Ce cours lit les premiers versets de Mishpatim, ceux qui règlent le statut de l’esclave hébreu, et demande pourquoi la Torah ouvre par là le corpus civil qui suit immédiatement les dix commandements. Le Rav Raphaël Benizri y voit une correction des inégalités d’une société : la nature est faite de lois complémentaires et égales, l’humanité non. La question centrale du cours est celle de la liberté — non la liberté octroyée, mais celle qu’un homme apprend à vouloir. Elle culmine sur le cas de celui qui refuse d’être affranchi et se fait percer l’oreille.
Le Rav commence par lire le passage en entier : les six ans de service, la sortie à la septième année sans rançon, le sort de la femme et des enfants donnés par le maître, puis la déclaration de celui qui dit aimer son maître, sa femme et ses enfants et ne pas vouloir être affranchi. C’est cette déclaration qui commande toute la seconde moitié du cours.
Entre les deux, le cours passe par les dix paroles de la création et celles de la révélation, par le Chabbat comme temps que l’homme ne subit plus, par la différence entre la justice des tribunaux et une justice doublée de morale, par les trois sens du mot dror, et par les cinquante-trois lois de la parasha dont les exégètes n’ont pas trouvé la logique interne. Il se ferme sur les quatre sources de dommages et sur le Chabbat et les fêtes qui concluent le chapitre.
Ce que dit ce cours
Le chapitre de l’esclavage suit les dix commandements parce qu’il corrige les inégalités d’une société. Toutes les lois de la nature ont été créées complémentaires et égales à elles-mêmes ; il n’en va pas de même de l’homme, où les inégalités sont telles qu’il y a des riches et des pauvres, des personnes saines et des personnes malades, des intelligents et d’autres qui le sont moins. Les choses ont été faites de telle sorte que nous puissions réellement cultiver la fraternité et la solidarité et instaurer un mouvement d’égalité. L’ordre est d’ailleurs différent de celui auquel on s’attend : à première vue, il ne s’agit pas d’égalité, mais d’abord de fraternité.
La dépendance de l’être se laisse décrire en trois notions. D’abord nous sommes tributaires de contingences telles que nous devons céder notre temps et nous contraindre à des activités qui ne sont pas à notre goût et qui ne nous épanouissent guère. Ensuite il y a la dualité qui nous déchire, entre nos aspirations et les réalités de la vie, et qui fait que bien des fois nous cédons au désir et sacrifions l’élan qui donnerait une personnalité à notre vie. Enfin il y a la dépendance qui situe l’homme entre l’éphémère et le durable, le relatif et l’absolu, le petit homme dans le grand macrocosme face au maître de l’univers.
Le Chabbat est le temps où l’homme n’est plus dépendant du temps. À peine formé à partir de tous les éléments de la création et animé d’un souffle, l’homme est installé dans le Chabbat, c’est-à-dire dans un temps générateur du temps : c’est lui désormais qui fait son agenda de la vie, c’est lui qui meuble son temps. De la même manière, lorsque le peuple a été extrait de la glaise égyptienne, il a reçu au pied du Sinaï un souffle par ces dix paroles. Les dix paroles de la création ont réalisé le monde dans sa matérialité ; celles de la révélation ont donné une âme à cette matière. Une histoire devient alors possible, à condition de définir la relation de ce souffle à la matière et de la matière à ce souffle.
Le peuple a lavé ses vêtements, mais il n’a pas refait son âme. Il se tient au loin de la montagne, encore marqué par un relatif confort de vie, assuré au quotidien des besoins élémentaires dont il a besoin pour vivre. Or il fallait à tout prix apprendre à l’homme à s’extraire de cette dépendance et à forger sa propre loi — non pas à partir de ses désirs, mais sur la base de sa volonté. La sortie d’Égypte est précisément la manière d’arracher l’homme à toutes ses contraintes et à toutes ses tendances.
Cela ne vient pas du jour au lendemain, et l’on peut le voir sur l’évolution d’un enfant. À six ans ce n’est pas comme à douze, ni comme à dix-huit, ni comme à quarante. À mesure qu’il affronte les problèmes de la vie et augmente sa connaissance, il se défait de sa carapace. Cela vaut jusque dans le rapport aux parents : l’attachement par simple reconnaissance n’est pas encore l’amour des parents. La Torah n’a d’ailleurs recommandé d’aimer ni ses parents, ni ses enfants, ni sa femme : elle a parlé de respect. Le respect est autre chose que l’amour et davantage que la compréhension ; il est par-delà tout entendement. Respecter ses parents, c’est un amour qui a rompu les attaches du naturel et s’est habillé d’une liberté. C’est pourquoi le respect des parents figure dans le premier tableau des dix commandements, celui des relations entre l’homme et son créateur.
