Questions à poser à la table de chabbat de Shemot
Un livret d’étude à imprimer : une question par page, la réponse du Rav, sa source, et une leçon à débattre en famille.
Le second livre de la Torah s’ouvre sur une liste de noms déjà connus, et cette redondance apparente est tout le sujet du cours. Pourquoi renommer les fils de Yaakov alors qu’ils ont été nommés au moment de la descente en Égypte ? Le Rav Raphaël Benizri prend la question au sérieux et remonte à la première fonction confiée à l’homme : nommer, c’est-à-dire dire l’essence de ce que l’on nomme. De là, le cours suit un fil unique — le nom comme identité, et l’exil comme lieu où cette identité se perd ou se conquiert.
Le point de départ est la place de Shemot dans l’ensemble des cinq livres. Chaque livre porte le nom de sa première parasha mais couvre en réalité tout son contenu : si Bereshit est la genèse du peuple à travers les patriarches, Shemot est l’attribution d’une identité, et la finalité de la création ne se dessine qu’avec la construction du Sanctuaire. Sur cette base, le Rav articule les livres suivants comme les étapes d’un même parcours.
Le cours avance ensuite par le rapprochement de deux figures, Yosef et Moshe, dont les parcours égyptiens se répondent : l’un ouvre la descente, l’autre effectue la remontée ; tous deux nomment leurs enfants d’après leur situation d’étrangers, tous deux épousent la fille d’un prêtre. Il aboutit à une lecture du premier verset, habaïm au présent, qui distingue deux venues — celle que l’on subit et celle que l’on assume. Une série de questions de participants prolonge le propos sur l’exil du temps, sur le niveau des générations et sur Yitro.
Ce que dit ce cours
Le titre d’un livre de la Torah couvre bien plus que sa première parasha. Les cinq livres portent le nom de leur parasha d’ouverture, mais ce nom vaut pour l’ensemble du livre. Bereshit n’est pas seulement le récit de la création : c’est la jeunesse du peuple juif à travers les patriarches, et la manière dont s’est constituée la première cellule familiale. Le second livre s’appelle Shemot, les noms, et ce titre annonce ce qui s’y joue : l’attribution d’une identité.
La première fonction confiée à l’homme a été de nommer. Quand l’homme est créé, sa tâche initiale est d’identifier le monde environnant, les êtres et les choses ; le nom qu’il donne n’est pas une étiquette commode, c’est l’essence même de la créature ou de l’objet. Nommer suppose donc d’avoir sondé ce que l’on nomme, d’en avoir reconnu les attributs et la fonction, et d’avoir compris en quoi cet être est indispensable à l’ensemble de la création.
Le verbe qui porte cet acte est celui de la venue. Le verbe « venir » en hébreu ne compte que deux lettres, et le Rav lit dans leur ordre un mouvement inverse de celui de la dispersion : ce n’est pas l’unité qui se dédouble dans le multiple, c’est le multiple qui va vers l’unité. Autrement dit, on ne peut sonder l’essence d’une chose qu’à partir d’une certaine intimité avec l’univers. Le même verbe désigne d’ailleurs, en hébreu, l’union conjugale, bi’a : la connaissance intime sert ici de modèle à la connaissance tout court. Le Midrash, à propos des animaux présentés à Adam, emploie une expression qui va dans ce sens — non pas une relation réelle avec les bêtes, mais la proximité sans laquelle il n’y a pas de nom possible.
D’ lui-même nomme son monde en le créant. Il appelle la lumière jour et l’obscurité nuit. Ce geste a un sens pour celui qui le lit : ce qui reste obscur autour de nous demeure véritablement la nuit, et ce que l’on a découvert, ce sur quoi on a jeté une lumière, devient le plein jour. Nommer n’est donc pas classer, c’est faire passer une réalité de l’obscurité au jour. Cet acte de désignation a ensuite été confié à l’homme, qui appelle son épouse isha lorsqu’il la découvre, puis, lorsqu’elle devient mère, em kol haï, la mère de toute vie : le second nom ne remplace pas le premier, il enregistre une dimension nouvelle apparue avec une fonction nouvelle.
Ce n’est pas seulement l’identité du monde qui est cherchée, c’est celle de D’. La réalité de D’ est cachée dans le monde, floue, comme dans la nuit ; elle nous habite au plus profond sans que nous le réalisions, et il faut la mettre au jour et lui donner un nom. À la génération d’Enosh, on a commencé à l’invoquer par un nom, mais ce nom demeurait si flou qu’il a donné naissance à des cultes idolâtres. Puis vient Avraham, dont le texte dit qu’il proclame le nom de l’Éternel — et le Rav relève l’analogie entre appeler et crier : proclamer, c’est crier ce nom à travers l’univers.
Bereshit et Shemot ne forment en réalité qu’un seul livre. La genèse appelle une finalité, et cette finalité doit recevoir un nom, découvert et achevé par les enfants d’Israël. Or la finalité de la création tient dans la reconstitution en miniature de l’univers à travers le Sanctuaire ; tant que le Sanctuaire n’est pas mis sur pied, le pourquoi du monde reste équivoque. Les livres suivants prolongent ce mouvement : dans Vayikra, ce n’est plus l’homme qui appelle D’, c’est D’ qui appelle l’homme, dès lors que celui-ci accepte de réaliser en lui le sanctuaire et d’en être le porteur mobile. Or pour porter ce sanctuaire à travers le monde, il faut accepter de s’engager dans le désert, lieu de l’épreuve de nos réalités : une identité installée, qui ne s’est pas forgée dans l’épreuve, n’a rien affronté. Le dernier livre, celui des événements, est quant à lui écrit par un homme, par Moshe : c’est sa réponse à la Torah, et les événements y sont pris en charge par l’homme avec l’infini qui l’habite, de sorte que le créateur et le créé se retrouvent associés dans un même projet.
Ce projet est universel, et il commence par l’exil. S’il n’y a pas d’exil, il n’y a pas de projet. L’histoire d’Avraham commence certes par une marche en avant vers la terre promise, laboratoire des idées et de l’identité de chaque chose, mais tant que l’affaire reste individuelle elle ne porte pas à longue échéance. Il faut donc descendre en Égypte, considérée comme le microcosme de l’univers, le centre de toutes les cultures et de toutes les civilisations.
