Ce cours pose une question de lecture avant de poser une question d’histoire : pourquoi les récits des patriarches se répètent-ils, et de qui parlent-ils ? Le Rav Raphaël Benizri lit le livre de Béréchit comme un miroir, non seulement de l’histoire du peuple juif mais de celle de l’humanité entière. L’analyse porte sur la guerre des rois, première guerre où Avraham se trouve mêlé sans l’avoir déclenchée. Ce qui s’y joue, dit le Rav, est un messianisme, et la question est de savoir si nous sommes acteurs de cette histoire ou si elle nous est imposée.
Le point de départ est cette impression étrange que toute l’histoire de l’humanité tourne autour d’une réalité minuscule, celle d’Avraham, d’Itzhak, de Yaakov, de Yossef et des tribus. Le Rav en tire une conséquence : des événements échappent à notre emprise, et pourtant nous sommes contraints d’y prendre notre responsabilité. Il examine alors l’idéologie de Nimrod — séparer la vie spirituelle de la vie matérielle, nationale et économique — et la question, toujours actuelle, de la séparation de la religion et de l’État.
Le cours avance ensuite vers les puissances qui contestent successivement l’existence d’Israël, vers leur réplique interne au sein même du peuple, vers la tour de Babel comme jonction manquée entre le ciel et la terre, et vers Lot comme fausse identité d’Avraham. Il aboutit à la définition d’un messianisme qui n’attend pas un messie venu du dehors, et se referme sur la promesse d’un langage clair donné aux nations pour qu’elles appellent toutes le même nom.
Ce que dit ce cours
La répétition des parachiot n’est pas une redite : c’est une reprise de perspective. La Torah présente l’histoire des patriarches comme celle d’individualités qui ont marqué une tranche d’histoire dont les répercussions restent d’une actualité brûlante. L’histoire d’Avraham ne s’est pas passée une fois : elle se refait et se revit au fil de nos époques, et il en va de même de celle d’Itzhak, de Yaakov, de Yossef. C’est pourquoi le livre de Béréchit, appelé livre de la droiture, doit se traduire comme le miroir d’une histoire — non seulement celle du peuple juif, mais celle de l’humanité entière.
Nous ne sommes rien de plus que ces quelques figures, et l’histoire semble pourtant tourner autour de nous. Dans l’histoire de l’humanité, nous sommes Avraham, nous sommes Itzhak, nous sommes Yaakov, nous sommes Yossef, nous sommes les tribus, et pas davantage. On peut alors se demander si nous participons de nous-mêmes à cette histoire, ou si cette participation nous est imposée et dépasse le cadre de notre engagement volontaire. Certains événements échappent réellement à notre emprise et sont indépendants de notre volonté. Mais du fait même qu’ils nous sont imposés, nous sommes obligés d’y prendre notre responsabilité et de la revendiquer.
La première guerre de l’histoire n’est pas déclenchée par Avraham. Après deux mille ans d’histoire humaine, c’est la première guerre à laquelle il se trouve mêlé, et ce n’est pas lui qui mobilise ses disciples contre les autres nations. Ce sont les nations qui se disputent entre elles le monopole de l’histoire de l’humanité et qui veulent lui imprimer leur idéologie, leur vue, leur croyance. Avraham y est mêlé indirectement. Il a pris son parti d’aller jusqu’au bout de sa ligne et de ne pas plier devant les courants qui se faisaient jour.
Ce que ces courants veulent, c’est isoler la vie spirituelle de tout le reste. Il s’agit de la séparer de la vie matérielle, de la vie nationale, de la vie économique, et de faire en sorte qu’il y ait une tour et une cité qui ne soient gérées par aucune force extérieure, mais qui soient le fait de l’homme seul. C’est une constante dans l’histoire : des nations se disputent les empires et veulent imprimer leur façon de voir indépendamment de toute croyance. Il ne faut pas mêler, disent-elles, il faut séparer la religion et l’État.
