Questions à poser à la table de chabbat de Bereshit
Un livret d’étude à imprimer : une question par page, la réponse du Rav, sa source, et une leçon à débattre en famille.
Ce cours ne raconte pas le meurtre : il en examine les suites. Le Rav Raphaël Benizri reprend le texte au moment où D’ se tourne vers Kayin pour lui demander des comptes, et où Kayin refuse de répondre. La question posée est celle du silence : que peut-on dire de l’apparente indifférence du Créateur lorsque la violence s’installe dans le monde et qu’un homme tue son frère sans savoir vraiment pourquoi ? De là, le cours suit la sentence, le signe accordé à Kayin, puis toute sa descendance jusqu’à Lemekh.
Le Rav part d’une relecture de l’arbre de la connaissance : da’at n’est pas d’abord le savoir, mais la volonté. Le bien et le mal ne sont pas dans la nature des choses ; ils sont le fruit de l’engagement de l’homme. Sans libre arbitre, sans désir ni convoitise, l’homme n’aurait pas fauté — mais il n’aurait pas non plus pu élargir son domaine de pensée ni s’ouvrir à ce qui le dépasse. Le cours insiste ensuite sur le cadre où tout cela se joue : la cellule familiale, dont dépend l’avenir de l’humanité entière.
La seconde moitié suit le texte pas à pas : la malédiction de la terre et l’errance, le sursis accordé plutôt que la mort, le signe dont la Torah ne dit pas la nature, la sortie de Kayin de devant l’Éternel, puis la ville qu’il bâtit et la suite des noms — Hanoh, Irad, Mehouyael, Metouchael, Lemekh. Le cours s’achève sur la bigamie de Lemekh, sur les trois métiers nés de ses fils, et sur la naissance de Chet, première fois que la Torah emploie le mot « fils ».
Ce que dit ce cours
D’ a laissé faire, et c’est ce silence qu’il faut d’abord interroger. Il se tourne ensuite vers Kayin pour lui demander des comptes, et Kayin n’est pas d’accord : c’est toi, en principe, qui es le gardien de mon frère. Que répondre à ce silence de D’, à cette indifférence, à cette éclipse, lorsque la violence vit dans le monde et que l’homme tue son frère sans savoir véritablement la raison essentielle qui l’y a conduit ? Le monde de la création fonctionne normalement sans que le Créateur soit constamment sollicité dans son fonctionnement. Et il semble bien répondre à la volonté première du Créateur, puisque tout va d’après cette volonté.
Da’at n’est pas seulement la connaissance : c’est avant tout la volonté. On a toujours traduit l’arbre par celui de la connaissance, mais c’est l’arbre qui détermine la volonté du bien et du mal. Or le bien et le mal ne sont pas dans la nature des choses, ils ne sont pas dans la nature de la création. Ils sont le fruit de l’engagement de l’homme : c’est lui qui oriente son action vers ce qu’il considère comme bien, et qui met en péril sa propre vie. Si cette volonté première n’avait pas été tributaire de son choix, le monde aurait répondu à la volonté du Créateur comme y répondent les autres lois de la nature.
Sans le désir et la convoitise, l’homme n’aurait pas fauté — mais il n’aurait rien pu élargir. S’il y avait eu abstraction du libre arbitre, abstraction du désir qui est le fruit de l’instinct et de la pulsion, l’homme n’aurait pas eu à rendre compte de ses méfaits. Mais il n’aurait pas pu élargir son domaine de pensée ni sa portée de réalisation dans l’espace et dans le temps. Il n’aurait pu ni s’étendre horizontalement ni s’élever verticalement, faute de ces deux ingrédients par lesquels il s’ouvre au monde extérieur et à ce qui est au-delà. Le piège était donc inscrit dans ce qui lui a été donné pour se réaliser.
Tout se joue dans la cellule familiale. Pour le moment, la vie de l’homme se passe dans l’intimité avec l’épouse et au niveau des enfants, comme pour dire que tout dépend de la santé de cette cellule pour l’avenir de l’humanité entière. Nous ne pouvons rien projeter à l’extérieur si nous n’avons pas d’abord cherché à assainir l’ambiance, l’atmosphère et les conditions de vie à l’intérieur de la famille — l’homme par rapport à son conjoint, et par rapport à ses enfants. C’est aussi pourquoi il faut relever l’éclipse des parents dans cette lutte des enfants. Le texte ne les fait pas intervenir.
