Pourquoi l’étude de la Torah est-elle interdite le jour de Ticha beAv ? Le Rav Raphaël Benizri part de cette question pour introduire la figure d’Iyov, l’homme dont la piété est réelle mais ne s’accompagne ni de connaissance ni de partage.
Ce cours est une introduction au livre d’Iyov, mais son vrai sujet est le dépassement de soi : la conviction que la reconstruction ne viendra pas d’ailleurs, et que le Machiah, né selon la tradition le jour de Ticha beAv, dépend de ce que chacun est capable de dépasser en lui-même.
Ce que dit ce cours
Si la Torah ne nous parle plus, ce n’est pas elle qui est périmée, c’est nous. Le Rav renverse la formule habituelle : ce n’est pas la Torah qui cesse d’être d’actualité, c’est nous qui cessons de l’être par rapport à son message. Il faut donc l’actualiser en s’actualisant soi-même.
Une Torah soumise à la seule analyse reste un enseignement amputé. Si nous traitons les mitsvot comme un objet de science à maîtriser, nous en dégagerons bien des enseignements, mais privés de leur dimension intérieure. Toute lecture doit passer par l’esprit et par le frémissement intérieur.
La grammaire même des bénédictions le dit. On bénit « al hamila », à propos de la circoncision, mais le père qui circoncit son fils dit « lamoul et haben » : ce n’est plus une mitsva qui s’impose de l’extérieur, c’est une initiative, l’accomplissement par soi-même. De même pour « lehadlik ner Hanouka » : c’est ma propre lumière qui se prolonge.
C’est là, dit le Rav, le cœur de la destruction du Temple. Quand le sanctuaire devient un lieu extérieur, où l’on se rend pour s’acquitter d’un commandement, le bénéfice est minime. Le vrai ressourcement suppose une attente intérieure, et un échange entre deux lumières.
Iyov n’appartient à aucune époque : il est de tous les temps. Les traditions le situent tantôt parmi les conseillers de Pharaon, tantôt à l’époque des explorateurs, tantôt au temps de Yaakov. Peu importe : ce peut être vous, ce peut être moi, quiconque cherche à donner un sens à son existence.
Il n’est pas juif, il habite la terre d’Outs, et personne ne sait où elle est. Cet homme n’est l’émanation d’aucun lieu : il est le prototype de l’humain, sur quelque continent que ce soit. C’est là l’universalisme de la pensée biblique.
Le texte le dit intègre et droit ; le Rav dirait plutôt naïf. Iyov porte une foi primaire, une droiture respectable, une crainte de D’ qui n’est pas soutenue par un amour de D’. Il sert comme un esclave sert son maître, non comme un fils sert son père.
Le Rambam distingue trois sortes de conflits. Ceux de la nature — tsunami, orage, incendie — extérieurs à nous ; ceux des guerres et de la mésentente entre les peuples, dont nous sommes les victimes ; et celui de l’homme face à son propre destin, le seul qui engage totalement notre responsabilité. Iyov est confronté aux trois.
Son premier échec est une rupture entre les parents et les enfants. Il a tout donné aux siens, mais ils n’ont pas ses qualités. Il offre des sacrifices pour expier leurs fautes, sans jamais se mettre à leur niveau : donner un métier n’est pas former un ben adam.
Le Satan, dans ce récit, représente la stricte justice. Le dialogue avec Elohim revient à demander si tout ce mouvement religieux n’est pas un bien-être subjectif, un rideau derrière lequel l’homme se cache — une manière de rejeter sa propre responsabilité sur plus grand que soi.
Iyov ne pleure pas ses enfants — et c’est ce qui trouble. Il déchire son vêtement et prononce la formule consacrée : l’Éternel a donné, l’Éternel a repris. Nos sages disent qu’il n’a pas prononcé un mot déplacé, mais qu’au fond de lui il était rongé : dans son cœur, il a fauté.
Rien, dans le portrait d’Iyov, ne mentionne un acte de bonté envers son prochain. On nous décrit un homme au service de D’, en paix avec lui-même et comblé de toutes parts, mais jamais un homme tourné vers sa société. C’est cette absence qui prépare son déclin.
Sa réponse à sa femme trahit un reste de paganisme. Accepterions-nous le bien de D’ sans accepter le mal ? Or du Très-Haut ne peut émaner le mal : le mal est forgé, il est l’œuvre de l’homme, dans sa manière d’appréhender et de manipuler le bien.
