Le mois d’Omer

par le Rav Raphaël Benizri
Gerbe de blé évoquant la moisson de Chavouot
Flammes évoquant l'incendie du Temple de Jérusalem
Rav Raphaël Benizri donnant son cours sur le mois de l’Omer et la Sefirat HaOmer

Le mois de l’Omer : compter pour se compter
Pourquoi les disciples de Rabbi Akiva sont morts, ce que mesure vraiment le Omer, et l’arithmétique du « lev tov » qui mène à Lag BaOmer. Voir le cours et sa transcription →

Rav Raphaël Benizri donnant son cours sur Lag BaOmer et l’enseignement de Rabbi Chimon bar Yohaï

Lag BaOmer : les feux et la lumière du Zohar
La hilloula de Rabbi Chimon bar Yohaï, l’origine du feu depuis le Brit ben habetarim, et ce que le Zohar ajoute à la Torah de Rabbi Akiva. Voir le cours et sa transcription →

Entre Pessah et Chavouot, on compte. Chaque soir, à voix haute, on énonce le jour où l’on se trouve : premier jour, deuxième jour, et ainsi jusqu’à quarante-neuf. C’est l’une des pratiques les plus simples de la tradition, et l’une des plus étranges — car on ne compte rien d’autre que le temps qui passe.

Compter vers, non compter à rebours

On ne décompte pas les jours restants comme on attendrait des vacances. On compte les jours accomplis. La différence est significative : le décompte à rebours vide le temps de son contenu, la numération à l’endroit lui en donne un. Chaque jour ajoute quelque chose au lieu de rapprocher d’une échéance.

Sept semaines de sept jours

Le trajet n’est pas linéaire : il est structuré en sept semaines de sept jours. La tradition kabbalistique associe à chaque semaine une qualité — la bonté, la rigueur, l’harmonie, la persévérance, l’humilité, le lien, la royauté — et à chaque jour la combinaison de deux d’entre elles.

On obtient ainsi quarante-neuf nuances de caractère à examiner une par une. C’est un travail méthodique sur soi, sans exaltation, qui suppose qu’aucune qualité n’est bonne à l’état pur : la bonté sans rigueur devient de la complaisance, la rigueur sans bonté devient de la dureté.

Un temps de retenue

Une partie de cette période est marquée par des usages de deuil, en mémoire des disciples de Rabbi Akiva, dont la tradition dit qu’ils moururent pour n’avoir pas su se respecter les uns les autres. Le rapprochement est frappant : dans le trajet qui mène à la réception de la Torah, on se souvient de ceux qui savaient tout et qui ont manqué l’essentiel.

C’est peut-être le sens de ces quarante-neuf jours. Il ne suffit pas d’avoir été libéré, et il ne suffit pas de savoir. Il faut aussi devenir quelqu’un à qui l’on peut confier quelque chose.

À poursuivre

Pessah, d’où part le décompte, et Chavouot, où il s’achève.