Il ne faut pas craindre la loi, il faut l’aimer. La crainte peut engendrer la faute ; l’amour de la loi consiste à faire en sorte qu’elle devienne l’expression naturelle de soi-même par un acte libre. Cet acte libre atteste alors la liberté de l’homme, et c’est cette liberté qui s’installe dans un Chabbat répété — au point que même les jours de la semaine sont vécus en fonction du Chabbat. C’est cet élan qui fait de l’homme le véritable interlocuteur de D’, son associé dans la création.
Les lettres ne sont pas gravées sur les tables, elles y sont libres. Les tables peuvent se briser, les lettres non : elles s’envolent, elles sont en état d’apesanteur, présentes sur les tables sans jamais engager leur destin avec elles. C’est pourquoi, même si toute une société venait à quitter la loi, il suffirait de dix justes en son sein pour sauver l’ensemble de la communauté et l’ensemble de la loi. Cette loi est comme la création elle-même : de l’être à partir du néant.
Si le peuple ne s’était pas tenu loin de la montagne, on aurait pu se passer de ces lois. Le détail des mishpatim ne devient nécessaire que parce que l’élévation a manqué. Ces lois mettent chaque homme face à ses responsabilités par rapport à lui-même, par rapport à son créateur et par rapport à son prochain. Nous savons être justes dans notre propre vie ; c’est dans la manière de servir la vie d’autrui qu’il faut être plus que justes.
Des sept lois universelles, une seule est positive. Six sont des interdits ; la seule qui soit positive est l’instauration d’un appareil judiciaire qui établit l’ordre dans une société, selon des principes de justice que chaque société s’est forgés. Car la révélation ne s’inscrit pas dans un désert ni sur un terrain neutre : il y avait Sumer, il y avait Achour, il y avait l’Égypte, il y avait différents codes et différentes lois, avec des correspondances réelles avec les dix commandements. Et pourtant c’est totalement différent, car la justice de la Torah est doublée d’une morale dans l’absolu. C’est pourquoi, ayant à trancher un litige, il vaut mieux donner la préférence à un tribunal rabbinique. La morale fait partie de la justice elle-même : alors même que l’on aurait raison en droit, il ne faut pas que l’autre enregistre sa perte et en soit totalement dégoûté, et il faut savoir céder un peu de ses droits. C’est ce que dit l’appel à pratiquer la droiture et le bien, et à marcher dans la seule voie du bien — celle qui honore non pas soi seul, mais ses parents, ses ancêtres, son créateur.
Si les dix commandements étaient pratiqués dans toute leur envergure, il n’y aurait ni esclaves ni voleurs. Car cet esclave est quelqu’un qui s’est vendu faute d’argent, ou qui a volé et n’a pas de quoi rendre. Plutôt que de le mettre en prison, d’où il sortirait pour un petit délit avec l’allure d’un vrai bandit, mieux vaut l’intégrer dans une famille où il voit comment se pratique une vie. Et les sages avertissent : celui qui se prend un esclave, c’est comme s’il se prenait un maître à lui-même.
Le but n’est pas de dédommager, mais d’apprendre à cet homme la saveur de la liberté. Il s’agit de l’amener, au bout de six ans comme au bout des six jours de la création, à sortir avec la volonté d’assumer sa propre vie en toute liberté. Car dans l’absolu, on ne rend de comptes qu’à son créateur — et cette servitude-là est une forme de liberté totale, puisque la relation avec D’ n’est pas celle d’un maître à un serviteur mais celle d’un père à un fils. Elle peut passer, dans les étapes inférieures, par la relation de maître à serviteur ; l’idéal est de l’inscrire dans celle de pères et d’enfants. Les sages ont donc fixé ce qu’on ne peut pas faire à un serviteur : on ne lui donne pas un travail indéterminé, ni des travaux inutiles, ni des travaux qui le diminuent. On ne le nourrit pas différemment, pas de restes : si le maître boit du vin, il partage son vin ; s’il a un lit confortable, il lui en donne un semblable. Si bien qu’acquérir un esclave hébreu devient une charge, et qu’il ne s’est jamais agi que de volontaires au sein du peuple, qui se dévouaient pour récupérer ceux que le sort avait desservis ou qui n’avaient pas su maîtriser leur envie.