L’auteur de cette idéologie est Nimrod, et il n’est pas incroyant. Il est conscient qu’il y a un créateur, et que ce monde tel qu’il a été conçu obéit à une conscience suprême et universelle. Mais ce n’est pas elle, selon lui, qui doit détenir les clés de l’histoire de l’humanité : il faut que l’homme prenne son destin à bras-le-corps et le forge par lui-même. La question reste entière aujourd’hui — est-il possible de séparer la religion de l’État ? Ce le serait peut-être, s’il n’y avait pas des événements qui dépassent nos prévisions et déjouent tous nos plans.
Au milieu de cette course au pouvoir, ce qui doit être reconnu, c’est la souveraineté du Créateur. C’est ce qu’on appelle le royaume du ciel : celui qui ramène vers lui tout le projet de la création tel qu’il a été conçu, mais qui a laissé entre les mains de l’homme le pouvoir de choisir. L’homme peut être le collaborateur de ce royaume ou son contestataire. Il n’y a de royauté confirmée que s’il y a un choix du peuple, donc un libre arbitre — et le libre arbitre implique le pouvoir de contester le royaume de D’.
Nimrod s’est servi pour cela du premier vêtement donné à l’homme. Après la faute, D’ a fait pour l’homme une tunique de peau, opaque, qui crée en quelque sorte un écran entre la créature et le Créateur. Cet écran devait pourtant parvenir à une certaine transparence : Rabbi Meïr disait qu’il fallait le travailler jusqu’à ce qu’il devienne transparent comme un firmament. Mais l’homme use plutôt de son libre arbitre pour s’affirmer, vis-à-vis de lui-même et vis-à-vis de la société, alors même qu’il se sait incapable de tout gérer et qu’il est conscient de ses limites.
La guerre menée par Avraham contre les quatre rois a un caractère messianique. Elle a ce caractère parce qu’elle nous met face aux puissances qui, tour à tour, contestent notre existence. Babel nous condamne à l’exil : nous n’aurions pas droit à une terre. Vient ensuite la puissance qui ne nous reconnaît aucune existence et veut nous supprimer physiquement de la scène de l’histoire, et c’est l’histoire de Haman, c’est Amalek. Vient Yavan, la Grèce, qui se nourrit de ce que nous avons apporté à cette histoire mais veut en supprimer la racine. Vient enfin Édom, qui est la somme de tout : elle nous refuse le droit à une terre, le droit d’exister comme descendants d’Avraham, et conteste notre patrimoine pour lui substituer autre chose.
Ces trois courants se retrouvent à l’intérieur même du corps du peuple juif. Il y a ceux pour qui l’idée d’une terre nationale est accessoire, et qui font l’apologie de la vie en exil. Il y a ceux pour qui le fait de s’affirmer comme Juif est devenu quelque chose qu’il faudrait effacer et remplacer par une nationalité tout court. Et il y a ceux que l’histoire du peuple juif, ce qu’il a donné, son héritage et son patrimoine, n’intéressent malheureusement pas. La guerre dont il est question est donc autant une guerre intérieure qu’une guerre extérieure, à l’intérieur des disciples d’Avraham comme parmi ceux qui s’en sont désolidarisés.
Le nombre quatre revient d’une fête à l’autre pour dire les mêmes tendances. On le retrouve dans les quatre enfants de la haggada de Pessah et dans les quatre mouvements de l’indépendance ; on le retrouve à Chavouot dans les quatre niveaux de lecture et d’interprétation de la Torah, de la traduction littérale à l’allusion et à la mystique ; on le retrouve à Souccot dans les quatre espèces. Ce sont chaque fois les quatre tendances qui traversent la société elle-même. Le messianisme dont il est ici question se joue donc dans cette division interne autant que dans l’affrontement externe.
Avraham est celui qui se recrée lui-même. Le texte des générations du ciel et de la terre porte un mot que l’on peut lire comme une auto-création. Avraham est quelqu’un qui se refait : on le fait passer dans une fournaise ardente, il en revient à la vie, il reprend vie à partir de ses cendres et refait l’histoire une fois encore. Ce pouvoir qu’il détient n’est pas celui de l’épée : il est au niveau de la parole, au niveau du langage.
