Ce cours porte sur la dernière crise de l’humanité avant l’apparition d’Avraham : la génération de la tour de Babel. La difficulté qu’il pose d’emblée est que la faute n’y est pas explicite — le texte ne dit pas en quoi elle consiste. Le Rav Raphaël Benizri en cherche donc la nature dans les mots mêmes du verset, « une seule langue et des paroles identiques », et il aboutit à une thèse tranchée : le mal n’est pas la diversité, c’est l’uniformité. Le cours se termine sur Avraham comme unificateur de toutes les tendances, et non comme convertisseur.
Avant d’en venir à la tour, le Rav consacre un long développement à ce qui a changé avec l’arche : l’apparition de la famille. Jusqu’à Noah, les générations sont énumérées comme des individualités séparées, sans filiation réelle et sans héritage. À partir de l’arche, où entrent deux générations et non un seul couple, la famille se constitue et se consacre — et c’est à une famille entière que D’ adresse sa première bénédiction et sa première révélation.
La seconde partie du cours est philologique avant d’être morale : différence entre safa et lashon, débat entre le Rambam et le Ramban sur la nature de la langue hébraïque, question de l’écriture du sefer Torah. De là le Rav revient au verset, à la brique qui vaut plus que l’homme, à Nimrod comme premier roi, et à la dispersion comprise non comme un châtiment stérile mais comme la condition d’un développement des personnalités.
Ce que dit ce cours
La faute de la tour de Babel n’est pas explicite. Nous ne savons pas en quoi elle consiste réellement. L’humanité s’y est adonnée au développement d’une technologie sur tous les fronts, et une langue commune y est apparue. Le texte dit « une seule safa et des paroles identiques » ; Rashi précise que cette langue est la langue sacrée. Reste à savoir ce que sont ces paroles identiques.
Une même langue peut se comprendre de soixante-dix manières. On comprend que les différentes langues se répartissent sur soixante-dix nations, et qu’elles sont des modes d’interprétation, des modes de perception. Car nous pouvons toujours parler la même langue et en percevoir autrement la signification, chacun selon sa sensibilité, son niveau intellectuel, sa finesse d’esprit. Nous sommes ici quatre cents ans après le déluge, chez les descendants de Shem, Ham et Yefet. De même qu’à la création un fleuve s’est réparti en quatre courants à partir du jardin, l’humanité s’est répartie elle aussi en différents courants, articulés sur les quatre lettres du Nom divin.
Ces générations n’étaient pas primitives, et une intuition du sacré leur était commune. Elles ont développé la philosophie, la mathématique, la physique, le commerce, l’industrie, et déjà l’art de la musique. Ce sont des générations éprises d’une volonté de création et compétitives entre elles sur de nombreux domaines. L’essentiel est qu’une intuition du sacré leur est commune à toutes, et cela se comprend. Ce qu’elles vont faire de cette intuition est une autre question.
L’arche n’était pas un sauvetage, mais le démarrage d’une nouvelle création. D’ aurait pu supprimer la génération par une épidémie : il n’était pas nécessaire d’user du déluge pour effacer l’humanité et revenir au chaos où l’eau recouvrait tout. Le but était de faire démarrer une création nouvelle, comme si la création antérieure avait été un brouillon. C’est pourquoi il est demandé de prendre un couple de chaque espèce, et l’arche est un microcosme destiné à assurer une nouvelle humanité. Mais dans la famille de l’homme, il n’y a pas qu’un couple : il y a Noah, ses enfants et leurs épouses, donc deux générations.
Jusqu’à Noah, il n’y avait pas de famille. Une seule génération aurait suffi à perpétuer l’humanité ; s’il y en a deux, c’est que nous allons désormais assister à la naissance de la famille et de la collectivité. Dans les premières générations, chaque enfant et ses engendrements sont cités sans être rattachés à des parents ni à des grands-parents, comme des individualités séparées. Puis vient la mention de leur mort, comme si elle ne laissait place à aucun héritage. D’Adam jusqu’à Noah, les personnes, même d’une même famille, vivaient en tant qu’individualités : il n’y avait pas de relation de père à enfant, et encore moins d’enfant aux parents ou aux grands-parents.
L’ordre des mots à l’entrée de l’arche fonde une règle. Le texte dit que Noah vint avec ses fils, sa femme et les femmes de ses fils, alors qu’il aurait dû dire Noah et sa femme, puis les enfants et leurs épouses. Le texte a donc séparé les couples, et nos sages y lisent une recommandation : lorsqu’une épidémie sévit, ou que la guerre frappe à nos portes, il vaut mieux éviter de procréer. C’est la seule réglementation des naissances qui figure dans la Torah — en cas de famine, de guerre ou d’épidémie, il vaut mieux attendre. À la sortie de l’arche, le texte s’exprime autrement, et D’ dit expressément de sortir avec sa femme : la vie de couple peut reprendre. Noah, pourtant, hésite encore : considérant le désastre qui a tout supprimé, il se demande si cela vaut la peine de mettre des enfants au monde — c’était déjà la préoccupation d’Adam après le meurtre de Hevel.