Cette faiblesse est attestée dès la création de l’homme. Il a cédé à la tentation de la connaissance et en a fait un produit de consommation, réduisant tout son savoir à la satisfaction de ses envies et aux besoins de la consommation immédiate. Il fallait donc que ce soit D’ qui tire l’homme de ses dépendances — comme il a tiré Avraham de la fournaise et lui a donné, ainsi qu’à Sarah, la lettre de la vie, et comme il a fait sortir le peuple d’Égypte en lui donnant le souffle des dix commandements.
Le mot dror porte trois sens. Il désigne d’abord ce qui est pur de toute falsification, comme la myrrhe non trafiquée employée pour l’encens. Il désigne ensuite la proclamation de la liberté, celle du jubilé, annoncée par le chofar — dont l’origine première est la corne du bélier d’Itzhak, arraché à la dépendance de la mort qui est à la source de toute impureté, de tout désespoir et de toute rupture. Il désigne enfin un oiseau, qui n’aspire qu’à un nid et non à une maison — et la différence entre une maison et un nid est le toit. Le sanctuaire était sans toit, parce qu’il ne fallait pas de séparation ni de cloison entre le monde inférieur et le monde supérieur. De là ce qui s’y produisait : les pluies n’éteignaient pas le feu de l’autel, et le vent ne parvenait pas à déplacer la colonne de fumée qui montait de l’encens, parce qu’il n’y avait plus de dépendance à l’égard des lois de la nature. La liberté se passe de ce toit et de cette séparation.
Il y a cinquante-trois lois dans cette parasha, et leur logique reste hors de portée. Les exégètes se sont interrogés sur ce qui les relie et ne l’ont pas trouvé ; ils ont dit que si nous pouvions entrer dans la logique de ces lois, nous serions allés très loin dans la compréhension de la volonté divine. Nous en sommes très loin, parce que nous sommes enfermés dans une pensée limitée par notre connaissance et que nous ne savons pas procéder par mutation, par saut. Or une pensée libre procède par mutation, et ces mutations ne se font que par un amour libre et consenti.
Dire « j’aime ma femme et mes enfants » au prix de sa liberté est inadmissible. La femme et les enfants dont il s’agit sont ceux que le maître lui a donnés pour ne pas le laisser dans une frustration totale — à la fois une punition et une consolation. Mais il ne fallait à aucun prix qu’il déclare aimer sa femme et ses enfants au point de sacrifier sa liberté, car l’homme devient alors l’esclave du produit humain qu’il s’est aménagé.
C’est l’oreille que l’on perce, et cela se comprend deux fois. D’abord parce que c’est elle qui a entendu au Sinaï que les enfants d’Israël sont serviteurs de D’ et non serviteurs des autres : celle qui consent à devenir servante d’un autre porte la marque. Ensuite parce que le mot qui dit l’oreille donne celui de l’équilibre et de la balance : qui souffre de son ouïe a du mal à marcher, ayant perdu son centre de gravité. Et l’expression de la foi par excellence tient dans l’écoute, puisque c’est par elle que l’on accède à l’unité de D’ et que l’on accepte le joug céleste.
L’oreille reçoit tout et n’émet rien. L’œil reçoit des informations mais peut exprimer quelque chose d’un simple regard ou d’un clin d’œil ; l’oreille reste impassible, et pourtant c’est elle qui enregistre tout et par elle qu’une voix intérieure réalise, à partir des sons émis, la présence de D’ dans le monde. Celui qui s’est emmuré dans sa compréhension des choses n’entend plus. Il a renoncé à la liberté acquise par le sang dont on avait enduit les portes des maisons en Égypte, ces portes qui furent les portes de la liberté. Sa marque n’est pourtant pas éternelle : elle court jusqu’au jubilé. Cela peut être dans vingt ans ou dans trente, selon l’année où l’on se situe dans le cycle, et à ce terme il est obligatoirement affranchi. Car tout procède du cycle sabbatique et tout est nourri par le Chabbat ; quand le Chabbat des sept années, sept fois sept, arrive à son aboutissement, le serviteur est libéré.
Quatre sources de dommages menacent l’homme, et le Chabbat et les fêtes ferment le chapitre. Il y a la dent, le désir de nourriture ; le désir charnel ; le feu, c’est-à-dire l’enthousiasme non contrôlé ; et la fosse, les écueils où l’homme tombe dans ses moments de faiblesse. C’est pourquoi ces lois, qui donnent une ample lecture des dix commandements, se concluent par l’observance du Chabbat et des fêtes : l’homme s’affranchit en se ressourçant chaque semaine, et trois fois l’an dans un temps qu’il sanctifie lui-même. Le Chabbat lui est offert ; les fêtes, c’est lui qui les offre et lui qui en marque le temps — le printemps, la moisson, la récolte, qu’il lui faut inscrire dans sa trajectoire de vie.