Les trois amis viennent de trois horizons différents. Elifaz de Teiman, Bildad et Tsofar, rejoints par Elihou, se considèrent comme ayant eu des visions du divin — preuve que la révélation n’est réservée ni à un seul peuple ni à une seule frange de l’humanité.
Leur thèse : chercher la cause de l’épreuve en l’homme, jamais mettre D’ sur la sellette. Il n’y a pas de juste qui ne faute jamais ; chez chacun un aspect a été négligé, et l’équilibre s’est rompu. Iyov, lui, se croit sans faute et pense que D’ s’est détourné de lui.
Sa vraie faute est le mépris. Il s’est considéré comme la colonne vertébrale de l’humanité, le modèle et la référence, et n’a pas jugé les autres dignes de son attention. Il faudra une trentaine de chapitres pour qu’il corrige sa façon de voir — et alors seulement D’ engage le dialogue.
À la fin, Iyov ne reçoit pas d’autres enfants : il retrouve les siens. Il leur donne de nouveaux noms, ce qui est une reconversion d’être. Quand le dialogue manque avec ses enfants, ce n’est pas qu’ils soient étrangers à l’enseignement : c’est qu’ils ne croient pas en nous, et que nous n’avons pas trouvé le langage pour les gagner.
Le rapprochement avec Ticha beAv est direct. Nous avons retrouvé notre terre, mais pas encore le langage du partage, et les ruptures de dialogue traversent la société, les générations, et le monde religieux lui-même.
Une halakha desséchée ne résiste pas aux intempéries. Une pratique qui ne respire ni joie de vivre, ni volonté de transmettre, ni goût de faire communauté cède devant les catastrophes et les conflits, et nous expose à des pertes de substance considérables.
Le compte à rendre dans le service de D’ se joue dans le service de l’autre. La sagesse est la véritable crainte de l’Éternel : il faut expliquer et non imposer, faire de la pratique une expression naturelle de soi, et faire aller de pair l’amour et la crainte.
Dans le nom Iyov se cache oyev, l’ennemi. La haine de soi, le mépris de soi, qui cherche à se conforter ailleurs et à se protéger. La réponse est de se grandir : par l’étude, par la sagesse.
Pourquoi le Machiah naît-il précisément à Ticha beAv ? À Kippour, nous restons tributaires du pardon de D’ ; nous nous en remettons à Lui. À Ticha beAv, le peuple prend conscience que tout dépend de lui, que c’est à lui de dépasser ses faiblesses — et c’est de cette prise de conscience que naît toute reconstruction.
À une question de l’assistance, le Rav répond que l’étude sans pratique tombe dans le même travers que la pratique sans étude. C’est un amour platonique, un déchirement intérieur sans expression réelle. Quant à la révolte, la houtspa kelapei chemaya est permise — Avraham l’a pratiquée — à condition d’attendre la réponse plutôt que de poser la question et de s’éclipser.
Transcription intégrale du cours
J’ai dit qu’il était interdit de goûter au joie de l’étude le jour de Tisha Beraf. Et que cette joie de l’étude de la Torah nous est interdite tout simplement. parce que dans un état de deuil pour tout ce que nous avons perdu et pour tout ce que nous ne sommes pas, tout ce que nous n’avons pas réalisé encore fait qu’il faut une certaine hache pour reprendre la lecture de la Torah. Il peut y avoir une lecture périmée pour notre âge, pour notre niveau de culture au fur et à mesure que nous avons besoin. Alors, il faudrait essayer d’actualiser la Torah, si la Torah ne nous parle plus et que son message nous est étranger, c’est pas que la Torah n’est plus d’actualité, c’est nous qui ne sommes plus d’actualité par rapport au message de la Torah.
C’est très important parce qu’il y a toujours deux façons de voir les choses, soit dans le sens objectif, Et tout comme nous soumettons la science des choses à notre analyse, et nous essayons de la maîtriser par notre esprit, et la Torah si nous la considérons comme telle, et ses injonctions comme telles, les mitzvot. Alors, certes nous allons dégager certains enseignements, nous allons les comprendre, mais ce sera toujours un enseignement amputé de sa dimension intérieure, parce que toute lecture de la Torah doit se faire au travers de l’esprit et de notre frémissement intérieur. Cela est traduit dans la manière même dont nous faisons nos bénédictions. Il y a deux sortes, il y a deux versions de bénédiction.