La génération de Babel a voulu une ville et une tour, et les deux ont un sens précis. La ville renvoie à la cité de David, et la tour à ce qui établit la jonction entre le ciel et la terre, entre l’esprit et le corps : le sanctuaire. C’est elle qui permet le passage entre les niveaux dont l’homme est composé. Si ces niveaux fonctionnent séparément, c’est la catastrophe : il n’y a plus ce fleuve qui sort de l’Éden, il n’y a plus cette lumière. Il faut pouvoir assembler les choses dans un même élan et réaliser leur unité — et c’est ce qui n’a pas été fait.
Lot est une fausse identité d’Avraham. Il lui ressemble, mais il a déjà posé des limites et des séparations. Cette amputation se retrouve à plusieurs niveaux, dans notre manière de vivre et de nous comporter : dès que l’on se limite à un aspect des choses et qu’on oublie de voir l’ensemble dans son unité, les nations peuvent s’y attaquer. Car qu’est-ce que le christianisme, sinon un aspect amputé du corps de la pensée juive ? Il en va de même de chacune des religions : prendre un courant du judaïsme lui-même, mettre un accent particulier dessus et reléguer tout le reste au second rang.
Sodome est un système, et ce système a sa cohérence. Il est fondé sur la justice : que chaque homme se réalise par lui-même et développe ses propres facultés sans vivre en dépendance d’autrui. Celui qui veut vivre de la charité n’y a pas sa place ; il faut travailler et se nourrir des fruits de son labeur. Mais à pousser ce raisonnement jusqu’au bout, on finit par se retrouver soi-même devant des impératifs : à un certain moment nous perdons notre faculté de travailler, tout le monde n’a pas les mêmes facultés, et chacun sera toujours tributaire de la société ou de ses propres enfants. Il faut donc que l’amour intervienne dans la justice.
Si Avraham intervient pour Sodome, c’est qu’il la juge défendable. Il considère qu’il peut y avoir des justes dans cette ville : on y ouvre des fenêtres ici ou là. Mais lorsqu’on se ferme la vue et qu’on refuse de bouger, on se retrouve à l’autre extrémité de l’amour. Et l’autre extrémité de l’amour, c’est ce qui conduit les filles de Lot à vouloir procréer avec leur père, dans un état de semi-conscience ou d’inconscience totale. C’est chaque fois là que le messianisme perd sa consistance propre, faute d’avoir su recomposer l’ensemble et mener le combat de cette recomposition.
Le messie ne vient pas du dehors : on le fait venir. Il ne suffit pas de penser à un messie qui viendrait de l’extérieur, car le messianisme se joue par étapes, sur le plan personnel comme sur le plan collectif. Pour le faire venir, il faut apprendre à user d’un certain langage : quand les mains sont celles d’Essav, il faut que la voix reste celle de Yaakov — la voie de l’étude, la voie de la prière, la voie de la communication entre toutes les composantes — de telle sorte qu’un chant émane de l’ensemble. Ce messianisme est la vassalité de toutes les idéologies et de tous les courants de pensée à la souveraineté du ciel.
La seule guerre menée par Avraham l’est pour reprendre des otages. Et l’on ne nous tient pas en otage seulement physiquement : on nous tient en otage intellectuellement et spirituellement. Nous avons perdu la faculté de communiquer avec tous ceux qui faisaient corps avec nous et qui, petit à petit, ont pris leurs distances jusqu’à s’éloigner tout à fait. Tout ce qui se passe dans le monde n’est pas étranger au destin de ce peuple : nous sommes directement et indirectement mêlés à tous les devenirs de l’humanité. Se replier sur des frontières, dès lors, revient à se condamner : se limiter au silence, se replier sur des frontières uniquement nationales, uniquement spirituelles ou uniquement intellectuelles, c’est condamner le peuple juif à une persécution permanente, dans un exil qui passe d’une étape à l’autre et qui force chaque nouvelle génération à se redimensionner et à se recréer. C’est l’un des enjeux du chapitre quinze.
