La rivalité de Yossef et de ses frères est présentée ici comme le point extrême d’une histoire qui commence avec Kayin et Hével et se rejoue à chaque génération. Ce cours pose une question précise : pourquoi tout, dans le récit biblique, se fonde-t-il sur la fraternité et non sur l’amour ? Le Rav Raphaël Benizri y répond en distinguant l’amour, où il y a jouissance mutuelle, et la fraternité, où l’on s’efface pour la réussite de l’autre. De là, il relit les rêves de Yossef comme une forme de révélation de l’être à lui-même, et non comme les fantaisies d’un adolescent.
Le cours part d’une introduction sur la fraternité comme condition de l’histoire : tant qu’elle n’est pas acquise, rien ne peut commencer, et la liberté elle-même reste captive. Le Rav rappelle que ce qui a déclenché la sortie d’Égypte n’est pas seulement la préséance d’Éphraïm sur Ménaché, mais le fait qu’Aharon se réjouisse de la réussite de son frère Moché. Il situe ensuite le rêve dans les différents niveaux de l’être — nefech, roua’h, néchama et au-delà — pour montrer qu’on peut rêver à hauteur de ses désirs comme à hauteur de son inspiration la plus profonde.
Il revient alors au texte : les deux rêves de Yossef, la réaction des frères, le silence de Yaakov, l’envoi vers Chekhem, la descente en Égypte. Le cours aboutit à une distinction décisive entre Yossef, nazir e’hav, qui restera gouverneur sans jamais être roi, et Yehouda, à qui reviendra la royauté. Une question d’un participant sur la passivité apparente de Yossef ferme la séance, et le Rav y répond en déplaçant le regard : les douze fils de Yaakov ne sont pas des personnages extérieurs, ce sont les douze dimensions d’une même vie.
Ce que dit ce cours
L’histoire de l’humanité commence par des frères ennemis, et la rivalité atteint son maximum chez les fils de Yaakov. Elle s’ouvre avec Hével et Kayin, et se rejoue ensuite à des degrés différents d’une génération à l’autre. Quand on arrive à l’intérieur de la famille de Yaakov, entre Yossef et ses frères, on a atteint le stade le plus élevé de cette rivalité. Ce n’est pas un accident de parcours mais le nœud de tout le récit. Ce qui se joue là engage la possibilité même d’une histoire.
Tout repose sur la fraternité, et non, paradoxalement, sur l’amour. Dans l’amour, il y a tout de même une jouissance mutuelle : chacun y trouve quelque chose. Dans la fraternité, je m’efface pour le plaisir de l’autre, pour sa réussite, pour sa réalisation. C’est un rapport qui ne se paie pas en retour et qui ne cherche pas à exploiter. C’est pourquoi il est placé plus haut que l’amour dans l’ordre des relations humaines.
Tant que la fraternité n’est pas réalisée, l’histoire ne peut pas commencer et la liberté reste captive. Rien ne peut encore se faire : tout demeure tributaire du profit que l’on tire de chaque situation. Ce qui a permis à l’histoire de la sortie d’Égypte de démarrer sur des bases saines, c’est qu’Aharon s’efface devant son frère Moché et se réjouit dans son cœur de le voir prendre la tête. Un frère capable de se réjouir du succès et du leadership de l’autre rend un commencement possible. Le peuple juif ne peut naître qu’à cette condition.
Le rêve est une forme de révélation de l’être à lui-même. La réalisation de l’homme est un rêve de D’ : si l’homme ne répond pas à sa vocation, tout l’univers de la création perd son sens. Or cette vie est assaillie de plantes sauvages — des désirs, des rivalités, un esprit de compétition — qui font que l’homme voit l’autre comme un rival, un outil, un instrument. Même quand il le perçoit comme un égal, il reste indifférent à son sort. Percevoir l’autre comme un messager de la vie, comme l’inspirateur de l’âme, comme son propre projet de création, cela ne s’obtient qu’au terme d’un travail sur soi très profond.