Le sang du frère ne crie pas vers D’ : il s’insurge contre Lui. Il faut entendre le verset ainsi : il demande pourquoi Tu as laissé faire, et il exige donc que Tu interviennes. Le dialogue entre Kayin et le Créateur se déroule au niveau de la conscience, car jusqu’à présent l’ordre moral n’a pas encore fait son apparition : il n’existe pas, et l’homme ne sait pas qu’il pouvait tuer son frère. Ce qui existe déjà, en revanche, c’est la volonté de réduire l’autorité de l’autre et de la soumettre. C’est ainsi que l’homme fonctionne : il lui faut être reconnu.
La reconnaissance monte du bas vers le haut, et la morale commence là où elle redescend. Il est difficile de reconnaître du haut vers le bas, et c’est pourtant cela qui est demandé. La morale se situe là où je me projette sur l’autre alors que je pourrais l’ignorer ou me passer de lui, et où je veux au contraire le faire participer à mon projet. Pourquoi ? Parce que je sens que mes possibilités de création et mes capacités de réalisation se décuplent s’il s’y associe. Et les conséquences ne se limitent jamais à la personne avec laquelle on a affaire : elles concernent ses enfants, ses petits-enfants, son entourage.
La malédiction est d’abord celle de la terre, et donc celle de la croissance. La adama est ce qui permet à Adam de croître, de s’épanouir, de se développer ; c’est elle qui le nourrit. À partir du moment où elle est maudite, c’est l’homme qui se voit privé de ses possibilités de croissance. Si la terre ne lui permet pas de prendre racine, il est condamné à l’errance, à déménager de jour en jour, à se refaire constamment. Mais cet exil n’est pas celui de la terre nourricière : eretz renvoie au ratzon, à la volonté cosmique, et l’exil est celui d’un homme qui n’est plus en harmonie avec ce monde de la création.
D’ ne condamne pas Kayin à mort : Il lui accorde un sursis. Si l’on sentait que la moindre défaillance remet tout en question sans donner à l’homme la moindre solution, la vie serait intenable, car l’homme est toujours en butte à ses pulsions et à ses convoitises. Il y a donc une volonté qui lui fait violence et qui le condamne à continuer de vivre. Le motif est explicite : à partir du moment où cette violence serait tolérée sans réponse, elle se banaliserait et deviendrait ce qui régit les relations entre les hommes. C’est cet argument de la banalisation qui conduit le Créateur à donner un signe à Kayin.
Le texte ne dit pas quel est ce signe, et les interprétations divergent. Le midrash parle du chien qui avait jusque-là gardé le troupeau de Hevel et qui gardera désormais Kayin contre tous ceux qui voudront venger la mort de son frère — sachant que ce n’est pas ce sang qu’ils vengeront, mais qu’ils justifieront par ses propres méfaits toute violence à son encontre. Une autre interprétation parle d’une marque solaire sur le front, signifiant qu’il ne sera plus victime des forces de la nuit et qu’il pourra accéder à un nouveau jour. Une autre encore parle d’une corne. Le texte, lui, est muet à ce sujet.
Kayin bénéficie du principe qui fondera les villes de refuge. Le refuge est reconnu à celui qui aurait tué par inadvertance, et Kayin ne savait pas que la mort allait s’ensuivre — jusqu’alors, personne ne savait ce qu’était la mort. Le Créateur accepte donc de considérer l’acte comme non prémédité. La leçon est servie ici en passant : dans la mesure où l’homme ne s’appartient plus, où il est possédé par une rage folle et ne se contrôle plus, comment le tenir entièrement responsable de ses actes ? La question est posée sans être refermée.
« Il sera vengé au septuple » l’enferme dans le cycle de la création. Kayin ne pourra pas sortir de ce mouvement où tout est condamné à vivre et à disparaître au terme d’un cycle. Le modèle qui est servi ici par nos sages est celui de Hanoh, dont il sera dit qu’il vécut trois cent soixante-cinq ans — un chiffre qui rappelle un cycle complet, de toute germination nouvelle jusqu’à la déchéance et au retour. Serait-ce là le sort de l’homme ? Non : ce juste n’est pas pris comme modèle, car l’homme fermé, replié sur lui-même, aussi juste que soit sa vie, ne pourra jamais prétendre à un monde à venir et restera enfermé dans ce cycle répétitif.