Avraham refuse les cadeaux et la reconnaissance qu’on veut lui donner. On ne peut pas exiger cela de tout le monde : il y a des personnes qui se servent de la croyance pour améliorer leur situation et répondre à tel ou tel besoin. Ce peut être une faveur demandée, mais cela ne fonde pas une réalité propre. Ce que D’ a donné, il l’a donné comme un père donne à son enfant, prêt à tout lui donner — un monde, un jardin d’Éden. La question de savoir qui a donné à qui reste d’ailleurs discutée : certains exégètes tiennent que c’est le fils de Chem qui a donné à Avraham ; d’autres soutiennent que c’est Avraham qui a donné. S’il a donné, ce n’est pas pour s’affirmer davantage par rapport aux autres, mais pour servir la souveraineté du ciel : pour apprendre aux hommes à revendiquer le nom de D’, à revendiquer sa présence et à l’associer au destin de sa création. C’est cela le messianisme dont il est question dans ce chapitre, et il présente toujours les mêmes caractéristiques à des niveaux différents. Il est promis qu’à cette époque un langage clair sera donné aux nations, qui facilitera leur communication, pour que toutes appellent le nom de D’ et son royaume.
Transcription intégrale du cours
La répétition des parachiotes correspond à une reprise d’une perspective de l’histoire de l’homme en tant que Israël et de l’Israël dans l’ensemble des nations. La Torah nous a présenté l’histoire des patriarches, ce sont des individualités qui ont marqué de leur vie une tranche d’histoire importante dont les répercussions sont à long terme d’une actualité brûlante. C’est-à-dire que l’histoire de Avraham, elle ne s’est pas passée une fois, elle se refait, elle se relit au fur et à mesure de nos époques, de notre siècle. l’histoire d’Itzraq également, l’histoire d’Héracov, de Yosef, tout le livre de Béréchite, il est appelé, c’est Verayachal, le livre de la droiture, mais en fait il faut le traduire comme étant le miroir de l’histoire, non seulement du peuple juif, mais celle de de l’humanité entière. Parce que ce que nous sommes en réalité dans l’histoire de l’humanité, nous sommes Avraham, nous sommes Itzhak, nous sommes Yaakov, nous sommes Yosef, nous sommes les Shvatim, mais pas plus que ça. Et pourtant, on dirait que toute l’histoire de l’humanité, tourne autour de notre réalité propre et on se demande est-ce que finalement nous sommes conscients nous-mêmes de cette participation dans l’histoire ou bien elle elle nous est imposée et cela dépasse effectivement même le cadre de notre engagement volontaire dans cette histoire. C’est en cela que tout le parcours des patriarches au sein de l’humanité, Dans ces premiers balbutiements, ils nous interpellent parce que quelquefois on a l’impression que c’est nous qui sommes les acteurs de cette histoire, mais finalement, il y a des événements qui échappent réellement à notre emprise et qui sont indépendants de de notre volonté et qui font que nous sommes malgré nous engagés dans une histoire qu’on n’a pas voulu, mais dans le fait qu’elle nous a été imposée, on a été obligés nous-mêmes de prendre notre responsabilité là-dedans et de la revendiquer par la souveraineté.