Pour la première fois, D’ bénit une famille et non un seul homme. Il leur dit de croître, de se multiplier et de remplir la terre — c’est-à-dire, surtout, de ne pas se concentrer en un seul endroit, mais de s’éparpiller et d’occuper véritablement l’ensemble de la terre. Or, en principe, la prophétie s’adresse à une personne et non à une famille ; D’ ne s’est manifesté à l’ensemble d’un peuple qu’au Sinaï. Mais cette nouvelle humanité reçoit sa première révélation, les sept lois noahides, et Il parle à l’ensemble de la famille. La famille est désormais constituée et consacrée : on verra des parents qui coiffent leurs enfants et des enfants imbus du respect des parents, ce que vérifie le geste de Shem et de Yefet couvrant la nudité de leur père. Le signe en est que dans l’énumération des générations qui vont de Noah à Avraham, le verbe mourir n’apparaît plus : là où des enfants prennent le relais, il n’y a pas de mort.
Le verset qui ouvre l’épisode annonce un malheur. La société constituée va maintenant se fixer des objectifs, et chercher à conserver son unité à travers la langue. Or chaque fois que le texte emploie ce tour introductif, c’est un cri de malheur, l’annonce d’un mauvais événement. Quel mal y a-t-il donc à n’avoir qu’une seule langue, à parler un même langage ? Le Créateur intervient pourtant de telle sorte qu’il disperse les familles et les oblige à parler des langues différentes.
Safa et lashon désignent tous deux la langue, mais ne sont pas du même ordre. Safa, ce sont les lèvres : c’est un langage extérieur. Lashon est la langue du palais, à l’intérieur, celle qui raffine toute chose : c’est un langage intérieur. Leurs valeurs numériques diffèrent d’une unité, lashon valant un de plus, ce qui signifierait qu’elle se situe à un degré plus élevé et qu’elle a la possibilité d’intégrer tous les autres idiomes et de les ramener vers leur source. C’est ce qui fait la différence entre la langue sacrée et la langue.
Le Rambam et le Ramban ne conçoivent pas la langue de la même façon. La question est de savoir si la langue est un consensus de la société, développé au fur et à mesure du temps par la communication des gens qui désignent les objets, ou si elle est véritablement une création, la langue du sacré. Pour le Ramban, c’est la langue du sacré, celle de la manifestation de D’ au peuple d’Israël. Pour le Rambam, la langue hébraïque n’a rien de sacré de prime abord, sinon qu’elle est une langue propre — il n’y a pas dans son lexique de nom des organes charnels, pas de mots vulgaires —, et c’est cette propreté qui l’a fait accéder au rang de sainteté. Une troisième idée existe encore : que la langue hébraïque soit un code, comme les formules chimiques désignent des substances composées, si bien que l’on devrait retrouver dans chaque nom commun les constituants de chaque élément.
De ce débat dépend la lecture même du verset. Si on l’entend au sens du Rambam, il y aurait une évolution de la langue ; si on adopte la position du Ramban, il s’agit plutôt d’une vulgarisation qui s’est faite au cours du temps. La Torah aurait alors été donnée à l’origine dans la langue hébraïque, puis cette langue se serait transformée, on l’aurait traduite en araméen, et au temps d’Ezra on l’aurait remise en valeur. Il y a donc eu une perte de substance, puis, au retour des exilés de Babel, une renaissance, sous cette écriture que l’on appelle ktav ashouri et qui est celle du sefer Torah — écriture qui n’était pas l’écriture originelle, laquelle a été conservée par les Samaritains. Si une coupure ou une déformation y rend le sefer Torah inutilisable tant qu’il n’est pas corrigé, c’est que cette écriture est bien l’écriture d’origine, qui n’a retrouvé ses valeurs qu’à l’époque d’Ezra.
Le malheur, c’est l’unique : une seule interprétation, une seule perception, une seule langue. La différence entre ces générations et nous, c’est que la proximité divine et la quête spirituelle n’étaient pas chez elles une démarche intellectuelle mais un vécu de l’intérieur, et que de ce fait leurs perceptions étaient variées. Quand on commence à jurer d’une seule et unique interprétation et que l’on tue les différentes sensibilités, c’est un malheur. Il y a là une identité qui empêche l’unité. Si nous sommes tous à penser la même chose et à nous nourrir d’éléments identiques, à quoi bon être un million, deux millions, trois millions de personnes, puisqu’en fin de compte nous nous ressemblons tous ? Le midrash le dit crûment : la personne ne comptait plus, elle était moins importante que la brique que l’on fabriquait — quand l’édifice subissait une chute, on pleurait, mais quand un homme tombait de l’échafaudage, on le remplaçait immédiatement.