On rêve à tous les niveaux de l’être, et tous les rêves ne se valent pas. Le Rav rappelle que l’existence procède de plusieurs essences, auxquelles correspondent les constituants de la vie de l’homme : le nefech, l’être dans sa constitution basique et instinctive ; le roua’h, l’homme dans ses attributs ; la néchama, son esprit ; et ce qui est au-delà de l’esprit, l’imaginaire, l’intuition, l’inspiration profonde qui pousse à unifier ce qui est morcelé. Il y a donc un rêve au niveau des désirs, un rêve au niveau de l’inspiration, un rêve au niveau de la spiritualité, et un rêve qui relève du dépassement de soi. La particularité de l’homme est que son mouvement va toujours de bas en haut : tout le reste de la création reçoit ses forces d’en haut et ne peut rien en faire d’autre, tandis que l’homme, limité dans ce qu’il est, a le pouvoir de changer son destin.
Ahava, a’hva, chalom, réout : la formule dit une progression. L’amour vient d’abord, puis la fraternité, où je ne cherche à exploiter personne. Le chalom suppose évidemment des compromis à faire. Mais le but visé est le réout : que nous soyons les compagnons d’un même projet, d’une même œuvre. Peu importe alors où chacun se situe, puisque l’un et l’autre sont indispensables au fonctionnement de cette vie commune.
Être frère est un rang plus élevé qu’être enfant. Dans le Cantique des cantiques, le texte formule ce souhait : qui fera de toi un frère pour moi ? Ce qui est demandé n’est pas la filiation mais le compagnonnage. C’est le niveau supérieur de l’amour, celui vers lequel tend l’âme. La fraternité que la famille de Yaakov doit conquérir déchire d’abord cette famille, avant de donner à l’histoire des patriarches une dimension nouvelle — non plus au niveau des enfants, mais au niveau des frères.
Yossef rêve comme son père a rêvé, mais pas le même rêve. Le rêve de Yaakov était celui de l’échelle, où lui-même était impliqué : un homme, dans ses aspirations, doit apprendre à monter et à descendre. Toute ascension n’a de sens que si elle sert ceux qui restent en bas, et il faut donc savoir redescendre pour partager avec eux ce qu’on a réussi à obtenir. Cette échelle est une échelle de valeurs. Dans la maison de Lavan, en revanche, on ne rêve que du troupeau, c’est-à-dire de la manière de faire fructifier davantage ce que l’on a.
Le rêve mêle du déchet et un rayon du divin. Nos sages ont dit que le rêve reprend les problèmes avec lesquels on se débat pendant la journée, et qui font corps avec les désirs, les envies, les préoccupations. Il y a aussi des rêves qui sont des vanités, qui ne relèvent pas de nos possibilités et ne sont pas à notre portée. Mais il y a dans le rêve quelque chose qui dépasse la conscience : ce n’est pas seulement la ruine du subconscient, c’est une illumination, un rayon du divin — recouvert cependant d’une écorce. Le Rav cite à ce propos le chapitre 33 de Iyov : D’ parle par des rêves, par des visions nocturnes, quand un sommeil profond tombe sur les hommes ; il leur communique alors son message, veut détourner l’homme de sa manière de faire, lui évite de tomber dans l’orgueil et préserve son âme de la tombe. Ce que les sages ont résumé ainsi : il y a dans le rêve un soixantième de la prophétie.
Le premier rêve pose une condition, et c’est elle qui blesse. Yossef est avec ses frères dans un champ ; ils font des gerbes, et sa gerbe à lui se soulève d’elle-même tandis que les autres se trouvent amenées à se prosterner devant elle. Ce que Yossef dit à ses frères, c’est que le choix porté sur lui par leur père n’est ni gratuit ni vain : il est fondé sur un avenir et un succès qui l’attendent. Il ajoute qu’ils en profiteront eux aussi, mais à condition d’accepter de se soumettre et de reconnaître son autorité. Personne n’accepte un tel rêve, et les frères le haïssent.
Le second rêve va plus loin encore, et Yaakov ne dit rien. Yossef le dévoile même devant son père : le soleil et la lune, qui représentent le père et la mère, et les onze étoiles, qui sont les frères, se prosternent devant lui. Il ne se place plus seulement au-dessus de ses frères mais au-dessus de tout, comme un messager. Au premier rêve, les frères demandaient s’il entendait être leur roi et leur gouverneur ; au second, c’est toute la maison qui est appelée à s’incliner. Yaakov, lui, garde la chose et ne dit rien de plus à son fils, attendant peut-être une autre occasion de lui en faire le reproche.