Je m’explique, nous sommes là en train d’analyser ce chapitre de la guerre, la première guerre après les 2000 ans d’histoire de l’humanité, la première guerre à laquelle Avraham est mêlé. En réalité, c’est pas lui qui déclenche la guerre, c’est pas lui qui mobilise ses adeptes ou ses disciples et soldats pour mener une guerre contre les autres nations, non, mais ce sont les nations qui se disputent le monopole de l’histoire de l’humanité et ceux qui veulent réellement imposer un coup à cette histoire selon leur idéologie, leur vue, leur croyance et indirectement Avraham et Mélé. Certes Avraham a pris son parti d’aller jusqu’au de sa foi et de ne pas plier les chines face au courant qui se faisait jour au sein de l’humanité et qui consistait réellement à isoler la vie spirituelle de la vie matérielle, de la vie nationale, de la vie économique, et faire en sorte qu’il y ait réellement migdale, vérif, une tour et une cité qui ne soient pas gérées du tout par une force extérieure, mais qui soit le fait de l’homme. Ça c’est une constante dans l’histoire de l’humanité, ces nations qui se disputent les empires et qui veulent imprimer à leur histoire leur façon de voir les choses indépendamment de toute croyance religieuse et il ne faut pas mêler, il faut séparer la religion et l’état qui est l’auteur ou le meneur de cette idéologie, c’est c’est Nimrod. Nimrod, c’est, comme son nom l’indique, il est conscient qu’il y a un créateur de ce monde tel qu’il a été conçu, obéi à une conscience, à une suprême conscience universelle, Mais ce n’est pas elle qui doit détenir les clés de l’histoire de l’humanité.
Il faut que l’homme prenne à corps son destin et le forge par lui-même. Ce sont des notions qui encore aujourd’hui, il faut-il véritablement séparer la religion de l’État. Est-ce que c’est possible, ça aurait été réellement possible, si il n’y avait pas des événements qui dépassent nos prévisions, qui quelquefois déjouent tous nos plans Et quand il s’agit des guerres, l’Hilkhamontania City, on dirait que c’est un cadeau de Waloukou qui lui tire les viselles d’un côté et de l’autre. Et nous sommes au milieu de cette situation. Il faudrait que dans cette course au pouvoir, à la royauté, à la mise sur le destin de l’humanité, il faudrait que soit reconnue la souveraineté du Créateur de l’univers. C’est ça Malchuk Shammai, c’est ça le Royaume du Ciel, le Royaume du Ciel est celui qui ramène vers lui tout le projet de la création telle qu’il a été conçu mais qui a laissé entre les mains de l’homme le pouvoir de choisir, d’être le collaborateur de Maroud Chamayi ou d’être le hazeh chalop, le contestateur de Maroud Chamayi.
Pour ça, je dis que Nimrod, qui avait manipulé toute la société de son époque, il était conscient de cette présence divine qui gère le monde, mais, malgré tout, il réclame le pouvoir sans pouvoir propre. Vous savez, il n’y a de royauté confirmée que s’il y a un choix du peuple, que s’il y a un libre arbitre. Donc le libre arbitre, c’est celui de pouvoir contester le royaume de D’, celui-ci, à cause de joie lourde, la laisser entre les mains de l’homme. Nîme rôde a su s’en servir, il a usé pour cela du premier vêtement que l’homme a fait, que D’ a fait pour l’homme après le pêcher d’Adam, Côte-notte Hall, c’est unique, opaque, c’est unique qui créait en quelque sorte un écran entre l’homme, créateur de D’ et le créateur paru d’Humain, mais qui devait arriver à une certaine transparence en Côte-notte Hall, comme Rabbi Meir le disait.
Il fallait travailler cet écran de telle sorte qu’il devient transparent comme un rakia, comme un ciel. Mais l’homme, malheureusement, use de ses libres arbitres davantage pour s’affirmer vis-à-vis de lui-même, vis-à-vis de la société et encore plus vis-à-vis de lui, il est conscient qu’il est incapable de tout gérer, il est conscient qu’il y a des trous noirs dans sa propre vie, il est conscient de ses limites et malgré. Mais ceci, attention, n’est pas le fait du peuple juif et des nations, ceci est le fait même du peuple d’Israël. Écoutez-moi Alain, quand il traite de la guerre menée par Avraham contre les quatre rois et qui, comme nous l’avons vu, aurait un caractère messianique, pourquoi ? parce qu’elle nous met face à un peuple qui, Babel, nous condamne à l’exil.
