Bechalakh : la sortie d’Égypte est-elle achevée ?

par le Rav Raphaël Benizri

Ce cours prend la parasha Bechalakh à son premier verset et refuse d’en faire un récit clos. La question qu’il pose d’emblée est brutale : sommes-nous vraiment sortis d’Égypte ? Le Rav Raphaël Benizri montre que la sortie s’est faite avec l’accord de Paro, puis de Cyrus, puis de la déclaration Balfour, et qu’une part du peuple ne serait jamais partie sans y être contrainte. De là une lecture du verbe être, du mot de consolation caché dans le verset, et de la raison pour laquelle Moshe emporte les ossements de Yossef pendant que les autres comptent l’or.

Le cours situe la sortie d’Égypte comme la sortie de tous les exils et comme le jour de naissance du peuple. Il rappelle les trois mots que le soir de Pesach oblige à énoncer — Pesach, matzah, maror — et fait du dernier la clef : les dures épreuves de toute libération, celles qui reviennent sans cesse persuader qu’en Égypte c’était mieux.

Il suit ensuite le texte mot à mot : le vayehi qui ouvre la parasha comme un cri, l’itinéraire détourné loin de la terre des Philistins, la différence entre indiquer un chemin et conduire quelqu’un, et enfin la longue méditation sur Yossef — le serment fait aux frères, l’essence contenue dans le mot atzmout, et la mer qui ne s’ouvre qu’en voyant son cercueil. Une question de l’assistance sur Moshe et son vêtement de prince ferme le cours.

Ce que dit ce cours

La sortie d’Égypte est la sortie de tous les exils, et le jour de naissance du peuple. Sans elle, il n’y aurait pas de date anniversaire : le peuple est né ce jour-là. Le jour du don de la Torah et le jour de l’installation en Israël prolongent cette naissance, puisque c’est alors qu’une alliance est éprouvée avec le pays et qu’une maison est mise sur pied. Mais chacun, en décidant de partir, avait sa propre raison de le faire, et ces raisons ne se valent pas. Le cours part de là pour demander si la sortie a été achevée.

Rien ne se fait sans épreuves soutenues, et le soir de Pesach le rappelle en trois mots. Celui qui ne déclare pas Pesach, matzah et maror n’a pas achevé son cheminement et n’a pas répondu à toutes ses obligations. Le sacrifice pascal n’obéit à aucune logique pure. La matzah est ce que nous prenons sur nous — empêcher la pâte de lever, avec un temps à ne pas dépasser. Le maror, lui, désigne les dures épreuves liées à la libération de toutes les entraves, celles qui reviennent sans cesse faire croire que l’Égypte valait mieux.

Le peuple n’a jamais avancé vers son pays sans l’accord d’une puissance extérieure. C’est un fait de toute l’histoire juive : il a fallu l’accord de Paro, puis celui de Cyrus, et pour l’État moderne, la déclaration Balfour, sans laquelle nous n’en serions pas là. Ainsi est faite l’histoire voulue pour nous : associer les nations à la volonté d’installer ce peuple sur sa terre. Il y a donc bien une volonté divine d’installation, mais elle passe par d’autres mains que les nôtres.

Une part du peuple ne voulait pas quitter l’Égypte, et a dû être expulsée. Ce qu’elle aurait souhaité, c’est qu’on renvoie les Égyptiens plutôt qu’elle-même : être libérée des Égyptiens sans être arrachée à l’Égypte. Ceux-là font l’objet d’une expulsion, parce que autrement ils ne seraient pas partis. On parle donc d’un guerouch, comme on parle du guerouch des Juifs d’Espagne. Il reste une dernière tendance, celle qui est restée fidèle aux patriarches, qui n’a cessé de prier, et qui tient que son identité juive pleine et entière ne peut se réaliser qu’en terre d’Israël.

La parasha s’ouvre sur un double cri, parce qu’elle s’ouvre sur le verbe être déchiré. En hébreu, le verbe être est l’unique manière de se réaliser dans le monde ; il n’y a pas de verbe avoir, parce qu’on ne possède rien. Ce que l’on investit dans son être est un investissement à long terme, au travers des enfants et des petits-enfants. Le Rav rappelle ici la parole d’Ibn Ezra : le passé n’existe plus, le futur est encore à venir, et le présent n’est qu’un clin d’œil qui s’échappe. La vie n’est donc que mouvement dans un temps insaisissable — sauf que chaque acte posé a son temps, marque son temps, prend une mesure du temps.