Il ne peut y avoir d’unité que si nous sommes différents les uns des autres. S’ils ne le sont pas, aucune unité n’est possible. Ce que D’ va faire, c’est faire d’Avraham l’unificateur de toutes les tendances. C’est la raison pour laquelle nous ne sommes pas portés à convertir le monde à une seule croyance : toute l’humanité n’a pas à être de pratique juive. Nous devons faire converger les différentes croyances et les différentes individualités vers le point où D’ est un et son nom un.
La promesse n’est pas une langue unique, mais une langue claire. Le verset annonce que D’ transformera le langage des peuples en un langage clair — clair parce que les valeurs qui font le ciment de toutes ces cultures, de toutes ces civilisations, de toutes ces croyances sont les mêmes. Le mode de perception est différent, mais il existe une langue capable d’être le dénominateur commun de toutes ces sensibilités et de toutes ces interprétations. C’est la langue hébraïque, comme Avraham le serait pour l’humanité : toutes les familles de la terre seront bénies par lui, avec leurs croyances différentes. On peut alors relire le verset : safa renvoie aussi au bord, comme le bord de la mer, et ils étaient tous du même bord, avec des perceptions différentes mais annexes — et ce sont ces perceptions annexes qui l’emporteront sur l’intuition de la langue sacrée.
Le projet de Babel était d’éliminer la présence de D’ dans la marche de l’histoire. La communication va devenir difficile, mais la quête spirituelle sera le seul ciment capable d’unifier — et non ce qu’a voulu cette génération : le développement de l’industrie, la réussite technologique, la concentration en un lieu. La tour dont le sommet atteint le ciel, c’est une idéologie qui se veut compétitive avec celle qui vient du ciel, capable d’occuper l’esprit des gens et de les détourner peu à peu de cette intuition du sacré. Rashi rassemble ici plusieurs intentions, dont celle de mener le combat contre l’Unique, et celle de soutenir artificiellement les choses pour qu’elles ne se désagrègent pas comme au temps du déluge. C’est le tour que va réussir Nimrod, roi de Babel.
Nimrod est le premier roi de l’histoire, et c’est lui qui chasse la conscience divine. Il le fait en développant une industrie. C’est lui qui a cherché à jeter Avram dans la fournaise ardente, parce qu’il y avait entre eux une différence de fond : Avram était pour la variété, pour la gerbe des croyances unifiées comme l’arc-en-ciel, tandis que Nimrod voulait à tout prix que cette idéologie brise la dépendance de l’humanité envers le Créateur. Ce qu’il voulait, c’est créer un vide, de telle sorte que les gens, occupés à leur subsistance, à leurs problèmes de famille et à la réussite de leurs projets, s’éloignent peu à peu de la quête spirituelle et adhèrent à une spiritualité de moindre exigence. Il a réussi.
Une quête spirituelle subjective reste possible, à condition de n’être pas otage. On éloigne D’ d’un côté, mais on va chercher la quête ailleurs, dans sa propre philosophie, dans sa propre perception des choses ; la quête devient subjective, chacun à son niveau, chacun comme il l’entend. C’est possible, mais à condition que l’on ne soit pas otage. Qu’est-ce qu’un otage ? Un homme qui a grandi dans un lieu où il n’y avait ni communauté, ni structure, ni école juive : ce n’est pas de sa faute, il a atterri là malgré lui, il ignore tout — et nous n’avons ni à le juger, ni à le condamner, ni à le culpabiliser.
La dispersion est un exil qui rend possible le développement des personnalités. D’ s’inquiète : si l’on est dans un mode de pensée unique, dans un mode de pratique unique, dans un mode d’objectif unique, c’est la fin de toute union possible entre les énergies différentes de l’humanité — union qui ne peut être assurée que par le ciment spirituel, par la recherche et la quête de chacun. Il va donc les éparpiller à travers le monde, au travers de langues et de cultures différentes, de telle sorte qu’ils puissent développer leur personnalité. Ce développement-là est second, accessoire ; sa finalité est d’amener toutes les sensibilités à cette perception unique qui est celle d’Avraham. C’est exactement ce que D’ avait fait avec Adam en le condamnant à l’exil du jardin : ici, ce n’est plus l’individu mais la collectivité qui devra se prendre en main pour se reconstituer.
