Deux triangles entrelacés, six pointes, un centre : l’étoile de David est aujourd’hui le symbole le plus connu du peuple juif. On la voit sur le drapeau d’Israël, sur les synagogues, sur les ambulances israéliennes, autour du cou de milliers de personnes. Mais d’où vient-elle ? Est-elle dans la Bible ? Le roi David la portait-il vraiment sur son bouclier ? Voici une réponse complète, qui distingue ce que disent les textes, ce que montre l’histoire et ce que la tradition y a lu.

En bref : l’étoile de David, en hébreu Maguen David (מָגֵן דָּוִד), signifie littéralement « bouclier de David ». L’expression vient de la liturgie juive, qui appelle D’ « le bouclier de David », en écho à la promesse faite au roi David (Talmud, Pessahim 117b). La figure de l’étoile à six branches, elle, n’est mentionnée ni dans la Torah ni dans le Talmud : c’est un motif ancien, longtemps simplement décoratif, qui n’est devenu le signe du peuple juif qu’au fil d’une longue histoire, de Prague au XIVe siècle jusqu’au mouvement sioniste et au drapeau d’Israël. Ce n’est pas une mitsva (un commandement) et l’objet n’a aucune sainteté propre. Mais son nom porte une idée profonde : c’est D’ qui protège Son peuple, comme Il a protégé Avraham et David.

Que veut dire « Maguen David » ?

Le mot hébreu maguen désigne le bouclier, l’arme défensive que le soldat tient devant lui. Dans la Bible, il est très souvent appliqué à D’ Lui-même : c’est Lui qui protège, et non l’arme. Le premier emploi de ce titre se trouve dans la promesse faite à Avraham : « Ne crains point, Avram, Je suis un bouclier pour toi » (Bereshit 15, 1).

Le roi David reprend sans cesse cette image dans ses psaumes. « Et Toi, Éternel, Tu es un bouclier autour de moi » (Tehilim 3, 4). « L’Éternel est ma force et mon bouclier, en Lui mon cœur a eu confiance » (Tehilim 28, 7). Dans son grand chant de victoire, il dit encore : « Tu m’as donné le bouclier de Ton salut » (Tehilim 18, 36 ; Chmouel II 22, 36). Pour David, le vrai bouclier n’est pas le métal qu’il porte au bras, c’est D’.

« Maguen David », au sens premier, ne désigne donc pas un dessin. C’est un titre de D’ : « Celui qui est le bouclier de David ». C’est seulement au Moyen Âge, et surtout à l’époque moderne, que ce nom a été attaché à l’étoile à six branches. En français, on dit « étoile de David » ; en yiddish, on entend « Mogen Dovid » ; en hébreu israélien, « Maguen David ».

Ce que disent la Torah et le Talmud

Il faut le dire clairement : aucun verset de la Torah, ni aucune page du Talmud, ne mentionne l’étoile à six branches comme symbole juif. Les symboles juifs de l’Antiquité sont la menorah (le chandelier à sept branches du Temple), le chofar, le loulav et l’etrog. C’est eux qu’on retrouve sur les mosaïques des synagogues antiques, sur les pièces de monnaie et sur les tombes.

En revanche, l’expression « Maguen David » se trouve bien dans le Talmud, et c’est de là que tout part. Le prophète Natan avait transmis à David cette promesse : « Je te ferai un grand nom, comme le nom des grands qui sont sur la terre » (Chmouel II 7, 9). Le Talmud explique : « C’est ce qu’on dit : Maguen David », de même qu’on dit « Maguen Avraham » (Pessahim 117b, enseignement de Rav Yossef). Autrement dit, le « grand nom » promis à David, c’est que son nom soit associé à celui de D’ dans la prière, comme celui d’Avraham.

