Un juif pratiquant ne porte pas un fruit à sa bouche sans avoir dit quelques mots, et il ne quitte pas la table, après un repas de pain, sans une longue action de grâces. Ces mots, ce sont les bénédictions, les berakhot ; cette action de grâces, c’est le Birkat Hamazon, la « bénédiction de la nourriture ». D’où viennent-elles ? Que dit la Torah, que disent le Talmud, Maïmonide et le Choulhan Aroukh ? Quelles sont les règles, les usages, les raisons ? Cet article répond en distinguant ce qui relève de la Torah écrite, de la décision des Sages (halakha), de la lecture morale et mystique, et de l’histoire.

La réponse en bref

Une berakha est une formule de louange qui commence par « Béni sois-Tu, Éternel, notre D’, Roi du monde » et que l’on dit avant de jouir d’une chose, avant d’accomplir une mitsva, ou pour remercier d’un événement. La Torah ne prescrit explicitement qu’une seule bénédiction à propos de la nourriture : celle d’après le repas, « tu mangeras, tu seras rassasié et tu béniras l’Éternel » (Devarim 8, 10), c’est-à-dire le Birkat Hamazon, composé de quatre bénédictions. Les bénédictions d’avant de manger, et celles d’après les aliments plus légers, sont l’œuvre des Sages, qui ont fondé en raison une règle simple : il est interdit de jouir de ce monde sans bénir. On les dit en hébreu ou dans une langue que l’on comprend, de manière brève, parfois en commun.

Qu’est-ce qu’une berakha ?

Le mot berakha signifie « bénédiction » ; le verbe lévarekh, « bénir ». Dans le judaïsme, bénir D’ ne veut pas dire Lui donner quelque chose : c’est Le reconnaître comme la source de ce qui nous est donné. Presque toutes les formules suivent le même cadre : Baroukh ata Hachem Elokénou mélekh haolam, « Béni sois-Tu, Éternel, notre D’, Roi du monde », puis la raison propre à la circonstance : « qui crée le fruit de l’arbre », « qui nous a sanctifiés par Ses commandements », etc.

Maïmonide distingue trois familles de bénédictions (Rambam, Michné Torah, Hilkhot Berakhot 1, 1-3) :

  • les bénédictions de jouissance (birkot hanéhénin) : avant de manger, de boire ou de sentir un parfum ;
  • les bénédictions de mitsva (birkot hamitsvot) : avant d’accomplir un commandement (allumer les lumières, mettre les téfilines, se laver les mains…) ;
  • les bénédictions de louange et de demande : pour un événement qui survient (un éclair, une bonne nouvelle), « afin de nous souvenir toujours du Créateur, même si nous n’avons pas joui de quelque chose ni accompli de mitsva » (Hilkhot Berakhot 1, 3).

Les Sages ont ainsi fait de la journée juive un tissu de bénédictions. Rabbi Méir enseigne que « l’homme est tenu de dire cent bénédictions chaque jour », en lisant « et maintenant, Israël, que (ma) demande de toi l’Éternel ton D’ » comme « cent (méa) » (Menahot 43b ; Devarim 10, 12). C’est une lecture de la Aggada (homilétique) plus qu’un décret, mais la pratique des cent bénédictions, des prières de la journée aux bénédictions des repas, en est issue.

« Rabbi Méir disait : l’homme est tenu de dire cent bénédictions chaque jour, car il est écrit : “Et maintenant, Israël, que demande de toi l’Éternel ton D’” (…). »

(Menahot 43b) — רַבִּי מֵאִיר אוֹמֵר: חַיָּיב אָדָם לְבָרֵךְ מֵאָה בְּרָכוֹת בְּכׇל יוֹם, שֶׁנֶּאֱמַר: ״וְעַתָּה יִשְׂרָאֵל מָה ה׳ אֱלֹהֶיךָ שֹׁאֵל מֵעִמָּךְ״.

Pourquoi bénir ? Le monde n’est pas à nous

Le Talmud pose la question à propos de la nourriture et donne une réponse qui est restée une pierre angulaire : « Il est interdit à l’homme de jouir de ce monde sans bénédiction. » La Guemara cherche d’abord un verset pour fonder la bénédiction d’avant de manger. Elle essaie plusieurs lectures, les écarte une à une, et finit par poser : « c’est un raisonnement » (sévara hou). Le principe est ensuite repris par la baraïta (enseignement des Sages de la Michna) :

« Les Sages ont enseigné : il est interdit à l’homme de jouir de ce monde sans bénédiction ; et quiconque jouit de ce monde sans bénédiction a commis une méila (un détournement de bien sacré). »

(Berakhot 35a) — תָּנוּ רַבָּנַן: אָסוּר לוֹ לָאָדָם שֶׁיֵּהָנֶה מִן הָעוֹלָם הַזֶּה בְּלֹא בְּרָכָה. וְכׇל הַנֶּהֱנֶה מִן הָעוֹלָם הַזֶּה בְּלֹא בְּרָכָה מָעַל.