Sortir de devant l’Éternel, c’est dépasser sa faute et non l’oublier. Le texte dit que Kayin sortit de devant l’Éternel, et cela signifie une manière de dépasser son péché, de ne pas végéter dans sa déchéance. Nous ne vivons pas vingt-quatre heures sur vingt-quatre avec D’, ni même avec notre propre conscience : c’est difficile, et il y a beaucoup de temps morts dans notre vie, ceux-là mêmes qui mettent dans l’ombre des attitudes et des comportements qui ne sont pas à notre honneur. Mais vivre devant le Créateur en rendant compte de ses méfaits, c’est ne pas les minimiser et pouvoir les intégrer dans un système de vie qui les dépasse. C’est cela, aimer l’Éternel de tout son cœur, c’est-à-dire de ses deux penchants : celui de la volonté qui commande la raison et celui de la volonté qui commande le désir.
S’installer à l’est d’Éden, c’est transporter ses valeurs avec soi. Là où nous nous trouvons, nous ne changeons pas : nous gardons les mêmes valeurs et nous les emportons. C’est ce que signifie s’établir dans le pays de l’errance, à l’est du jardin : pouvoir remettre à jour tout ce que nous avons fait de notre vie, avec la conscience d’aller de l’avant. C’est ce que fait Kayin, et le texte enchaîne aussitôt : il connut sa femme, qui enfanta. Le chapitre de Hevel est clos ; Kayin s’essaie à une vie nouvelle, et c’est à travers ses enfants qu’on la suit.
L’erreur de Kayin est de donner à la ville le nom de son fils. La famille s’élargit et l’errance devient virtuelle : elle est plus dans le processus de la pensée que dans la matérialité de la vie. Mais vouloir perpétuer sa vie à travers le nom d’une cité, c’est ne pas dépasser le stade de la pierre et refuser d’inscrire sa vie dans un autre temps. Le mot ben, qui dérive du verbe construire, n’apparaît d’ailleurs pas encore : l’enfant n’est pas toujours un édificateur de la maison, et peut même être un élément destructeur. Suivent alors les noms : Hanoh engendre Irad, Irad Mehouyael, Mehouyael Metouchael, et Metouchael Lemekh. Ce sont des noms négatifs, qui affaiblissent la foi en un Créateur et mettent de côté l’idée d’une volonté première dans la création.
Cette déperdition de la foi vient d’une éducation qui s’est figée. Ailleurs, la Torah se contentera de dire que des générations ont eu des garçons et des filles, sans raconter leur histoire ; ici, elle raconte. Ce qu’elle montre, dans le cadre de cette première cellule familiale, c’est une perte de la foi alors qu’il y avait au départ une volonté éducative. Et si cette éducation a manqué son but, c’est qu’elle s’est focalisée uniquement sur le nom de la ville, de la cité, qui est celui des enfants. Ils ont donné leur nom à des monuments.
À la sixième génération, la bigamie fait son apparition avec Lemekh. En comptant depuis Kayin, nous sommes à la sixième génération, à la veille de la septième. Lemekh prend deux femmes, Ada et Tzila, et le texte les distingue : l’une jette de l’ombre sur son mari par sa grâce, par sa beauté ; l’autre développe une famille nombreuse. Ce qui pouvait être une manière d’apprécier une femme est ici vulgarisé et banalisé par la reconnaissance du statut de deux épouses. La confusion est porteuse d’une culture différente, d’une civilisation que le texte souligne au passage.
Le nom de Hevel revient dans la descendance de celui qui l’a tué. On a essayé de le supprimer, et pourtant son nom reparaît dans les noms de Yaval et de Yuval, puis dans celui de Touval-Kayin. Le premier développe l’élevage et l’agriculture, le deuxième la musique et l’art des instruments, le troisième les instruments de guerre, en affûtant les armes de fer et de cuivre. La sœur de Touval-Kayin s’appelle Naama, celle qui sera la femme de Noah, ainsi nommée parce qu’elle était agréable. C’est du côté du féminin qu’apparaît la possibilité de neutraliser la violence que Touval-Kayin a développée.