Le même passage du Talmud précise où l’on prononce cette formule. La première bénédiction de la Amida, la prière centrale récitée trois fois par jour, se conclut par « Baroukh ata Hachem, Maguen Avraham », « Béni sois-Tu, Éternel, bouclier d’Avraham ». Et la bénédiction que l’on récite après la haftara, la lecture des Prophètes du Chabbat et des fêtes, se termine par « Baroukh ata Hachem, Maguen David », « Béni sois-Tu, Éternel, bouclier de David » (Pessahim 117b, enseignement de Rabba bar Chila). Cette bénédiction demande le retour de la royauté de la maison de David : « Que sur son trône ne siège pas un étranger. »

Chaque Chabbat, des millions de juifs prononcent donc les mots « Maguen David » à la synagogue, sans penser à une étoile. Ils parlent de D’ qui a protégé David, et qui garantit l’avenir de sa dynastie, celle du Machia’h (le Messie), descendant de David.

Un motif très ancien, longtemps simple décoration

L’hexagramme, la figure géométrique formée de deux triangles équilatéraux superposés en sens inverse, est connu dans de nombreuses civilisations depuis l’âge du bronze, de la Mésopotamie à l’Inde. Ce n’est pas une invention juive, et il n’avait au départ aucune signification religieuse particulière.

Chez les juifs aussi, on le rencontre très tôt, mais comme ornement. Le plus ancien exemple certain est un sceau du VIIe siècle avant l’ère commune trouvé à Sidon, au nom d’un certain Yehochoua ben Assayahou. Dans la synagogue antique de Capharnaüm, en Galilée (vers le IIIe siècle), une frise de pierre porte une étoile à six branches à côté d’une étoile à cinq branches et d’autres motifs décoratifs. Rien n’indique qu’il s’agissait d’autre chose que de décoration.

Au Moyen Âge, l’hexagramme apparaît dans de nombreux manuscrits hébreux de la Bible. Le plus célèbre, le Codex de Léningrad (copié en 1008, le plus ancien manuscrit complet de la Bible hébraïque), comporte des pages décorées en forme d’étoile à six branches. Parfois, les notes des massorètes (les savants qui ont fixé le texte biblique) sont elles-mêmes écrites en forme d’étoile. Mais le même motif se retrouve, à la même époque, sur des églises, des mosquées, des sceaux royaux et des signatures de notaires. Il appartient à tout le monde.

Dans le monde musulman, la même figure portait un autre nom : le « sceau de Salomon ». La légende attribuait au roi Chlomo (Salomon), fils de David, un anneau qui lui donnait pouvoir sur les démons. Le Talmud parle bien de cet anneau, mais il y place le Nom divin, pas une étoile (Guittin 68a-b). Pendant des siècles, les deux expressions, « sceau de Salomon » et « bouclier de David », ont désigné indifféremment l’étoile à six branches et l’étoile à cinq branches.

Comment l’étoile est devenue « bouclier de David »

Le passage du titre liturgique au dessin s’est fait lentement, par des chemins que l’historien Gershom Scholem a reconstitués dans une étude célèbre sur l’histoire de ce symbole.

Dans certains écrits ésotériques du Moyen Âge, on parlait d’un « bouclier de David » sur lequel auraient été gravés des Noms divins, pour protéger le roi au combat. Ces textes circulaient sous forme d’amulettes, où les Noms étaient parfois disposés à l’intérieur d’une étoile à six branches. Peu à peu, la forme a pris le nom. Le plus ancien texte connu qui appelle explicitement l’hexagramme « Maguen David » est un ouvrage kabbalistique du début du XIVe siècle, le Sefer Ha-Guevoul, attribué à un petit-fils du Ramban (Nahmanide).

Une autre tradition, rapportée plus tard par Rabbi Its’hak Arama (Espagne, XVe siècle) dans son Akedat Its’hak, affirmait au contraire que le bouclier de David ne portait pas une étoile, mais le psaume 67 disposé en forme de menorah. Cette « menorah du psaume 67 » se retrouve aujourd’hui encore dans de nombreux livres de prière séfarades. Preuve que, pendant longtemps, la question de savoir ce que David « portait sur son bouclier » n’avait pas de réponse unique.