Pourquoi un « détournement » ? Parce que, selon Rav Yehouda au nom de Chmouël, « quiconque jouit de ce monde sans bénédiction, c’est comme s’il jouissait des choses consacrées au ciel », car il est écrit : « À l’Éternel appartiennent la terre et ce qu’elle contient » (Tehilim 24, 1). Mais Rabbi Lévi relève une contradiction avec un autre verset : « Le ciel est le ciel de l’Éternel, mais la terre, Il l’a donnée aux fils de l’homme » (Tehilim 115, 16). Et il répond : « Ce n’est pas une difficulté : ici, avant la bénédiction ; là, après la bénédiction » (Berakhot 35a-35b).

« Rav Yehouda a dit au nom de Chmouël : quiconque jouit de ce monde sans bénédiction, c’est comme s’il jouissait des choses consacrées au ciel, car il est écrit : “À l’Éternel appartiennent la terre et ce qu’elle contient”. Rabbi Lévi a opposé : il est écrit “À l’Éternel appartiennent la terre et ce qu’elle contient”, et il est écrit “Le ciel est le ciel de l’Éternel, et la terre Il l’a donnée aux fils de l’homme”. Ce n’est pas une difficulté : ici, avant la bénédiction, là, après la bénédiction. »

(Berakhot 35a-35b) — אָמַר רַב יְהוּדָה אָמַר שְׁמוּאֵל: כׇּל הַנֶּהֱנֶה מִן הָעוֹלָם הַזֶּה בְּלֹא בְּרָכָה כְּאִילּוּ נֶהֱנָה מִקׇּדְשֵׁי שָׁמַיִם, שֶׁנֶּאֱמַר: ״לַה׳ הָאָרֶץ וּמְלוֹאָהּ״. רַבִּי לֵוִי רָמֵי: כְּתִיב ״לַה׳ הָאָרֶץ וּמְלוֹאָהּ״, וּכְתִיב ״הַשָּׁמַיִם שָׁמַיִם לַה׳ וְהָאָרֶץ נָתַן לִבְנֵי אָדָם״! לָא קַשְׁיָא כָּאן קוֹדֶם בְּרָכָה. כָּאן לְאַחַר בְּרָכָה.

La bénédiction est donc ce qui fait passer la nourriture du monde appartenant à D’ à la table de l’homme : par la parole, je reconnais que ce que je mange m’est donné. Rabbi Hanina bar Papa va plus loin : « quiconque jouit de ce monde sans bénédiction, c’est comme s’il volait le Saint, béni soit-Il, et la communauté d’Israël », en lisant le verset des Proverbes sur « celui qui vole son père et sa mère » (Michlei 28, 24) : le père, c’est D’ ; la mère, la communauté d’Israël (Berakhot 35b).

« Rabbi Hanina bar Papa a dit : quiconque jouit de ce monde sans bénédiction, c’est comme s’il volait le Saint, béni soit-Il, et la communauté d’Israël. »

(Berakhot 35b) — אָמַר רַבִּי חֲנִינָא בַּר פָּפָּא: כׇּל הַנֶּהֱנֶה מִן הָעוֹלָם הַזֶּה בְּלֹא בְּרָכָה כְּאִילּוּ גּוֹזֵל לְהַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא וּכְנֶסֶת יִשְׂרָאֵל,

Ces formules sont des drachot : elles dramatisent volontairement. Maïmonide en tire la règle sobre : « Celui qui jouit sans bénédiction a commis une méila » ; il faut donc bénir « avant de jouir » même d’une petite quantité (Hilkhot Berakhot 1, 2).

Torah ou Sages ? Une distinction importante

Il faut distinguer deux niveaux. Selon Rambam, la seule bénédiction de la nourriture qui soit une mitsva de la Torah est celle d’après le repas, et seulement quand on est rassasié, d’après Devarim 8, 10 ; avant de manger, comme après un en-cas, c’est une institution des Sages (Hilkhot Berakhot 1, 1-2 ; Berakhot 21a). Le Sefer Ha-’Hinoukh (mitsva 430) retient aussi cette mitsva : bénir D’ après avoir mangé de pain ou des sept espèces et s’être rassasié. Pour le Rambam, la bénédiction d’avant de manger est de la parole des Sages, mais fondée sur l’une des règles d’interprétation de la Torah ; les Tossafot estiment qu’elle est d’origine rabbinique (voir le commentaire de l’édition Touger sur Hilkhot Berakhot 1, 2). Dans les deux cas, la règle n’a rien d’arbitraire.

Le Rav Benizri le rappelle dans un cours sur le séder : « l’unique bénédiction imposée par la Torah, le Birkat Hamazon, ne concerne que le repas de pain » (voir plus bas).