Vehaya est une heureuse nouvelle, vayehi un malheur. L’un dit « il sera » et ouvre une bonne perspective ; l’autre dit « il fut » et enferme. Vehaya est le mot qui annonce que vos enfants vous interrogeront — que des enfants questionnent leurs pères et ne soient pas indifférents à leur message, à leur histoire, à leur héritage, à leur patrimoine. Quand au contraire tout l’avenir est devenu pièce de musée et se situe dans le passé, c’est malheur pour le passé et malheur pour le futur.

Ce n’est pas Paro qui a renvoyé le peuple, et c’est là que le texte blesse. Bechalakh Paro : Paro est un homme, mais l’envoi ne vient pas de lui. Tant qu’on continue de craindre Paro, on n’a pas quitté l’Égypte. Il faudra un long cheminement, quarante ans, pour sortir de l’exil. Et ces quarante ans, quand ils sont accompagnés d’en haut, restent quarante ; livrés à l’homme seul, ils peuvent être multipliés par dix.

Le peuple est dit indéfini, et cela n’est pas un défaut de style. Un peuple indéfini est composé de tendances différentes, tenues ensemble par un lien artificiel, où chacun attend son heure favorable pour laisser exploser ses véritables envies et ses véritables intérêts. C’est ce peuple-là qui sort. C’est pourquoi il n’est pas conduit par la terre des Philistins, alors même que la route droite consisterait à remonter la côte vers Israël.

Quatre situations obligent à rendre grâce, et l’une d’elles reçoit un supplément. Celui qui se relève d’une maladie, celui qui a traversé les mers, celui qui a échappé à un danger, celui qui sort de détention : pour ces quatre il est écrit qu’on doit rendre grâce pour la bonté divine. Mais pour ceux qui traversent les mers, le verset ajoute un détail : il faut sublimer le Nom dans l’assemblée et au sein des personnes respectables et sages. La mer n’est pas un danger comme les autres.

Indiquer un chemin et conduire quelqu’un sont deux gestes différents. Sur la terre ferme, on peut ignorer sa route : qu’on me l’indique, et je continuerai par mes propres moyens. En mer, non : on a beau me donner une boussole, face à des vagues torrentielles et à une étendue que je ne domine pas, je ne m’engage pas sans une main qui me dirige en permanence. Le texte ne dit donc pas que D’ les a mis en marche, mais qu’il ne les a pas conduits par cette route-là : il ne fallait surtout pas qu’ils sentent avoir réalisé la chose naturellement, par eux-mêmes. Connaissant son peuple, D’ a voulu que l’identité se forge à travers les dures épreuves du désert, pour qu’il ne fasse pas ses bagages dès les premières difficultés et ne retourne pas à son pays d’exil.

Tout le monde comptait l’or et l’argent ; Moshe n’avait qu’une préoccupation. Ramener les ossements de Yossef. Car Yossef avait fait jurer ses frères avant sa mort : un jour l’Éternel vous fera sortir et se souviendra de vous, n’oubliez pas alors de prendre mes ossements. On a demandé pourquoi il s’est adressé à ses frères plutôt qu’à ses propres enfants, ce qui aurait été plus sûr. Parce que c’est lui qui les avait fait descendre, lui qui a voulu associer son sort au leur, lui qui a réalisé l’unité de la première cellule familiale — et cela lui a valu des misères sans qu’il en garde grief : il leur a dit qu’ils n’avaient été vendus que pour pouvoir mieux les servir.

Nous ne sommes pas les seuls à faire notre histoire. Il y a un agenda historique qui nous échappe et auquel nous participons dans une certaine mesure. Ce qui nous tient, ce n’est pas une Torah écrite par les pères — ils ne nous en ont pas laissé — mais des lignes de conduite exemplaires, une morale absolue à toute épreuve, une foi inébranlable. C’est pourquoi nous invoquons le D’ d’Avraham, d’Itzhak et de Yaakov, et non le D’ de Moshe : c’est notre fidélité à ce qu’ils ont transmis qui constitue nos chaînes et notre constitution.

Atzmout Yossef ne veut pas dire ses ossements, mais son essence. C’est ce qui donne une éternité et une essence à ce que nous sommes, et c’est ce qui est déposé en chacun. C’est cette essence qui permet d’accéder à d’autres valeurs, de les découvrir et de les savourer. Le mot dit bien plus que le contenu d’un cercueil.