Il faut ajouter un point important. La loi juive s’est toujours méfiée des usages magiques. Le Rambam (Maïmonide) critique sévèrement ceux qui ajoutaient dans la mezouza des noms d’anges ou des signes protecteurs, car ils transformaient une mitsva, destinée à rappeler l’unité de D’ et l’amour qu’on Lui doit, en simple talisman (Michné Torah, Hilkhot Tefilin ouMezouza veSefer Torah 5, 4). Or, entre le Xe et le XIVe siècle, de nombreuses mezouzot « magiques » portaient justement des étoiles à six branches. L’étoile n’a donc pas été, à l’origine, un symbole religieux officiel : elle s’est imposée par d’autres voies.

Prague, première communauté à l’étoile

C’est à Prague que l’étoile de David devient pour la première fois l’emblème officiel d’une communauté juive. En 1354, le roi de Bohême Charles IV (couronné empereur l’année suivante) accorde aux juifs de Prague le privilège d’avoir leur propre drapeau. Ce drapeau, appelé plus tard dans les documents « drapeau du roi David », porte une grande étoile à six branches. On peut encore voir aujourd’hui dans la synagogue Altneuschul (Vieille-Nouvelle synagogue) de Prague un drapeau de ce type, d’époque plus tardive.

À partir de là, l’étoile se répand dans la communauté pragoise : sur les synagogues, sur le sceau officiel, sur les livres imprimés. L’imprimeur Guerchom Kohen et ses successeurs l’utilisent au XVIe siècle comme marque d’imprimerie. La famille d’imprimeurs Foa, en Italie puis en Hollande, l’intègre à ses armoiries.

De Prague, le symbole gagne la Moravie et l’Autriche. La communauté de Vienne l’utilise sur son sceau en 1655. Quand les juifs sont expulsés de Vienne en 1670, ils emportent l’emblème dans leurs nouvelles communautés ; à Amsterdam, la communauté ashkénaze l’emploie dès 1671, d’abord sur un médaillon donnant accès au cimetière. Mais il reste longtemps un usage régional. En Europe de l’Est comme dans les communautés d’Afrique du Nord et d’Orient, il n’apparaît qu’occasionnellement, comme ornement.

Le XIXe siècle : un symbole pour tout le peuple juif

C’est au XIXe siècle que l’étoile de David devient le signe universel du judaïsme. Au moment de l’émancipation, les juifs d’Europe occidentale construisent de grandes synagogues dans les centres-villes et cherchent un signe simple et visible pour les identifier, comme la croix identifie les églises. L’étoile, déjà connue à Prague et à Vienne, s’impose alors : sur les façades, les vitraux, les objets de culte, les sceaux des communautés et des associations.

En 1822, la famille Rothschild, anoblie par l’empereur d’Autriche, fait figurer l’étoile dans ses armoiries. À partir de 1840, le poète Heinrich Heine signe ses correspondances de Paris pour l’Augsburger Allgemeine Zeitung d’une étoile de David au lieu de son nom. Dans la seconde moitié du siècle, le symbole se répand dans presque toutes les communautés d’Europe, puis au-delà.

Le drapeau d'Israël, blanc à deux bandes bleues avec l'étoile de David au centre, flottant au-dessus des toits de Jérusalem au coucher du soleil
Adoptée par le premier Congrès sioniste en 1897, l’étoile de David figure sur le drapeau de l’État d’Israël depuis le 28 octobre 1948.

Le drapeau d’Israël et la Shoah

En 1897, Theodor Herzl réunit à Bâle le premier Congrès sioniste. Son journal, Die Welt, porte dès le premier numéro l’étoile de David. Le drapeau adopté par le mouvement sioniste est blanc, avec deux bandes bleues inspirées du talit (le châle de prière) et une étoile de David au centre. Le 28 octobre 1948, quelques mois après sa création, l’État d’Israël en fait son drapeau national. Pour ses armoiries, en revanche, l’État choisit la menorah, symbole biblique bien plus ancien.