Transcription intégrale du cours
Bonsoir les amis, nous sommes dans Parachat Mishpatim. Je vous lis en introduction ce que nous allons commenter. Et voici les statues que tu leur exposeras. Si tu achètes un esclave hébreu, il restera six ans esclave, et à la septième il sera remis en liberté sans rançon. s’il est venu seul, seul il sortira, s’il était marié, sa femme sortira avec lui, si son maître lui a donné une femme, laquelle lui est enfantée des fils ou des filles, la femme avec les enfants appartiendra à son maître et lui se retirera seul. que si l’esclave dit j’aime mon maître ma femme et mes enfants et je ne veux pas être affranchis son maître l’amènera par devant le tribunal on le placera près d’une porte ou d’un poteau et son maître lui percera l’oreille avec un poinçon et il le servira indéfiniment. Nous sommes là dans un chapitre d’esclavage qui fait suite aux dix commandements et qui vient malheureusement corriger les inégalités dans une société parce que si toutes les lois de la nature ont été créées d’une certaine manière complémentaire et égale à elle-même, il n’en est pas de même de l’homme ou là les inégalités sont telles que il y a des riches, des pauvres, des personnes saines, des personnes malades, des personnes qui sont riches, des personnes pauvres, des personnes intelligentes, des personnes qui le sont moins, et en cas de choix lourde, a fait les choses de telle sorte que nous puissions réellement cultiver la fraternité, la solidarité et instaurer un mouvement d’égalité entre tout le monde. Vous remarquerez que l’ordre est différent, nous ne parlerons pas d’égalité à première vue, nous parlerons d’abord de fraternité.
Bien sûr, on peut se demander pourquoi cette priorité donnée au statut de l’esclave. Il y a une triple notion dans cette dépendance de l’être que nos harami m’ont dégagée, à savoir que nous sommes toujours tributaires dans notre existence de contingences telles que nous sommes obligés de céder notre temps, de nous soumettre et de nous contraindre à des activités qui ne sont pas toujours à notre goût et qui ne nous épanouissent guet. Il en est de même de la dualité qui, elle, nous déchire par le fait qu’il y a notre volonté et notre désir, nos aspirations et les réalités de la vie et qui font que, bien des fois, nous cédons plus à notre bésir à notre Yézer et nous sacrifions nos élan de Yázer, de créateur, donner une personnalité à notre vie, à ce que nous sommes en réalité. Et il y a aussi cette dépendance de l’être qui le situe entre l’éphémère et le durable, Le relatif et l’absolu entre le petit homme qu’il représente dans ce grand macrocosme et ce statut inégal entre le Hévêd et le Adonar, l’âme et le maître du l’univers, Et bien sûr, ces trois aspects se rejoignent par le fait que de la même manière que l’homme a insufflé à cet être, formé à partir de tous les éléments de la création, insouffle, Et il a installé immédiatement dans le temps du Shabbat, c’est-à-dire dans un temps générateur du temps, où il n’est plus dépendant lui-même du temps, où c’est lui qui effectivement fait son agenda de la vie.
C’est lui qui meuble son temps, et de la même manière, à la sortie d’Égypte. Lorsque ce peuple a été extrait de la glaise égyptienne, l’Éternel, au pied du Mont-Sinaï, lui a insufflé cet esprit au travers des dix paroles de la Création, des dix paroles, pardon, de la Révélation et qui sont en parallèle avec les dix paroles de la Création. C’est-à-dire que les dix paroles de la création ont réalisé le monde dans sa matérialité, les dix paroles de la révélation ont donné une âme à cette matière Et de ce fait, il y a une histoire possible à condition de définir cet état de rêve et cette relation de dépendance de ce souffle divin par rapport à la matière et de la matière par rapport à ce souffle divin.