Nous n’avons pas droit à une terre. Nous devons faire face à la perte, à l’iron de l’époque, qui, elle, ne nous reconnaît pas une existence, il vaut nous supprimer totalement de la scène de l’histoire, physiquement il faut le faire, c’est l’histoire d’Aman, c’est l’histoire d’Amalek. Et puis, vous avez Yavan, nous avons laissé des traces dans cette histoire, nous avons apporté quelque chose à cette histoire, de laquelle eux se nourrissent, mais il faut supprimer la racine. C’est le cas de Yavan, c’est le cas de la Grèce. Et enfin, et d’homme, c’est la somme de tout, c’est elle qui veut, qui ne refuse pour nous le droit à une terre, le droit à notre existence en tant que juif, en tant que descendant d’Avraham, et le peuple s’attaque, conteste notre patrimoine, et veut substituer autre chose.
Maintenant, dites-moi, est-ce que ces trois courants se retrouvent un peu, même au sein du corps constitué du peuple juge ? Il y a ceux qui, finalement, l’idée d’une terre nationale, pour eux c’est l’accessoire, c’est l’apologie même de l’exil, la vie en Égypte. Le fait de s’affirmer en tant que juif, c’est devenu aussi quelque chose qu’il faudrait peut-être essayer d’effacer et la remplacer par une nationalité tout court. Et moi, le fait de l’histoire du peuple juif, de ce qu’il a donné, de son héritage, de son patrimoine, malheureusement, il y a beaucoup de personnes que ça n’intéresse pas. Alors le liquidé Marwan, il dit quelque chose de merveilleux, il dit, vous savez, Les quatre enfants de la gada de Pessah, ce sont ces quatre rois, même eux combattent Avraham.
Le Itzhak c’est le Chachab, le Ishmael c’est le Racha, le Tam c’est Yaakov, Vous les retrouvez même dans les quatre développements des fêtes parce qu’il y a dans chaque grande Faites les quatre vers de la Gada de Pessa, les quatre mouvements d’indépendance, et il y a dans le Shavuot les quatre mots de deux lectures d’interprétation de la Torah. Tu peux adopter une traduction littérale comme tu peux. Il y a une illusion, une mystique, et dans ce compte, tu as ces quatre espèces qui représentent les quatre tendances au sein de la société qu’elles-mêmes. Alors ce qui veut est que le messianisme en quelque sorte qui est l’objet de cette guerre est une guerre à l’intérieur du peuple juif comme à l’extérieur du peuple juif, à l’intérieur des disciples d’Avraham, comme ceux qui se sont désolidarisés de lui, comme l’autre.
Alors, se pose la question de quelle guerre s’agit-il ? Ici, ce sont quatre rois qui mènent une guerre contre les rois clés, il faudrait les soumettre. Mais ces quatre rois en eux-mêmes constituent une ligue autour ou contre l’existence même d’Avraham en tant que telle. Mais Avraham, béhig baréham, et les Tordot ha-Shamayim, béhagaret béhig baréham. Qu’est-ce que ça veut dire Behidbale Ham ? C’est l’histoire du ciel et de la terre, Behidbale Ham, lors de la création, non, Behidbale Ham, en s’auto-créant, en se créant eux-mêmes. Avraham, c’est quelqu’un qui se recrée, qui se refait, on le passe dans les fournées ardentes. Il peut revenir à la vie, reprendre vie à partir de ses cendres et refaire encore une fois l’histoire, Ce n’est pas parce que ce pouvoir qu’il détient n’est pas dans l’arme à la halberge attirée.
Ce n’est pas l’épée. C’est au niveau de la parole, au niveau du langage, au niveau du langage. la génération de la tour de Babel a voulu créer une ville et une cité. Et la ville, on a dit, c’est l’île d’Avid, la cité de David. Et le Migdal, que Migdal, La tour, attention, c’est ce coup, c’est celui qui fait, c’est le sanctuaire qui établit la jonction entre le ciel et la terre, entre l’esprit et le corps, entre Shamaim va’Araets C’est lui qui permet, en quelque sorte, ce passage d’Étéphiline, c’est que le corps est un avec toutes ses quatre composants. Quatre composants, l’évréchouach, l’échamach, c’est-à-dire l’échidal et l’échétra, c’est quelque chose qui va au-delà. Mais, si nous laissons ces quatre niveaux fonctionner séparément, c’est la catastrophe.