Yaakov saisit l’occasion d’envoyer Yossef vers ses frères pour qu’il apprenne à les servir. Le père l’envoie prendre de leurs nouvelles, et cet envoi n’est pas neutre : il inverse la position que le rêve avait installée. Mais pour les frères, Yossef est désormais baal ha’halomot, le maître des rêves, celui qui se prend pour le maître de la famille. C’est pourquoi Yossef va apprendre à ses dépens, en souffrant, avant d’accéder au titre qu’il croyait déjà tenir. Il sera l’esclave, il sera jeté en prison, et il verra ses rêves se réaliser seulement après cela.
Yossef sera gouverneur, jamais roi. Même parvenu au poste le plus haut, il n’est que le second du roi. Il aura la fonction de mochel, celle du gouverneur que l’on impose, et non celle de mélekh. La distinction, déjà posée la semaine précédente, éclaire toute sa trajectoire : ce qu’il obtient n’est pas ce dont il avait rêvé, mais son exacte transposition dans un registre subalterne. Le rêve se réalise, et pourtant il ne se réalise pas comme il l’entendait.
Yossef a donné trois choses à l’Égypte. La foi en Elohim d’abord, puisque Pharaon lui-même reconnaît qu’il existe un homme inspiré par D’, et donc admet l’existence d’un créateur du monde. L’interprétation des rêves ensuite : Yossef est le poter ‘halomot, ce qui fait de lui le Freud de l’époque. La nationalisation de toutes les terres enfin, mises sous la mainmise de Pharaon, c’est-à-dire un mode de fonctionnement fondé sur une répartition égale des biens de la société. Une foi, une clé d’interprétation, une organisation économique : c’est un legs complet.
Yossef interprète les rêves des autres mais pas les siens. Il explique le rêve de l’échanson et celui du panetier, puis ceux de Pharaon ; ses propres rêves, il ne se les explique pas. C’est plus tard qu’il comprendra, et il le dira lui-même : c’est D’ qui est poter ‘halomot. Car tout dépend de l’interprétation : réduit à son expression minimale, le rêve est mauvais ; porté vers un projet qui pousse à agir envers l’autre, il devient une forme de révélation. Yossef reconnaîtra ainsi que si D’ l’a projeté sur la voie du succès, c’est pour mieux servir ses frères et leur permettre de vivre — mais il n’y parvient qu’après des épreuves difficiles.
Les frères n’ont pas tué Yossef : ils ont voulu réduire ses rêves à néant. Kayin, lui, avait tué son frère et l’avait réduit au silence, Hével s’étant muré dans un silence qui ne répondait pas à Kayin. Ici, plutôt que de le tuer, les frères préfèrent lui montrer que ses rêves ne valaient absolument rien, et qu’il n’aurait pas dû les dire. C’est lui qui sera l’esclave, disent-ils, ce n’est pas eux qui seront là pour servir. Ce qui se passera ensuite donnera pourtant un sens à ce que Yaakov reconnaîtra chez Yossef.
Yossef est nazir e’hav, et c’est précisément ce qui l’écarte de la royauté. Il est celui qui est mis à part de ses frères, mais il ne sera jamais roi. Un juste entièrement juste ne peut pas être placé à la tête d’un peuple : s’il n’a rien à se reprocher, pas de remords, aucun vécu malheureux à traverser et sur lequel apprendre à se repentir pour lui-même, il ne constitue pas un modèle. Le peuple a besoin de se voir à un niveau égal avec celui qui le dirige. C’est ce qui destinera Yehouda à la melokha, à la royauté, tandis que Yossef restera au niveau de la sainteté du naziréat.
Les douze fils de Yaakov ne sont pas des personnages extérieurs. À la question d’un participant sur la passivité de Yossef, qui accepte son sort et se voit puni jusque dans sa demande à l’échanson de se souvenir de lui, le Rav répond en déplaçant le regard. Les douze enfants de Yaakov, c’est chacun d’entre nous : à certains moments nous sommes Yossef, à d’autres Binyamin, à d’autres Yehouda. Notre vie se déploie dans ces douze dimensions, et chaque tranche d’années nous fait vivre une parcelle du destin de l’un d’eux. Les rêves de Yossef ne sont donc pas étrangers à notre nature, et si la Torah nous donne cet exemple, c’est pour nous prévenir : voilà les conséquences auxquelles s’attendre si l’on ne corrige pas son tir. La question ne doit pas être posée en isolant un élément de l’ensemble, mais à l’intérieur de l’ensemble.