Or, le but est de libérer l’homme de toutes ses contraintes et à la sortie d’Égypte, il fallait lui donner les instruments pour, mais le peuple se tient au loin. Le peuple, il a lavé ses vêtements en sortant d’Égypte, mais il n’a pas refait son âme, il est encore marqué par un relatif confort de vie en restant assuré dans sa vie quotidienne des besoins élémentaires desquels il a besoin pour vivre. Or il fallait à tout prix à prendre à l’homme, à s’extraire de cette dépendance et à forger sa propre loi, non pas à partir de ses désirs, mais sur base de sa volonté. Et sur base de sa volonté, les lois importantes c’est le fait que je sois l’éternel ton dieu qui t’es sorti d’égide la sortie d’égide est une manière d’arracher l’homme à toutes contraintes à toutes des tendances. Maintenant, comment se faire ? Cela ne vient pas du jour au lendemain. Nous voyons l’évolution d’un enfant. À 6 ans ce n’est pas comme à l’âge de 12 ans, ce n’est pas comme à l’âge de 18, ce n’est pas comme à l’âge de 40 ans. Et au fur et à mesure qu’il affronte les problèmes de la vie et qu’il augmente sa connaissance, alors il se défait même de cette carapace, disons à la limite de l’animal, à la limite de l’animal je dis, même dans le le respect des parents, l’attachement que pourrait avoir l’enfant vis-à-vis des parents par reconnaissance tout simplement ou cette volonté de situer les parents par-delà toute Non, ce n’est pas ça l’amour des parents. Et d’ailleurs, la Torah n’a pas recommandé ni d’aimer ses parents, ni d’aimer ses enfants, ni d’aimer sa femme. Elle a parlé plutôt de respect. Le respect, c’est autre chose. C’est plus que la compréhension. C’est plus que la réalisation d’une donnée de nombreux éléments qui concordent à agir d’une façon ou d’une autre. C’est par-delà tout entendement. Respect des parents, c’est le faire, faire que l’amour, il s’est, il a rompu les attaches du naturel et il s’est habillé d’une liberté aimée. C’est la raison pour laquelle le respect des parents figure dans le premier tableau de des relations dans les dix commandements entre l’homme et son créateur.
Parce que si tu veux arriver à la reconnaissance du créateur à partir de toi-même, parce que c’est ça ce qu’il faut, ce n’est pas la crainte, elle peut générer effectivement le péché du vaudan, il faudrait l’amour, il ne faudrait pas craindre la loi, il faut aimer la loi et aimer la loi, c’est faire en sorte qu’elle devienne l’expression naturelle de soi-même par un acte libre, donc cet acte libre va attester de la liberté effectivement de l’homme et c’est celle là qu’il installe dans un Shabbat répété qui fait que même les jours de la semaine il les acte en fonction du Shabbat. C’est cet élan de liberté qui est l’affirmation de soi comparable à ce hanori, je suis Hachem Elokecha, qui fait à ce moment-là que l’homme peut devenir le véritable interlocuteur de D’, le véritable associé de D’ dans sa création. Lors, la Torah, nos haramimes nous ont vu remarquer que la véritable liberté de l’homme, elle est dans l’application de la loi. Artichrée, Harut al-al-luchot, ne considère pas que les lois sont gravées sur l’étable, non, qu’elles sont libres sur l’étable. C’est-à-dire les tables peuvent se casser, mais les lettres ne se brisent pas, les lettres s’envolent, elles sont en état d’apesanteur, elles sont là sur les tables de la loi, mais à aucun moment elles n’engagent leur destin avec ces tables de la loi. Ce qui fait que même si toute une société venait quitter la loi, désespérément. Il suffirait qu’il y ait 10 personnes, 10 justes, au sein de cette communauté pour sauver l’ensemble de la communauté, pour sauver l’ensemble de la loi.
Et cet ensemble de la loi, il est comme la création, yesh me hayi, il est l’être à partir du néant, les lois, les dix commandements le sont tout aussi bien, yesh me hayi. Maintenant, si le peuple avait effectivement cette hauteur d’élévation et qu’il ne s’était pas tenu loin de la montagne, alors on aurait pu se passer de Vééléa Mishpatim, on aurait pu se passer de ce détail des lois qui mettent chaque homme face à ses responsabilités par rapport à lui-même, par rapport à son créateur et par rapport à son prochain, Parce que nous sommes harams de par nos connaissances, médecins dix ou cieux de justice, dans notre vie propre, mais dans la manière de servir autre vie, nous sommes plus que justes.
Et c’est ça ce qui fait la différence entre la loi des Benénoir, les principes de loi universelles, vous savez que ces principes de loi universelles, sur six lois, sur sept lois, six sont négatives, la seule loi qui soit positive dans les sept lois universelles, c’est celle de l’instauration d’un appareil judiciaire qui établit l’ordre dans une société, mais est-ce le but est d’établir, coûte que coûte, l’ordre dans la société, selon des principes de justice que chaque société s’est forgée par elle-même, parce que, attention, la révélation n’est pas venue, ne s’inscrit pas dans un désert, dans un terrain neutre où il n’y avait aucune, aucun code. Il y avait Sumer, il y avait Ashur, il y avait l’Egypte, il y avait différents côtes, il y avait différentes lois.