Vous dites, nous disons, « AShe’el ki deshanu b’mitvotah ve’tsilvanu al hammila » qui nous a ordonné de pratiquer la circoncision. « AShe’el ki deshanu b’mitvotah ve’tsilvanu al netilat yadaim » qui nous a ordonné le lavage des mains, l’élévation des mains. Mais le Père quand il circonsit son enfant, il ne dit pas al hamdillah, il dit la moul et taben. Il nous a ordonné de faire la circoncision à notre enfant. Il y a une différence entre «al» et «les». «Les» a-dli-knel, qui nous a ordonné d’allumer une lumière, la lumière de Chanukah. On ne dit pas « Al had la katner che khanouka » ou « Al khanouka », il y a un prolongement de moi dans le fait d’allumer la lumière, c’est ma lumière à moi qui se prolonge au travers de la lumière de khanouka.
Lorsque je circoncie mon enfant, À ce moment-là, ce n’est pas une pratique du mitzvah qui s’impose à moi de l’extérieur. Non, c’est une initiative, c’est l’expression de l’accomplissement de la mitzvah par moi-même. Et c’est très important parce que il faudrait que la lecture de la Torah, comme la pratique des Mitzvahs, obéisse à un souffle intérieur de ma personne, parce que tant que celui-ci ne participe pas, alors la Torah est tel un objet qui est soumis à l’analyse de l’esprit, il n’y a pas cet Ahab, il n’y a pas cet amour. Il n’y a pas cette adhésion de ma personne au texte que j’étudie, à l’amidzwa que je pratique. Je m’en acquitte tel un devoir de l’extérieur qui m’est imposé. Elle n’est pas l’expression de ma nature, elle n’est pas l’expression de ma émona et c’est, en somme, ce qui est au centre de la destruction du temple.
Quand le sanctuaire devient un lieu extérieur à nous, auquel nous nous rendons tout simplement parce qu’il y a trois fêtes de pèlerinage et qu’on doit s’acquitter du commandement de la Torah, on va le faire, mais nous n’en retirerons qu’un bénéfice minime. Le véritable ressourcement d’être, c’est lorsque je sens ce besoin de l’intérieur et je l’attends impatiemment. Alors, quand je me rends dans le sanctuaire, celui-ci est en contact immédiat avec cette aspiration profonde que je porte en moi. il y a un échange qui se fait de deux lumières, de deux apports, l’un qui est extérieur, l’autre qui est intérieur. Et ça, c’est la véritable petite coupe. Alors, je voudrais aborder l’étude de Hiaw dans cette perspective.
parce que vous savez qu’il y a plusieurs versions sur la personne dieu qui est édite. Un rabbin, certainement pas. Un prophète des nations peut-être. Il était au nombre des serviteurs de Pharaon, on nous dit, et lorsqu’on a… Pharaon a été en train d’étudier la manière de finir avec ses descendances d’Avraham, Le premier génocide de l’histoire du peuple juif, et bien, Yovsétu il ne s’est pas manifesté. Pour ceux qui le situent parmi les conseillers de Farand, mais ceux qui le situent au ton des explorateurs, Ah oui, c’était quelqu’un qui occupait le pays et qui protégeait par sa science, par son savoir, par sa dimension la population canadienne. Mais il venait de mourir et par conséquent, les frontières étaient ouvertes au peuple d’Israël. Le peuple canadien n’avait plus la protection de Iauve et de ce fait Iauve s’identifie avec les prophètes des nations.
Ceux qui disent qu’autant de Yaakov, autant de Itzhak, peu importe, je vous dirai que Yov est de tous les temps. Il n’y a pas un temps d’Yov. Qui est Yov ? Ça peut être vous, ça peut être moi, ça peut être qui que ce soit, qui effectivement veut donner un sens à son existence, mais il y a différentes manières de de donner un sens aux on est des gens on ne veut pas on ne va pas tous entrer dans le même moule ce n’est pas possible il ya une variété de de personnes boh chan c’est comme ça que cela doit être et différentes sensibilités différentes personnalités et différentes approches de cette perception du divin. Mais nous devons savoir que dans cet effort que nous faisons en quête de spiritualité, Elle n’est jamais sans difficulté, sans écueil, sans épreuve, sans souffrance.
Le juste ne connaît pas de repos. Toute sa vie est mouvement vert et dans ce mouvement vert, ce qui devrait être pour lui une ère de repos, Ce n’est qu’un nouveau départ vers autre chose, un autre défi. Iov est le prototype de cet homme qui a fondé sa vie sur la volonté de sentir cette présence de D’. Mais dans une foi, dirions-nous quelque peu primaire, ça nous arrive. Nous ne sommes pas tous portés par la volonté de connaissance. et cette piété qui, elle, n’est pas accompagnée d’une volonté de dialogue avec le Divin. Mais tout simplement, d’une foi inconditionnelle qui n’est pas portée par la connaissance, alors celle-là, elle est décriée par le texte biblique. Ça dit que vers l’eau le juste qui souffre, ce n’est pas une question, c’est une affirmation.