Transcription intégrale du cours
Nous abordons maintenant le problème de la rivalité entre Yosef et ses frères. Oui, l’histoire de l’humanité a commencé par celle des frères ennemis, Abel et Cahine, Etzrakech Mael et Saviachov, chaque fois à un degré différent. Et lorsque nous arrivons à la rivalité à l’intérieur de la famille de Yaakov entre Joseph et ses frères, je crois que nous avons atteint le stade maximal de cette rivalité. Or, tout repose, tout se fonte sur la notion de fraternité, paradoxalement pas sur celui de l’amour. Parce que dans l’amour, il y a tout de même une jouissance mutuelle, ce qui n’est pas le cas dans la fraternité, où je vois au moins je m’efface totalement. pour le plaisir de l’autre, pour la réussite de l’autre, pour la réalisation de l’autre.
Et c’est la raison pour laquelle tant que cette fraternité n’est pas réalisée, l’histoire de l’humanité ne peut pas commencer. La notion de liberté même est retenue en captivité par l’absence de ce vécu de la fraternité. Et nous avons déjà dit que par-delà la reconnaissance de la prépondérance d’Ephraïm par rapport à Ménaché, Ce qui a déclenché l’histoire de la sortie d’Égypte, c’est plutôt le fait que Aaron s’efface devant son frère Moché, vers Ahrabe Samah Bili Bo, Un frère qui se réjouit de la réussite de l’autre, de son succès, même de son manigoute, de son leadership, Bien là l’histoire peut démarrer sur des bases saines. Le peuple juif peut naître tant que la fraternité n’est pas acquise.
Rien ne peut encore se faire. tout reste tributaire du profit que l’on peut tirer chaque fois d’une situation ou d’une autre. Et cette fraternité est au cœur du rêve de Joseph et de ses frères, parce que le rêve lui aussi est une forme de révélation de l’être à soi-même, La réalisation de l’homme est un rêve de D’. Si l’homme ne répond pas à sa vocation, tout l’univers de la création n’a pas de sens. À quoi répond la vie de l’homme ? Or, nous voyons très bien que cette vie de l’homme, elle est assaillie par de nombreuses plantes sauvages, des désirs, des rivalités, un esprit de compétition, qui fait que l’homme voit l’autre comme un enfer, comme un rival, un outil, un instrument.
Même quand il le perçoit tel un égal, malgré tout, il reste quelque peu indifférent à son sort, à son destin, Percevoir l’autre comme un messager de la vie, comme un malheur, comme l’inspirateur de l’âme, comme véritablement mon projet de création, ça sait que auquel accès de l’homme après un travail sur soi, très profond, ce n’est pas facile, nous savons très bien. quels sont les problèmes à l’intérieur d’une même famille ? A plus forte raison, quand les matrices sont différentes, quand l’environnement est différent, quand la culture est différente, c’est difficile. Nous avons dit que la havaïa, l’existence en elle-même, dans le présent immédiat, elle procède de quatre essences, quatre éléments, on les retrouve un peu partout, ce n’est pas la peine de les passer en revue pour le moment. Les quatre constituants de l’univers, en leur correspondant, dans les quatre constituants de la vie de l’homme, à savoir, mes fêches, l’être dans sa constitution basique, instinctive, rouardant, sans ni d’autre dans ses attributs, n’échamant son âme, dans son esprit, raya dans ce qui est au-delà de son esprit, son son imaginaire, son intuition, sa son inspiration profonde, celle qui le pousse, cette volonté d’unifier les choses, de ne pas les laisser morceler, de ne pas les laisser épargé, diffusés, mais dont faire une unité de vie, évidemment, toujours poussée de bas vers le haut, parce que c’est ça la particularité de l’homme.