Avant de manger : la bénédiction de chaque aliment

La Michna donne la règle de base dès le début du sixième chapitre de Berakhot :

« Comment bénit-on sur les fruits ? Sur les fruits de l’arbre, on dit boré péri haêts (“qui crée le fruit de l’arbre”), sauf sur le vin, sur lequel on dit boré péri haguéfen (“qui crée le fruit de la vigne”). Sur les fruits de la terre, on dit boré péri haadama, sauf sur le pain, sur lequel on dit hamotsi lé’hem min haarets (“qui fait sortir le pain de la terre”). Sur les légumes, on dit boré péri haadama. »

(Michna Berakhot 6, 1) — כֵּיצַד מְבָרְכִין עַל הַפֵּרוֹת. עַל פֵּרוֹת הָאִילָן אוֹמֵר, בּוֹרֵא פְּרִי הָעֵץ, חוּץ מִן הַיַּיִן, שֶׁעַל הַיַּיִן אוֹמֵר בּוֹרֵא פְּרִי הַגָּפֶן. וְעַל פֵּרוֹת הָאָרֶץ אוֹמֵר בּוֹרֵא פְּרִי הָאֲדָמָה, חוּץ מִן הַפַּת, שֶׁעַל הַפַּת הוּא אוֹמֵר הַמּוֹצִיא לֶחֶם מִן הָאָרֶץ. וְעַל הַיְרָקוֹת אוֹמֵר בּוֹרֵא פְּרִי הָאֲדָמָה.

Et la Michna poursuit : sur ce qui ne pousse pas de la terre (viande, lait, œufs, poisson), on dit chéhakol nihyé bidvaro, « par la parole de qui tout fut » (Michna Berakhot 6, 3 ; Choulhan Aroukh, Ora’h ’Haïm 204, 1). Les Sages ont ainsi établi une échelle : la bénédiction nomme l’origine de l’aliment. Pour le fruit de l’arbre et le vin, le Choulhan Aroukh reprend la règle (Ora’h ’Haïm 202, 1). Pour les produits faits à partir des cinq céréales (pâtisserie, gâteaux), on dit boré minei mezonot, « qui crée les sortes de nourriture », et, après, une bénédiction abrégée (Ora’h ’Haïm 168, 6) ; si l’on en mange en quantité suffisante pour en faire un repas, on dit Hamotsi et le Birkat Hamazon (ibid.).

En résumé :

  • Pain : Hamotsi (Michna Berakhot 6, 1), précédé du lavage des mains (voir Pourquoi les juifs se lavent-ils les mains ?).
  • Gâteaux, pâtes, céréales cuites : Boré minei mezonot.
  • Vin et jus de raisin : Boré péri haguéfen.
  • Fruits d’arbre : Boré péri haêts.
  • Fruits et légumes de la terre : Boré péri haadama.
  • Tout le reste (viande, poisson, œufs, produits laitiers, boissons) : Chéhakol nihyé bidvaro.

Une bénédiction pour la mitsva comme pour la nourriture

Rambam ajoute que, de même qu’on bénit avant de jouir, « on bénit avant chaque mitsva avant de l’accomplir » (Hilkhot Berakhot 1, 3). La journée juive est ainsi rythmée par ces formules, que l’on dit en hébreu ou dans une langue que l’on comprend (le Choulhan Aroukh dit que le Birkat Hamazon « se dit en toute langue », Ora’h ’Haïm 185, 1).

Ne pas bénir en vain

Il existe une limite : on ne prononce pas une bénédiction inutile, parce qu’elle consiste à prononcer le Nom pour rien. « Quiconque dit une bénédiction non nécessaire porte en vain le Nom du Ciel, et c’est comme s’il faisait un faux serment ; il est interdit de répondre amen après lui » (Choulhan Aroukh, Ora’h ’Haïm 215, 4 ; Rambam, Hilkhot Berakhot 1, 15). La formule fait écho au Décalogue : « Tu ne porteras pas le nom de l’Éternel ton D’ en vain » (Chemot 20, 7). C’est pourquoi, en cas de doute, on consulte un rabbin plutôt que de bénir au hasard.

Répondre amen

Quand on entend un juif dire une bénédiction, on répond amen, même sans avoir entendu la bénédiction entière (Choulhan Aroukh, Ora’h ’Haïm 215, 2). Le Talmud rapporte l’avis de Rabbi Yossi : « Celui qui répond amen est plus grand que celui qui bénit » (Berakhot 53b). La bénédiction est donc aussi un acte collectif : le amen est la signature des autres.

Le pain et la table

Le pain tient, dans cette échelle, un rang à part : il est le seul aliment qui exige à la fois le lavage des mains, la bénédiction Hamotsi et, après le repas, le Birkat Hamazon (Choulhan Aroukh, Ora’h ’Haïm 158, 1 ; 167 ; 168). Le Choulhan Aroukh décrit comment on coupe le pain : on n’en prend ni un morceau trop petit, qui ferait avare, ni un morceau plus gros qu’un œuf, qui ferait glouton ; on laisse la tranche attachée au pain pendant la bénédiction (Ora’h ’Haïm 167, 1).

Le Rema ajoute un usage qui montre comment la table est comprise : « C’est une mitsva d’apporter du sel sur chaque table avant de rompre le pain, car la table est comparable à l’autel, et le repas au sacrifice, et il est dit : “sur toutes tes offrandes tu offriras du sel” » (Ora’h ’Haïm 167, 5, citant le Beit Yossef, au nom du Chibolei Haléqet).