Et il y avait bien sûr des correspondances entre ces lois et celles énoncées par les 10 commandements. Mais c’est totalement différent. D’ailleurs, c’est la raison pour laquelle, si nous avons à trancher un problème dans un tribunal rabbinique ou dans un tribunal laïque, dans un tribunal des nations, il vaut mieux donner la préférence au tribunal rabbinique. Pourquoi ? Parce que la notion de justice dans la loi de la Torah, elle est doublée de la morale dans l’absolu. La morale fait partie de la justice elle-même et c’est la raison pour laquelle. bien même nous pourrions avoir raison du point de vue de la justice parce que il faut pas que l’autre enregistre sa perte et qu’il soit dégoûté totalement, il faut pouvoir céder un peu de ses droits et ça s’appelle vers citaïa shalveatov, ou ce s’appelle lema antelech vedelech tovim, tu pratiqueras la droiture et le bien, ou bien parce que tu es appelé à marcher uniquement dans la la voie du bien, non pas celle qui t’honore seulement, mais celle qui honore tes parents, tes ancêtres, celle qui honore ton créateur, et c’est pour cela que la différence dans cette notion de Hebe, elle n’est pas dans l’octroi de la héroute. La héroute est celle qui effectivement se retrouve dans les dix commandements. Mais ces dix commandements, si chacun venait à les faire, à les pratiquer dans toute leur envergure. Bien sûr qu’il n’y aurait pas d’esclaves, bien sûr qu’il n’y aurait pas de voleurs, parce que cet esclave c’est quelqu’un qui s’est vendu parce qu’il n’avait pas d’argent ou qui a volé et qui n’a pas de quoi rendre. Alors plutôt que que de le mettre dans une prison où il va, pour un petit délit, sortir de là-bas comme tel un bandit des grands chenards, il vaut mieux essayer de l’intégrer dans une famille qu’il voit comment se pratique une vie, et attention, le Hakam il m’enseigne, celui qui se prend un esclave comme s’il se prenait un maître pour lui-même.
Le but n’est pas tout simplement de dédommager la personne qui a été volée ou d’assurer le bien-être à celui qui ne peut assumer ses besoins. Il faudrait apprendre à cet homme à goûter la saveur de la liberté. Il faudrait l’amener à ce qu’au bout de six ans, comme au bout des six jours de la création, à sortir de là avec la volonté d’assumer sa propre vie en toute liberté. ne devons rendre des comptes dans l’absolu qu’à son Créateur, mais encore une fois, par rapport à son Créateur s’il est hebède, la servitude ici est une forme de liberté totale, parce qu’il n’y a pas une relation de Adon et Ebene dans l’absolu, avec D’. Dans l’absolu, il y a une relation de Av et Ben, de Père et Fils.
Quelquefois elle passe dans les étapes inférieures par la relation de Adon et Hévègue mais l’idéal est de l’inscrire dans cette relation de Avot-Ebanim. Alors, comment nos sages ont situé ce chapitre de la libération de l’homme ? On ne lui donne pas un travail qui soit indéterminé. On ne lui demande pas de s’occuper à faire un tel travail jusqu’à notre dos. On ne lui donne pas des travaux inutiles. On ne lui donne pas des travaux qui le diminuent. On ne le nourrit pas d’une façon différente. pas des restes, pas d’eau gazeuse, si le patron, si le maître boit du vin, il faut qu’il partage son vin avec lui. S’il a un lit confortable, il faudrait qu’il lui donne un lit semblable, et ainsi de suite.
Tant et si bien qu’il va acheter, qu’il va aller son guérir à prendre un esclave hébreu. Il n’y avait personne, ce n’était que des volontaires au sein du Papu qui se dévouaient pour récupérer les personnes qui ont été desservies par le sort ou qui n’ont pas pu maîtriser le lotahmoud, leur envie. Or ça, de cette faiblesse, a attesté l’homme déjà à sa création puisque il a cédé à la tentation du dat de la connaissance, mais il en a fait un produit de consommation. Et de ce fait, il a réduit toutes ses connaissances, tout son savoir, à la satisfaction de ses envies, aux besoins de la consommation immédiate. Il fallait que ce soit D’ qui tire l’homme de ses dépendances par la comme il l’a fait pour Avraham en le tirant de la fournée ardente et en lui donnant un souffle de haie, la lettre haie qu’il a donnée à Avraham et Sarah, c’est de la même manière qu’il a sorti le peuple juif d’Égypte.