Moshe et Yossef sont associés parce qu’ils occupent la même place aux deux bouts de l’exil. Tous deux ont été serviteurs de Pharaon et du peuple juif : Yossef en servant Pharaon sur le plan économique et en donnant à ses frères de quoi vivre quand la famine s’est abattue sur la terre entière ; Moshe en grandissant au palais puis en sortant vers ses frères brimés et maltraités pour les faire sortir. L’un est au début de l’exil, l’autre à la fin.

Sans Yossef, le peuple n’aurait pas dépassé le bord de la mer. La mer refuse d’abord d’obéir à Moshe : tu as un ordre divin de me diviser en deux, mais moi aussi j’ai reçu depuis la création l’ordre de suivre mon cours et d’irriguer ces terres sans déroger à mes lois. La discussion s’arrête quand la mer voit le cercueil de Yossef : elle fuit et se divise. Elle obéit à un précédent, parce que Yossef, face à la femme de Potifar qui le voulait pour elle, avait abandonné son vêtement et fui au dehors. Fuir au-dehors, c’est vouloir garder intacte l’essence des patriarches et se démettre du vêtement que l’on a accepté de partager avec les nations. Car nous partageons bien des vêtements avec elles, et c’est très bien ainsi — mais il y a des limites, et c’est à ces limites que nous appartenons à un autre ordre d’être, qui n’est plus le cours naturel des choses mais le cours surnaturel.

Le erev rav est cette frange dont la pâte n’était pas prête. Certains dans le peuple avaient préparé leurs matzot, puisqu’il leur avait été dit d’accompagner l’agneau pascal de matzot : ils savaient déjà, et leurs pâtes étaient prêtes. Mais une frange quitte l’Égypte en dernier lieu avec une pâte insuffisamment prête. Ce n’est pas un peuple homogène, mais un ensemble d’idées totalement différentes et de croyances diverses, qui veulent bien partager la même sortie pour le moment — d’autant qu’ils n’ont pas le choix, l’antisémitisme étant là et Pharaon les pressant de partir.

« De peur que le peuple ne regrette » cache le mot même de la consolation. Le verset joue sur la racine qui sert à consoler les endeuillés. Consoler n’est pas présenter des condoléances par politesse : c’est dire à quelqu’un qu’il est dirigé, assisté, que ce qu’il traverse est une épreuve difficile qui suit le cours naturel de la vie, et qu’il lui faut se placer dans une autre perspective où il n’est plus l’acteur mais celui qui est conduit — se laisser porter par l’événement vers d’autres horizons. Le recevoir de quelqu’un d’autre est réconfortant ; se le dire à soi-même prête à confusion. Et si D’ détourne le peuple du côté de la mer des Joncs, c’est pour achever cette naissance : la véritable naissance du peuple n’est pas la sortie d’Égypte, mais la traversée de la mer.

À la question posée sur Moshe, la réponse passe par le veau d’or. Moshe aussi a rejeté son habit de prince pour quitter la maison de Pharaon : pourquoi la mer ne s’ouvre-t-elle pas devant lui ? Le Rav répond par la prière de Moshe après le veau d’or, quand une proposition lui est faite d’effacer ce peuple et d’en refaire un autre à partir de lui. Moshe répond que si une table à trois pieds n’a pas tenu, on ne voit pas comment une table tiendrait sur un seul. Les pères ne sont pas de la même constitution que les fils : le père est l’essence de plusieurs enfants et se ramifie à travers eux, et l’on ne met jamais le père et les fils sur le même plan. C’est pourquoi le livre de Bereshit s’arrête avec Yossef, qui marque la jointure et la rupture entre les pères d’un côté et les fils de l’autre — et c’est à ce titre qu’il a droit à deux tribus plutôt qu’à une seule.

Transcription intégrale du cours

Voilà, alors nous sommes encore à Chateau Béchalard. Nous sommes soi-disant sortis d’Egypte. Oui. Mais quand nous avons décidé de nous rendre en Israël, chacun a un petit peu décidé quelque point de… de la raison qui le poussait à effectuer cette sortie, cette sortie de l’exil, parce que la sortie de l’Égypte, c’est ça la sortie de tous les exils. Bon, que cette sortie ait été faite, une fois pour toute, pour l’ensemble d’Israël, et fascore avec le déna de l’histoire du peuple juif, c’est-à-dire que sans cette sortie d’Égypte, eh bien nous n’aurions pas deux jours anniversaires de naissance. Nous sommes nés avec la sortie d’Égypte. Le jour de la sortie d’Égypte est le jour de notre naissance.