« Il est mitsva d’apporter du sel sur chaque table avant de rompre le pain, car la table est comparable à l’autel, et le repas au sacrifice, et il est dit : “sur toutes tes offrandes tu offriras du sel”. »

(Rema, Choulhan Aroukh, Ora’h ’Haïm 167, 5) — הגה ומ »מ מצוה להביא על כל שלחן מלח קודם שיבצוע כי השלחן דומה למזבח והאכיל’ לקרבן ונא’ על כל קרבנך תקריב מלח

Cette lecture s’appuie sur une sentence du Talmud : « Tant que le Temple existait, l’autel apportait l’expiation à Israël ; maintenant, la table de l’homme lui apporte l’expiation » (Berakhot 55a), où l’on rapproche deux versets d’Ézéchiel sur l’autel et sur « la table qui est devant l’Éternel » (Yehezkel 41, 22). On relie souvent à cette comparaison l’usage de couvrir le couteau au moment du Birkat Hamazon (Ora’h ’Haïm 180, 5, usage que l’on ne suit pas le Chabbat et les fêtes) ; les commentateurs donnent des raisons variées.

Les Sages en tirent aussi une leçon morale. Dans les Pirké Avot, Rabbi Chimon enseigne : « Trois qui ont mangé à une même table sans y avoir dit de paroles de Torah, c’est comme s’ils avaient mangé des sacrifices des morts ; mais trois qui ont mangé à une même table et y ont dit des paroles de Torah, c’est comme s’ils avaient mangé à la table du Lieu (D’), béni soit-Il » (Avot 3, 3).

« Rabbi Chimon dit : trois qui ont mangé à une même table et y ont dit des paroles de Torah, c’est comme s’ils avaient mangé à la table du Lieu, béni soit-Il. »

(Pirké Avot 3, 3) — אֲבָל שְׁלשָׁה שֶׁאָכְלוּ עַל שֻׁלְחָן אֶחָד וְאָמְרוּ עָלָיו דִּבְרֵי תוֹרָה, כְּאִלּוּ אָכְלוּ מִשֻּׁלְחָנוֹ שֶׁל מָקוֹם בָּרוּךְ הוּא, שֶׁנֶּאֱמַר (יחזקאל מא) וַיְדַבֵּר אֵלַי זֶה הַשֻּׁלְחָן אֲשֶׁר לִפְנֵי ה‘:

Table après le repas : pain sur un plat, petit bol de sel, livre ouvert et bougie, éclairage tamisé en noir et blanc

Le Birkat Hamazon : d’un verset à quatre bénédictions

Le verset

Le point de départ est un verset de la Torah. Moché parle au peuple, avant l’entrée en Terre promise, de la richesse du pays : froment, orge, vigne, figuier, grenadier, olivier, miel (les « sept espèces »). Puis il conclut :

« Tu mangeras, tu seras rassasié, et tu béniras l’Éternel ton D’ pour le bon pays qu’Il t’a donné. »

(Devarim 8, 10) — וְאָכַלְתָּ וְשָׂבָעְתָּ וּבֵרַכְתָּ אֶת־יְהֹוָה אֱלֹהֶיךָ עַל־הָאָרֶץ הַטֹּבָה אֲשֶׁר נָתַן־לָךְ׃

Le Talmud en tire la mitsva du Birkat Hamazon : « Rav Yehouda dit : d’où tient-on le Birkat Hamazon après le repas, selon la Torah ? De “tu mangeras, tu seras rassasié et tu béniras” » (Berakhot 21a). Rambam la compte comme une mitsva positive de la Torah (Hilkhot Berakhot 1, 1 ; Sefer Hamitsvot, mitsva positive 19, qui cite aussi la Tossefta, Berakhot 6, 1), et le Sefer Ha-’Hinoukh la place au rang 430.

Le verset introduit aussi une nuance : la Torah ne demande de bénir que lorsqu’on est rassasié. Les Sages ont ajouté, par décret, de bénir même après un simple « olive » (kazaït) de pain. Le Talmud (Berakhot 20b) en tire une belle homélie : les anges objectent devant D’ qu’Il « fait acception de personnes » en faveur d’Israël, alors qu’Il a écrit « qui ne fait pas acception de personnes ». D’ répond que c’est Lui qui l’a écrit : Israël se montre exigeant envers lui-même, jusqu’à un kazaït et jusqu’à un œuf, là où la Torah n’exige que le rassasiement.