Transcription intégrale du cours
la dernière crise de l’humanité avant l’apparition d’Avraham sur la scène universelle et c’est celle de Dora Palaga, la génération de la tour de Babel. Cette génération de la tour de Babel, voici comment elle est introduite par la Torah. Toute la terre avait une même langue et des paroles semblables. Or, en émigrant de l’Orient, les hommes avaient trouvé une vallée dans le pays de Sénat et s’y étaient arrêtés. Ils se dirent l’un à l’autre. Là, préparons des briques et cuisons-les au feu. Elle abrique l’ortin lieu de pierre et le bitume de mortier, et dit, allons bâtissons-nous une ville et un tour dont le sommet atteigne le ciel. Faisons-nous un établissement durable pour ne pas nous disperser sur toute la face de la terre. Le seigneur descendit sur la terre pour voir la ville et la la tour que baptisaient l’Église de l’homme, et il dit, voici un peuple uni, tous ayant une même langue.
C’est ainsi qu’ils ont pu commencer leur entreprise, et dès lors, tout ce qu’ils ont projeté leur réussirait également. Or, ça, par exemple, est ici même confondant leur langage, de sorte que l’un n’entende pas le langage de l’autre. Ce qui est clair, c’est que le péché de la tour de Babel n’est pas explicite. Nous ne savons pas en quoi il consiste réellement. Alors que finalement l’humanité se soit adonnée au développement d’une technologie, sur tous les fronts, qu’il y ait une apparition d’une langue commune, « vaïkola ar et safa echa tu dvarim chadi » Or, ce safa echa, qu’est-ce que c’est que cette langue ? « Rashi ditshe l’shonakodesh » c’est la langue du sacré. Alors, qu’est-ce que c’est Dvari Mahadhi ?
Et des paroles identiques, des paroles unies. On comprend que ce sont différentes langues qui se repartissent sur septante nations, « Shivim lishonot », et qui sont des modes d’interprétation, des modes de perception, parce que nous pouvons toujours parler la même langue, mais au point de vue de la signification, la percevoir autrement chacun selon sa sensibilité, son niveau intellectuel, sa finesse d’esprit, son art. Donc, ces premières générations, après le déluge, nous sommes à 400 ans après le déluge, et ce sont les descendants de Shem-cham ayé fait, les trois enfants de Noé. Donc de la même manière que à la création il y a eu quatre fleuves qui se sont divisées, qui se sont réparties à partir du jardin d’Eden en quatre courants, un fleuve qui s’est réparti en quatre courants, ici l’humanité s’est également répartie en différents courants, Shem, Ham, Yefet et bien Noach qui était le père, mais par la suite celui qui va remplacer Noach, et nous l’avons dit, c’est Avraham. Nous reviendrons sur le sens de ces quatre courants qui s’articulent sur les quatre lettres du nom divin Yut-ke-vav-ke, mais l’essentiel est qu’il y a une intuition du sacré qui est commune à tous et nous pouvons le comprendre. Ces premières générations n’étaient pas tellement primitives que ça parce qu’ils ont développé tout de même la philosophie, la mathématique, la physique, le commerce, l’industrie. Nous l’avons vu, ils ont développé également l’art de la musique, donc ce sont des générations qui sont éprises d’une volonté de création et qui sont compétitives entre eux sur de nombreux domaines. Lorsqu’on lit les chapitres ontarieurs au chapitre 11, on voit que il y a tout de même une différence entre les premières générations de Adam jusqu’à Noé et les deuxièmes générations, la deuxième dizaine de génération qui se subsède de Noé jusqu’à Avraham. Et ce à partir déjà de l’arche de Noé.
Vous vous rappelez que H.M. avait demandé à Noé de prendre un couple de chaque espèce et de le recueillir dans l’arche afin de perpétuer l’espèce par la suite. Et cet arche était un microcosme qui devait assurer une nouvelle humanité, une nouvelle création. Comme si jusqu’à présent la création antérieure était un brouillon. Et maintenant, nous allons passer à une nouvelle création parce que D’ aurait pu, avec une épidémie, supprimer la génération. et ce n’est pas la peine d’user du déluge pour effacer l’humanité et revenir à ce chaos qui préexistait à la création où l’eau recouvrait tout. Mais le but était de faire démarrer une nouvelle création et c’est la raison pour laquelle D’ a demandé de prendre, contrairement aux couples qui étaient représentatifs de de chaque espèce dans la famille de l’homme.
il n’y avait pas qu’un couple, il y avait Noé et ses enfants et leurs épouses, donc il y avait deux générations, il n’y avait pas qu’une seule génération. Et si on se pose la question, avec une seule génération on aurait pu perpétuer l’humanité, la réponse est que désormais nous allons assister à la naissance de la famille, de la collectivité. Il y a un détail important dans les premières générations, quand on a cité chaque enfant et ses engendrements, on ne les a pas cités comme étant affiliés à des parents ou à des grands-parents, non, comme c’était des individualités séparées. Et puis, voyons, il y a mort, ils sont morts. Et et leur mort comme si ne laissait place à aucun héritage.