Il est tout à fait naturel et normal qu’un être qui est saisi par un niveau moral élevé, ne le vait pas le compte à soi, mais le compte à l’autre. C’est-à-dire, je ne souffre pas que pour moi. Ma souffrance est plus celle de l’autre qui, lui, n’a pas les mêmes moyens au travers des épreuves difficiles ou qu’il me mette dans une situation confortable parce que je dois encore une fois me réduire, emprunter un langage primaire pour un simple dialogue. Or, on voudrait élever le niveau et c’est à cela qu’on doit s’atteler. Oui, et cette quête de D’ ne supporte aucun conformisme, aucune concession, que l’on peut faire en politique, malheureusement, parce qu’il faut composer avec tout le monde, Mais cette composition dans le monde de l’esprit, dans le monde de la morale, elle est impolaire.
Alors je disais que Iov n’est pas nécessairement un homme juif, c’est un homme des nations, mais un croyant. Où a-t-il existé ? Où il a habité ? Nous ne le savons pas. Isha yabeh eretz-Rutz, c’est un homme qui habitait la terre de Rutz. Où se trouve la terre de Rutz ? Les uns la situent dans la région de Damas, dans la péninsule arabe, et ainsi de suite. Il y a un peu de supposition. L’idée est que cet homme-là n’est pas l’émanation d’un lieu, il est le prototype de l’humain sous quel continent que ce soit. Mais c’est cet universalisme de la pensée biblique, de la pensée juive, parce que ce que nous avons appris de Iov, vous savez, il y a une seule loi que nous avons prise de Iov, que pour le Deux il faut déchirer ses vêtements.
C’est ce qu’il nous a enseigné à Iov. A-t-on besoin de cela ? Mais ça reste formel, déchirer ses vêtements, cela ne veut pas dire que l’on a déchiré son cœur, qu’on a le cœur déchiré. Mais on nous dit qu’il y avait un homme tampe intègre, droit. Si la Bible traduit « Tam » par intègre, moi j’aurais tendance à dire un naïf. « Yereh Elohim » frémissant devant D’ ayant la crainte de D’, « Vessach mera et ses cartons du mal » Donc, bon, allez, était-il sage ? Non, ça c’est le problème de Hieu. il porte en lui une foi primaire, volonté de droiture que l’on peut respecter, une crainte de D’ qui n’est pas soutenue par un amour de D’, et je n’en ai que faire.
Quand elle est seule, ça veut dire tout simplement que j’ai toujours peur que le ciel ne me tombe sur la tête. Et j’ai intérêt effectivement à marcher tout droit avec D’ si je ne veux pas avoir d’ennui. Donc j’ai plus peur de lui et je le sers comme un serviteur, comme un esclave servirait son maître, mais pas comme un fils servirait son père. Ramban dit que dans la vie nous sommes bousculés par trois conflits d’êtres. Celui de la nature qui est extérieur à nous, bon un tsunami, un violent orage, un incendie, ça fait des dégâts. C’est inattendu et nous n’y pouvons rien. Le deuxième qui nous déstabilise, ce sont les guerres, la maison tente entre les peuples, les violences que cela entraîne et nous en sommes victimes parce qu’il y a des personnes effectivement défendent un drapeau, une idéologie quelconque, un honneur à soi.
Nous sommes leurs victimes. Mais il y a un troisième. C’est celui que l’homme, de l’homme, fasse à son propre destin. C’est celui que forge l’homme dans sa manière d’être, dans sa manière de transmettre et dans sa manière également d’appréhender son monde. Et il dit que si les premiers, nous pouvons en fin de compte les situer à l’extérieur de nous-mêmes, quoique il est de notre devoir de chercher à parer ces conflits, le troisième engage totalement notre responsabilité. Et c’est comme ça que Yov, Il est confronté à ces trois conflits. Nous allons avoir, je ne sais pas, je ne vous ai pas demandé de lire ces trois chapitres en premier lieu parce que je vous résume, Ihov, il a sept garçons, trois filles et il a une richesse que le texte décrit de l’époque. Beaucoup de personnes à son service, beaucoup de bétail, il est le plus riche des habitants de l’Orient, l’Orient, mais c’est une vie comblée, dirions-nous. Les enfants ne suivent pas. Ces enfants, ils organisent des fêtes, la Dolce Lita, de temps en temps c’est ça, et ils font les frères et les soeurs et se manger et boire.