Adam retrouve Kayin, et c’est de cette rencontre que naît Chet. Le midrash raconte qu’Adam a demandé à Kayin comment son acte avait été jugé, et que Kayin a répondu qu’il avait reconnu sa faute, dit que la sentence était juste, dit que son péché était lourd à porter, et demandé la possibilité de se refaire. Adam en tire une conclusion sur lui-même : ses enfants n’avaient été que la conséquence désastreuse du rejet de sa responsabilité sur sa femme, sur ce cadeau qui lui avait été donné pour l’assister, et de ce manque de reconnaissance. Cette fois il connaît sa femme, et le texte dit qu’elle enfanta un fils — c’est la première fois que ce mot apparaît, et ce ne sont plus simplement des rejetons. Chet est cette semence nouvelle qui se substitue à Hevel, et son nom contrecarre ce que le nom de Hevel avait de négatif. À son tour Chet met au monde un fils qu’il appelle Enosh, et le verset ajoute qu’alors on commença d’invoquer le Nom — ou, selon une autre interprétation, à le profaner.
Transcription intégrale du cours
Bonsoir. Nous nous sommes arrêtés à cette mise sur la cellette du créateur. Il a laissé faire, il a laissé faire et puis il se tourne maintenant vers Cain pour lui demander des comptes et Cain n’est pas d’accord. c’est toi qui es en principe le gardien de mon frère, qu’est-ce que nous pouvons répondre à ce silence de D’, à cette indifférence de D’, à cet éclipse de D’, lorsque la violence s’évit dans le monde et que l’homme tue son frère et il ne sait véritablement pas la raison essentielle pour laquelle il arrive à cet état de fait. Écoutez, le monde de la création fonctionne normalement sans que le Créateur ait assimilité constamment dans son fonctionnement et le monde semble bien répondre à la volonté première du Créateur, parce que tout va d’après cette volonté.
on a toujours traduit l’arbre de la connaissance par là, par l’arbre de la connaissance, mais n’est pas que la connaissance, et d’abord avant tout la volonté. C’est l’arbre qui détermine la volonté du bien et du mal, tout en sachant que le bien et le mal ne sont pas dans la nature des choses, ils ne sont pas dans la nature de la création. Le bien et le mal, c’est le fruit de l’engagement de l’homme, c’est lui qui oriente en quelque sorte son action vers ce qu’il considère combien ce qui met en péril sa propre vie donc si cette volonté première de l’homme n’était pas tributaire de son choix de son engagement le monde aurait répondu à la volonté du créateur tout comme les autres lois de la nature Moi, si il y avait abstraction du libre arbitre, si il y avait abstraction du désir qui est lui le fruit de l’instinct, de la pulsion et de la convoitise qui lui est le fruit d’une démarche intellectuelle et bien l’homme n’aurait pas péché, n’aurait pas eu à rendre compte de ses méfaits. D’autant plus, écoutez, si un ami intime en qui j’ai confiance, il m’engage dans une voie, je peux le dire et je peux dire qu’en vain de compte c’est je peux avancer les yeux fermés je n’ai rien à craindre. Au redébut D’ donne à l’homme la femme Ezer Kenegdo pour être son assistante, pour être celle qui l’aide à se réaliser.
Je n’ai plus à douter de cette démarche du créateur. Bien sûr que je m’appuie sur elle totalement. qui aurait pu penser qu’il y aurait là véritablement un piège et qu’elle serait à l’origine de machin. Mais le texte nous apprend que sans avoir injecté et le désir et la convoitise dans la démarche de l’homme, et ce au travers de l’être appelé à l’accomplir, à le réaliser totalement, eh bien l’homme n’aurait pas pu élargir son domaine de pensée, sa portée de réalisation dans l’espace et dans le temps. Il n’aurait pas pu s’étendre ni horizontalement, ni s’élever verticalement parce qu’il lui manquerait ces deux ingrédients importants, qui font que c’est par eux qu’ils s’ouvrent au monde extérieur et au monde de l’au-delà. Et retenons que pour le moment, la vie de l’homme se passe dans la cellule familiale, dans l’intimité totale avec l’épouse et au niveau des enfants, quand pour dire tout dépend de la santé de cette cellule familiale, pour l’avenir de l’humanité entière.