C’est-à-dire que de Adam Richon jusqu’à Noé, il n’y avait pas de famille. Les personnes vivaient, même d’une même famille, vivaient en tant qu’individualité. Il n’y avait pas de relation de père-enfant et encore moins d’enfant aux parents ou aux grands-parents. Par contre, après le début, qu’est-ce qu’il est dit ? D’abord, quand le Kaddosh Walucho invite Noé à la Téva, à rejoindre l’arche, et c’est un ordre, il est dit Noé vint avec ses enfants, sa femme et les femmes de ses enfants avec lui dans l’arche pour se préserver des eaux du déluge. Le texte aurait dû dire « Noè et sa femme, les enfants et les femmes de ses enfants, les belles filles ». Or le texte a séparé et nos sages dans Saint-Hydrine disent « Il il y avait là une recommandation, celle que nous connaissons, à savoir que lorsque il y a une épidémie qui sévit, ou il y a la guerre qui frappe à nos portes, il faudrait mieux éviter de procréer. C’est la seule, disons, réglementation de la des naissances dans la Torah lorsque la famine s’est dite, lorsque la guerre menace le monde et lorsque l’épidémie fait des ravages, il vaut mieux attendre et opérer le contrôle des naissances.
Et d’où l’apprenons-nous ? D’ici ! Parce que il est dit Noir ou Banav, Noé et ses fils, et ensuite Vigto et il y a les enfants qui séparent entre Noé et sa femme comme entre les enfants et leurs épouses. Ça c’est lorsqu’ils en dans l’arche. Mais lorsqu’ils sortent de l’arche. Le texte s’exprime autrement. Là, ils n’ont pas besoin d’or divin pour quitter l’arche. Ou plutôt, même si cet or divin apparaît, c’est pour que D’, en somme, révèle ses lois à Noé et ses enfants. Et là il est dit, Noé sorti au Banav et il est en Banav ses enfants, sa femme, en Banav et les enfants, les épouses de ses enfants avec lui. mais au début qu’est-ce qu’il est dit ? Tseminateva, l’éternel lui dit, sors de l’arche a-tave ishtecha u-banecha, toi et ta femme, c’est-à-dire tu peux reprendre ta vie de couple, u-banecha un she-banecha itach, tes enfants et les épouses de tes enfants avec toi. C’est très bien.
mais Noé attendra un certain temps parce que considérant qu’il y avait un désastre avec le déluge qui a tout supprimé, il va se demander si ça vaut encore la peine de mettre des enfants C’est une préoccupation de Adam Harris Shone quand il a vu comment Cain a tué son frère. Il a dit que c’est pour cela qu’il faut mettre des enfants au monde, autant éviter. Mais ce qui est important ici, c’est que pour la première fois, D’ bénit Noé et ses enfants. Elle leur dit « peru ur vou » croisez et multipliez vous ou milou etat arretz et remplissez la terre. En principe, la prophétie s’adresse à une personne, pas à une famille. Quand D’ s’étale, que s’est manifesté à l’ensemble d’un peuple, c’est uniquement au moncinaï.
Mais il se trouve que cette nouvelle humanité, à laquelle D’ va donner sa première révélation, et la première révélation c’est les sept lois noirites, il parle à l’ensemble de la famille et lui dit au Mil’u et à Haaretz, surtout ne concentrez-vous pas dans un endroit, il faut vous éparpiller dans la terre. véritablement occuper l’ensemble de la terre. Et pour cela, vous croisez et multipliez vous. Très bien. Mais ce qui veut dire que maintenant la famille est constituée, la famille est consacrée. Maintenant, nous allons assister à des parents qui coiffent leur enfant, à des enfants qui sont imbues de respect des parents. Cela se vérifie lorsque Cheim et Yéphé couvre l’annudité de leur père et lorsque la famille se constitue, il y a une volonté de l’humanité d’aller de là. Cette idée est importante tant et si bien que dans l’énumération des générations qui ont suivi jusqu’à Abra, il n’y a pas le terme de vayamottes ils ont eu des enfants des filles mais il n’y a pas le terme de mourir il n’y a pas de mort quand il y a des enfants qui prennent le relais alors il n’y a pas de mort après avoir souligné l’importance de ces détails. Il fait que maintenant, la société ou la famille constituée va se fixer des objectifs. Elle va chercher effectivement à a conservé cette unité de Fanny et ce à travers la langue.