Entre-temps, l’étoile avait pris une dimension tragique. Les nazis imposent aux juifs un signe distinctif en forme d’étoile de David : d’abord en Pologne occupée dès la fin de 1939 (souvent un brassard blanc à étoile bleue), puis en Allemagne en septembre 1941, avec l’étoile jaune marquée du mot « Jude » (« Juif »). En France occupée, l’étoile jaune devient obligatoire à partir du 7 juin 1942 pour tous les juifs âgés de six ans et plus (ordonnance allemande du 29 mai 1942). Le signe de la protection de D’ était devenu, entre les mains des persécuteurs, une marque d’exclusion et le prélude à la déportation.

Les survivants et le peuple juif ont refusé de laisser à leurs bourreaux le dernier mot. Le philosophe Franz Rosenzweig avait déjà donné à son grand livre le titre L’Étoile de la Rédemption (1921), en faisant de l’étoile à six branches l’image des relations entre D’, l’homme et le monde. Après la Shoah, l’étoile hissée sur le drapeau d’Israël est devenue le signe d’un peuple qui se relève, comme le roi David qui avait traversé tant d’épreuves.

L’étoile figure aussi sur l’emblème du Maguen David Adom, le « bouclier de David rouge », le service national de secours d’Israël, fondé en 1930. Pendant des décennies, il n’a pas été admis au sein du Mouvement international de la Croix-Rouge, qui ne reconnaissait que la croix et le croissant rouges. Il ne l’a été qu’en 2006, après l’adoption d’un troisième emblème neutre, le cristal rouge (protocole de 2005).

Ce que l’étoile évoque : explications de la tradition

Parce que l’étoile n’a pas de source dans la Torah, ses « explications » ne sont pas des lois, mais des lectures. Elles sont pourtant belles et instructives, et beaucoup de juifs les ont faites leurs.

Le bouclier qui protège. La première explication est celle du nom lui-même. Maguen David rappelle que la force du peuple juif ne vient pas de ses armes. David a vaincu Goliath en lui disant : « Tu viens à moi avec l’épée, la lance et le javelot ; et moi je viens à toi au nom de l’Éternel des armées » (Chmouel I 17, 45). Porter un « bouclier de David », c’est affirmer que la protection vient d’en haut.

Le ciel et la terre. Les deux triangles pointent l’un vers le haut, l’autre vers le bas. Beaucoup y voient l’image de la rencontre entre l’homme qui monte vers D’ et D’ qui descend vers l’homme, entre le spirituel et le matériel. Le judaïsme ne fuit pas le monde : il cherche à faire descendre la sainteté dans la vie concrète.

Six directions et un centre. L’étoile a six pointes : le haut, le bas, et les quatre directions de l’horizon. Son centre en fait sept. On rapproche souvent ce chiffre des six jours de la création, orientés vers le septième, le Chabbat, qui donne son sens à toute la semaine. D’ est présent dans toutes les directions, et le centre, c’est le point où l’homme se tient devant Lui.

La lecture kabbalistique. Dans la Kabbale, la mystique juive, D’ se manifeste dans le monde à travers dix « attributs », les sefirot. Six d’entre elles, de la bonté (hessed) au fondement (yessod), sont souvent représentées par les six pointes de l’étoile ; la septième, la royauté (malkhout), en est le centre. Or le Zohar associe précisément le roi David à malkhout, la royauté. On a souvent remarqué que le plateau du Séder de Pessah, tel que l’a disposé le grand kabbaliste de Safed Rabbi Its’hak Louria, le Ari (XVIe siècle), place les six aliments en deux triangles superposés, le plateau lui-même représentant malkhout.

David, le roi qui unit. Enfin, David est celui qui a réuni les tribus d’Israël, fait de Jérusalem sa capitale et préparé la construction du Temple. Les deux triangles entrelacés, inséparables, disent aussi l’unité d’un peuple dont les membres sont liés les uns aux autres.