Tout le monde est inspiré de haut vers le bas, tout le monde reçoit ses forces du créateur mais ce qu’il reçoit, il le reçoit en pouvoir rien faire d’autre. Ce n’est pas le cas de l’homme. L’homme, limité dans ce qu’il est, a tout de même le pouvoir de changer son destin, de se réaliser autrement. Et c’est pour cela On dit « Ahava ve ahva, shalom ve re’ot», « Ahava la murch, don la fraternite, la fraternite je ne cherche pas à exploiter qu’où que ce soit, qui que ce soit. Shalom si il y a des compromis à faire, bien sûr, mais le but c’est le r’eut, c’est que nous soyons les compagnons d’un même projet, d’une même oeuvre, peu importe où chacun se situe, mais nous sommes indispensables tous les deux au fonctionnement de notre vie, de notre univers.
Cette introduction s’impose pour bien comprendre les preuves que va vivre la famille de Joseph. Celle d’une fraternité qui, à l’origine, déchire une famille et à la fin donne une nouvelle dimension, l’histoire des patriarches. et ce non plus au niveau des enfants mais au niveau des frères. Comme si un frère c’est un rang plus élevé que l’enfant même. Dans Shira Shiri’in, le cantique, les cantiques, « Ni ten rake ahli, qui ferai de toi un frère ? » Ce que je souhaite, c’est que tu sois ce frère, c’est que tu sois ce compagnon. Nous avons une jeune sœur sur laquelle le conti est quantique. C’est, disons, le niveau supérieur de l’amour. Et ce que j’aime le plus, ce que mon âme aime, c’est relève du rêve.
Attention, ce rêve est à tous les niveaux. Il y a le rêve qui est au niveau du nez-fèche, de mes désirs. Il y a le rêve qui est au niveau de l’où, de l’inspiration. Il y a le désir qui est au niveau de ma neshamma, de ma spiritualité. Il y a le désir qui est au niveau de raya, par-delà cette spiritualité. C’est ce rayonnement. Ce, ce, disons, ce, cette volonté de dépassement de moi-même. Et enfin, « Yéchidá léyachétra au divin de l’osr, léitofkabo ve-davak ve-ishto ». On ne dit pas que Alkenia Azovich est avivé et est mort, ve-davak ve-ishto. que l’homme donnera père et mère pour s’attacher à sa femme. D’abord on n’abandonne pas père et mère pour s’attacher à sa femme, c’est une aberration.
Pourquoi ? L’amour des parents n’est pas l’amour que l’on peut porter à une épouse ou qu’une femme peut porter à son mari. Sauf si une crise ouverte fait que l’un ou l’autre ne se rendent pas dignes de cette coexistence indispensable. Bon, mais, ça nous met en entre parenthèse, c’est pas l’ordre du jour, mais attaché le hasov, l’homme doit aider son père et sa mère qui l’ont formé, qui se sont investi en lui à un point tel que par la suite il doit assurer la relève dans la dignité, dans le respect, dans l’amour et dans le souci de mener à bien tout projet inachevé. C’est la ta-she-ah. Et vous, vous vous réveillez dans votre D’, vous qui êtes la ta-she-ah, vous vous rappelez à D’, vous vous rappelez tous aujourd’hui, vous faites preuve de cet attachement, dans l’admité, l’amour, dans celui de Dufrech qui s’efface devant l’autre pour le pour lui permettre de réaliser ce que lui ne peut le faire.
Malheureusement, ce n’est pas la première approche dans la perception de l’autre. Et c’est ce qui arrive. Joseph rêve tout comme son père a rêvé. D’intention, le rêve de son père, c’était l’échelle de Yaakov, et où lui-même était impliqué à savoir qu’un homme, dans ses aspirations, doit apprendre à monter-descendre. Dans toute aspiration, je ne fais que servir ceux qui restent en bas. Par conséquent, je dois apprendre aussi à descendre pour partager avec eux ce que j’ai réussi de faire. Ça c’est le rêve de Yaakov, c’est le soul-âme, il est lui-même. Cette échelle de valeur, il aura un autre rêve. Dans la maison de Laval on ne rêve que du troupeau, que la manière de faire fructifier davantage ce que l’on a.
Nos sages ont dit, le rêve reprend toujours les problèmes avec lesquels on se débat pendant la journée et qui font corps avec mes désirs, avec mes envies, avec mes préoccupations, mes soucis, etc. Mais il y a aussi des rêves qui sont chanviers d’abellos, qui ne relèvent pas de mes possibilités, qui sont des vanités. et ils ne sont pas à ma portée, c’est dommage de se perdre dans l’imaginaire et quelquefois sans raison. Alors dans ton rêve se mêle ce genre de, disons de déchet, mais il y a dans le rêve quelque chose qui dépasse ma conscience. Le rêve n’est pas tout simplement le fait de ruire de mes préoccupations, de mon subconscient. Il y a une illumination, il y a là un rayon du divin, mais qui est aussi couvert d’une écorce.