« Sa fa achat va’yi kola are sa fa achat » Vous savez très bien que chaque fois qu’il est « ava’yi » c’est un cri de malheur. Cela annonce un mauvais événement. Quel maliat-il à avoir une seule langue ? Quel maliat-il à parler un même langage ? Et le créateur intervient de telle sorte, il va disperser les familles et il va les obliger à parler différentes langues. Nous avons vu un peu ce que ce mot « safa » veut dire. Parce que quand on dit safa, quelle est la différence entre safa et la chône ? Les deux veulent dire « langue ». Safa, c’est les lèvres, c’est un langage extérieur. La chône, qui est la langue du palais à l’intérieur, c’est celle qui raffine toute chose, bien, ça c’est un langage intérieur.
La Shone. Safa et la Shone. Safa c’est 385 valeurs numériques, la Shone c’est 386 valeurs numériques, c’est à dire 385 plus 1, ce qui signifierait que la Chône est d’un grand plus haut, où elle a une possibilité d’intégration de tous les autres idiomes, de toutes les autres langues, elle peut effectivement les ramener vers sa source, et c’est ce qui fait la différence entre le Lachon Akodesh et la langue. Vous savez, c’est important, j’ouvre ici la parenthèse pour dire que la différence qu’il y a entre Rambam et Ramban dans la perception de la langue. Qu’est-ce que c’est que la langue ? Est-ce que c’est véritablement un consensus de la société, ce qui s’est développé au fur et à mesure du temps, en désignant les objets de par la communication des gens, etc. ?
ou bien est-ce véritablement une création, la langue du sacré ? Ramban dit que c’est la langue du sacré, que la langue hébraïque, attention la langue hébraïque l’hiver et la langue yéoudite, et la langue kena’a, c’est la langue yéoudite, c’est celle qui désigne la langue du peuple juif. Dans le Tanakh il n’y a pas le mot yéudite, dans le Tanakh on désigne la langue yébraïque soit par Safa yéoudite, par Séfat ou la langue de Kenaan. C’est dans la Mishnah que nous trouvons les Shonakodesh, la langue du sacré et la langue hébraïque. Alors ceci fait la différence entre la conception de Rambam qui dit que la langue hébraïque n’a rien de prime abord de ça sauf que c’est une langue propre où il n’y a même pas par exemple les noms des organes charnels, il n’y a pas de vulgarité, de mots vulgaires dans la langue, c’est une langue propre, c’est une langue propre Et c’est la pureté, la propreté de sa langue qui l’a fait accéder au rang de sainteté.
Tandis que pour un bam, non, c’est la langue du sacré. C’est la langue de la manifestation par D’ au peuple d’Israël. Plus encore, il y a une troisième idée. c’est que la langue hébraïque ou la langue de la création, c’est un code. De la même manière qu’il y a des formules chimiques qui désignent des substances composées ou créé, il en est de même, de l’alphabet hébraïque. Et par conséquent, si l’intorat a été créé par l’élève, par la parole, on doit retrouver dans chaque nom commun les composants ou les constituant de chaque élément. Bon, mais ici c’est une parenthèse ouverte pour dire que « safa echa tut barim ahadim » tout dépend comment on le comprend. Parce que si on la bombe dans le sens de Rambam, il y aurait une évolution de la langue.
Si on adopte la position de ramban, c’est plutôt une vulgarisation de la langue qui s’est faite au cours du temps. Et la Torah aurait été donnée par la langue hébraïque à l’origine. Et puis, après, cette langue s’est transformée par le temps, on l’a traduite en armé, et au temps de Ezra, on l’a remise en valeur. Donc, il y a eu une perte de substance de la langue à l’origine, et au retour des exilés de Babel, il y a eu une renaissance de cette langue que l’on appelle l’Octave Ashouri, qui est d’ailleurs écrite, c’est l’écriture du Sefer Torah, mais cette écriture n’était pas l’écriture originaire, c’était une autre écriture que les samaritains ont conservé dans dans leur écrit. Mais comment se fait-il que nous ayons fait en quelque sorte, nous ayons donné une importance à cette écriture au point que s’il y a une coupure ou une déformation, on ne rend pas sous le sefer Torah, on dit que le sefer Torah doit être corrigé et pour le moment on ne peut pas l’utiliser comme référence, c’est parce que cette langue assyrienne, l’octave ashwari, il est, c’est l’octave d’origine mais qui n’a retrouvé sa valeur ou ses origines qu’à l’époque de Esra. Alors je reviens au texte maintenant. Vahikola, Alexafahérat, le peuple avait une intuition de se sacrer dans la langue parce que la différence entre ces premières générations et nous, c’est que ces premières générations vivaient de l’intérieur. Cette proximité divine, cette relation au sacré, cette quête spirituelle, ce n’était pas tout à fait une démarche intellectuelle comme chez nous aujourd’hui. Non, c’était véritablement un vécu de l’intérieur et de ce fait les différentes perceptions étaient variées. Mais quand ça devient devient safa et chante, utwari m’achadi.