Nous ne pouvons pas projeter quoi que ce soit à l’extérieur si d’abord et avant tout nous n’avons pas cherché à assainir l’ambiance, l’atmosphère, les conditions de vie à l’intérieur de la cellule familiale. L’homme par rapport à son conjoint, et par rapport à ses enfants, nous avons déjà fait remarquer l’éclipse des parents dans cette lutte des enfants, nous y reviendrons peut-être. Mais le fait est que quand l’homme, quand Kaïd, est vip en départ, le Créateur, pour avoir tué son frère, parce qu’il ne faut pas lire « Soakim elaymina adama dme ahirat, soakim elaymina adama, laissant de ton frère, crie vers moi. » Ce n’est pas vers moi qu’il crie, il s’insurge contre moi, il me demande pourquoi tu le sais faire.
Alors, je dois intervenir. Mais si on peut le voir, dans la vie, comment ce dialogue entre l’homme, entre Kaïne et le créateur se déroule au niveau de la conscience. Parce que jusqu’à présent, l’ordre moral n’a pas encore fait son apparition, il n’existe pas. L’homme ne sait pas qu’il pouvait tuer son frère, mais il y a effectivement une volonté de réduire l’autorité de l’autre, de la soumettre. C’est un fait. C’est comme ça que l’homme fonctionne. Sinon, ils se sont menacés, il lui faut être reconnu. la reconnaissance se fait de bas vers le haut, c’est difficile de reconnaître le haut vers le bas, et pourtant c’est cela qui est demandé et c’est là que se situe la morale lorsque je me projette sur l’autre, alors que je pourrais effectivement l’ignorer ou me passer de lui. Mais non, je voudrais le faire participer à mon projet. Pourquoi ? Parce que je sens que je pourrais décupler mes possibilités de création, mes possibilités, mes capacités de réalisation, si lui-même s’associe, si lui-même est associé à ce que je fais. Or on sait très bien que les, je dirais, les conséquences ne se limitent pas, ne se limitent jamais à la personne avec laquelle en affaire, cela concerne ces enfants, ces petits enfants, son entourage, parce que c’est celui-là le mouvement cybernétique de la vie, ici-bas. Alors on comprend Kaïm qui dit Tu vas me maudir à nouveau ! Et on a dit que la malédiction est d’abord celle de la terre.
Or la terre, Adamat, c’est celle qui permet à Adam de croître, de s’épanouir, de se développer, c’est elle qui le nourrit, à partir du moment où la terre est maudite, c’est l’homme qui se voit privé de ses possibilités de croissance. Si la terre ne me permet pas de prendre racine, parce que pour se réaliser, pour Pour se développer, il faut pouvoir puxer ses amars, mais si nous sommes condamnés à l’errance, na vana te ye ba havets, si la terre nous rejette, si en fin de compte on est obligé de tout recommencer, de déménager de jour en jour, de se refaire constamment, alors ce n’est pas une vie. Or cet exil, il n’est pas l’exil Bahadamah, de la terre qui me nourrit, il est l’exil de cette volonté, parce que Alex, c’est le Ratzon, c’est la volonté cosmique.
Je ne suis plus en harmonie avec ce monde de la création, mais alors mon remédia à cela. Si on sent que pour la moindre défaillance, la moindre faute, Tout est remis en question, sans donner à l’homme une quelconque solution. L’homme est toujours en but à ses pulsions, à ses désirs, à ses convoitises. Alors, il y a une volonté qui me fait violence, et cette volonté qui me fait violence me condamne à continuer à vivre. Parce que comme nous l’avons fait remarquer, D’ ne condamne pas Cahine à la mort. Au contraire, il lui accorde la grâce, il lui accorde le sursis. Parce que Cahin dit, à partir du moment où cette violence est tolérée, À ce moment-là, moi aussi, je deviens victime de cette violence, mais ce ne sera pas pour des idéaux extraordinaires, pour des raisons sublimes, non, on va banaliser la violence.