Le jour de Matin Torah et le jour de notre barbizvin et le jour de notre maison en Israël, c’est le jour où nous avons effectivement éprouvé une alliance avec notre pays, a mis sur pied notre maison. Alors là aussi il y a en arrière-plan un travail qui s’est fait et rien ne se fait sans des épreuves soutenues qu’il faut à tout prix traversé sinon on risque malheureusement de perdre pied et ce qui nous a rappelé à Pesach c’est d’énoncer les trois choses Pesach, Matzah ou Maror tout celui qui ne déclare pas ces trois mouvements d’être dans Son effort de sa libération totale d’Égypte, il n’a pas encore achevé son cheminement. L’Oyatsa y’a des rovatos. Il n’a pas répondu à toutes ses obligations.

Oui. Or Pesach c’est effectuer le sot et ce sot que l’on effectue n’obéit à aucune logique pure. Maintenant, la matzah, oui, la matzah, elle enlevé le chamez empêché, une pâte de lever, ça c’est nous qui prenons sur nous de le faire, mais il y a un temps à ne pas dépasser. Mais avec cela, il y a le Maroc, ce sont les dures épreuves liées effectivement à toute cette démarche de notre libération de toutes les entraves de la vie qui ne cesse de revenir et de nous faire croire que finalement l’Égypte c’était mieux. Alors, j’ai commencé par dire est-ce que nous sommes totalement sortis d’Égypte. Akkadosh Waloukou a mentionné trois verbes pour cette sortie d’Égypte. Il a annoncé, à savoir, il y a celle que nous octroie, Faraon, sous la pression de D’, il accepte de laisser partir ce peuple, c’est un fait qu’au travers de notre histoire, Nous n’avons commencé le cheminement vers le pays qu’avec l’accord de Faron, qu’avec l’accord de Babel, c’est-à-dire de Cyrus.

Et bon, l’Etat d’Israël, ce n’est pas la peine d’en parler puisqu’il s’agit sans la déclaration Balfour, vous savez très bien que nous n’en serions pas là aujourd’hui. Mais ainsi est faite l’histoire qu’Aka dos Malucho veut pour nous, à savoir d’associer les peuples à sa volonté d’installer le peuple juif sur sa terre. Il y a donc cette volonté du D’ d’installer le peuple, ça sert une deuxième chose. Enfin, il y a ce peuple qui, au fond de lui-même, ne voudrait pas quitter l’Égypte. Il ne voudrait pas quitter l’Égypte. Pourquoi, à la limite, ce qu’il aurait souhaité, c’est que plutôt qu’on renvoie les Égyptiens d’Égypte et qu’on nous laisse là-bas, si on ne veut nous libérer, qu’on nous libère des Égyptiens, mais qu’on ne sorte pas d’Égypte, qu’on ne nous arrache pas à l’Égypte.

Et c’est la raison pour laquelle ces juifs-là font l’objet d’une expulsion. Parce que s’ils ne sont pas expulsés, ils ne partiront pas. Alors, on parle de guérouches, comme on parle de guérouches svarades, l’expulsion des juifs d’Espagne, l’expulsion des juifs de Béisarabe et ainsi de suite. Il y a l’expulsion d’Égypte qui, pour le charme, le peuple a été expulsé. Alors, nous sommes confrontés à ces tendances au sein du peuple. Trois j’ai compté, il y a un quatrième, Celle qui effectivement est restée fidèle au patriarche et qui cherche à réaliser le vœu des pères à retourner à la terre des ancêtres, qui n’a cessé de prier et qui considère que son identité juive pleine et entière, elle ne peut la réaliser qu’en terre d’Israël.

Alors maintenant nous allons comprendre dans ce premier verset qui relâte cette sortie d’Égypte comment ces tendances se retrouvent. Mais c’est une sortie annoncée avec un double cri de détresse. Quel est ce double cri de détresse ? Va y, j’ai eu l’occasion déjà de vous expliquer que le verbe être en hébreu, c’est l’unique manière de se réaliser dans le monde. Nous n’avons pas de verbe avoir parce qu’on n’a pas possédé, on ne possède rien. Par contre, quand on investit dans notre être, c’est un investissement à long terme, au travers de nos enfants, de nos petits-enfants et d’un au-delà que Kadojuro enregistre bien pour chacun selon ses bienfaits. Mais quand ce verbe être est déchiré, vai-y, yé-y, c’est le futur, il sera parce que nous ne sommes pas en train de nous enfoncer dans un passé qui n’existe plus.