Quand on commence effectivement à jurer d’une seule interprétation, d’une seule et unique interprétation, d’une seule et unique perception d’excence, d’une seule et unique langue, et que l’on tue les différentes sensibilités, alors c’est un malheur. Ça c’est un malheur. Vous voyez qu’on arrête sa fin. Parce qu’il y a une paire d’identités. Il y a une paire d’identités qui empêchent l’unité. Si finalement on est là tous à penser la même chose, et à se nourrir des mêmes éléments identiques. Alors, à quoi bon avoir, être un million, deux millions, trois millions de personnes. Puisqu’en fin de compte, on se ressemble tous et le Midrash le dit, la personne ne comptait plus. Elle était moins importante que la machine que l’on créait, que la brique que l’on fabriquait.
Non, quand l’édifice souffrait d’une chute et d’une perte, alors on pleurait, mais quand un homme tombait de l’échafaudage, on le remplaçait immédiatement. Pourquoi ? Parce que l’homme a perdu de sa unité, de sa personnalité, de sa perception des choses qui étaient différentes. Or, il ne peut y avoir d’unité que s’ils nous sont différents les uns des autres. Mais s’ils ne sont pas différents les uns des autres, il n’y a pas d’unité possible. Ce que Akkadosh Volokhou va faire, c’est de faire en sorte que Avraham soit l’unificateur de toutes les tendances. C’est la raison pour laquelle nous ne sommes pas portés à convertir le monde à une seule croyance. Pas du tout. Tout l’univers, toute l’humanité ne doit pas être de pratique juive.
Non, nous devons faire converger les différentes croyances, les différentes individualités à la point de convergence que D’ est un et son nom un. Et alors, à ce moment-là, ce ne sera pas ce ne sera pas safa afat, ce ne sera pas une seule langue, ce sera aza’e’fokhe la’amim, safa ber’ra. Alors je transformerai le langage des peuples en un langage clair. Un langage clair parce que les valeurs qui sont le ciment de toutes ces cultures, de toutes ces civilisations, de toutes ces croyances sont les mêmes. Le mode de perception est différent, mais il y a une langue qui est capable d’être le dénominateur commun de toutes ses sensibilités, de toutes ses interprétations et de toutes ses perceptions.
C’est la langue hébraïque, comme le serait Avraham pour l’humanité, «béni brechu b’cha kol mishpechot haadama», «serons bénis par Toi, toutes les familles de la terre», toutes les familles de la terre avec leurs différentes croyances. Oui, c’est vrai. Alors nous comprenons maintenant, se vai-hi ko la aret safa e-chat. Toute la terre était d’un même bord parce que safa, sfat yam, c’est le bord de la mer. Safa e-chat, ils étaient tous du même bord. Dvary ma hadin, les perceptions différentes mais qui étaient annexes. Or, ces perceptions différentes qui s’est été annexes, ce sont celles qui vont l’emporter sur cette intuition de la langue sacrée et qui fait que les générations, petit à petit, vont développer chacun sa langue, chacun sa sensibilité.
Et on ne va pas se comprendre au point de vue langage, la communication va être difficile, Mais la quête spirituelle sera le seul ciment. qui pourrait effectivement unifier tout le monde. Et non pas comme l’a voulu la génération de la Tour de Babel, fonder cela sur le développement de l’industrie, la réussite technologique, le fait de la concentration dans un lieu, parce qu’ils se sont dit, on va effectivement essayer d’éliminer cette présence de D’ dans le développement ou dans la marche de l’histoire. C’est ça, Migdal Velochova Shammayn. Nous allons construire un tour, Velochova Shammayn, qui puisse atteindre le ciel. Nous allons vers une idéologie qui va être également compétitive à celle qui vient du ciel et qui pourrait occuper l’esprit des gens et les détourner petit à petit de cette intuition du sacré qu’ils avaient en eux.