Donc première chose, il y a ce qu’on appelle une rupture entre les parents et les enfants. Nous sommes là toujours en train de chercher à combler nos enfants et à tout leur donner. Dans quelles mesures ? Là, ce que nous avons investi en eux, assure une continuité au-delà de ce soutien matériel que nous leur avons assuré, travaillant pour eux, sans compter. Ça c’est le premier échec de Ihov. Ihov a tout donné à ses enfants. Mais ses enfants, eux, n’ont pas fait preuve de ces mêmes qualités qu’il avait. Tamiya chariele elokim vesa Mais qu’est-ce qu’il fait ? C’est un homme religieux, dirions-nous, entre guillemets aujourd’hui. Il offre des sacrifices à D’ pour ses enfants, pour expier les fautes de ses enfants.
Peut-être que ses enfants ont indisposé le divin par leur conduite. Ce sont des jeunes. On ne peut pas leur en vouloir. C’est une nouvelle génération. Il faut se mettre à leur niveau. plutôt que de les amener aux nôtres et à les soutenir spirituellement, pas seulement sur le plan des études que nous leur insurons, parce que c’est un métier aussi que nous leur donnons. C’est un moyen de gagner leur vie, Mais être un homme digne de ce nom, un Ben Adam, un mec, ça c’est quelque chose que Yov n’a pas réussi tout en étant un homme vraiment porté par cette religion, cette crainte de D’, cette volonté de droit dur, mais qui était sans influence, sans portée, parce que manquant de connaissances, manquant de partage d’une spiritualité, d’une volonté, de partage avec les autres, c’est cela qui fait défaut en premier lieu.
vous savez quand on a cette transmission de parents à enfants on a amputé notre vie de son essence parce que le premier au-delà de l’être c’est d’abord l’enfant. Alors, ils en avaient le souci en loin et malgré tout D’ est entre guiné. Parce que ici on ne parle que de Eloquim et quand on parle de Eloquim, nous parlons de la crainte. Nous parlons de cette manifestation du divin dans les forces de la nature que nous craignons tant bien que mal parce que nous voudrions tant qu’ils répondent à notre attente et que un déséquilibre des forces ne vienne entamé ou détruire tout ce que nous avons investi. Et c’est la raison pour laquelle Eloquim demande au Satan de soumettre cette approche de Iov à l’épreuve.
Est-ce que c’est cela servir D’ ? Est-ce que c’est cela croire en D’ ? Est-ce que servir D’ c’est effectivement chercher son propre salut dans la vie et et se dire, ma foi, moi je vis avec cette intimité du divin et je n’ai plus rien à craindre. Bon, cette foi de Iove est soumise à Rudébrock, il y a un dialogue entre D’ et le Satan. Que représente Satan ? La stricte justice, la pure justice, la rigueur même. On va voir, est-ce que finalement tout ce mouvement religieux n’est pas un bien-être subjectif, un rideau derrière lequel l’homme cherche à se cacher, à se protéger. C’est une façon de résoudre toutes ces inquiétudes, toutes ces angoisses, et peut-être même de rejeter sa propre responsabilité sur un autre supérieur.
Et c’est là que le dialogue entre Eloquim qui est justice et le Satan qui est rigueur se fait jour. Ce vaillis ayom on dit c’est le jour de rechauchement. Or un jour de rechauchement, chaque jour on peut en faire un jour de rechauchement. C’est-à-dire un jour de bilan. On fait un bilan de ce que nous sommes, parce que béné à Elohim, tous ces princes qui nous gouvernent, ce ne sont pas les enfants de D’, il n’y a pas d’enfant chez D’. Mais, béne à Elohim, ceux qui se croient réellement au-dessus de la mêlée et qui veulent gérer tous nos problèmes, Ils se moquent de nous, ils se moquent de ce mouvement religieux qui porte l’homme, ils disent qu’il est intéressé et D’ dit que malgré tout c’est mieux que rien, il faudrait le soumettre, il faut voir. D’ a donné le feu vert au Satan pour mettre à l’épreuve, c’est-à-dire que nous sommes soumis à ces épreuves d’une manière permanente, d’une manière constante. Allons-nous plier les chines ou pas ? Il faut dire que Iov n’a n’a pas cédé. Il n’a pas cédé parce que D’ lui a dit, « écoute, tout château mais préserve sa vie » et on lui annonce, je vous ai parlé de ces manifestations naturelles, le feu, la tempête qui viennent et qui le privent de tous ces biens, qu’au après coup, oui, et Yovne ne se démonte pas et puis on vient lui annoncer, on vient lui annoncer que des guerres, nous avons parlé des guerres dans Rabin, voici des bandits, terroristes se sont manifestés et est-ce qu’ils ont tué les enfants ou est-ce qu’ils les ont pris en otage ? Le fait est que tuer ou pris en otage à l’époque c’est la même chose lorsque on lui annonce que ces enfants ont été victimes de ces bandes de terroristes qui sont venues faire la rasia de tout, alors c’est là qu’ils déchirent son vêtement. Ce qui est étonnant, c’est qu’ils ne pleurent pas, pleure pas ces enfants. Le codicille bon nu je suis sorti du ventre de ma mère, nu je retournerai, l’éternel a donné, l’éternel a pris, hachem natan hachem lachar, ça c’est une formule consacrée, bien connue, yéi shem hachem mevorach, que le nom de l’éternel soit bébé.