vous avez, j’ai eu déjà l’occasion de rappeler cette parole de Ibrahim Ezra et Aval Aïm, le passé n’existe plus, et Atid Adaym, le futur est encore à venir et je ne sais pas ce qu’il Il se rend vers au fait que l’Ephraïm, le présent, c’est un clin d’œil. Il m’échappe. Donc en somme, ma vie, elle est là, en mouvement. Dans un temps passé, présent, futur, que je ne sais dis point. Mais ce n’est pas vrai. parce que je le réalise au travers de mes actes. Chaque acte que je pose, il a son temps. J’ai marqué son temps. Il a pris une mesure du temps. Alors quand tout est dans le projet du futur parce que c’est son vœu, Alors le passé et l’aya, c’est il fut et l’aya, il sera.

Ça, c’est une heureuse nouvelle. Nous sommes sur une bonne perspective d’ère, dans une bonne perspective d’ère. Et l’aya. Et l’aya, vous l’entendez, vous l’entendez. Et l’aya, vous l’entendez, vous l’entendez, vous l’entendez. Quand vos enfants vous interrogeront, que des enfants interrogent leurs pères et qu’ils ne soient pas indifférents à leur message, à leur histoire, à leur héritage, à leur patrimoine. C’est merveilleux ! Maintenant, quand tout le futur est devenu déjà une pièce de musée, il se situe dans le passé, malheur pour le passé, malheur pour le futur. Vaillé, on se vaillé, il introduit la sortie d’Égypte. Pourquoi ? Parce qu’on a pensé que encore que c’est pas l’eau qui nous a libérés d’Égyptie, que, effectivement, sans la déclaration de Balfour, il n’y aurait rien eu, et que sans Cyrus, il n’y aurait rien eu, et que cet écran qui est venu s’interposer dans la réalisation de l’histoire juive par humain, discrète, mais présente, active. Nous l’avons ignoré.

Vous voyez, Béchalach-Paro est un homme, mais ce n’est pas Paro qui a envoyé le peuple. C’est Arshen qui a envoyé le peuple. Alors on va toujours craindre Paro, on va toujours rester très vite heure de Varan. On n’a pas quitté l’Egypte. Il faudra un long au cheminement ou à travers le décès pour sortir des giches. Quarante ans d’histoire. Alors, ces quarante ans d’histoire, attention, quand ils sont accompagnés par un cas de chevalon, ces quarante ans, quand ils sont livrés à l’homme, ça peut être multiplié par 10, à D’ nous plaît. Il faudrait que, vous savez, 400 ans d’Égypte, c’est ce que Akkadosh Waloukho a décidé. Il a lui-même réduit ce temps pour pouvoir assurer la survie du peuple juif et à l’avoir réalisé. Et maintenant, quand il a sorti d’Égypte, Il y a deux grandes tendances au sein du peuple.

Vous savez toujours quand on dit « Ah, le peuple, il n’a pas, il n’est pas défini. Ce n’est pas mon peuple, ce n’est pas ton peuple. » Non, c’est le peuple, il est indéfini. Quand il est indéfini, ça veut dire qu’il est composé de différentes tendances, que c’est un lien artificiel qui les tient, mais chacun attend son heure favorite pour laisser exploser ses véritables envies, ses véritables intérêts. Alors que fait D’ ? l’onaham Elohim, derech elet-filistim. D’ ne les a pas conduits par la terre des philistins. Pourtant, la sortie d’Égypte, pour aller en Israël, il faudrait remonter la côte, aller tout droit vers Israël. Alors ça, ça, c’est l’oholichem. Il faut dire qu’il ne les a pas marchés, que l’on n’a pas conduit. Quelle est la différence?

La différence elle est dans le verset qui est consacré à cette sortie légitime. Ce verset qui, je le rappelle, évoque les quatre obligations de récitation du gommel pour ceux qui se relèvent d’une maladie, pour ceux qui ont traversé des mers, pour ceux qui ont échappé à un danger et pour ceux qui sont sortis de prison, qui étaient en otage et qui sont et pour ces quatre est écrit yodoul hachem chasdo on doit rendre grâce à l’éternel pour sa Et là-bas, à propos de ceux qui traversent les mers, on ajoute un détail que ce n’est pas seulement rendre grâce à l’éternel pour sa bonté, c’est-à-dire que l’âme, c’est « vir au mé mou, bi kal am, ou moshav zikkeni mian lelou » c’est-à-dire que l’âme, c’est « vir au mé mou, bi kal am ».