La sortie d’Égypte n’est pas d’abord celle du peuple : c’est l’Égypte qui sort de ses limites. Mitsraïm désigne une cloison, un carcan, une structure fermée. La sortie consiste à arracher l’Égypte à ses limites, à la libérer de l’asservissement à ses idoles, à ses cultes et à sa civilisation, pour lui donner une dimension plus grande. Si l’on n’arrive pas à sortir la culture des autres nations de son carcan, alors rien n’a été fait. Le but avoué de la Torah, sur ce point, n’est pas la seule délivrance d’un peuple.
Yosef nomme ses fils d’après ce que l’Égypte lui a fait. Poursuivi par ses frères précisément à cause de ses rêves universalistes, il est condamné à descendre en Égypte, s’y marie à la fille d’un prêtre et y donne deux noms. Le premier dit que D’ lui a fait oublier son labeur et la maison de son père : il coupe court au nationalisme étroit que ses frères lui opposaient. Le second dit que D’ l’a fait fructifier — et il appelle l’Égypte la terre de sa misère, celle où il est étranger, celle où il a pourtant réussi. Il a sauvé l’Égypte sur le plan économique, il a déchiffré ses rêves, et il lui a donné la foi en un D’ immanent ; le D’ transcendant, lui, ne sera découvert et nommé qu’à travers les épreuves qui suivront.
Moshe suit un parcours presque identique, et son nom reste d’abord indéterminé. Né en Égypte dans une famille juive, adopté par la fille de Pharaon, il reçoit d’elle un nom qui, en égyptien, veut dire le fils. Le Rav s’arrête sur un détail du verset : le texte ajoute qu’elle « dit », et cette parole rapportée renvoie à sa mère, qui rappelle qu’il a été sauvé des eaux. Or l’eau est évoquée dès la création, quand l’esprit de D’ plane sur les eaux qui recouvrent tout : l’eau peut noyer, irriguer et faire repousser, effacer toute trace et redonner vie, servir de bain d’immersion non pour un individu seulement mais pour l’univers entier, comme lors du déluge. Moshe reste ainsi porteur d’une identité non définie, et le Rav note que les lettres de son nom, renversées, donnent le Nom. Ce nom ne sera reconnu qu’après la traversée de la mer des Joncs : c’est en traversant les eaux que le peuple identifie Moshe, jusque-là sans nom véritable.
En exil, on perd son identité. C’est la loi de toute situation d’exil, et l’exil est multiple — géographique, dans le temps, dans l’événement, dans le cercle de famille, dans le cercle social — et chacun passe son épreuve d’exil, qu’il le veuille ou non ; la seule question est de savoir comment on en sort. Car cette perte est nécessaire, comme la graine doit se défaire dans le sol : c’est à partir du moment où elle atteint son état de décomposition qu’elle se développe et devient capable de produire. Il en va de même de toute épreuve traversée, et c’est en ce sens que l’exil est une source d’épanouissement pour le peuple juif — ce qui vaut ici n’est pas la souffrance, mais la perte de substance sans laquelle rien de nouveau ne peut être donné.
Ce qui a été conservé en Égypte, c’est le nom et la langue. Le Zohar l’énonce ainsi : ils n’ont pas changé leur nom, ils n’ont pas changé leur langue, c’est-à-dire qu’ils ont conservé leur identité propre et leur pouvoir de communication. Mais ceux qui sont remontés ne sont pas exactement ceux qui étaient descendus : ce sont les mêmes noms, avec un coefficient tout autre. C’est ainsi que les générations avancent — non pas en se recroquevillant sur ce que l’on est pour rester à tout prix dans un état initial, mais en donnant vie, ce qui suppose une perte.
Donner le nom d’un disparu à un enfant relève de la même logique. L’être cher est déjà dans un autre monde ; son corps est dans la poussière, son âme vit encore. Lui donner un nom, à travers l’enfant qui vient de naître, est une manière de le prolonger et de lui donner une autre dimension. Le nom n’est donc jamais choisi parce qu’il sonne bien : il se rattache à une figure emblématique ou à un sens que l’on veut perpétuer. Et dans le livre de la genèse, chaque nom est adossé à un destin — Hava donne un sens au nom de son fils, Hevel reçoit un nom qui dit le sien, Ishmael comme Essav sont nommés en fonction de ce qu’ils joueront dans l’histoire, et tous les fils de Yaakov portent un nom rapporté à leur mission et aux attributs qu’ils ont à réaliser autour d’eux.
Moshe est sorti vers ses frères pour savoir à quel monde il appartenait. Le texte dit qu’il sortit vers ses frères, et le Rav rapporte deux lectures : pour Ibn Ezra il sort vers les Égyptiens, pour un autre commentateur il sort vers ses frères hébreux. Tiraillé par la double identité que portait son nom — celui donné par la fille de Pharaon, celui donné par sa mère —, il choisit le camp des persécutés. Mais lorsqu’il intervient le lendemain dans une rixe entre deux Juifs, on lui rappelle l’Égyptien qu’il a tué la veille : s’il veut se situer dans ce camp, il lui faut entrer entièrement dans cette histoire et cesser d’arbitrer entre les deux. Comprenant qu’il ne peut pas encore compter sur la maturité de ses frères, il préfère s’exiler.
En exil, lui aussi épouse la fille d’un prêtre, et Yosef et Moshe se répondent. Yitro rendait un culte à toutes les idoles ; le Rav le décrit comme un idolâtre universel, amateur de toutes les cultures. Pour un descendant de la maison de Lévi, une telle alliance fait problème, et le texte n’en dit rien par hasard. Moshe appelle son premier fils Guershom parce qu’il est étranger sur une terre étrangère, et le second Eliezer parce que le D’ de son père l’assiste et l’a sauvé de l’épée de Pharaon. Ainsi Yosef a ouvert la descente en Égypte et Moshe a effectué la remontée, par des chemins étrangement parallèles.