Alors, il n’y a pas ce Nahar qui est au sommet Hayden, et il y a les 4 Tarshis. Il n’y a pas ce Jalef qui sort de Hayden. Il n’y a pas cette lumière qui… Il faut pouvoir assembler les choses dans un même élan, dans un même mouvement de pensée, réaliser leur une brise. Et on ne le fait pas. Et ça, c’est le problème de l’autre. Bien sûr que nous risquons d’être une fausse identité d’Avraham, l’autre est une fausse identité d’Avraham, il lui ressemble, mais il a déjà, lui, établi des limites des séparations. Il y en a, et ça, c’est également l’isolation que l’on peut faire à plusieurs niveaux dans notre façon de vivre, dans notre façon de le comporter.
Et si quand on se limite à un aspect des choses et qu’on oublie, le voir tout dans son ensemble, dans son unité. Alors, les nations peuvent s’attaquer à ça, parce que, qu’est-ce que c’est que le christianisme, c’est un aspect que l’on a amputé du corps de la pensée juive. Il en est de même, de circule des religions, c’est prendre un courant du judaïsme lui-même et mettre un accent particulier là-dessus, qui met en second rang tout le reste, c’est l’avortement messianique, parce que le messianisme, il se lie à différentes étapes, et sur le plan personnel, et sur le plan collectif. assez de penser par ce messie qui va venir de l’extérieur, le messie, on l’amène nous-mêmes, on le fait venir, on le fait venir mais pour le faire venir, il faut apprendre à l’U.C. d’un langage quémique d’Al-Dawid Zawaleh.
Il faut que même quand Aya Daïm est d’Aïssa, quand les mains sont celles d’Aïssa, il faut qu’un col soit collé à un col, que la voix soit celle de Yaakov, la voix de l’étude, la voix de la prière, la voix de la communication entre tous les composants de Suède, de telle sorte qu’il y ait une Chira émanant de l’Enseignement. Ça c’est le messianisme d’Horreur du peuple juif, ce n’est pas une réduction de toutes les forces ou de tous les courants. Un seul courant, c’est la vassalité de toutes les idéologies, de tous les courants de pensée à celle de la chaîne mêlère, de la souveraineté du ciel, de la souveraineté de D’. Bien, ça c’est le propre de l’unique guerre tenée par Abram pour reprendre les otages, les otages prises par les autres nazis.
On nous tient en otage, ce n’est pas seulement physiquement, on nous tient en otage intellectuellement, on nous tient en otage spirituellement. On ne veut plus nous-mêmes recomposer tout le reste parce que nous avons perdu la la facilité de communiquer avec tous ceux qui faisaient corps avec nous-mêmes et qui petit à petit ont pris des distances jusqu’à s’éloigner jusqu’au point de ce Dôme. Ce Dôme, le choix de l’autre n’est pas par hasard parce que ce Dôme, elle réclame, Elle est pour l’injustice, elle est pour que se réalise chaque homme par lui-même et il développe ses propres facultés qui ne vivent pas en dépendance de l’autre. Si il veut effectivement vivre de la charité, il n’y a pas de place pour lui.
Il faut à tout prix travailler et se nourrir des fruits de son laborat, sans cesse d’homme. Mais à force de vouloir, on sait le raisonnement jusqu’au bout. On va se retrouver soi-même face à des impératifs, parce qu’un certain moment, nous avons perdu notre faculté de travailler, nous avons perdu notre faculté de réaliser notre vie. Tout le monde n’a pas les mêmes facultés et tout le monde a pour vouloir assurer son avenir. Il sera toujours tributaire ou de la société, de ses propres enfants et qu’il intervient dans le monde, dans la justice, mais la justice de ce don c’est aussi un chévis, c’est aussi un otage, parce que nous considérons Mais si Avraham intervient pour ce Dôme, est-ce qu’il considère que ce Dôme est défendable ?
