Souccot

par le Rav Raphaël Benizri
Loulav et les quatre espèces de Souccot
Soucca dressée pour la fête de Souccot

Souccot

Cinq jours après Yom Kippour, on sort de chez soi. On construit dehors une cabane aux murs légers, au toit de branchages à travers lequel on doit pouvoir voir le ciel, et l’on y vit une semaine : on y mange, on y reçoit, parfois on y dort. La fête la plus joyeuse de l’année se passe dans la construction la plus fragile.

Une maison qui ne protège pas

C’est évidemment le point. Une soucca ne tient pas contre le vent, ne tient pas contre la pluie, ne tient pas contre grand-chose. En y entrant, on accepte pour quelques jours de renoncer à l’illusion que nos murs nous protègent vraiment. Non pour se faire peur, mais pour se rappeler d’où vient réellement la sécurité.

Ceux qui ont traversé le désert le savaient : ils n’avaient rien, et ils ont tenu. La soucca est le souvenir de cette période — et l’idée, dérangeante et libératrice, que la solidité d’une vie ne se mesure pas à l’épaisseur de ses murs.

Les quatre espèces

On prend en main quatre végétaux : la branche de palmier, le cédrat, les rameaux de myrte et de saule. Le midrash y lit quatre types d’hommes, selon qu’ils ont du goût, du parfum, les deux, ou ni l’un ni l’autre — et la règle est qu’on ne peut accomplir le geste qu’en les tenant tous ensemble.

Aucun n’est de trop. Aucun ne peut être écarté parce qu’il ne sent rien ou qu’il n’a rien à offrir. C’est une leçon de communauté remarquablement peu sentimentale : l’unité n’est pas une préférence, c’est une condition.

La joie comme obligation

Souccot est appelée « le temps de notre joie ». La joie y est prescrite, ce qui peut sembler absurde — on ne décrète pas un sentiment. Mais peut-être ne s’agit-il pas d’un sentiment. Peut-être s’agit-il d’une décision : celle de recevoir, d’inviter, de chanter, même quand tout n’est pas réglé. Après les jours redoutables, c’est une manière de dire que la gravité n’a pas le dernier mot.

À poursuivre

Roch Hachana et Yom Kippour, qui précèdent la fête ; Pessah et Chavouot, les deux autres fêtes de pèlerinage.