Le récit de l’oppression est écrit sans noms, et c’est le procédé même de l’Égypte. Le texte ne dit pas qu’Amram s’est séparé de sa femme Yocheved pour ne pas avoir à jeter leur enfant à l’eau : il dit « un homme de la maison de Lévi », une désignation anonyme et collective. On ne sait pas non plus qui sont les sages-femmes hébreues. Et le peuple, jusqu’ici appelé les enfants d’Israël, devient « le peuple ». Le but poursuivi par l’Égypte est de réduire chacun à un matricule, à un numéro, sans nom. Le commentaire de Rashi qui ouvre le livre répond exactement à ce procédé : bien qu’ils aient été comptés de leur vivant par leurs noms, D’ les nomme à nouveau après leur mort, pour faire savoir combien ils lui étaient chers. Ils ont été comparés aux étoiles, que l’Éternel fait sortir selon leur nombre mais qu’il appelle chacune par son nom : ce n’est donc pas par le chiffre qu’on rassemble, c’est par le nom. Cela éclaire pourquoi seuls les douze fils de Yaakov sont cités nominativement dans une famille de soixante-dix personnes : ils sont descendus avec leur nom et devront remonter avec lui, malgré tous les efforts de Pharaon.
Le premier verset dit qu’ils « viennent », au présent, alors qu’ils sont venus depuis longtemps. Le texte aurait dû dire qu’ils sont déjà venus en Égypte ; il dit qu’ils sont en train d’arriver. Un midrash lit d’ailleurs que ce sont les noms des enfants d’Israël qui descendent en Égypte : ce qui importe n’est pas les personnes mais la fonction que chacun remplissait, la mission à réaliser à travers son exil, ce nom porté à l’état brut qu’il fallait développer. La venue est donc double. La première est une venue d’exploration, timide et passive : on subit, on se retrouve dans une situation que l’on n’a pas voulue sans savoir quoi faire. La seconde est celle où l’on assume la situation et où l’on se bat pour en sortir ; le langage hassidique appelle la première féminine et la seconde masculine, l’une en attente, l’autre offensive.
« Viens chez Pharaon » se lit comme un accompagnement, non comme un ordre. Le texte aurait pu dire « va chez Pharaon » ; il dit « viens ». Certains commentateurs expliquent que Moshe craignait de se présenter à nouveau devant Pharaon après un premier échec. Mais une autre approche entend : viens avec moi, accompagne-moi, car là où tu vas je suis avec toi, dans toutes les situations où tu te trouves — ne crois pas que tu es abandonné à ton sort. C’est le sens de la promesse faite à Yaakov, de descendre avec lui en Égypte et de l’en faire remonter. En exil, quand on perd sa boussole et qu’on est sur le point de perdre sa foi, la seule chose demandée est de rester associé, partenaire de ce qui est entrepris — et de garder farouchement son nom, faute de quoi il n’y aura ni développement, ni épanouissement, ni résonance.
Transcription intégrale du cours
Heureux de vous retrouver pour le second livre de la Torah qui est celui de Shemot, les noms. Vous savez que les cinq livres de la Torah portent le nom de leur premier paracha, mais en réalité ils couvrent l’ensemble du livre. Bereshit c’est la genèse, mais la genèse n’est pas seulement de la création, mais la genèse du peuple juif. au travers des patriarches, comment elle s’est effectuée, nous l’avons vue, au travers de la constitution de la première cellule familiale. Et vous savez quand l’homme a été créé, quelle a été sa fonction première, c’est de donner un nom. d’identifier le monde environnant, les êtres et les choses, et le nom qu’ils donnent, c’est l’essence même de la créature ou de l’objet, et pour pour donner un nom, en emploi interne que nous allons développer, c’est celui de Bô, venir.
Vous savez que ce verbe venir en hébreu est constitué de deux lettres, de Bête et de Aleph. Au lieu que ce soit le have, le aleph qui se dédouble dans le multiple, au contraire, c’est le multiple qui va vers l’unité. Autrement dit, que lorsqu’on vit dans une intimité telle avec l’univers, on peut effectivement sonder son essence, lui donner un nom. Et le livre, le deuxième livre de la Torah, c’est Shemot, c’est donner une identité, attribuer une identité, c’est pas facile, attention, nous allons voir qu’au début, D’, lorsqu’il crée son monde, il a besoin de lui donner un nom. l’éternel a appelé la lumière le jour, l’obscurité il a appelé la nuit. Est-ce que ça veut dire quelque chose ? Oui, certainement.
C’est-à-dire que tout ce qui reste obscur autour de nous, c’est véritablement la nuit. tout ce que l’on a découvert et sur lequel on a jeté une lumière bien ça c’est le plein jour pour nous c’est la première idée on verra que il y a d’autres significations et ce cet acte de désigner tout objet et tout être par son essence, comme je viens de le dire, a été confié à l’homme. L’homme qui lui aussi donne un nom à son épouse lorsqu’il la découvre, et lorsqu’elle devient mer les hôti kare isha, celle-ci on appellera femme, et lorsqu’elle devient mer, il lui donne elle est em kol chay, la mer de toute vie. Mais ce n’est pas seulement l’identité de l’autre qui est recherchée ou du monde qui est recherchée, mais également l’identité de D’ à Zuhal, Iqrob et Shem Hashem. On dirait que la réalité de D’, elle est cachée dans le monde, elle est floue, elle est dans la nuit. Il faut la mettre à jour. Elle nous habite, elle est au plus profond de nous-mêmes, nous ne le réalisons pas il faut la découvrir et lui donner un nom alors à la génération des noches on a commencé à lui donner un nom mais ce nom qu’on lui a donné du fait qu’il était flou il a donné naissance à des cultes idolâtres il a fallu que Avraham et qui lui a proclamé Vaikra Bechem Hashem, je vous fais remarquer cette analogie entre le verbe carreau et le verbe crier, n’est-ce pas, parce que c’est proclamer, c’est proclamer, c’est crier le nom de D’ à travers l’univers, et bien c’est Avraham, Vaikra Avraham, Bechem Hashem, Avraham a à proclamer le nom de l’éternel, donc l’importance de ce nom va jusqu’à l’identification de l’unité d’Akatosh Balakroud et sa proclamation, d’où ce nom du deuxième livre de Shémoth sué Bérechit, parce que si Bérechit est la Genèse, encore faut-il lui donner, faut-il donner à cette Genèse une finalité, et lui donner un nom. Et son nom va être découvert ou finalisées par les B’nai Yisraël.