Ces enfants ont été victimes de brigands et je n’ai pas la moindre larme aux yeux. Et je dis, bon, c’est D’ qui a voulu. Alors on dit, mais qu’on se tient à la mort ? Yov n’a pas péché en prononçant un quelconque mot déplacé envers D’, il ne s’est pas un sujet contre la volonté divine. Au contraire, il a béni D’, mais nos saint-jons disent Non, il n’a pas prononcé un mot déplacé pour faire preuve de sa foi, mais au fond de lui-même il était rongé. Mais libérant, il a pêché. Nous allons assister à un déclin de cette homme-là, de la foi de cet homme, Parce que ce qui est dit, ce qui est rapporté, ce qui est relâché, c’est que cet homme-là, il est au service de D’, il vit avec D’.
Mais on ne nous a pas dit qu’il a fait acte de bonté vis-à-vis de son prochain, de sa société. le moment où on nous a décrit un homme en paix avec lui-même, il est comblé de toutes parts. Bon, aujourd’hui il est objet de dures épreuves, voilà une fois qu’il n’est pas tout à fait à son honneur. Et c’est ce dont, or vous savez, le Satan revient à charge et dit, même en perdant ses enfants, cet homme-là, le fait qu’il ait sauvé sa peau, c’était l’essentiel, mais maintenant essayons un petit peu de l’indisposer lui-même et de le soumettre à une véritable douleur de soi et vous allez voir que finalement il ne va pas tenir et D’ consent à ce que qu’il soit objet de ces épreuves que veut le Satan.
Il y a une lèpre qui le prend de la tête au pied et tout son corps le démange. Et enfin sa femme lui dit jusqu’à quand tu vas rester attaché à tes convictions. Outrage D’ et donne-toi la mort, suicide-toi. Quel est le sens de la vie ? Pourquoi tu vas continuer à vivre ? continuer à vivre tout en souffrant. Est-ce que ça a un sens ? Et lui de répondre à sa femme, à nous, allons-nous tout simplement accepter le bien de D’ et ne pas accepter le mal ? Donc pour lui, D’ est à la fois source de bien et source de mal. Ça c’est déjà une preuve de paganisme. « Mi piéliu l’otetze al rante v’yatov » Du très haut ne peut émaner le bien et le mal, parce que si quelque part le mal devait être une expression de D’, à ce véchalom, l’éternel serait mal, impossible. Il est source de bonté.
Donc tout ce qui est mal, c’est uniquement dans la manière de l’homme d’appréhender le bien et de manipuler ce bien. Le mal est en quelque sorte forgé. Il est l’œuvre de l’homme. Mais seulement je vous ai dit que cet homme-là, après avoir tout perdu, il sombre dans une grave dépression. Il ne cherche même plus pas à consoler sa femme. Ses amis le quittent. Il n’a plus d’amis, mais il y a trois amis qui viennent d’un peu partout, entendons par là, trois tenants de différentes approches du divin, et ces trois amis vont, on n’aura pas le temps de tout voir, mais c’est une introduction, nous aurons l’occasion d’analyser cela d’une manière un peu plus profonde, Bézrat Hashem au courant des études que nous ferons plus tard.