Et il lui a donné le souffle des dix commandements. Et dans ce souffle des 10 commandements, il y a le Shabbat, tout comme l’homme a été créé veille de Shabbat, et bien, le peuple juif, aussitôt sorti d’Egypte, il célèbre sa liberté, zechal ybri ata olam, en souvenir de la création du monde et en souvenir de la sortie d’Egypte. Or cette liberté, elle a un nom, le mot « herut », je vous ai dit qu’on l’a arraché à la gravure des tables de la loi. Mais le mot qui apparaît dans la Torah, c’est « chofshi », « je veux être libre ». Ou bien, à la 50e année, l’année du jubilé, lorsque chacun a récupéré ses terres, récupéré ses biens, alors là-bas, on emploie un autre mot, c’est « dror ».
« Dror », qu’est-ce que c’est ? On trouve trois définitions dans le mot « dror ». « Dror » qui veut dire « pur » de toute falsification. Pour la quétorette, on prenait le mire « monde des rôles », le mire qui était non falsifié, non trafiqué. Il y a une notion de pureté, il y a une deuxième notion. c’est celle de proclamer la liberté, mais cette liberté, elle était proclamée via le chauffard, par un chauffard terroir. Ce chauffard a ses origines premières, dans la corne du bélier de Hitzchak, lui s’est arraché à la dépendance de la mort qui est à l’origine de toutes les impuretés, de tout désespoir dans l’homme, de toute rupture, or il fallait à tout prix évacuer cette notion de mort dans l’optique de la vie. Et il y a un troisième sens. Le troisième sens, c’est il y a un oiseau qui s’appelle Dror, un oiseau qui trouve une demeure et le Dror, Or qu’elle aspire qu’à un nid, quelle est la différence entre une maison et un nid ?
Une maison a un toit, un nid n’a pas de toit. Or le saint des saints, pardon, le sanctuaire était sans toi, sans toi parce qu’il ne fallait pas faire de mérit ça, de séparation, de cloison entre le monde inférieur et le monde supérieur. Et de ce fait, l’eau qui bouge à Kshamim est écha marra, les pluies n’éteignaient pas le feu de l’hôtel et le vent n’arrivait pas à déplacer la colonne de fumée qui montait de Mismach en Kétorettes parce qu’il n’y avait plus cette dépendance par rapport aux lois de la nature. La liberté, le droit qu’elle a, qui avait Annie, elle, elle se passait de ce toit, elle se passait de cette séparation et le fait de pouvoir.
Non pas s’inscrire toujours dans une logique sans fin et qui enferme l’homme dans des catégories de pensée. Dans un ordre de pensée libre, il faut procéder par mutation. Et il y a dans cette parachute de Mishpatim 53 lois, et les exégètes se sont interrogés sur la logique qu’il est intérieure, qu’il est relié, qu’il est rattaché. Ils n’ont pas trouvé, mais ils ont dit, ils ont déclaré, que si jamais nous pouvions entrée dans la logique de ces lois, alors nous aurions été bien loin dans la compréhension de la volonté d’idée. Mais nous sommes encore très loin, très loin de cette approche parce que nous sommes enfermé dans une pensée qui reste limitée par notre date, par notre connaissance, nous ne savons pas procéder par mutation, par sceau.
Or, ces mutations ne se font que via l’amour, un amour libre, un amour consenti, non pas parce qu’avec des fichiers, mais être banal, rester tributaire de cet amour de la femme au risque de sacrifier sa liberté, ce ce n’est pas admissible. Ce ce n’est pas admissible. On nous dit, verrazza adonna, vetos nova marseia, va avado Lea olam. L’homme qui vient dire Non, je me suis attachée à ma femme, à mes enfants, il s’agit effectivement d’une femme cananéenne, des enfants cananéens que le maître lui a donné pour, en quelque sorte, ne pas le mettre dans un état de frustration totale. Et ça, c’est à la fois une punition et une consolation, mais il fallait à tout prix qu’ils ne disent pas « Ahavthi kishthi vehet manai, j’ai aimé, j’aime ma femme et mes enfants au risque de sacrifier ma liberté ».