« Les anges de service dirent devant le Saint, béni soit-Il : Maître du monde, il est écrit dans Ta Torah “qui ne fait pas acception de personnes”, et Tu fais acception d’Israël ! Il leur dit : comment ne ferais-Je pas acception d’Israël, Moi qui leur ai écrit dans la Torah “tu mangeras, tu seras rassasié et tu béniras”, et ils sont exigeants envers eux-mêmes jusqu’à un kazaït et jusqu’à un œuf ? »

(Berakhot 20b) — אָמְרוּ מַלְאֲכֵי הַשָּׁרֵת לִפְנֵי הַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא: רִבּוֹנוֹ שֶׁל עוֹלָם, כָּתוּב בְּתוֹרָתֶךָ ״אֲשֶׁר לֹא יִשָּׂא פָנִים וְלֹא יִקַּח שֹׁחַד״, וַהֲלֹא אַתָּה נוֹשֵׂא פָּנִים לְיִשְׂרָאֵל, דִּכְתִיב: ״יִשָּׂא ה׳ פָּנָיו אֵלֶיךָ״?! אָמַר לָהֶם: וְכִי לֹא אֶשָּׂא פָּנִים לְיִשְׂרָאֵל, שֶׁכָּתַבְתִּי לָהֶם בַּתּוֹרָה ״וְאָכַלְתָּ וְשָׂבָעְתָּ וּבֵרַכְתָּ אֶת ה׳ אֱלֹהֶיךָ״, וְהֵם מְדַקְדְּקִים [עַל] עַצְמָם עַד כְּזַיִת וְעַד כְּבֵיצָה.

Les quatre bénédictions et leurs auteurs

Le Birkat Hamazon est composé de quatre bénédictions. Le Talmud donne leur histoire :

« Rav Na’hman a dit : Moché a institué pour Israël la bénédiction “Hazan” (“qui nourrit”) quand la manne est tombée pour eux. Yehoshoua leur a institué la bénédiction de la Terre quand ils sont entrés dans le pays. David et Chlomo ont institué “Boné Yérouchalayim” (“qui rebâtit Jérusalem”) : David a institué “sur Israël Ton peuple et sur Jérusalem Ta ville”, et Chlomo a institué “sur la maison grande et sainte”. “Hatov véhamétiv” (“qui est bon et qui fait du bien”), on l’a instituée à Yavné, en souvenir des tués de Betar. »

(Berakhot 48b) — אָמַר רַב נַחְמָן: מֹשֶׁה תִּקֵּן לְיִשְׂרָאֵל בִּרְכַּת ״הַזָּן״ בְּשָׁעָה שֶׁיָּרַד לָהֶם מָן. יְהוֹשֻׁעַ תִּקֵּן לָהֶם בִּרְכַּת הָאָרֶץ כֵּיוָן שֶׁנִּכְנְסוּ לָאָרֶץ. דָּוִד וּשְׁלֹמֹה תִּקְּנוּ ״בּוֹנֵה יְרוּשָׁלַיִם״. דָּוִד תִּקֵּן ״עַל יִשְׂרָאֵל עַמֶּךָ וְעַל יְרוּשָׁלַיִם עִירֶךָ״, וּשְׁלֹמֹה תִּקֵּן ״עַל הַבַּיִת הַגָּדוֹל וְהַקָּדוֹשׁ״. ״הַטּוֹב וְהַמֵּטִיב״ בְּיַבְנֶה תִּקְּנוּהָ כְּנֶגֶד הֲרוּגֵי בֵּיתָר. דְּאָמַר רַב מַתְנָא: אוֹתוֹ הַיּוֹם שֶׁנִּיתְּנוּ הֲרוּגֵי בֵּיתָר לִקְבוּרָה תִּקְנוּ בְּיַבְנֶה ״הַטּוֹב וְהַמֵּטִיב״. ״הַטּוֹב״ — שֶׁלֹּא הִסְרִיחוּ, ״וְהַמֵּטִיב״ — שֶׁנִּיתְּנוּ לִקְבוּרָה.

Rambam résume : « La première bénédiction, Moché Rabbénou l’a instituée ; la deuxième, Yehoshoua ; la troisième, David et Chlomo son fils ; la quatrième, les Sages de la Michna » (Hilkhot Berakhot 2, 1). Voici leur contenu :

1. Birkat Hazan : on remercie D’ qui nourrit le monde entier. Elle remonte, selon le Talmud, à la manne dans le désert (Berakhot 48b). 2. Birkat Haarets : on remercie pour la Terre d’Israël, pour l’alliance de la circoncision et pour la Torah. Le Talmud exige que l’on mentionne « une terre désirable, bonne et vaste », l’alliance (brit) et la Torah (Berakhot 48b-49a ; Rambam, Hilkhot Berakhot 2, 3). 3. Boné Yérouchalayim : on demande la reconstruction de Jérusalem et on y mentionne le règne de la maison de David (Berakhot 48b ; Choulhan Aroukh, Ora’h ’Haïm 187, 4). C’est la fin des bénédictions de la Torah : « après avoir conclu Boné Yérouchalayim, on répond amen après sa propre bénédiction, parce que c’est la fin des bénédictions de la Torah, la quatrième n’étant pas de la Torah » (Ora’h ’Haïm 188, 1). 4. Hatov véhamétiv : on loue D’ « bon qui fait du bien », avec une série de demandes (harahaman). Les Sages l’ont instituée à Yavné, en souvenir des tués de Betar, dont les corps n’avaient pas été corrompus et ont fini par être enterrés (Berakhot 48b).