B’nai Yisraël, ce sont ceux qui sont chargés de mettre à nous cette finalité du monde, ce pourquoi le monde a été créé, et c’est la raison pour laquelle on considère qu’en Béréchite et Schémott ne font qu’un seul livre. Ce ne sont pas deux livres différents parce que la finalité de la création du monde est dans la reconstitution miniature de ce monde, de cet univers à travers le Bet Amidash, le Mishkan, le Sanctuaire, et tant que le Sanctuaire n’est pas mis sur pied, la finalité du monde reste quelque peu équivoque, indéfinie. Et lorsqu’elle est définie, Alors, écoutez, quel est le livre qui suit? C’est Vaikra. Vaikra, ce n’est plus l’homme qui appelle D’ qui va à la vie couverte de D’, mais c’est D’ qui se révèle à l’homme puisque l’homme fait acte de volonté de se conformer à un ordre moral et à réaliser en lui le sanctuaire de D’, être un sanctuaire mobile au travers du monde et pour être un sanctuaire mobile au au travers du monde, il faut accepter également de s’engager dans le désert Bémit-Barr.
Bémit-Barr, c’est le lieu de l’épreuve de nos réalités-mêmes, parce que si nous sommes là bourgeoisement installés dans notre vie et que nous n’avons pas forgé cette identité en nous au travers des épreuves. Comme on étudie quelque chose et comme on va à la découverte de quelque chose et on ne va pas sans risque, On ne risque pas à ce moment-là d’aboutir à des varimes. Des varimes ce sont les événements. Et ces événements, le livre de des varimes, il est écrit par un homme, par Moshe. C’est la réponse de Moshe à la Torah, c’est-à-dire ces actes sont pris en charge. Tous les événements sont pris en charge pour l’homme, par l’homme, excusez-moi, avec celui qui l’habite, c’est-à-dire cet infini qui l’habite, cette puissance qui l’habite, cette capacité qui l’habite.
Bien sûr, ce pouvoir créateur, Koa Kadoch Maloku, insufflé en lui, lui, le créateur et le créé, se retrouvent associés dans un même projet. Alors ce projet, ce projet, je ne cesserai de répéter qu’il est universel, il n’est pas national, ce projet commence avec l’exil. Il n’y a pas d’exil, il n’y a pas de projet. C’est vrai que l’histoire d’Avraham commence par un lèche-lèche, nous y reviendrons, une marche en avant, une marche vers la terre promise, vers le laboratoire des idées, le laboratoire de l’identité de chaque chose. Mais si on veut voir à longue échéance, parce que tant que c’est individuel bon ça peut convenir mais si on veut voir à longue échéance il faut savoir des centres en Egypte et l’Egypte est considéré comme le centre le microcosme de l’univers de toutes les cultures de toutes les civilisations. Or, comment on appelle cette sortie d’Égypte en hébreu ?
Et ce n’est pas la sortie d’Égypte, c’est la sortie de l’Égypte elle-même, c’est-à-dire que ce n’est n’est pas le peuple juif qui est sorti d’Égypte, c’est l’Égypte qui est sortie de ses limites, nous avons libéré l’Égypte, nous avons libéré, nous avons libéré cette Égypte de l’asservissement à ses idoles, à ses cultes, à sa civilisation et pour lui lui donner une autre dimension, pour lui donner une identité beaucoup plus grande et maintenant nous allons comprendre un petit détail qui fait que, vous savez, nous avons Masha’arben Yosef et Masha’arben David, les deux sont des libérateurs du peuple juif et de l’humanité de l’humanité par le peuple juif, sur le plan économique et sur le plan spirituel. Plan économique, c’est Joseph.
Joseph, attention, il est poursuivi par ses frères pour ses rêves, justement universalistes. et il est condamné à descendre en Egypte. C’est là qu’il se marie. Il se marie à une fille de prêtre, Potiphera Kohenon. C’est là qu’il a deux enfants. Qu’il nomme comment ? Le premier, Kinachan et Elohim, etcholam aliv etcholbet aviv. L’éternel, je traduis littéralement au premier degré, c’est-à-dire l’éternel m’a fait oublier mon labeur. La maison de mon père, oh, il a coupé court avec ce nationalisme étroit de ses frères, qui ne voulait pas entendre de ses rêves de toile à travers le ciel en pleine nuit. Bon, et le deuxième comment il l’appelle, ça c’est le premier, et le deuxième il l’appelle Ephraim.
l’éternel m’a fait fructifier dans la terre, attention, comment il nomme l’Égypte, la terre de ma misère, celle où je suis étranger, celle où j’ai été exilé, mais j’ai réussi. J’ai réussi à donner à l’Égypte quelque chose de nouveau, une vue nouvelle des choses. J’ai eu l’occasion de dire déjà que sur le plan économique il a Il a sauvé l’Égypte et sur le plan freudien il a expliqué les rêves de l’Égypte et ensuite il leur a donné la foi en Eloquii, en D’. Mais D’ immanent, pas D’ transcendant, ça, il fallait encore passer par les épreuves des diplées pour découvrir ce D’ et le nommer par son nom. Mais bon, nous n’allons pas brûler les étapes, restons-en là.
Maintenant, prenons Moshe, il a quasi le même parcours. Moshe, il est né en Égypte, une famille juive, il est adopté par la fille de Pharaon, qui elle lui donne un nom. Ce nom c’est quoi Moshe ? En égyptien ça veut dire Ben, le fils, bien maïm, l’eau. Maintenant, qui lui donne le nom de Moshe, si vous faites attention au verset lui-même dans le texte? Vatomer kimina maïm michitio. Ce vatomer, elle dit, qui a dit? Puisqu’elle était en train, elle-même, de parler ou de dire qu’elle a appelé Mouché, pourquoi a-t-elle besoin d’ajouter, pourquoi le texte a-t-il besoin d’ajouter ? ta mère, elle dit, elle dit, c’est sa mère, Jochebed, qui elle dit, min hama yim mishittiyo, je, toi tu l’as sauvé de l’eau. Vous savez, l’eau est évoquée pour la première fois la création de l’Esprit de D’ plané sur les eaux, les eaux recouvraient absolument tout.
