Pourim

par le Rav Raphaël Benizri
Oreilles d'Aman (hamantaschen), pâtisserie de Pourim
Masques colorés portés à Pourim

Pourim

La Guerre contre Amalek

Pourim

La Fête dans l’Exil

Pourim

Dans le Present

Le livre d’Esther a une particularité qui a longtemps troublé ses lecteurs : le nom de D.ieu n’y apparaît pas une seule fois. Dans tout le récit, il n’y a que des rois capricieux, des ministres ambitieux, des coïncidences, une reine qui plaît, un homme qui refuse de s’incliner, et une nuit d’insomnie.

Une histoire de coïncidences

Sauf que les coïncidences s’accumulent trop bien. Le roi ne dort pas précisément cette nuit-là ; on lui lit précisément le passage où Mardochée lui avait sauvé la vie ; Aman entre précisément à ce moment. Rien n’est surnaturel, et tout s’emboîte.

C’est là le sujet du livre. Il ne décrit pas un monde sans providence, mais un monde où elle ne se montre plus — un monde qui ressemble beaucoup au nôtre. Le nom même de la fête, « les sorts », désigne le tirage au sort d’Aman : le hasard sous sa forme la plus pure, qui finit par se retourner.

Le renversement

Un mot revient dans le texte : tout est inversé. Le gibet préparé pour Mardochée sert à Aman ; le jour choisi pour l’extermination devient le jour de la délivrance. Pourim est la fête du retournement — de l’idée qu’une situation entièrement bloquée peut basculer, et qu’aucun décret n’est le dernier mot.

Les masques

On se déguise, et cela n’est pas un simple divertissement pour enfants. Dans un livre où D.ieu se cache, où Esther cache son origine, où un décret se cache derrière un tirage au sort, le masque est le thème central rendu visible. Ce qui apparaît n’est pas ce qui est.

Une joie qui oblige

La fête impose quatre choses : écouter la meguila, faire un vrai repas, envoyer des mets à ses proches, et donner aux nécessiteux. Deux des quatre concernent les autres. Une joie qui resterait à la maison ne serait pas la joie de Pourim.

À poursuivre

Hanoucca, l’autre fête de délivrance, et Pessah, qui suit un mois plus tard.