faisait des efforts pour aller de l’avant, elle ne lui a plus parlé : elle l’a acceptée dans ses rangs.
Un juif, c’est […].
Elle ceint ses reins de force
Et l’Echet Hayil, quelle est sa particularité première ?
Elle ceint ses reins de force, elle fortifie ses bras.
Mais elle n’a pas une force herculéenne.
Ses bras sont les bras du féminin.
C’est un fait que ces belles natures sont fragiles.
Il ne faut pas leur demander de faire du transport ou autre chose.
Non, ce n’est pas leur nature.
Mais elle va, avec zerizout, se donner la force, se donner la force dans les bras.
Cela, c’est un premier point.
Mais je vois que l’heure approche.
Je finirai ce cours la prochaine fois, si vous voulez, et je vous laisse là-dessus.
Sachez donc […].
Une étude du Rav Raphaël Benizri. Voir aussi tous les cours sur Chavouot.
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