Ce qu’enseigne le Rav Raphaël Benizri

Le Rav Benizri n’a pas consacré de cours à l’étoile de David elle-même. Mais il commente, dans un cours sur le Bereshit Rabba, le titre de « bouclier » que la tradition donne à Avraham et à David, ce qui éclaire le sens premier de l’expression Maguen David.

Dans Bereshit Raba 39, 6e partie : goy gadol, le Rav observe que la Torah ne raconte presque rien de la quête religieuse d’Avraham. On sait qu’il enseignera à ses enfants la justice et la charité, et qu’il a reçu le commandement de la mila, la circoncision. En dehors de cela, son parcours se résume à la prise de possession de la terre et à la création d’une nation. Avraham, explique le Rav, a jeté les bases de la possession de la terre promise et d’un foyer national, et c’est David qui a clôturé ce parcours par la conquête.

Et le Rav relève alors un lien : Magen Avraham et Magen David. Ce sont, dit-il, les deux seuls à porter ce titre de bouclier, au travers duquel se reconnaît la protection de l’Éternel : la providence divine qui a mené Avraham sur le chemin de la terre promise, et celle qui a permis à David d’achever ce chemin.

Dans le même cours, le Rav rapporte le midrach selon lequel D’ dit à Avraham que sa bénédiction précède la Sienne : la bénédiction « Maguen Avraham » vient dans la Amida avant celle qui parle de la résurrection des morts, parce qu’Avraham est allé au-devant de D’ et a proclamé Son Nom partout. On peut en retenir que le « bouclier » n’est pas un simple objet de protection : il est lié à une mission, celle de faire connaître le Nom de D’ dans le monde.

Lu à cette lumière, le Maguen David n’est pas d’abord une étoile, mais une promesse : celle qui relie le premier des patriarches au roi qui a fondé Jérusalem, et, à travers lui, au Machia’h fils de David.

Idées reçues sur l’étoile de David

« L’étoile de David est un commandement religieux. » Non. Ce n’est pas une mitsva, et aucune loi n’oblige à la porter ou à l’afficher. Elle n’a pas la sainteté d’un rouleau de la Torah, des téfilines ou d’une mezouza.

« Le roi David portait cette étoile sur son bouclier. » C’est une belle légende, mais aucune source biblique ou talmudique ne le dit. Le Talmud parle de D’ comme « bouclier de David », pas d’un dessin.

« C’est le plus ancien symbole juif. » Non. Le plus ancien symbole proprement juif est la menorah, attestée dès l’Antiquité. L’étoile n’est devenue un emblème juif officiel qu’au XIVe siècle à Prague, et universel au XIXe siècle.

« L’étoile est un symbole occulte ou maçonnique. » L’hexagramme a été employé dans de nombreuses cultures, y compris en magie et en alchimie, comme bien d’autres formes géométriques. Mais pour les juifs, depuis des siècles, il signifie simplement l’appartenance au peuple d’Israël et la confiance en D’.

« Le drapeau d’Israël représente une religion. » Le drapeau représente l’État et le peuple. Ses bandes bleues rappellent le talit, et son étoile reprend l’emblème adopté par le mouvement sioniste en 1897.

Questions fréquentes sur l’étoile de David

Que veut dire « Maguen David » ?

Maguen David signifie « bouclier de David ». C’est d’abord un titre de D’, qui conclut la bénédiction récitée après la lecture des Prophètes à la synagogue (Pessahim 117b). Depuis le Moyen Âge, ce nom désigne aussi l’étoile à six branches.

Pourquoi l’étoile de David a-t-elle six branches ?

C’est la forme de l’hexagramme, deux triangles superposés en sens inverse, un motif connu dans de nombreuses cultures. La tradition y a lu plusieurs sens : les six directions de l’espace autour d’un centre, les six jours de la création orientés vers le Chabbat, ou, dans la Kabbale, six attributs divins réunis autour de la royauté, associée à David.