C’est elle qui va régir les relations entre les hommes, alors on dirait que cet argument de la banalisation de la violence fait que le créateur donne un signe à Kaïne. Quel signe ? Oui. Tu seras désormais le chien qui avait, à ce jour, gardé le troupeau de Abel, sera à ta solde et il te gardera contre tous ceux qui voudront venger la mort de Abel, mais ce n’est pas le sang de Abel qu’ils vont venger. Ils vont tout simplement justifier toute violence à ton encontre par tes propres méfaits. Le chien apparaît ici dans le mitraj, le texte ne dit pas quel est le signe qui lui a donné. Il y a différentes interprétations. Une des interprétations, c’est Asri al-Shimshah, il lui a donné une marque solaire sur le front, comme quoi il ne sera plus victime des forces de l’ennui et pourra accéder à une nouvelle vie.
Un nouveau jour, un nouveau soleil, le principe de la ville refuge pour quelqu’un qui aurait tué par inadvertance, est reconnu à Kaïd parce qu’il ne savait pas que la mort allait s’en suivre. Jusqu’à présent, il ne savait pas ce que c’était que la mort. Alors, le créateur accepte de considérer comme étant une Jikaga, oui, dans la mesure où l’homme effectivement ne s’appartient plus, il est possédé par une rage folle, Démence et il ne se contrôle plus. Comment peut-on le considérer comme responsable entièrement de ses faits ? C’est une leçon qui est servie ici, en passant, et qui fait dire à D’. L’achène qu’a l’hôlé, Kaïn, shiva ataïm yukan, celui qui viendrait à tuer Kaïn, il sera vengé, shiva ataïm, au septuple.
Cette fois, pourquoi cette, tout simplement pour vous dire, il ne pourra pas sortir de ce mouvement de la création où tout est condamné à vivre et à disparaître, et ce au bout d’une année d’un cycle annuel. Le modèle qui est servi par nos sages est celui de Hanor. Hanor est un sadique, est injuste, Echanor vit 365 ans, 365 qui rappellent un cycle de la création qui va de toute germination nouvelle, la déchéance totale, et puis on revient à lui. Serait-ce celui-là le sort de l’humanité ? Serait-ce celui-là le sort de l’homme ? Non. Ce n’est pas le tzaddik de Hanor qui est pris comme modèle. Hanor-e-nenu-kila-kahoto-e-luil. Le modèle de Hanor, de l’homme fermé et replié sur lui-même.
Et, aussi juste que soit sa vie, on ne pourra jamais prétendre. d’aider un monde futur, un monde avenir, et sera et enterrer dans ce cycle répétitif de la vie et de la mort. Le texte nous dit que lorsque l’éternel donna ce signe à Cahine, certains disent que c’était une corne, une corne, serait-ce celle de la défense ou serait-ce celle de l’intelligence humaine, serait-ce celle d’une vision qui se situerait au-delà de sa propre perception des choses, le texte est muet à ce sujet. Mais quand Cain a eu cette assurance de la part de D’, « Vayetzei Cain », le texte nous dit, « Vayetzei Cain milifneachem », Cain est sorti de devant l’éternel. Qu’est-ce que ça veut dire sortir devant les derniers. C’est une manière de dépasser sa faute, de dépasser son péché, de ne pas végéter dans sa déchéance et de vouloir oublier, ignorer.
Nous ne voulons pas 24 heures sur 24 avec HM. Nous ne voulons pas 24 heures sur 24 avec notre propre conscience. C’est difficile parce qu’il y a beaucoup de temps mort dans notre vie. Et ces temps morts, ce sont ceux qui mettent dans l’ombre Certains études, certains comportements qui ne sont pas toujours à notre honneur. Mais vivre devant le Créateur compte de ses méfaits, c’est ne pas les minimiser. C’est de pouvoir les intégrer dans un système de vie qui fait qu’on les dépasse. Et c’est ça, aimer l’Éternel. « Bechol le vafra de tous en keur, bishnei etzarekha », de ces deux penchants « bietze la tov ou bietze la la », avec le bon penchant et le mauvais penchant, avec celui qui appelle la volonté qui commande la raison et la volonté qui commande le désir.