Le texte se module selon les jours : le Chabbat et les fêtes, on ajoute des passages propres (Ora’h ’Haïm 188, 6) ; à Hanouka et Pourim, on dit Al hanissim, « pour les miracles » (Ora’h ’Haïm 187, 4, Rema).

La structure est donc à la fois une histoire d’Israël en quatre temps : le désert (la manne), l’entrée dans le pays, Jérusalem et le Temple, et enfin la mémoire des tués de Betar et la consolation. Chaque repas de pain est ainsi l’occasion de rappeler ce parcours ; cette lecture en quatre temps est celle du Talmud lui-même (Berakhot 48b).

Le zimoun : bénir ensemble

Quand trois hommes ont mangé ensemble, le Birkat Hamazon commence par une invitation (zimoun). La Michna : « Trois qui ont mangé ensemble sont tenus de faire le zimoun » (Michna Berakhot 7, 1) ; celui qui dirige dit : « Nous allons bénir » (et, à dix, ajoute le Nom : « Bénissons notre D’ ») (Michna Berakhot 7, 3).

« Trois qui ont mangé ensemble sont tenus de faire le zimoun. »

(Michna Berakhot 7, 1) — שְׁלשָׁה שֶׁאָכְלוּ כְאֶחָד, חַיָּבִין לְזַמֵּן.

Pour les femmes, la Michna pose : « Les femmes, les esclaves et les mineurs : on ne fait pas le zimoun sur eux » (Michna Berakhot 7, 2), c’est-à-dire qu’ils ne comptent pas dans le groupe qui oblige à faire le zimoun. Mais le Talmud précise que des femmes peuvent, entre elles, faire leur propre zimoun : trois femmes suffisent (Berakhot 45b). Le Choulhan Aroukh écrit que les femmes « font un zimoun entre elles à titre facultatif », et que, lorsqu’elles mangent avec des hommes, elles sont tenues de répondre et s’acquittent par le zimoun des hommes (Ora’h ’Haïm 199, 7). Les femmes sont, en tout cas, tenues du Birkat Hamazon lui-même : « les femmes, les esclaves et les mineurs sont tenus à la prière, à la mezouza et au Birkat Hamazon » (Michna Berakhot 3, 3 ; Berakhot 20b). Rambam note que, selon certains, leur obligation est de la Torah, et que, pour cette raison, elles ne peuvent pas acquitter les hommes (Hilkhot Berakhot 5, 1). C’est un des points où les avis diffèrent.

Comment on bénit : la coupe, la langue, le lieu

Le Choulhan Aroukh règle quelques points pratiques.

  • Le lieu : on bénit là où l’on a mangé, avant de quitter sa place (Ora’h ’Haïm 184, 1).
  • La langue : « le Birkat Hamazon peut se dire en toute langue » (Ora’h ’Haïm 185, 1).
  • La coupe : la « coupe de bénédiction » (kos chel berakha) doit être rincée à l’intérieur et à l’extérieur (Ora’h ’Haïm 183, 1) ; après le Birkat Hamazon, celui qui l’a dirigé dit boré péri haguéfen et boit (Ora’h ’Haïm 190, 1).
  • Les ouvriers : ceux qui travaillent pour un employeur abrègent traditionnellement le Birkat Hamazon, mais l’usage actuel est de le dire en entier (Rambam, Hilkhot Berakhot 2, 2 ; Ora’h ’Haïm 191, 1-2).

Avant le Birkat Hamazon, on se rince les doigts (mayim a’haronim), usage dont nous parlons dans l’article sur le lavage des mains.

Après les autres aliments : Al hamihya, Méèn chalosh

Pour ce qui n’est pas un repas de pain, il y a une bénédiction d’après plus courte. La Michna rapporte une discussion : après avoir mangé des figues, des raisins et des grenades, Rabban Gamliel dit les trois bénédictions du Birkat Hamazon, mais les Sages disent « une seule bénédiction qui résume les trois » (méèn chalosh) ; Rabbi Akiva dit que même des légumes cuits, s’ils sont la nourriture principale, appellent les trois bénédictions (Michna Berakhot 6, 8). Le Choulhan Aroukh pose que, après les cinq fruits (raisin, figue, grenade, olive, datte), on dit une bénédiction unique qui résume les trois, méèn chalosh (Ora’h ’Haïm 208, 1) ; après les plats cuits à base des cinq céréales, la conclusion est Al hamihya (Ora’h ’Haïm 208, 2).

Un peu d’histoire

Dans la tradition. Le Talmud attribue les quatre bénédictions à Moché, Yehoshoua, David et Chlomo, puis à Yavné, après la défaite de Betar (135 de l’ère courante) (Berakhot 48b) : une généalogie religieuse, où chaque grande étape (désert, conquête, royauté, destruction) donne un thème au texte.