Les eaux peuvent noyer tout, ils peuvent irriguer tout et faire repousser les choses à nouveau. Ils peuvent effacer toutes les traces et redonner une nouvelle vie. et peuvent servir de mikveh et taorah, de bain d’immersion, pas pour l’individu seulement, mais pour l’univers entier comme ce fut le cas du déluge. Et bien, en laissant Moshe comme ça avec une identité, un nom non-défini, Moshe, et tout simplement l’inversion de la chaîne. Vous renversez le nom de Moshe, vous avez le nom, HM. Ils vont aller à la découverte du nom. Quand le peuple va reconnaître Moshe, lorsqu’il va traverser la mer des gens, le yam-sou, il a traversé le yamzou, il a traversé les eaux, alors voya a milo bemoche, ils ont découvert, ils ont identifié Moshe et lui ont donné un nom parce que jusque là, il n’y avait pas de nom, il n’y avait pas de nom. Comment le savons-nous ? Dans l’exil, on perd son identité.
Nous vivons un exil de soi. J’ai dit, nous vivons tous à l’exil. Qu’il soit géographique, qu’il soit dans le temps, qu’il soit dans l’événement, dans le cercle de famille, dans le cercle social, chacun passe son épreuve d’exil, qu’on le veuille ou non. La question est comment on sort de cet exil. Mais nous avons besoin de cela, nous développer, pour nous réaliser. Nous avons besoin, comme la graine dans le sol, c’est à partir du moment où elle atteint son état de putréfaction, d’anéantissement qu’elle a, que c’est là qu’elle se développe et qu’elle est capable de produire Intensément, c’est la même chose dans toute épreuve que nous traversons, et c’est en cela que l’exil est une source d’épanouissement du peuple juif, parce que comment traduit-il Or, ils n’ont pas changé de nom en descendant en Égypte, ils n’ont pas changé leur langue, c’est-à-dire qu’ils ont conservé leur identité propre.
Réuven et Shimon sont descendus en Egypte, mais tels qu’ils sont descendus, ils sont remontés, Réuven et Shimon, halou mi mitzrayim. Nous ne parlons pas d’une même Réuven et Shimon qui sont descendus et qui sont remontés, c’est d’autres Réuven et Shimon qui sont remontés. C’est comme dans la famille, lorsqu’on donne un nom à l’être chair, à l’enfant qui vient de l’être, l’être chair, il est déjà dans un autre monde, il est déjà dans le sol, dans la poussière aussi. corps, elle a son âme, non, elle vit toujours, elle vit, nous allons lui donner un nom. Alors l’enfant qui porte le nom du grand-père, de l’aïeule, de l’être chers que nous avons perdus, c’est une manière de dépanouir, de transformer, de donner une autre dimension à celui qui n’est plus des nôtres. Donc celui qui le re-ouvre, pardon, dont le Rehouven et Chimon, qui sont montés d’Égypte, sont Rehouven et Chimon, disons avec une coefficient de 100 fois plus, 200 fois plus.
C’est une autre dimension, c’est comme ça que les générations avancent, parce qu’il ne s’agit pas de se recroquer sur ce que nous sommes et essayer à tout prix de rester dans cet état ovulaire. Non, il faut donner vie. Or, pour cela, il y a une perte de substance. C’est la raison pour laquelle je vais me focaliser ce soir uniquement sur ces premiers versets du livre de Schmott. «Ve el echemot ve l’Israël». Voici les noms des enfants d’Israël. On dirait qu’on ne les connaissait pas. Mais on les connaît. Dans le parage de Veigash, si je prends le parage de Veigash, On m’a dit déjà qu’elle commence à constituer la famille de Yaakov et nominativement on a cité tous les enfants, tous les enfants de Yaakov.
Pourquoi a-t-on besoin de me le dire ? et elle est née encore à Baim-Yitzeleimah. Non ? Rappelons-nous que chaque fois que dans le livre de Bereshit, quand Chava a son fils, elle appelle comment ? Kaïm. « Kikaniki ish etelokim » Elle donne un sens à son nom. Hevel, elle ne lui donne pas un sens parce que c’est son destin, mais il traque un nom en fonction de ce qu’il doit représenter tout au long de sa vie, de son histoire. Ishmael a aussi un nom en fonction de ça, Elsa a aussi un nom en fonction de ce qu’il va jouer dans l’histoire, et tous les enfants de Yaakov ont un nom par rapport à la mission, à la fonction, aux attributs qu’ils ont et qu’ils doivent réaliser autour d’eux.
C’est la raison pour laquelle on a chaque fois, en donnant un nom, associé à un sens, un destin. On ne choisit pas un nom parce qu’il sonne bien ou quoi que ce soit, et il faut le rattacher à une figure emblématique ou à un sens dans la vie que nous voulons à tout prix perpétuer. Et c’est en cela que conserver le nom, c’est très important. L’Oshino et le Chman, s’ils ont conservé leur nom, alors ils ont conservé leur identité, Ils ont conservé leur attache et vont pouvoir accomplir, finaliser ce que les autres n’ont pas fait ou n’ont pas eu le temps de faire, ça va se faire. Alors je disais qu’il y avait une similitude entre il y a Moshe et Yosef.
Moshe a grandi dans le palais de Pharaoh, il est sorti vers ses frères, quand il a grandi, il a voulu savoir à quel monde il appartenait, quelle était sa réelle identité. Alors on nous dit «Vayetze leham», il est sorti vers ses frères, et là il y a deux façons de traduire ses frères. Ibn Ezra dit qu’il est sorti vers les Égyptiens, mais Rabban nous dit non, vers ses frères ça veut dire vers ses frères hébreux, il était tiraillé par la double identité qu’il vivait en lui-même, au travers de son nom moché, non donné par Bat-Paro, la fille de Parahom, et non donné par sa mère réelle, Liorébel. Et finalement, il a choisi de se mettre dans le camp des persécutés, il s’est rangé du côté de ses frères, Et le lendemain, voici qu’il intervient dans une rixe entre deux juifs et il dit à l’agresseur pourquoi malmène-tu ton frère et l’autre qu’il lui dit, attention, est-ce que tu veux me tuer comme tu as tué l’Égyptien hier ?
C’est-à-dire en somme, si tu veux déjà te situer dans l’autre camp, faudrait te mettre dans notre histoire totalement, et ne pas chercher à faire l’arbitre entre le camp égyptien et le camp juif ? Non. Alors, Moshe a compris qu’il ne pouvait pas compter encore sur la maturité de ses frères, il a préféré s’exiler, et là, lui aussi, qui l’épouse, la fille d’un prêtre, de Hithro. Hithro, c’était effectivement celui qui rendait le culte à tous les idoles. C’était un idolâtre universel. Il est un amateur de toutes les cultures, pourquoi pas. Il est polyvalent, c’est l’idolâtre international. Et il épouse sa fille, épouser la fille d’un prêtre pour un descendant de la maison de Lévis, c’est problématique.