Rappelons-nous ce verset de Iov, je voudrais vous le dire, parce que il est très significatif. Dans le chapitre 33, Iov dit la chose suivante, je cherche, Et on ne le remarque pas. et on ne le remarque pas. Il parle par des rêves, par des visions nocturnes, quand un sommet profond tombe sur les hommes, Quand ils sont endormis sur leur lit, il leur communique alors son message et confirme les avertissements qu’il leur donne, et veut ainsi détourner l’homme de sa manière de faire. Il évite à l’homme de tomber dans l’orgueil, et préserve son âme de la tombe et sa vie de la menace de l’épée. Ce que nos sages ont résumé, il y a dans le rêve un soixantième de la prophèse.
Alors revenons maintenant à Youssef. Outre le fait qu’il est véritablement l’enfant préféré de Yaakov et qu’il est porteur de ce vêtement de Marthe. qui donne la présence, qui lui donne cette présence sur tous ses frères. Voici que l’objet d’un rêve qu’il ne cache pas, qu’il dévoile à ses frères. Le premier est un rêve qui est d’ordre matériel, à savoir il est avec ses frères, Ils veillent encore avec ses frères et ils sont en train de travailler dans un champ. Faisons des gerbes de blé et voici que soudain sa gerbe a lui réussi. Elle se soulève d’elle-même et les autres gerbes se trouvent, je ne dirais pas dans l’obligation, mais amené à se prosterner devant sa gerne, devant face à sa réussite.
Oui, Joseph dit à ses frères, le choix que porte mon Père sur moi n’est pas gratuit, n’est pas vain, il est fondé sur un avenir qui m’attend, un succès qui m’attend, et vous allez vous en profiter d’une manière ou d’une autre, mais à condition que vous en soyez un. Que vous acceptiez de vous soumettre, que vous reconnaissiez mon autorité qui va accepter un tel rêve. Bien sûr, ce frère le haïssent, mais dans le deuxième rêve. Aussi qu’il ne cache pas, mais que cette voix il dévoile même face à son Père, où il se voit, non pas comme le soleil et la Nune seulement, qui représente le Père et la Mère, et les onze étoiles, les frères, il est au-dessus de tout.
tout ça. Il est comme un messager divin, il est comme le messie, la mère, les frères sont appelés à se proscerner devant lui alors que dans le premier rêve, les frères soulève à vos navaux, Annie, est-ce que nous allons, pardon, le premier, est-ce que tu entends être notre roi et notre gouverneur ? Nous avons un peu établir la différence entre un roi et un gouverneur la semaine dernière, mais dans le deuxième rêve c’est à vos navaux venir, à nous, à vous, à vous, à vous, à vous, Nous procéderons devant toi, dis-le, il y a un coffre chamarré de Daval. Il ne dit rien de plus à son fils. Il attend l’occasion, peut-être, de lui faire le reproche par ailleurs.
Et c’est aussi la raison pour laquelle il saisit l’occasion que Zovrer tarde à rentrer Pour lui dire, va chercher où sont tes frères, va prendre de leur nouvelle. Tu dois apprendre à les servir, mais pour ses frères, il est Ba’ala Halomot. Il est le maître des rêves, celui qui se prend pour véritablement le maître de la famille, et c’est pour cela que Joseph va apprendre à ses dépens, à souffrir avant qu’il n’accède, à ce titre de chef avant qu’il ne voit ses rêves se réaliser. Il est lui le Aïved, il est lui le serviteur, il est jeté dans la géole de Varan. Il ne sera que le Michenais à Méler, même quand il accédera au plus haut poste, il est la jointe.