Les parallèles anciens. Une prière « après avoir été rassasiés », au chapitre 10 de la Didaché, texte chrétien très ancien (Ier-IIe siècle), a été rapprochée du Birkat Hamazon : on y remercie pour la nourriture puis on supplie pour l’assemblée. Louis Finkelstein y a vu une adaptation du Birkat Hamazon (« The Birkat Ha-Mazon », Jewish Quarterly Review 19, 1928-1929), thèse discutée mais fréquemment citée. Pour l’histoire du texte lui-même, voir Ismar Elbogen, Jewish Liturgy: A Comprehensive History, JPS, 1993.

Variantes. Il existe plusieurs textes du Birkat Hamazon : l’ashkénaze, le séfarade, le yéménite, l’italien. Ils suivent la même structure en quatre bénédictions mais diffèrent par le détail des mots et des « harahaman ». Le Choulhan Aroukh refuse déjà l’ajout de certaines formules (« celui qui ajoute diminue », Ora’h ’Haïm 187, 1).

Les lectures spirituelles

La halakha dit comment bénir ; la tradition morale et mystique dit pourquoi.

Lecture morale. Les bénédictions combattent l’ingratitude : manger est un acte biologique, mais le judaïsme y met un mot. Le Talmud est net : sans bénédiction, c’est du détournement (Berakhot 35a), voire du vol (Berakhot 35b). Avec elle, la table devient le lieu d’une mémoire : la manne, la terre, Jérusalem, Betar.

Lecture « autel » et lecture de la Torah à table. La table est une sorte d’autel qui subsiste après la destruction du Temple (Berakhot 55a ; Rema, Ora’h ’Haïm 167, 5), et le repas devient « table du Lieu » quand on y dit des paroles de Torah (Avot 3, 3).

Ce qu’enseigne le Rav Raphaël Benizri

Le Rav Benizri a consacré aux bénédictions un livre, Les Arômes d’une bénédiction, dont le site publie une présentation. Il explore « un aspect central mais souvent négligé de la vie juive : les bénédictions, en particulier celles liées à l’alimentation ». Selon cette présentation, l’idée forte du livre est que « manger n’est pas un simple besoin biologique, mais un acte chargé de sens spirituel » : chaque aliment est précédé d’une bénédiction qui rappelle que tout provient de D’, mais la répétition peut engendrer « une forme d’oubli intérieur ». Le livre cherche à redonner « du parfum » aux bénédictions, à lutter contre la routine, à critiquer la course excessive aux besoins matériels, et il accompagne le lecteur dans les lois des bénédictions alimentaires, leur ordre, leur signification et les intentions à y associer. Voir la présentation : Les Arômes d’une bénédiction ; voir aussi la page des livres du Rav.

Dans le cours « Les quatre questions du Ma Nichtana », le Rav relie la nourriture à l’origine : « L’unique commandement donné à Adam portait sur la nourriture. Non pas la bénédiction de croître et de multiplier, mais l’ordre : de tous les arbres tu mangeras, sauf de celui de la connaissance du bien et du mal. Et l’unique bénédiction imposée par la Torah, le Birkat HaMazon, ne concerne que le repas de pain. » Il ajoute que manger du pain, c’est « restituer un monde » : la terre a produit la plante, la plante a nourri l’animal, l’animal a nourri l’homme, et l’homme restitue le tout, par son esprit, à la source de la création. La même page note que la matsa et le maror sont, eux aussi, « dignes d’une bénédiction » : « les peines que nous nous donnons valent une bénédiction, à condition d’en tirer le message ». Voir le cours : Pessah : les quatre questions du Ma Nichtana.

Enfin, dans le cours sur « le mystère du chiffre quatre », il range les quatre bénédictions du Birkat HaMazon parmi les « quatuors » de la soirée de Pessah, avec la bénédiction « qui ôte au pain la malédiction du “à la sueur de ton front” ». Voir le cours : Pessah : le mystère du chiffre quatre.

(Les passages ci-dessus sont tirés des textes de présentation et des résumés publiés avec ces cours ; nous ne leur ajoutons rien.)

Divergences d’usage

  • Textes : plusieurs versions du Birkat Hamazon (ashkénaze, séfarade, yéménite, italienne) ; on suit le livre de prières de sa communauté.
  • Le zimoun des femmes : le Choulhan Aroukh parle d’une faculté (Ora’h ’Haïm 199, 7) ; les usages varient d’une communauté à l’autre.
  • Le couteau : on le couvre pendant le Birkat Hamazon, sauf le Chabbat et les jours de fête (Ora’h ’Haïm 180, 5).
  • Le sel : usage cité dans la glose du Rema (Ora’h ’Haïm 167, 5), l’autorité des communautés ashkénazes ; chaque communauté suit ses propres usages.

Idées reçues sur les bénédictions

« Bénir, c’est prier pour obtenir quelque chose »

Non. La berakha est avant tout une reconnaissance : on remercie, on loue, on se souvient (Rambam, Hilkhot Berakhot 1, 3). Les demandes ont leur place dans la prière, mais la berakha de nourriture est une louange.