Bien, le texte a voulu parler, et attends, que comment il appelle ces deux enfants, lui aussi comme Joseph. Le premier, il dit, parce que je suis étranger sur une terre étrangère, et il l’appelle Gershaw, il est étranger là-bas, et le deuxième, il l’appelle Eliezer, parce qu’il considère que D’ de mon Père, Il m’assiste dans tout ce que je fais et il m’a sauvé de l’épée de Panaron parce qu’il était condamné à la mort pour avoir effectivement tué l’Égyptien. Or, Yosef a commencé pour le peuple juif la descente en Égypte et Moshe a effectué la remontée d’Égypte. C’est paradoxal que ces deux chefs du peuple juif aient eu un parcours similaire en Égypte. Et le but avoué de la Torah, c’est qu’il n’y a pas de sortie d’Égypte. Si on n’arrache pas l’Égypte, c’est limite. Mitzraïm, Metser, c’est une cloison, un carcan, une structure fermée. Si on n’arrive pas à sortir la culture des autres nations de leur carcan alors nous n’avons absolument rien fait donc il fallait qu’il y ait ce mariage entre un descendant de la famille d’Avraham et que dire de la famille de Levi et les descendants des prêtres des nations. Je ne dis rien, je lis le texte, j’attire tout simplement votre attention sur ce détail qui n’est pas sans importance, qui n’est pas insignifiant du tout. Mais le but, c’est d’aller au travers de l’anéantissement de non à sa redécouverte sur un plan universel et ceci même celui de D’ parce que quand Moshe s’interroge sur sa véritable identité il Il pose la question « mi anoré, qui suis-je, quelle mission je dois remplir dans ma vie, quel est le sens de ma vie, pourquoi je suis là, en train de vivre ce drame entre deux cultures opposées ? ». Il pose la question aussi dans l’absolu et qu’est-ce qu’il lui dit ?
Il va mieux m’interroger sur ton nom, sur ton identité, ils ne le connaissent pas. Ces enfants en Egypte sont bien assimilés aujourd’hui. Eux-mêmes, ils ont perdu leur nom. Or, vous savez, comment se traduit cette perte d’identité en Egypte ? C’est que, à partir du deuxième chapitre, même du premier, nous voyons que tout fonctionne sans nous. On ne nous dit pas que c’est Hamlam qui s’est séparé de sa femme Jochebed pour ne pas devoir jeter à l’eau le fruit de leurs entrailles. Non, ce ne sont pas eux qui ont repris par le conseil de leurs filles qui leur ont dit attention vous servez les dessins de parents En vous séparant et en arrêtant d’amener des enfants au monde, vous allez lire Isch mit Betelevi, Isch, le maquis, la résistance, il n’y a pas de nom.
Betelevi, c’est aussi un collectif. Bat-Levi, qui est-elle Bat-Levi? On ne sait pas. Qui sont les Miales d’Ota Evriyot? Rien. Comment est appelé le peuple juif? Avant, c’était bené Israël. Maintenant, c’est Haam, le peuple. C’est-à-dire que le but avoué de l’Égypte est de transformer tout le peuple juif asservi à une matricule, à un numéro, et il n’y a pas de nom, alors il n’y a pas de nom. On comprend un rachid merveilleux qui introduit ce livre de Schmott. bien qu’ils les aient comptés de leur vivant par leur nom, Il a recommencé et les a nommés, à leur mort, les hôdias hibbatan, pour faire savoir combien ils étaient chers aux yeux de D’, parce que ils ont été comparés à des étoiles.
Motsi-an ou Machnissan de l’Isfal ou Bishmotan parce qu’il les fait sortir au travers de leur nombre, au travers de leur matricule, mais quand il les ramène, il les ramène Bishmotan, les ramènent au travers de leur nom. Donc ce n’est plus un chiffre, c’est un nom qui remplace, comme dit le verset, Ammotsib Emispat Tewahab. Celui qui fait sortir, selon le nombre, Tewahab, toute leur constellation, toute leur armée, il les a chiffrés au au début, quand il doit les appeler pour les rassembler, ce n’est pas par le chiffre, ce n’est pas par la matricule qui les rassemblent, non, c’est par le nom qu’il l’appelle. Alors on comprend pourquoi cette importance donnée à la nomination de la famille de Yaakov qui était composé de effectivement de 70 personnes à sa décentologie et nous avons dit que c’est le chiffre qui rassemble ou qui concentre en lui l’ensemble des nations mais il a donné et il a cité que les 12 enfants de Yaakov par leur nom pour nous dire tels qu’ils sont, tels qu’ils sont descendus avec leur nom, malgré tous les efforts, tous les déployés par pharaons pour les rendre sans aucune identité et sans remonter d’Egypte avec leur nom, avec leur langue, leur pouvoir de communication avec les aux chiés, les êtres et les choses. Comment Pour pouvoir dire ça, il y a aussi ce verbe que j’ai évoqué en premier lieu et qui est Habbaim.
Et c’est le nom des enfants d’Israël, Habbaim qui vient. Vous avez vu des noms qui marchent, des noms qui viennent. Elle est Bénéisraël Abbaïm, mais elle est Chémotan, et voici leur nom. Non. Il y a un migrage qui dit que en réalité ce sont les noms de Bénéisraël qui sont descendus en Égypte. Ce qui importe, ce n’est pas les enfants d’Israël eux-mêmes. Mais c’est la fonction que remplissait chacun. c’est-à-dire la mission que chacun devait réaliser au travers de son exil qui était important, et il fallait qu’il aille à la découverte de ce nom qu’il portait à l’État peut-être, plutôt qu’il ne réalisait pas, et qu’il fallait qu’il le développe et qu’il le réalise. Comment le réaliser au travers du verbe « beaux venir » ?