Est-ce que la Bible parle de l’étoile de David ?

Non. Ni la Torah, ni les Prophètes, ni le Talmud ne mentionnent l’étoile à six branches comme symbole juif. La Bible parle souvent de D’ comme « bouclier » (Bereshit 15, 1 ; Tehilim 3, 4), et c’est de là que vient le nom.

Un non-juif peut-il porter une étoile de David ?

Rien ne l’interdit, puisque ce n’est pas un objet saint. Mais l’étoile étant aujourd’hui perçue comme le signe de l’identité juive, la porter revient à se présenter comme juif ou comme proche du peuple juif. Chacun appréciera le sens qu’il donne à ce geste.

Peut-on entrer dans des toilettes avec un pendentif en étoile de David ?

Oui. L’étoile n’a pas de sainteté et ne porte pas de Nom divin ; elle n’est pas soumise aux règles qui concernent les objets saints. Si un bijou portait des versets ou des Noms divins, la question serait différente, et l’on consultera un rabbin.

Quelle est la différence entre l’étoile de David et la menorah ?

La menorah est le chandelier à sept branches du Temple, décrit dans la Torah (Chemot 25, 31-40) : c’est le symbole juif le plus ancien, et l’emblème officiel de l’État d’Israël. L’étoile de David est un symbole plus récent, devenu populaire au XIXe siècle, qui figure sur le drapeau d’Israël.

Pourquoi l’étoile jaune ?

Les nazis ont obligé les juifs à porter une étoile jaune pour les marquer, les exclure, puis les déporter. Ils ont détourné le symbole d’un peuple pour en faire un signe d’humiliation. En le reprenant sur leur drapeau, les juifs lui ont rendu sa dignité.

Pour aller plus loin

L’étoile de David a mis des siècles à devenir le visage du peuple juif. Mais son nom, lui, vient du cœur de la prière : chaque Chabbat, on remercie D’ d’être le bouclier de David. Derrière le dessin, il y a une confiance.

Sources et références

  • Bereshit 15, 1
  • Chemot 25, 31-40
  • Chmouel I 17, 45
  • Chmouel II 7, 9
  • Chmouel II 22, 36
  • Tehilim 3, 4
  • Tehilim 18, 36
  • Tehilim 28, 7
  • Tehilim 67
  • Talmud de Babylone, Pessahim 117b (Rav Yossef ; Rabba bar Chila)
  • Talmud de Babylone, Guittin 68a-b
  • Bénédictions après la haftara (« Maguen David »), siddour
  • Rambam, Michné Torah, Hilkhot Tefilin ouMezouza veSefer Torah 5, 4
  • Sefer Ha-Guevoul (début du XIVe siècle)
  • Rabbi Its’hak Arama, Akedat Its’hak
  • Disposition du plateau du Séder selon le Ari (Rabbi Its’hak Louria)
  • Gershom Scholem, « Le Maguen David : histoire d’un symbole », 1949 (repris dans The Messianic Idea in Judaism, 1971)
  • Encyclopaedia Judaica, article « Magen David »
  • Franz Rosenzweig, L’Étoile de la Rédemption, 1921
  • Sceau de Yehochoua ben Assayahou, Sidon, VIIe siècle avant l’ère commune
  • Frise de la synagogue de Capharnaüm (vers le IIIe siècle)
  • Codex de Léningrad (1008)
  • Privilège de Charles IV à la communauté juive de Prague, 1354
  • Ordonnance allemande du 29 mai 1942 imposant l’étoile jaune en zone occupée (France), en vigueur le 7 juin 1942
  • Troisième Protocole additionnel aux Conventions de Genève (2005) ; admission du Maguen David Adom (2006)
  • Rav Raphaël Benizri, Bereshit Raba 39, 6e partie : goy gadol

Article de la rédaction de Pensées Juives. Les passages attribués au Rav Raphaël Benizri sont tirés de ses cours publiés sur ce site.