Il faudrait sublimer l’éternel dans l’assemblée et au sein des personnes respectables, des personnes sages. l’ouïe sa vouloir. Pourquoi ? Parce qu’il y a une différence. Quand on a il y a toi et mitvage, on peut ne pas connaître son chemin, ne pas savoir où se diriger mais à partir du moment où tu m’as dit carotte, je pourrais continuer mon chemin. Alors ça, ça s’appelle, oh lèche, tu vois, effectivement, rien que m’indiquer le chemin et je vais parvenir par mes propres moyens, non, traverser les mers, tu as beau me mettre dans la mer et me mettre une boussose dans la main et me dire, vas-y maintenant, débrouille à écouter, face à des vagues torrentielles, face à une mer que je ne peux effectivement moins dominer, si je ne suis pas tout le temps assisté par une main qui me dirige à l’aube, ne voudrais qu’à un moment m’engager. C’est la différence entre alors et now. Alors, c’est aller son chemin. D’ n’a pas voulu les mettre sur le chemin de la terre, promise, en leur indiquant tout simplement le chemin. Il ne fallait pas qui sentent que c’est eux-mêmes qui, naturellement, ont réalisé cette chose-là.

Il fallait qu’ils soient munahim, munagim. Il fallait qu’ils soient dirigés, qu’ils se sentent, effectivement, menés comme le fut Youssef pour ses frères. Ça c’est une idée importante à Kadosh Malucho, connaissant le peuple, qui a voulu forger son identité à travers les dures épreuves du désert afin qu’il sente que ce n’est pas une marche facile et qu’il ne fasse pas ses bagages et qu’il retourne dès les premières difficultés à son pays d’exil, il faut qu’il continue son chemin parce qu’il est assisté par une présence invisible, Alors on peut faire le lien entre le fait que le peuple lui, en sortant du désert, songe à prendre avec lui l’indépendance de Joseph, le miderage d’un mérite indigne. Tout le monde était affaire à compter l’or et l’argent qu’ils ramenaient d’Égypte ou qu’on leur allait confier, mais Moshe n’avait qu’une seule préoccupation, c’est ramener les ossements de Yosef avec lui.

Pourquoi ? Parce que Yosef avait sorti, avait fait jurer ses frères avant sa mort, en leur disant, il arrivera qu’un jour l’éternel vous va sortir des jupes, il va se souvenir de vous. Mais n’oubliez pas, à ce moment-là, de prendre mes ossements, dit-il. Bien sûr, on s’est posé la question de pourquoi a-t-il eu recours à ses frères et pas à ses propres enfants ? Il aurait dû engager ses propres enfants, c’était beaucoup plus sûr. Non, il a tenu ce souci. Pourquoi ? D’abord, c’est lui qui les avait descendus. Et c’est lui qui a voulu associer son sort à eux. Et c’est lui qui a effectué l’unité de la première cellule familiale. Il a réalisé pleinement.

Ça lui a valu des misères. Et il n’a pas tenu de griffes à ses frères. Au contraire, il les a assurés en leur disant que c’était cela leur volonté de vie et qu’ils n’avaient été vendus que pour pouvoir mieux les servir. Parce que c’était effectivement dans un agenda historique qui nous échappe parce que nous ne sommes pas les seuls à faire notre histoire. Nous y participons dans une certaine mesure, quelquefois en bien, mais ce n’est pas dans les plans, pas d’une tour du respect des règles strictes de l’Ontario, n’est rien que des règles strictes des avotes. Les avotes nous n’ont pas laissé de taura à part, effectivement, des lignes de conduite exemplaires, d’une morale absolue à toute épreuve, d’une foi inébranlable.

Et c’est ça ce qui nous tient, nous ne disons pas, nous ne faisons pas appel à éloquer mon ché, au dieu de mon ché, qui nous a sorti d’Égypte, mais à éloquer Avraham, éloquer Itzhak et l’Ognéa, parce que c’est notre fidélité à ce qu’ils nous ont transmis, qui font partie de nos chaînes, de notre constitution. C’est cela qui donne une éternité, une essence à ce que nous sommes. Et c’est pour cela l’usage du mot Atzmout Yosef, les ossements de Yosef. Attention, il ne s’agit pas d’ossements, il s’agit de Atzmout. Atzmout Yosef, c’est l’essence de Yosef. C’est le sens-suivre qui est déposé en chacun d’entre nous. C’est celle qui nous permet effectivement d’accéder à d’autres valeurs, à les découvrir, à les savourer.