« Les bénédictions sont de la magie »

Non plus. Le Talmud parle de « méila », de détournement, au sens juridique et moral du mot : ce qui est mal, c’est de jouir de ce qui ne nous appartient pas en omettant de le reconnaître. Les formules n’agissent pas sur l’aliment, mais sur celui qui mange.

« Il faut tout dire en hébreu »

Non. Le Choulhan Aroukh dit que le Birkat Hamazon peut se dire en toute langue (Ora’h ’Haïm 185, 1). Il vaut toutefois mieux comprendre ce que l’on dit : c’est même la raison pour laquelle de nombreux livres de prières donnent une traduction.

« Les femmes ne disent pas le Birkat Hamazon »

Faux. La Michna dit qu’elles y sont tenues (Michna Berakhot 3, 3 ; Berakhot 20b), tout en discutant la nature de leur obligation (Rambam, Hilkhot Berakhot 5, 1).

« On bénit seulement avant de manger »

Non. Les bénédictions d’avant existent, mais la seule que la Torah prescrit est celle d’après le repas (Devarim 8, 10). Pour les situations particulières (repas mélangés, ordre des aliments), on consultera un rabbin.

Questions fréquentes sur les bénédictions et le Birkat Hamazon

Quelle est la différence entre « Hamotsi » et « Boré minei mezonot » ?

Hamotsi se dit sur le pain, et il entraîne le Birkat Hamazon à la fin du repas. Boré minei mezonot se dit sur les produits à base de céréales qui ne sont pas du pain à proprement parler (gâteaux, biscuits). Si l’on mange de ces produits en quantité assez grande pour en faire un repas, la règle change (Ora’h ’Haïm 168, 6).

Pourquoi quatre bénédictions ?

Parce que le Talmud en fait quatre étapes d’une histoire : la manne (Moché), la Terre (Yehoshoua), Jérusalem (David et Chlomo), et la consolation de Betar (Yavné) (Berakhot 48b).

Est-on obligé de bénir si on mange un petit morceau ?

Oui, avant de manger, on bénit même une petite quantité (Rambam, Hilkhot Berakhot 1, 2). Après, l’obligation dépend de la quantité et de l’aliment : le Birkat Hamazon est dû après un repas de pain (Torah : si l’on est rassasié ; Sages : dès un kazaït) (Rambam, Hilkhot Berakhot 1, 1).

Qu’est-ce que le zimoun ?

L’invitation à bénir ensemble quand on est au moins trois à avoir mangé du pain (Michna Berakhot 7, 1 ; Choulhan Aroukh, Ora’h ’Haïm 192, 1). À dix, on ajoute le Nom divin (Michna Berakhot 7, 3).

Peut-on dire le Birkat Hamazon dans une autre langue que l’hébreu ?

Oui : « le Birkat Hamazon se dit en toute langue » (Choulhan Aroukh, Ora’h ’Haïm 185, 1). Mieux vaut comprendre ce que l’on dit que le réciter sans le comprendre.

Pour aller plus loin

Les bénédictions mettent des mots sur ce que le judaïsme appelle la sainteté de la table. Pour poursuivre, voici quelques lectures sur le site.

Sources et références (17)
  • Chemot 20, 7
  • Devarim 8, 7-10 ; 10, 12
  • Tehilim 24, 1 ; 115, 16
  • Michlei 28, 24
  • Yehezkel 41, 22
  • Michna Berakhot 3, 3 ; 6, 1 ; 6, 3 ; 6, 8 ; 7, 1-3
  • Pirké Avot 3, 3
  • Talmud de Babylone, Berakhot 20b ; 21a ; 35a-35b ; 45b ; 48b-49a ; 53b ; 55a
  • Talmud de Babylone, Menahot 43b
  • Rambam, Michné Torah, Hilkhot Berakhot 1, 1-3 ; 1, 15 ; 2, 1-3 ; 5, 1
  • Rambam, Sefer Hamitsvot, mitsva positive 19
  • Sefer Ha-’Hinoukh, mitsva 430
  • Choulhan Aroukh, Ora’h ’Haïm 158, 1 ; 167, 1 ; 167, 5 ; 168, 6 ; 180, 5 ; 183, 1 ; 184, 1 ; 185, 1 ; 187, 1 ; 187, 4 ; 188, 1 ; 188, 6 ; 190, 1 ; 191, 1-2 ; 192, 1 ; 199, 7 ; 202, 1 ; 204, 1 ; 208, 1-2 ; 215, 2 ; 215, 4
  • Louis Finkelstein, « The Birkat Ha-Mazon », Jewish Quarterly Review 19, 1928-1929
  • Didaché 10
  • Ismar Elbogen, Jewish Liturgy: A Comprehensive History, Jewish Publication Society, 1993
  • Cours et livre du Rav Raphaël Benizri : Les Arômes d’une bénédiction ; Pessah : les quatre questions du Ma Nichtana ; Pessah : le mystère du chiffre quatre

Article de la rédaction de Pensées Juives. Les passages attribués au Rav Raphaël Benizri sont tirés de ses cours publiés sur ce site.