Chaque matin de Souccot, on prend en main un cédrat et un bouquet de palme, de myrte et de saule, et on les agite dans toutes les directions. D’où vient ce geste, et que veulent dire ces quatre végétaux ?
Les quatre espèces (arba minim) se prennent chaque jour de Souccot, sauf le Chabbat. En 2026, le premier jour de la fête tombe un samedi, le 26 septembre : on prend donc le loulav pour la première fois le dimanche 27 septembre, en Israël comme en dehors d’Israël.
Le verset
« Vous prendrez pour vous, le premier jour, le fruit de l’arbre hadar, des branches de palmier, des rameaux de l’arbre touffu et des saules de rivière, et vous vous réjouirez devant l’Éternel votre D’ pendant sept jours » (Vayikra 23, 40).
La tradition orale identifie ces quatre végétaux :
- L’etrog : le cédrat, un agrume jaune à la peau épaisse et bosselée ;
- Le loulav : une jeune palme de dattier, droite et encore fermée ;
- Le hadass : la myrte, dont on prend trois branches ;
- L’arava : le saule de rivière, dont on prend deux branches.
Le loulav, les myrtes et les saules sont liés ensemble. L’etrog est tenu à part, dans l’autre main.
Comment on les prend
On tient le loulav dans la main droite et l’etrog dans la gauche, on les rapproche et l’on récite la bénédiction « al netilat loulav ». On les agite ensuite dans six directions, les quatre côtés, vers le haut et vers le bas, selon l’ordre propre à chaque communauté. Le geste se répète pendant le Hallel.
À la synagogue, on fait aussi le tour de la bima en tenant les quatre espèces, en chantant les Hochaanot. Le septième jour, Hochaana Rabba (le vendredi 2 octobre 2026), on en fait sept tours, puis l’on frappe le sol avec un petit bouquet de saules.
Quatre sortes de Juifs
Le Midrash (Vayikra Rabba 30, 12) voit dans les quatre espèces quatre sortes de Juifs :
- l’etrog a du goût et du parfum : celui qui a la Torah et les bonnes actions ;
- le loulav, palme du dattier, a du goût mais pas de parfum : la Torah sans les actions ;
- la myrte a du parfum mais pas de goût : les actions sans la Torah ;
- le saule n’a ni l’un ni l’autre.
La règle est qu’on ne peut accomplir le commandement qu’en les tenant tous ensemble. Il en manque un, et le geste ne vaut rien. Aucun n’est de trop, aucun ne peut être écarté.
Un autre midrash (Vayikra Rabba 30, 14) y lit le corps humain : l’etrog est le cœur, le loulav la colonne vertébrale, la myrte les yeux et le saule les lèvres. Tout l’homme se tourne vers D’.
Choisir un bel etrog
Le verset parle du fruit de l’arbre hadar, « beau ». On cherche donc un etrog entier, propre, sans trou ni tache importante, et un loulav droit, dont les feuilles du centre sont fermées. On achète ses quatre espèces auprès d’un vendeur contrôlé par un rabbinat, et l’on demande conseil à un rabbin en cas de doute.
Ce qu’en dit le Rav Raphaël Benizri
Dans son cours Souccot : de Kippour à la soucca de paix, le Rav Benizri souligne un paradoxe : les quatre espèces ne valent rien, et valent tout. Hier elles ne valaient rien, après la fête elles ne vaudront plus rien. Pendant Souccot, elles ont valeur de service de D’ et de l’homme.
Il reprend les quatre figures : l’arava sans parfum ni goût, l’etrog tenté par la vie séparée, le loulav porteur de fruits mais sans parfum. Chacun, dit-il, est appelé à partager ce qu’il a.
Dans Souccot : la fête de la joie, il rappelle que Souccot est la fête de l’universel : soixante-dix sacrifices y étaient offerts pour les soixante-dix nations, et c’est la seule fête que les nations sont appelées à célébrer.
Pour aller plus loin
- Pourquoi habite-t-on dans la soucca pendant sept jours ?
- Souccot : tous les cours du Rav Benizri
- Livret « Questions à poser à la table de Souccot » (PDF)
- Toutes les fêtes juives
Article de la rédaction de Pensées Juives. Les passages attribués au Rav Raphaël Benizri sont tirés de ses cours publiés sur ce site.


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