« Venir » ? Je vous ai dit « hapaïm ». Mais « hapaïm », nous le savons. Ça aussi dans l’apparanchat de Béigash. Dans l’apparanchat de Béigash, on nous a déjà dit les enfants de Yaakov quand ils sont descendus avec lui en l’Egypte, Ba’o Mitzraïm. Maintenant, ici, le texte reprend en disant à un Baïm qui vient. Ils sont en train de venir, mais ils sont déjà venus. Il aurait Il aurait fallu dire, voici le nom des enfants d’Israël qui sont déjà venus en Égypte. Non, ils sont en train d’arriver maintenant. Qu’est-ce que c’est que le sens de ce venu? Alors, je vous ai cité cette fonction première de l’homme que D’, lors de la création, a donné à l’homme en lui présentant les animaux, en le faisant.
Mais comment dit le Midrash pour dire « va y’aver otam ena adam » ? Il les a présentés à l’homme, il les a fait venir devant l’homme, il les a fait défiler devant l’homme. Non, le Midrash va sortir quelque chose qui va en quelque sorte nous affoler, nous effrayer. Baal-e-hem, ça veut dire qu’il a en réalité essayé de, disons-le, entre guillemets, de copuler avec, de jouer avec, mais il n’a pas réussi, il n’a pas été satisfait, il n’a pas éprouvé le désir requis. Et il a fallu à ce moment-là qu’il le découvre au travers de l’homme. Alors vous n’imaginez pas qu’il y a réellement une relation intime comme ça qui se fait entre l’homme et le serpent, entre l’homme et le lion, entre l’homme et le chien.
Non. Le bon, c’est effectivement une connaissance intime. Une femme, on ne la connaît intimement que lorsqu’on s’unit à elle. Mais cette connaissance intime, l’homme l’a fait pour découvrir ou définir l’essence de chaque animal et lui donner un nom, lui dire quelles seraient ses attributs, quelles sont ses fonctions, en quoi il est indispensable à l’ensemble de la création et c’est ça le sens de Beau. D’où avons-nous ce sens ? Vous savez, d’abord l’acte conjugal, l’acte charnel proprement dit, s’appelle BI-A. On est brossé bien. Venir. Maintenant. Quand Moshé, envoie Moshé Chépharro, elle lui dit Bo Elparro. Et l’on n’a pas même de dire Bo Elparro, vient Chépharon, mais il aurait dû lui dire Lech Elparron, va Chépharon.
Qu’est-ce que ça veut dire ? Bon, les paroles, viens chez Pharaon. Les commentateurs disent que, bon, il avait peur de se présenter encore devant Pharaon. Cette fois, il s’est présenté et il n’en a rien tiré. Alors maintenant, il avait peur de ces vices qu’allait lui faire subir Pharaon. Or, Haramim ont eu une autre approche. Ce beau El-Palau veut dire, viens avec moi chez parents, accompagne-moi chez parents. Parce que sache que là où tu vas, je suis avec toi. Je t’accompagne là où tu es, dans toutes les situations dans lesquelles tu te trouves. Ne crois pas que tu es abandonné à ton sort, que tu es livré à toi-même. Sache que je suis à tes côtés.
Rien qu’accompagne-moi. Accompagne-moi, ça veut dire, sois véritablement mon associé, mon partenaire dans tout ce que j’entreprends, fais-moi confiance. Et le fait de se trouver en exil, le fait de vivre un drame dans la famille, le fait d’être désorienté, Oui, c’est vrai, on perd sa boussole, on perd ses pédales, on est sur le point de perdre sa foi. Et il me dit attention, je descends avec toi en Égypte, ne pense pas que je vais t’abandonner quand tu vas te retrouver en Égypte. Tu as une fonction à remplir, même dans ce désert des nations. La question est de distinguer toujours entre la première descente et la deuxième descente. Il y a toujours une nuance. « Ich ube to ba’u et ya’aqo », venir avec ya’aqo, venir avec sa famille, c’est ce qu’on appelle une double venue.
Il y a ha’ba’i, il y a ba’u. La première venue, c’est une venue d’exploration, elle est timide, elle est passive, on subit, on est descendu, on se retrouve dans une situation que nous n’avons pas voulu et nous ne savons pas quoi faire. Mais nous n’abandonnons pas. La deuxième venue, la deuxième venue, c’est lorsqu’on assume la situation et qu’on se bat pour en sortir et pour réaliser sa propre identité à travers la mission que nous avons remplie, et c’est la raison pour laquelle les Hasidiques dans le langage hasidique, la bia rishona s’appelle femme, la bia femelle ou féminin, et la bia S’appelle mal, masculin. Pourquoi ? Parce que la première, elle est passée, elle est en attente et c’est le propre du féminin. Mais la deuxième, à ce moment-là ce n’est plus comme la première, La deuxième venue, eh bien, il y a de l’assurance, il y a une volonté de domination, de réaliser quelque chose, on devient offensif et on ne reste pas dans un état d’attente et c’est c’est pour cela que le texte a parlé des noms habbaïn, habbaïn mitzaïma, les noms qui descendent en Egypte, mais ils descendent et comme je l’ai dit tout à l’heure, il va y avoir un état de disparition, de dissolution, d’anéantissement, au vu des difficultés, des persécutions.
Mais la question est de garder son nom, de garder farouchement son identité parce que tel que nous tant que nous n’avons pas planté dans le sol ou dans lequel nous nous sommes implantés notre germe, il n’y aura pas de développement, il n’y aura pas d’épanouissement, il n’y aura pas de résonance au nom que nous portons et c’est en cela que l’histoire d’Israël ou l’identité d’Israël qu’Israël commence par l’exil en Égypte. Je m’arrête là. Si vous avez des questions à poser avec plaisir. Oui, si je vous permettez, Monsieur Koufoudarav, au début de ce cours, vous nous avez parlé des exils et vous avez parlé de l’exil du temps. Exil du temps, c’est la vie. C’est quoi l’exil du temps?
Vous avez parlé de l’exil du temps, c’est quoi l’exil du temps ? Ah bon, le Hol, c’est un exil du temps, le Shabbat, c’est un temps. Le temps, c’est lorsque, en fin de compte, vous êtes compressé, stressé par le temps, vous ne pouvez pas en sortir. Vous avez un agenda, un agenda qui va finalement vous contraindre toute la journée, et vous ne pouvez pas bouger. vous devez rendre compte le Shabbat, vous êtes dans un autre temps. D’accord. Je voulais poser deux autres petites questions. Vous voyez les générations qui avancent. Moi, je pense qu’il y avait les Héridates de Roth. Pas les générations qui avançaient, les Héridates de Roth. Alors, je vais vous dire. Qu’est-ce qu’ils ont dit nos singes pour voyer les Dehudas ?