Et alors, voyez, chef Béretznod, alors à ce moment-là on peut effectivement se complaire dans cette errance de la terre Béretznod parce que là où nous nous trouvons, nous ne changeons pas, nous gardons les mêmes valeurs, nous les transportons avec nous. C’est ce qu’on appelle s’installer à l’est d’Eden. À l’est d’Eden, c’est pouvoir remettre à ce que nous avons fait la vie, avec une conscience, avec la conscience d’aller de l’avant. C’est ce que fait Kaïn, et en effet, Nous avons commencé le chapitre par Adam qui a connu sa femme, maintenant c’est Cain. Un chapitre, le chapitre de Evelle a été clôturé. Cain s’essaye dans une nouvelle vie, mais s’essayer dans une nouvelle vie c’est à ses enfants quand on le fait. C’est à travers eux que nous allons continuer ce que nous n’aurons pas pu faire tout seul. Paradoxalement, ce fils qui est né ici à Gaïne, le fils de Gaïne, il est Bonaire, il construit une ville, il construit une cité, la famille s’élargit, l’errance est virtuelle, elle est plus dans le processus de la pensée que dans la matérialité de vie. Alors Alors, ça c’est le secret de hanor, c’est le secret de l’éducation, c’est le secret d’un ben.
Nous, nous savons jusqu’à présent, on n’a pas vu le mot ben, fils, qui est dérivé du verbe banal, construire, pas du tout. L’enfant n’est pas toujours un édificateur de la maison. Il n’est pas nécessairement un pâtisseur de la famille. Malheureusement, quelquefois, il peut même être un élément de déstabilisation, un élément destructeur. Nous ne trouverons le mot « ben » que plus tard. Mais, c’est, disons, ce, cet arôme de ben, il est là-dedans d’un vaïhi bonné ir, dans cette volonté de construire une cité, l’erreur, c’est vaïk rachema ir keshem mais c’est de vouloir perpétuer sa vie à travers le nom de la cité, à travers les monuments. C’est de ne pas dépasser ce stade de la pierre et d’inscrire sa vie dans un autre temps.
Et c’est la raison pour laquelle le texte nous dit Tous ces noms sont des noms négatifs. Ils affaiblissent la foi en un créateur, ils ont mis de côté l’idée d’une volonté première dans la création. On me touche à elle, il y a l’âge d’être la mère, et me touche à elle, amie au monde de la mère. On se demande pourquoi tous ces détails, n’est-ce pas, là t’auras pas la suite. Quand elle va étaler devant nous la succession des générations, elle va tout simplement dire, ils ont eu des garçons et des filles, et voilà, ils se sont multiplié de la sorte. Mais elles ne nous racontent pas leur histoire, tandis que dans le cadre de cette première cellule familiale, on nous dit qu’il y a une déperdition de la foi, alors qu’au Il y avait cette volonté à notre éducation, mais pourquoi cette éducation a manqué son but ?
C’est parce qu’elle s’est figée, focalisée uniquement sur le nom de la ville, de la cité, qui est celui des enfants. Ils ont donné leur nom à des monuments, alors à quoi boutissons-nous, de la sixième génération ? parce que si on compte le nombre des enfants qui sont cités ici, Hanor, Erad, Mechiael, Metushael, Kaïm, nous sommes 10e génération, veille de la 7e génération, En vrai, voilà, la bigamie fait son apparition. L’homme réalisait la vaste famille, il la vulgarisait, il la banalisait. En la reconnaissance du statut de deux femmes, Shema Achatada et Shema Shenitzila, Shema Achatada, une qui est là pour la parure, pour la beauté, pour la séduction. Veuillez-je m’achiner Tzila et celle qui, effectivement, vit dans l’ombre des enfants de la famille nombreuse qu’elle est, qu’elle est de naissance ?