Ça, ça ne peut pas se concevoir parce que, à ce moment-là, l’homme devient l’esclave de son produit humain, qu’il s’est aménagé. Or, nous savons très bien que le fait de trouer l’oreille était une manière de marquer la servilité de l’homme. Pourquoi uniquement l’oreille ? Mahakami m’a répondu au Zen Shisham Ahl al-Sinai qui dit « Bénisra’el avadim avadayem », l’oreille qui a entendu sur le Mont Sinai que les enfants d’Israël sont mes serviteurs et non pas les serviteurs des autres. et celle-là qui consent à devenir le serviteur de l’autre, eh bien t’es là-de-sans, t’es là-de-sans. Pourquoi ? Parce que d’où vient le mot au-zène ou bien plutôt, quel est le mot qui dérive du mot au-zène ?
au Zen, c’est l’équilibre, à Zen, Mosnaïm, la balance, c’est assurer un équilibre. Un homme qui a l’ouïe, qui souffre de son ouïe, il a des difficultés à rester en équilibre, à marcher. Il a perdu son centre de gravité à partir de cette audition. Or, nous, l’expression de foi par excellence, elle est dans le mot schma Israël, écoute Israël, c’est dans l’écoute. que par l’écoute, que tu pourras effectivement accéder à cette conception de l’unité de D’. Et «chema» c’est «autiyot hol malchuk shemayim», le «jouk» de, le «jouk céleste», l’acceptation du «jouk céleste». Donc cet homme, qui en somme, s’est emmuré dans sa compréhension des choses telles qu’il n’entend plus Vous savez, il y a une particularité dans le hausaine, c’est qu’elle reçoit toutes les informations mais qu’elle ne peut pas émettre elle.
Nous, par exemple, par l’œil, l’œil reçoit des informations mais je peux, à travers un clin d’œil, à travers rien qu’un regard, exprimer quelque chose. Je ne peux rien exprimer à travers mon oreille. Mon oreille reste quelque part impassive. Mais c’est elle qui enregistre tout, c’est par elle que j’ai une voix intérieure qui réalise de par le son, les sons qui sont émis, cette présence de D’ dans le monde. Ces paroles qui sont, au travers des sons et lumières, l’homme qui a renoncé à cette liberté acquise par ce sang que l’on a, par lequel on a enduit les portes des maisons juives en Égypte avant qu’ils ne sortent et ce afin d’empêcher l’ange de la mort de pénétrer dans cette maison.
Ces portes qui ont marqué les portes de la liberté pour le peuple juif, Et celui-là, il a refusé. C’est là qu’il se présentera et qu’il poinsonnera son oreille. Il portera la marque, mais cela, attention, jusqu’à Paléola, pas pour éternellement, jusqu’au jubilé, ça peut être dans 20 ans, ça peut être dans 30 ans, tout dépend par rapport à quelle année du jubilé nous nous situons, et à ce moment-là il sera obligatoirement affranchi parce que nous procédons toujours par ce cycle de sainte, ce cycle shabbatique puisque tout est nourri par le Shabbat, même la main qui est assurée est laissée par la bénédiction du Shabbat, et par conséquent, un sept fois sept, le Shabbat des sept années, quand c’est achevé, quand ça vient à son aboutissement, alors, l’esclave, le est libérée. Et c’est, en somme, le premier renseignement que la Torah donne dans l’éducation de tout homme qui voudrait éviter les quatre dangers de chute.
Il y a quatre sources de dommages, il y a le chêne, le désir de nourriture, il y a le désir charnel, il y a le feu, c’est l’enthousiasme non contrôlé, Et il y a le bord, les écueils de la vie, lorsque l’homme se laisse chouard, lorsque l’homme s’aide à ses moments de faiblesse, et qu’il tombe, qu’il ne contrôle pas ça marche. Alors le but est d’abord de lui assurer, de l’assurer de la voie à laquelle il doit, de la voie qu’il doit suivre, celle de s’affranchir, de s’affranchir de toutes les Et c’est la raison pour laquelle dans le chapitre de ces lois énoncées, et qui sont en quelque sorte une manière de donner une ample lecture aux dix commandements, par quoi on les conclut ?
on les conclut par l’observance du Shabbat et l’observance des faits. Il faut une manière pour l’homme véritablement de s’affranchir, c’est de chercher à se ressourcer chaque semaine à travers le Shabbat et trois fois l’an. au travers de ce temps composé par lui-même, de ce temps qu’il a sanctifié par lui-même parce que le shabak lui est offert, tandis que les fêtes, c’est lui qui les offre, c’est lui qui marque le temps des fêtes, eh bien, il faudrait que les trois temps, celui du aviv, celui du cassir, celui du acif, du printemps, de la moisson, de la récolte. Il faudrait qu’il puisse les faire figurer dans sa trajectoire de vie. Voilà pour ce qui est de ces quelques versets de la taupin.