Ça, c’est le tour que va réussir Nimrod Melech Baveh. Nimrod est le premier roi dans l’histoire. C’est celui qui chasse cette conscience divine de l’esprit des générations en coiffesant, en développant une industrie. C’est lui qui a effectivement cherché à jeter Avraham dans la fournée ardente parce qu’il y avait effectivement une différence de fond entre lui et Avraham. Avraham était pour la variété, la gerbe des croyances unifiées comme l’arc-en-cienne, n’est-ce pas ? Mais pour une immeurode, il fallait à tout prix que cette idéologie ou ces civilisations cassent ou brisent cette dépendance de l’humanité avec le créateur. Alors, que se passe-t-il ? et il a tout le monde, la langue, les choses, et il s’est fait de nouveau.
C’est quand ils se sont éloignés de l’ancien, de l’univers, de l’antique, de l’univers. Voilà ce que le texte dit. Je lis ici plutôt Rashi. « Ba’u be’et sa’ahat ve’amlo. Lo kol hemeinu shia volo eta’i lyonim. Tout ne dépend pas de lui pour qu’il choisisse les sphères supérieures. Na’alei la rakia. Nous allons faire une exploration dans l’espace. Nous allons bâtir une tour dans l’espace, aujourd’hui c’est une fusée comme on voit dans l’espace, et nous serons en guerre, et nous allons nous mener la guerre. Un autre truc, c’est de se faire le tour de l’univers, sur l’unique monde. Un autre truc, c’est de faire les choses d’un autre côté. En un an, tous les 1656 ans, le raccourci s’envole.
Le spirituel s’envole. que Moshe Assa a bimé à Maboul, comme c’était le cas à Maboul, boho vena asilo, boho vena asilo, nous allons faire en sorte que ces valeurs ne se désagrègent point et nous allons les soutenir artificiellement par notre idéologie, par notre façon de voir les choses. Et c’est, il y a là trois idées ensemble, trois idées qui sont soulignées par Rashi et qui qui demandent réflexion parce que d’une part ils veulent mener le combat contre l’unique, c’est-à-dire D’, d’un autre côté ils veulent éviter que la justice soit faible, qu’il y ait une justice. Comment éviter qu’il y ait une justice ? à partir du moment où nous sommes tous, excusez-moi, qu’il y ait du bruit, ça me perturbe.
On éloigne D’ d’un côté, mais la quête spirituelle, va la chercher ailleurs, on va la chercher ailleurs dans sa propre philosophie, dans sa propre perception des choses, c’est à dire que même la quête spirituelle devient subjective, chacun à à son niveau, chacun comme il l’entend. C’est possible, mais à condition que ce ne soit pas un otage. Qu’est-ce qu’un otage ? Aujourd’hui, un homme qui a grandi en édifice dans un lieu où il n’y a pas du tout de communauté, de structure juive, d’école juive, Bon, ce n’est pas de sa faute. Il a atterri où il a grandi, malgré lui, dans un lieu où il y avait un vie spirituelle, Tant peu, il ignore tout. Nous n’avons pas à le juger, nous n’avons pas à le condamner, nous n’avons pas à le culpabiliser.
Ce n’est pas de sa faute. Alors, ce que voulait Nimrod, c’est créer ce vide de telle sorte que les gens, étant occupés à leurs parnaissins, à leurs problèmes de vie de famille, à la réussite de leur projet d’avenir, alors ils s’éloignent petit à petit de cette quête spirituelle et d’adhérer davantage, disons une spiritualité qui soit de moindre exigence. réussi, il a réussi et D’ s’inquiète en disant que si jamais on est dans un mode de pensée unique, dans un mode de pratique unique, dans un mode d’objectif unique, alors c’est véritablement la la fin de la possibilité d’une union des différentes énergies de l’humanité. Or, l’union de ces différentes énergies ne peut être assurée que par le ciment spirituel, la recherche de chacun, la quête de chacun.
et c’est la raison pour laquelle il va les éparpiller à travers le monde. Les éparpiller au travers de langues différentes, de cultures différentes, de telle sorte qu’ils puissent développer leur personnalité. Ce sera un développement, si vous voulez, second ou accessoire, Mais la finalité de ce développement, c’est d’amener toutes les sensibilités, toutes les perceptions, à une seule et unique perception qui croit absolument tout, celle d’Avraham. Voilà, j’arrête ici. Si vous avez des questions à poser, je reprendrai encore une fois ce texte de Dhritashyamala rentrée avant de passer à la révolution que va entreprendre Avraham par rapport à Adam, par rapport à Noé, parce qu’il ne faut pas oublier que la même façon, dans Akkadush Waloukho, considère le péché d’Adam et il le condamne à l’exil du jardin d’Éden.
C’est la même chose qu’il fait, qu’il entreprend avec la collectivité maintenant, en la répartissant à travers le monde. C’est un monde d’exil où là-bas l’homme, en tant qu’individu, aller faire un effort de se reconstituer et ici aussi. C’est la société qui va, elle, se prendre en main pour se réaliser totalement.