Il peut y avoir des sadiquins dans ce Dôme, il peut y avoir des sadiquins. Ben, pourvu qu’on ouvre des fenêtres par-ci par-là, mais quand on se ferme la vue et qu’on ne veut pas bouger. Alors à ce moment-là, on va se retrouver dans l’autre extrémité de l’amour et l’autre extrémité de l’amour, c’est l’amour incestueux qui amène effectivement les filles de l’autre à vouloir procréer avec leur père dans un état de semi-conscience ou d’inconscient total. Mais c’est ça, chaque fois où le messianisme perd de sa consistance propre. Moi, j’ai pu composer le bust et mener le combat pour sa décomposition. Ça c’est aussi une chose à laquelle Kadosch Maluchko a obligé, parce qu’Avraham, il se retrouve dans cette guerre malgré, et ce sont les rois qui se disputent, mais finalement il devient l’acteur principal.
l’acteur principal parce que tout ce qui se passe dans le monde n’est pas étranger au destin du peuple les jeunes. Ça c’est, il faut se l’enlever de la tête, nous sommes directement et indirectement mêlés à tous les devenir de l’humanité et se limiter au silence, au vouloir se relier sur des frontières uniquement nationales, ou des frontières uniquement spirituelles, ou des frontières intellectuelles. c’est condamner le peuple juif à une persécution permanente, dans un exil qui passe d’une étapes à l’autre et qui forcent les nouvelles générations à se redimensionner, à se recréer, à se rochaîner. C’est le thème de l’art de ce chapitre 15 où, en fin de compte, le combat mené, il n’y a rien à attendre. Il n’y a rien à attendre. On veut donner, on veut donner des cadeau, on veut donner une reconnaissance à Avraham, Avraham dit non. Certes, on ne peut pas exiser cela de tout le monde. Qu’est-ce qu’on veut ? Il y a des personnes qui se servent de la croyance pour l’amélioration de leur situation, pour répondre à tel besoin et à tel autre besoin. Ça peut être une faveur demandée, ça ne peut pas fonder une réalité propre.
Lui a donné, a donné, a donné un monde, a donné un jardin d’éden, comme un père donne, est prêt à tout donner pour son enfant. Le monde qui lui se fonte sur le fait de donner la bonté à tous les niveaux, mais rien en contrepartie. La route vers le cerochnaal me donnait un fil et un cerochnaal et un lacet. N’être en tant que coraille et l’aiglone qu’un être supérieur, on n’en veut pas. Je n’y entends pas. Moi, on s’est demandé qui a donné, si c’est le fils de Shem qui a donné à Avraham, il y a des exosètes qui, eux, disent non, c’est Avraham qui a donné. Avraham m’a donné. Lui, il ne fait pas ça pour s’affirmer davantage par rapport aux autres. Non, c’est surtout pour servir la souveraineté, malchot chamayi, la souveraineté de D’, c’est pour rendre aux gens veillés crabes chez ma chaîne, apprendre aux personnes, au monde, à revendiquer le nom de D’, à revendiquer sa présence, à l’associer au destin de sa création et c’est cela le messianisme dont il est question dans ce chapitre et que nous essayons de raffiner la fuité à chaque point parce qu’il y a différents mythes et mythes, mais qui présentent toujours les mêmes caractéristiques, mais à différents niveaux, et petit à petit, à cette époque, elle a amené sa fablola, alors elle promet qu’elle donnera aux nations sa fablola, un langage clair, qui facilite la communication, les gros coulombes chez mes cadres, pour que tous appellent par le même nom à Chéméler, le royaume de D’. Je m’arrête là si vous avez des questions à poser à l’esprit.
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