Yéhouda descendit. Et pourquoi il descendit ? C’est-à-dire que ses frères l’ont descendu. L’ont descendu, pourquoi ? Parce qu’il n’a pas été épousé. Une femme kenaanite. Le futur machia. Or vous savez ce que c’est que Mashiach ? Quelles sont les lettres que l’on retrouve dans Mashiach ? Shemchai, c’est celui qui va vous faire découvrir votre nom. C’est lui qui va donner une vie à votre nom. Shem Chay. Le Mashiach, justement, il lui a dit, ils n’ont descendu, mais le Midrash dit non. au rideau les chèmeries d’ia et non pas interpréter le verbi à rôde comme une descente une déchéance non c’est une descente les chèmeries d’ia pour une conquête rado c’est conquérir rado c’est gouverner rôder alors c’est ça en fin de compte, il faut quelquefois accepter de faire certaines concessions pour pouvoir remonter le courant au plus vite.
Parce que quand on est chérolé, quand on s’obstine dans une situation à vouloir trouver à tout prix la solution, et qu’on n’accepte pas de s’aider un tant soit peu, nous risquons de tout perdre, surtout dans l’éducation des enfants. Je ne comprends pas, excusez-moi la voix d’arave, mais je ne comprends toujours pas. À ce niveau, les ancêtres étaient quand même d’un niveau très différent et très supérieur au nôtre. Comment peut-on dire que nous, on avance alors qu’ils étaient d’un niveau incomparable au nôtre ? Bon, alors là, c’est que finalement tu as fait une séparation entre les patriarches et nous-mêmes. Quand tu dis « Eloï Avraham, Eloï Itzhak, Eloï Yaakov », tu ne les considères pas comme des parents ?
Oui, mais comme des parents qui étaient plus sages que moi. Mais qui t’habites ? Qui ont déposé leurs germes en point ? Tu es l’enfant d’Avraham, Itzhak et Yaakov ? Je comprends ce que vous voulez dire. Et vous, vous vous doutez. Je raconte une toute petite dernière question. Vous parliez de la fille, de la fille de Youssef qui avait été en épousée, la descendante d’un prêtre, la fille d’un prêtre. Mais c’est quand même la fille de Dina, c’était pas la fille de Dina qui a été adoptée. C’est pas vraiment la fille d’un prêtre. C’est le midrange qui le dit. Le Midrashki dit qu’il a été adopté, mais elle a été adoptée par Cohen Hon, par un prêtre.
C’est pas une égyptienne, c’est la fille de Dina. Peu importe, mais aujourd’hui elle appartient à une autre culture, elle appartient à une autre croyance. Elle est la fille de Cohen Hon, et remarquez, il y a une chose aussi pour laquelle même Yosef s’est excusé auprès de ses frères. c’est qu’il a changé de nom. Comment il s’appelait en Égypte, Yosef ? Sofnat Paneah. Mais pourquoi tu as abandonné ton nom ? Tu me sens comme s’il s’appelait Christian, Christophe, qu’est-ce qui t’arrive ? Il s’est excusé auprès de ses frères d’avoir changé de nom. Mais il fallait qu’il vienne au travers Saffon, Sofnat vient du verbe Saffon. ça veut dire cacher, ça fonde, hein, la matzah cachée, ça veut dire ça fonde.
Panayach veut dire développer, décoder. Alors il y a un sens caché à décoder au travers de Yosef. Lui qui devait, en quelque sorte, vis-à-vis des égyptiens, montrer qu’il avait changé de nom, en réalité, il s’est couvert d’un code, il a emprunté un code. Merci beaucoup Vodafone. Autre question. Juste une petite prévision. Bonsoir, Benazris, c’est à propos de Ariel Karsienti, à propos de Yitro Kohen Mithyan. On est, tu n’as pas besoin de t’identifier. Voilà, donc à propos de, enfin moi je vois ça plutôt les kafs et khut, cette histoire qu’il a fait toutes les idoles, toutes les idolatries. Est-ce qu’en tant que descendant d’Avraham et de Keturah, il n’a pas comme Avraham qui pèsait de bord haut, il a peut-être essayé de chercher une vérité.
Et pour faire cette vérité, il est allé voir toutes ces idoles. Et finalement, il a quand même rejoint Moshe Rabbeinu, même dans le désert, même s’il n’est pas resté avec eux, que ses descendants, les Keny, étaient très chéris de la nation d’Israël. J’aurais bien accepté ton point de vue. Seulement, il y a quelque chose qui me dérange. Combien de temps il est resté chez Hitho ? 40 ans. Hein ? 40 ans. 40 ans. Non ? Oui. Alors 40 ans, on reste chez Hitho pendant 40 ans. Tu sais que le bâton de Moshé, avec lequel il faisait ses exploits, d’où il l’a pris ? De là-bas, il était là-bas, mais on dit qu’il l’a pris. Et comment il est arrivé chez lui ?
Je ne sais pas. Il était planté dans le jardin, dans le potager ou dans le verger d’Hytro, c’est ce qu’il a appris, c’est-à-dire que, en réalité, tout son judaïsme, Moshe l’a appris chez Hytro. Pourquoi ? Parce qu’Hytro était le descendant de quoi ? De Médiane ? Médiane était le fils de qui ? Keturah. Alors donc, il était le descendant d’Avraham, et de la même manière qu’Avraham avait étudié ce Shember Eber. Lui aussi, il a eu cette tradition de Shember Eber. Seulement, Lietron n’avait pas encore fait la boucle de tout cet enseignement-là d’Avraham. Il le fera par l’insuit, alors qu’il y aura cette libération de l’Égypte. Et c’est ça ce qui veut dire qu’en réalité, parce que toutes les cultes, toutes les idoles, je l’ai dit, se sont… Allez, on a rendu le culte à l’eau, au mer, au soleil, la lune, aux étoiles.
Qu’est-ce qu’on va faire ? La Torah dit qu’il faut détruire toutes les idoles. On va les détruire ? Non. On va les détruire ? Non ! On ne va pas les détruire ! En verbi catalébanais. C’est l’habit qu’on leur a donné, la divinité qu’on leur a donné. Il faut les sortir de Elohim et leur donner la tribu de Hashem qui est Kol El Elohim. C’est très cool. Voilà.
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