Mais ces trois amis qui lui restent, ou ces trois sages, ou ces trois prophètes parce qu’ils se considèrent ayant eu des visions du divin et qui vient de différents endroits comme quoi la révélation de D’ n’est pas réservée qu’à un peuple, qu’à une frange de l’humanité. Et ils viennent de Keman et de Zophar auquel s’ajoutera un quatrième. Mais quel est le thème principal du discours de ces trois qui viennent et un dialogue s’instaurent entre Iov et ses amis après une période de silence ? c’est que s’il y a des épreuves que nous sommes appelées à endurer, il faut chercher la cause en l’homme et il faut à aucun prix accuser D’. Il ne faut pas mettre D’ sur la selette. Nous sommes, il n’y a pas de juste qui fasse bien son péché, sans péché, nous l’avons bien dit, mais il y a chez chaque homme, cette paix qui a été négligée et qui fait que l’équilibre a été rompu.
Or, ce qui apparaît dans le texte, et je vois que nous avançons dans l’heure, c’est que tout au long de cet échange qu’il y a entre Yov et ses amis, c’est que lui se… considère comme n’ayant jamais fauté. Il est un homme de croix, croyant D’, c’est D’ qui s’est détourné de lui et il ne réalise pas qu’en fait c’est lui qui a fait preuve de mépris vis-à-vis de tout le monde à l’entombe parce qu’il s’est considéré comme véritablement la colonne vertébrale de l’humanité, le sauveur de l’humanité, la référence, le modèle. Ce dommage n’est pas le temps de vous lire le texte. Comment il considère les autres comme n’étant pas dignes de son attention. Et c’est par le fait que les amis se sont à te les inviter, montrer que il n’y a pas réellement de faute de D’ dans la direction de son univers. Il y a d’abord l’homme, l’homme dans sa relation à autrui. Et lorsque Yov corrige sa façon de voir les choses, mais ceci après une trentaine de chapitres.
C’est à ce moment-là que D’ se révèle à Yov et engage un dialogue avec lui en lui disant tu m’as servi, mais tu n’as pas fait cas d’une volonté de connaissance de D’. Or, vouloir servir D’ sans partager la connaissance avec ton entourage, avec les autres, Cela ne peut pas effectivement te donner accès à connaître les véritables desseins de D’ et à vouloir partager ce bonheur de vivre cette proximité de D’ avec tout le monde. L’histoire de Iov se termine par un Lépien, c’est une fin heureuse puisque il retrouve ses enfants, il leur donne d’autres noms. Ce ne sont pas d’autres enfants que D’ lui donne, il les retrouve. Il a retrouvé le dialogue avec ses proches enfants.
Parce que quand on n’a pas le dialogue avec ses proches enfants, C’est pas que les enfants sont, eux, étrangers à notre enseignement. C’est parce qu’ils ne croient pas en nous. Nous ne sommes pas pour eux, nous n’avons pas trouvé le langage qu’il faut pour les gagner à notre cause, pour qu’ils prolongent notre façon de penser et de servir et de contribuer à l’amélioration de niveau de notre santé. Alors, et c’est la raison pour laquelle ils donnent de nouveaux noms à ces enfants, C’est une reconversion d’être, une manière de dire « oui, mes enfants étaient en captivité. Captivité, ils étaient prisonniers d’une idéologie fermée qui n’a pas cherché à retrouver un langage commun, quelquefois un esprit patriarcal est à l’origine de cela.
Mais sans cet esprit, cette assurance que l’on a et que l’on veut imposer, cela ne marchait pas. et c’est celui-là l’enseignement de Yves. Je le rattache rapidement au Tisha Véave. Nous avons perdu notre centre spirituel et nous n’avons pu à ce jour le reconstruire. Nous sommes encore, nous n’avons pas au prochain retrouvé notre terre. Mais nous n’avons pas encore retrouvé le langage de partage afin de t’empêcher ces ruptures de dialogue au niveau de notre société, au niveau des enfants, des nouvelles générations. Et même dans le monde religieux, nous retirons quelquefois dans une halacha, dans la pratique d’une halacha desséchée ou qui ne respire pas, une choice de vivre, de transmission, de communauté. Mais alors, celle-là ne résiste pas aux intempéries, ne résiste pas aux catastrophes naturelles, ne résiste pas aux conflits, et nous sommes exposés chaque fois à des perles de substances considérables.