Il ne sera jamais le Méler, il ne sera jamais, il n’aura jamais cette fonction de roi, il aura cette fonction de mochel, il aura cette fonction de gouverneur, celui que l’on impose. Oui, c’est vrai, il est devenu, pas seulement le rêveur, il est Potter Halomot, il résout les rêves. nous avons déjà dit que Yosef a donné trois choses à l’Egypte, la foi en Elohim, en un créateur du monde, puisque Parol lui dit, il existe-t-il un homme, à Sherwah et à il existe-t-il un homme qui soit inspiré par D’ et donc on reconnaît l’existence de Eloquim, il y a l’épotère Chalomote, c’est le Freud de l’époque, n’est-ce pas, Et ensuite, il arrive à nationaliser toutes les terres et à les mettre sous la couve de Faron, sous la même mise de Faron.
C’est le marque de l’époque. Il a donné à la législative à savoir une fois en un créateur de l’univers un mode de fonctionnement de telle sorte qu’il y ait une égalité de répartition des biens de la société c’est une manière aussi d’interpréter les événements. Tout ce que nous vivons dans la vie relève un peu de l’image, de la parabole, de l’habit. Mais il faudrait essayer de sortir de ces vêtements dans lesquels on se drape pour voir quelle est la véritable essence, ou quelle est le véritable langage de chaque chose. Parce que les choses nous parlent, le monde nous parle. Mais pour qu’on puisse véritablement écouter, il faudrait que tous ces brouillies que nous s’entretenons autour de nous, on puisse un peu les réduire au silence.
Et c’est pour cela que le rêve dans le sommeil, quand le corps est au repos, c’est le moment où l’âme peut quelquefois prendre des messages qui sont au-delà de sa persécution immédiate. C’est le bonheur de D’, il a bien dit, «im y en evi arke ma shem», si D’ est vos prophètes, «b’a l’homme a d’a berbeau», je vais lui parler dans le rêve. A.J.Loroux s’est adressé à l’homme dans le rêve et le prophète a pu ainsi communiquer la volonté d’A.J.Loroux au pape. Alors c’est vrai qu’au début, Joseph ne sait pas quelles sont les conséquences de ses rêves. Lui-même ne se les explique pas, alors qu’il arrive à expliquer les rêves de Salamashkim, du panetier et du serveur d’eau ou de liqueur au roi, mais il arriva à expliquer aussi les rêves de Varon. Mais ses propres rêves, il ne se les expliquent pas. C’est plus tard, va-t-il score ? Joseph est comme la halomote. Joseph réalise tous les rêves qu’il avait faits. Ce n’était pas des rêves d’un adolescent, c’était des rêves d’un homme qui est inconscient, qui rêvait de domination, non, ce sont, il y avait une substance dans ses rêves, mais il fallait que Joseph réalise que Elohim, ce qu’il a dit par la suite, à savoir que c’est D’ qui est Potel Chalobot, c’est D’ qui est capable de résoudre les problèmes des rêves ? Oui, parce que le rêve, tout dépend comment on l’interprète.
Si on le réduit à son expression minimale et il est mauvais, et si on le porte en quelque ont le projet de telle sorte à ce qu’ils nous portent à une action envers l’autre, le rêve peut être une forme de révélation. Et bien, c’est, Yosef reconnaîtra cela par la suite, à savoir, «quelmi hiashel ahani ashem eloke im elfe grem», l’éternel, quand il m’a, quand il a béni ma gerbe, et quand il m’a en quelque sorte projeté sur la voie du succès, de la réussite, c’est pour mieux vous servir, c’est pour vous permettre de vivre. C’est cela l’objet du rêve de Joseph. Mais malheureusement, Joseph n’arrive à cette conclusion, il ne l’aime qu’après avoir passé des épreuves difficiles, nous aurons l’occasion de les voir par la suite.
Mais pour le moment, Yosef est évacué, a réduit son frère au silence Abel, parce que Abel se muait dans le silence et ne voulait pas répondre à la vocation de Cain. Ici aussi, qu’est-ce qu’il a fait ? Pardon, qu’est-ce qu’il a fait qu’Aïn il a tué son frère et l’a réduit ? Ici, plus tôt que de le tuer, ils ont préféré lui montrer que ses rêves ne valaient absolument rien. Les rêves, il ne lui fallait pas dire. C’est lui qui sera l’esclave, ce n’est pas eux. ne seront pas là pour servir or ce qui va se passer par la suite va donner un sens à Youssef qui est sadique que Yacovre connaîtra en tant que Nésir et Chave.