Et c’est la raison pour laquelle ici, Moshé et Youssef sont associés. Pourquoi ? Parce que les deux ont été les serviteurs de Pharaon et du peuple juif. Le Yosef a servi Pharaon en servant ses frères et au moment, sur le plan économique, et en leur donnant un asin au moment où la famine s’est vissée dans la terre entière. Et Moshe est celui qui a grandi dans le palais de Franck et qui est sorti vers ses frères brimés et maltraités pour les sortir d’Égypte. Yosef et Boucher sont intimement liés à ce séjour du peuple juif en Israël, l’un au début de l’église et l’autre à la fin de l’église. Or, on nous dit que sans Youssef, le peuple juif n’aurait pas pu aller beaucoup plus loin que le bord de la mer rouge.

Pourquoi ? Parce que l’homme s’est refusé à obéir à Moshe en disant Toi, effectivement, tu as un ordre divin à savoir de me diviser en deux, mais moi, j’oublie aussi un ordre divin qui, depuis la création, m’a dit de suivre mon cours dans la vie et de continuer à irriguer ces terres en façon sans déranger à mes lois et, au chez de qui, attention, aujourd’hui, tu dois ouvrir à l’ordre premier et t’as pas de choix, lequel, aiam la avayanos, la discussion s’est arrêté lorsque la mère a vu le cercueil de Josef et il s’est enfui, il s’est divisé en deux. Il a obéi, il ne s’agit de se demander mais il s’est divisé en deux.

Pourquoi ? Parce que c’est ce qu’avait fait Josef avec la femme de Petit Phare qui avait jeter l’œil sur lui et le voulait à elle tout simplement, non pas pour une rencontre d’eux, mais qu’il soit véritablement son homme. Et Orly, il a abandonné son vêtement, c’est-à-dire ce qui était à son service, et Vaianos, Vaïtseafos, et il a fui à l’extérieur, cette fuité qu’il a à l’extérieur, c’est-à-dire cette volonté de garder intact, cette essence des patriarches et de se démettre du vêtement que l’on a accepté de partager avec les nations. Oui, parce que nous avons des vêtements que nous partageons avec eux. Et c’est très bien ainsi, mais il y a des limites, et cela font que nous appartenant à ce moment-là à un autre ordre d’être, un autre ordre de réalité dans l’histoire qui n’est pas dans le cours naturel des choses mais qui est dans le cours surnaturel.

Alors, c’est cela le thème de ce premier verset de la paracha, vaillit donc, je répète, un double cri de malheur parce que nous n’avons pas tiré suffisamment la leçon. Mais celle-là, paro, est à âme, en pensant que c’est paro qui a renvoyé le peuple. Or, ce peuple, attention, il y a parmi eux ceux qui avaient préparé leur pain, leur matzot. Et ceux-là, puisqu’en cas de joie au coup, leur avaient dit de manger les matzot, d’accompagner la consommation de l’agneau pascal avec les matzot. Donc ils avaient préparé des matzot. Ils savaient déjà. Donc ces matzot, elles étaient prêtes sans le vin. Mais que vient faire c’est cette frange du peuple qui quitte en dernier lieu le peuple, l’Egypte pardon, avec une patte qui n’était pas suffisamment prête, eh bien c’est ce qu’on appelle le hérévra.

Le hérévra, ha ha, ce peuple indéfini, Ce n’est pas un peuple homogène, mais c’est un peuple composé d’idées totalement différentes, de croyances diverses, mais ils veulent bien partager la même sortie d’Égypte pour le moment. et d’autant plus qu’ils n’ont pas le choix, que l’antisémitisme est tant, que Pharaon est là pour les presser de quitter le pays, alors ils vont se mettre en marche, c’est la raison pour laquelle D’ veut les accompagner, non pas leur indiquer le chemin et les laisser se rendre par eux-mêmes à la terre promise par la voie des philistins qui, carrément, effectivement, celui-là reste très proche pour un peuple qui n’a pas encore quitté totalement l’Égypte. ils vont vite retourner. C’est ça pen-in-na-hem-a-am-be-otam-in-ha-ma.