Ada et Tzila seraient-ils deux femmes différentes ou deux femmes, ou deux femmes, une même femme ? Par quand une séparation ? la femme toute grâce, toute beauté, toute séduction est celle de la mère des familles. Une confusion pareille, disons porteuse, de cultures différentes, d’une civilisation qui que souligne le texte en passant parce que va-t-elle être Adda ? Adda a mis au monte Yaval. Remarquez, on a essayé de tuer Hevel, mais son nom revient à travers la la descendance de Kaïne, Yaval, Yuval, le frère de Yaval, c’est Yuval, et Tzila Gami, et Tzila elle aussi, amie au monde d’un enfant, elle pouvait se permettre un seul, Tuval, voyez le mot de Heve apparaît dans chacun des noms, alors l’un développe l’élevage, l’agriculture. L’autre développe, Coltofès, qui n’enlevé aux gaffes la musique, l’art des instruments, qui est l’agami, l’alda et tout valcaïne. Et celle qui met de l’ombre. Excusez-moi, là j’ai fait une erreur parce que c’est Ada qui met de l’ombre, qui jette de l’ombre sur son mari par sa grâce, par sa beauté et Ada c’est celle qui développe une femme innombreuse. Alors, Vécila Gami, elle est génératrice de violence, d’instruments de guerre. C’est celle qui affute les armes en errin et en cuivre.
Et la sœur du Touval Kain, c’est quelquefois l’épine, mais avec une rose, c’est Naama qui sera la femme de Noé, et on l’a appelé Naama parce qu’elle était agréable dans ses voies, c’est-à-dire que dans un monde qui développe trois grandes cultures de récupération, elle est plus du côté de la femme que de l’homme. Celle qui va neutraliser en quelque sorte ? C’est cette violence que tout Valcaïne a développé pour se protéger, c’est l’âme. Et alors que devient ce Léner qui a légalisé la bigamie ? Voici que il est appelé à se Justifié devant ces femmes, Adav et Tzila shema’an kolhi, Adav et Tzila écoutez-moi-moi, neshelemech pamdelemecha zehna imrati, chete orayyam ha-parol, ki isha rakti l’ifitzehi Il revient sur le crime de son grand-père, Cain, et par inadvertance, il a tué ses femmes.
s’éloigne de lui. Si en fin de compte, les enfants qui viennent doivent être emportés au lance humaine, au coin maître des enfants, de ne pas céder au désespoir. si le se-Kaïne est condamné à être vengé, cette fois, l’émer serait-il, soit-ce-on-dix-sept-femme-vingt-un-verset, qui est un peu, mais c’était tout simplement pour dire, si Kaïne a bénéficié d’un sur un, un verset qui est un peu… mais c’était tout simplement pour dire si Cahine a bénéficié d’un sursis alors qu’il y avait véritablement une volonté au départ, une raison de vouloir neutraliser son frère, lui, il n’a, et c’était par confusion, mais ceci ne peut pas échapper après ce moment où nous développons un monde d’armement. Alors, le texte dit, Adam réapparaît.
lui aussi c’était condamné à ne plus refondre. Si en fin de compte c’est la famille est condamnée à l’échec et les frères à s’entretuer. Le mitrage nous dit que Adam a rencontré Cain et et lui a demandé comment a-t-il fait pour être devant D’. Et pour échapper à la sentence, il lui a dit « j’ai reconnu ma faute, j’ai dit que D’ a voulu mes naissances, oui c’est juste, mon péché est lourd à porter, mais je demande aujourd’hui à ce que me soit donné l’automne la possibilité de me refaire, de me recréer, alors qu’Adam entend du saint, lui aussi, il a dit ces enfants n’ont été que la conséquence désastreuse de du rejet de la responsabilité de César sur sa femme, sur ce magnifique cadeau de D’ qui lui a donné pour l’assister, ce manque de reconnaissance. Alors cette fois, il a connu sa femme va-t-elle être belle ? C’est la première fois que nous voyons ce mot. Cette fois, il y a un fils. Ce ne sont plus tout simplement des rejetons. Ici va-t-elle être belle ? Va-t-il croire c’est cette nouvelle semence qui va se substituer à Evel, tué par son frère, Akaïl, c’est C’est une manière de contrecarrer cette notion de Hevel qui était un temps soit peu négative Et quand enchet, à son tour, eut un fils, enchet gamo yulatbe, va écrans etchimo enosh, on l’appela enosh, azu chal yiklo b’shem ha’shem, alors on commença à invoquer le nom de D’, ou autre interprétation, à profaner le nom de D’, sur cette expression.
La semaine prochaine peut être attachée. Si vous avez des questions, posez-les avec plaisir.
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