Nésir et Chave c’est à dire celui qui est la sète de ses frères, l’homme cadeau de ses frères, mais il ne sera jamais le roi. Et nous avons expliqué cela la semaine dernière, à savoir qu’un sadique est sauté au lame, on ne peut pas le mettre à la tête d’un peuple, s’il n’a rien à se reprocher, s’il n’a pas de remords, s’il n’a pas en quelque sorte, une, disons, un événement malheureux, un vécu malheureux qu’il aura traversé et sur lequel il va apprendre à se repentir pour lui-même. Alors, c’est pas un modèle pour le peuple. Le peuple a besoin de se voir à un niveau égal avec son chef présumé Et Yehuda, c’est ce que nous verrons la semaine prochaine dans Zor Dachem, à savoir ce qui a destiné le frère Yehuda à la mélochat, à la royauté, et celui de Yosef a resté uniquement au niveau de la doucha du Naziréen.
Voilà si vous avez des questions à poser avec plaisir. Oui, Kvodarov ? Oui. Je voulais vous demander, à propos de Joseph, quelle est la différence entre une personne qui est résolue et qui s’accepte son sort, et à la limite même au moment où il se révolte entre guillemets et qu’il demande au ministre de se rappeler, enfin il est quasiment puni parce qu’il a fait… Et le fait de quelqu’un qui combat, en fait, pour, entre guillemets, pour s’améliorer, pour améliorer son sort, pour améliorer sa vie, pour améliorer son entourage, parce que ça semble, il semble être très résolu, en fait, très passif. Quelque part, Youssef, après qu’il ait été jeté, en fait, dans le trou, c’est comme s’il ne se révoltait pas, et même quand il commence à se révolter, il en est puni.
C’est un peu bizarre de le voir comme un idéal de perfection quand on voit quelqu’un qui quelque part accepte son sort de manière relativement passive. Bien, tu poses la question, disons, la famille de Joseph, la famille de Yaakov, pardon, les 12 enfants de Joseph, les 12 enfants de Yaakov, je ne sais pas ce qui m’arrive, les 12 enfants de Yaakov c’est moi, c’est chacun d’entre nous. À des moments nous sommes Joseph, à des moments nous sommes Bignamine, à des moments nous sommes Yehuda. Il y a des, disons, des flashs de notre vie qui nous identifient plutôt à un des enfants de Yaakov plutôt qu’à l’autre, et nous sommes dans notre vie, dans nos 12 dimensions, ad me avessim, jusqu’à 120 ans, et chaque tranchée les deux dix ans.
Nous sommes en train de vivre une parcelle de la vie des enfants de l’Hakof, une des enfants du destin du peuple jupien. Si nous sommes conscients de cela, alors il faut que tu saches que les rêves de Joseph ne sont pas étrangers à notre nature. nous en subissons les conséquences, nous en tirons les enseignements. Et alors, si nous sommes prévenus au début, et c’est ce que la Torah fait en nous donnant l’exemple de Joseph, c’est de nous dire attention, vous êtes là, en train de vivre Cette épreuve, tendez-vous à de telles conséquences si vous ne corrigez pas votre tir, si vous vous ne reprenez pas la direction autre que celle indiquée. C’est ça Yosef. Yosef, il est en Egypte.
C’est Yosef qui amène ses frères en Egypte. C’est Yosef qui amène sa famille en Egypte. Bon, M. Mère, écoutez, il y a des frères qui ont effectivement dislocé leur famille, il y a des frères qui ont joué le rôle de Youssef à l’intérieur des familles, il y a ceux qui ont joué le rôle de Youda, et ainsi de suite. Donc ne posez pas la question comme étant un élément séparé de l’ensemble, mais à l’intérieur de l’ensemble. D’accord. Voilà. Merci beaucoup. Ça va ? Alors je vais vous laisser. Merci beaucoup beaucoup beaucoup. D’abord à toi. D’abord à toi. Merci beaucoup. Est-ce que la semaine prochaine il y a quoi ? Je pense que oui, je vais vérifier.
Pourquoi pense-t-on qu’on va y avoir pas quoi ? Non, je vous pose la question. C’est parce que les vacances commencent chez vous. Pas encore. Pas encore. Je vérifie. Vous permettez une petite seconde. On parle pas de vacances spirituelles, non ? de vacances. On a bien la semaine prochaine, on a un cours. On est encore en les trois semaines, donc on n’est pas vraiment en vacances. Allez, chevoi toi !