De peur que le peuple ne regrette. Regardez ce jeu de mots pen-in-na-hem-a-am-in-na-hem. Vous savez très bien que c’est la parole de consolation que l’on présente aux embûiers du minashamayim kenuham ou amma komenahem etren que D’ vous console. Qu’est-ce que c’est que la consolation ? On sait pas ce que c’est. On peut imaginer une mère ou un père en train de consoler son enfant. Non ? Non ? C’est pas ? qu’une personne, bien dire, vient présenter des condoléances, ce forme de consolation, c’est une politesse, non. « In haem, in ha’shamayn tel muhammou » Que vous soyez, que vous soyez quitté, que vous soyez dirigé, que vous soyez assisté par le triomphe, que finalement, c’est une épreuve difficile qui roule le cours naturel de la vie.

Mais maintenant, il faudrait qu’effectivement, vous présentez dans une autre perspective où ce n’est plus vous qui êtes l’acteur, mais vous êtes dirigé. Vous vous laissez aller, vous vous laissez porter par l’événement vers d’autres horizons. Or, le fait de le recevoir de quelqu’un de l’extérieur, c’est réconfortant. Le fait de se le dire soi-même, ça prête à confusion. Et, oh, ici, il y a une volonté aussi éthique, et c’est l’homme, c’est l’homme, de l’esprit de l’île de Yamsouf, et de l’âge de l’israel. L’éternel a détenu le peuple du côté de Yamsouf achever cette naissance du peuple juif. Comme je voulais expliquer plusieurs fois, à savoir l’avenir au monde d’un enfant qui est avec la paire des autres ici, c’est un peu le même phénomène.

C’est la véritable naissance du peuple juif. Mais ce n’est pas au moment de la sortie égypte, mais c’est au moment de la traversée de la mer rouge. Voilà, je vais m’arrêter là pour aujourd’hui, si vous avez des questions à poser. Qu’est-ce qu’il y a d’arave ? Bonsoir Vodarov. Vous avez dit que sans Yosef, nous n’aurions pas quitté l’Égypte parce qu’il a jeté son habit pour quitter la femme de Potifar. Mais quelque part, Moshe a aussi jeté son ami de prince pour quitter la maison de Pharaon. Il a aussi jeté, il a fait le même type d’action que la différence entre Yosef et Moshe à ce niveau-là. Alors pourquoi la mère ne peut pas se séparer devant Moshe aussi ?

Bon, alors il y a un aspect que je n’ai pas développé devant vous, c’est que la Torah ici a déjà établi un parallélisme entre la sortie d’Égypte où D’, que le peuple ne retourne en Égypte, Or, ce retour en Égypte n’a été voulu par le peuple juif qu’après le péché des explorateurs. C’est-à-dire que, au péché des explorateurs, le peuple juif a bien montré que les craintes de D’ étaient fondées, Et Moshe ne pouvait rien. Vous le savez, il y a un trait marquant dans la prière de Moshe pour le peuple juif, après le peau d’or. Après le peau d’or, le casseur Jolyon Coe fait une proposition alléchante à Moshe, en lui disant, « Écoute, allez, effacons tout ce brouillon.

Essayons de faire un autre peu à partir de toi. Est-ce que tu marches avec moi ? Sois le nouvel enfant. Et mocher de répondre, si à ce jour une table à trois pieds n’a pas tenu, comment voulez-vous faire qu’une table puisse tenir à long terme avec un seul pied ? C’est-à-dire que, attention, les avotes, les pères, c’est pas la même constitution que les autres. Le père est l’essence de plusieurs enfants et les ramifications du père sont au travers de ces enfants. Et ces enfants ne sont pas les mêmes. dont on ne pouvait jamais mettre sur un même plan de comparaison le père et les enfants. Moshe n’est qu’un an par rapport au père. Youssef n’est pas le père de Moshe, c’est l’hémique.

Youssef n’est pas vraiment pas du cas. Je m’attendais à ta question, alors, c’est la raison pour laquelle le livre de Berlichik, qui est appelé « Sefer la Yashach », le livre de la droite humaine, le livre de la droite humaine, s’arrête avec Moshe, avec Yosef, pardon, Yosef est considéré comme un La jointure, la rupture entre les enfants d’un côté et les patriarches de l’autre. Et c’est à ce titre que Joseph a droit à deux enfants au sein des tribus d’Israël et pas un sœur. Donc, c’est pour cela que nous avons deux machias, le machiavélus, n’est-ce pas, c’est le machiavélus.