Nous attendons de murir, de murir parti par les rares personnes qui ont considéré que le compte à soi dans le service de D’, c’est dans le service de l’autre. c’est d’accepter, effectivement, d’appréhender l’autre avec le maximum d’intelligence, de sagesse. « Enchorma ir altachem » La sagesse, c’est la véritable crâne de l’éternel. C’est cela le « chrénissement ». c’est qu’il faut expliquer, il ne faudrait pas imposer les pratiques, il faut d’abord la connaissance et faire en sorte que les pratiques soient une expression naturelle de nous-mêmes et non pas un devoir intrinsèque imposé de l’extérieur. Il faut que l’amour et la crainte aillent de pair, d’un commun accord, et que chaque fois, dans notre manière de voir notre relation à l’autre, ne soit pas iôve.
Or, il y a dans le mot de Iov, « Oiel, ennemi », la haine de soi, le mépris de soi, le mépris de soi qui cherche effectivement à se conforter avec autre chose, à se protéger. Il faut au contraire se grandir, se grandir au travers de l’étude, au travers de la sagesse. Et c’est pour cela qu’il y a deux jours où nous jeûnons de la même manière. C’est qu’à qui pour ? D’une part, et qu’à d’autre part. A qu’il faut, on a pas dit que le Messiah est né à qu’il faut. On a dit que le Messiah est né à qu’il faut. Mais à qui jamais ave nos genoux ? Mais qu’est-ce que nous faisons d’autre ? Nous pleurons ce que nous avons perdu. Nous pleurons tous les drames de notre histoire. Nous pleurons nos êtres chers. Mais, et qu’est-ce que nous faisons à qui pour ? À qui pour ? Nous Nous sommes conscients de nos péchés et nous implorons l’Eternel pour qu’il nous accorde le pardon.
Pour, nous sommes encore tributaires du pardon de D’. Faut-il qu’il veuille nous pardonner ? Rester dans cette dépendance, même du pardon de D’, n’est pas une garantie pour le machia. Parce que ça veut dire que finalement, je m’en remets à D’ et je compte sur lui pour qu’il m’accorde son pardon. à l’échappe et à tout le problème est en moi. C’est moi qui dois faire l’effort de dépasser mes faiblesses, mes incompétences, ma relation à outre-mille, au monde, à D’. Et si tout dépend de moi et que moi seul je peux redresser la barre et arranger la situation, alors Mashiach et là le Messie est né le jour de Tisha B’Av, parce que le jour de Disha Béat, le peuple a pris conscience que c’est de lui que tout reconstruction peut se faire.
Voilà, j’arrête là si vous avez des questions à vous donner. C’était une introduction, mais je vous dis que je n’ai pas encore abordé la vraie étude de Iof. mais il faut toujours une introduction, il y a beaucoup à dire. Si vous avez des questions à poser avec plaisir, non, je vous souhaite… – Ralph Benesri, excusez-moi, je réfléchis justement aux questions. Vous avez dit effectivement qu’il faut éviter une pratique sèche, que j’ai compris, une pratique sèche, dénuée d’études. En tout cas, c’est ça que j’ai compris qui est… T’as bien compris. J’ai rien compris. Oui. J’allais demander, est-ce qu’à l’inverse, une étude, ça en pratique, c’est pas tomber dans le même travers ? Non, c’est tombé dans le même travers, tout simplement parce que une étude sans pratique, ça veut dire que en réalité c’est un amour platonique qui ne mène à rien.
C’est une souffrance supplémentaire parce que c’est un déchirement intérieur, étant donné que tu ne peux pas lui donner une expression réelle. Alors tu es dans une sphère de connaissances autour des théories. Alors ça ne mène à rien. Moi j’ai dit que Iob craignait D’. En fait, il ne se révoltait pas du tout. Il ne s’est pas révolté. On a le droit de se révolter ? Alors, reste des fois devant des choses qui arrivent qui sont difficiles pour certaines personnes, la maladie, je ne sais pas. Je vais vous parler par une expression canadienne. « Utspak la pishma ya ma’aliya » ce qui veut dire « une audace » avec un dialogue envers le ciel elle peut être utile parce que D’ aime bien qu’on engage sa responsabilité mais si on engage sa responsabilité il faut se mettre à niveau pour traduire les choses parce que c’est comme ça que Avraham a abordé D’ en lui disant «Ashofet kolah haretz tuyaz emeshpah» Est-ce que le juge de tout l’univers ne pratiquerait-il pas la justice ?
Alors c’est audacieux, c’est une manière. Et le tout n’est pas de poser la question et de s’éclipser. Attendez la réponse. Oui, d’accord. Très intéressant ce cours. Une autre question ? Bien, alors je vous souhaite de bonnes vacances et nous nous retrouverons dans une prochaine. A la…
Une étude du Rav Raphaël Benizri. Voir aussi les jours de jeûne.