Chayei Sarah — La source de la vie

par le Rav Raphaël Benizri

Questions à poser à la table de chabbat de Chayei Sarah

Un livret d’étude à imprimer : une question par page, la réponse du Rav, sa source, et une leçon à débattre en famille.

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La parasha s’ouvre sur la mort de Sarah, et elle s’intitule pourtant « la vie de Sarah ». Ce cours part de ce décalage pour poser une question simple : pourquoi la Torah, qui a laissé passer toutes les morts précédentes presque inaperçues, s’arrête-t-elle longuement sur celle-ci ? Le Rav Raphaël Benizri en tire une lecture de la mort comme éclipse et non comme fin, et une lecture du temps comme matière que l’on peut soit subir, soit fabriquer. La séance se referme sur Hebron, la cité des quatre, et sur ce que la sépulture des patriarches dit de la vie.

Le point de départ est le premier verset : cent ans, vingt ans, sept ans, ce sont là les années de vie de Sarah. Le texte ne dit pas qu’elle a vécu cent vingt-sept ans d’un seul tenant ; il décompose, il reprend, et il parle des « années de vie » au pluriel. Le Rav y lit d’emblée la thèse du cours : il n’y a pas une vie, il y en a deux, menées en parallèle, celle du temps qui fuit et celle du temps qui ne se perd pas.

De là le cours élargit : la composition de l’homme entre poussière et souffle, la conscience de la mort comme propre de l’humain, le kadish et ce qu’il signifie réellement, la distinction entre olam hazé, olam haba et le jardin d’Éden, puis le rôle du féminin dans l’articulation de ces deux mondes. La dernière partie est occupée par les questions de l’assistance, sur l’écriture, sur le féminin, sur les animaux et sur la philosophie, et le Rav y précise plusieurs de ses formulations.

Ce que dit ce cours

Seule la mort de Sarah est racontée, et la parasha qui la raconte s’appelle « la vie de Sarah ». Jusqu’ici, les morts sont passées inaperçues dans le texte. Celle-ci est relatée en première page et donne son titre à la section — un titre qui parle de vie. On ne s’étend pas autant sur la mort d’Avraham, ni sur celle d’Itzhak, ni sur celle de Yaakov. Ce déséquilibre suggère que la vie et la mort ne sont pas deux réalités opposées l’une à l’autre.

Les années de Sarah ne sont pas une longévité, ce sont des entités. Cent ans est une entité, vingt ans en est une autre, sept ans une autre encore. Le texte ne compte pas des pages de calendrier arrachées parce qu’elles sont périmées ; il garde chaque page parce que chacune porte son message. Vingt ans marque le moment où le jeune assume ses responsabilités, où il devient une entité justiciable sans circonstances atténuantes ; sept ans marque celui où l’enfant s’ouvre à la beauté du monde, et cette beauté n’est pas à négliger. L’ensemble forme un collier, non une vie déchirée.

Il y a deux façons d’habiter le temps : le subir ou le faire. Nos sages disent des justes qu’ils font leurs jours, et des mécréants qu’ils occupent leurs jours — il y a du temps à perdre, le temps pèse, il faut le remplir. Il existe un temps qui fuit et qu’on ne rattrape pas, et un temps dans l’absolu que l’on appelle éternité, où une parcelle du temps est tout le temps et où tout le temps est une parcelle. Dans la vie de tout être, ces deux coordonnées coexistent : il y a des temps morts et des temps de vie. L’idéal est de réduire les temps morts au minimum.

L’homme a été composé de deux éléments, et la mort est la déconnexion de ces deux-là. Poussière de la terre d’une part, qui retourne à la poussière ; souffle de vie d’autre part, qui relève de l’au-delà. Tant qu’ils sont enchevêtrés, l’homme peut donner à l’esprit une réalité sur terre et élever la terre au niveau de l’esprit. À la mort, cette coordination cesse. La question est alors de savoir si la séparation est définitive.

Ce qui distingue l’homme de l’animal n’est pas l’intelligence, c’est la faculté de donner. L’intelligence, nous venons au monde avec, elle est dans nos gènes, et elle est partagée avec les animaux — c’est le nahash, la ruse, la vivacité d’esprit du rationnel humain, que le texte appelle le plus rusé des animaux des champs. La faculté de donner, elle, n’est pas dans la nature de l’homme mais dans le dépassement de sa propre nature. Il a fallu que D’ intervienne pour arracher l’homme au monde du naturel et lui insuffler une âme vivante. Tant que le rationnel n’est pas accompagné du hessed, il n’y a pas d’image de D’ en l’homme.

Seul l’homme a la conscience de la mort, et cette conscience consiste à vouloir la dépasser. Le Rav le maintient face à une objection de l’assistance : que l’animal sente sa fin venir, qu’il s’isole, qu’il fuie celui qui veut l’abattre, cela ne fait pas une conscience de la mort. Perdre ses forces et renoncer, ce n’est pas cela. La conscience de la mort, c’est de la penser comme un accident dans la vie, une excision, une tragédie, mais destinée à être dépassée. C’est ce qui empêche de sombrer dans le désespoir et de se dire que rien ne vaut la peine.

Si l’homme devait vivre un temps puis disparaître, à quoi jouerait le Créateur ? L’argument est posé frontalement. Une vie sans finalité ne vaudrait pas la peine d’être vécue. La mort, dans cette perspective, est la possibilité de démonter un appareil usé, arrivé au bout, pour le reconstituer autrement. Démonté, il ne fonctionne plus ; il faut le reconstituer et lui donner une autre dimension de vie. C’est cela, la définition de hayim, un mot qui est au duel : non pas une dualité d’éléments, mais une confrontation entre le monde d’ici-bas et le monde d’en haut.

Le kadish n’est pas une amulette. Jusqu’au douzième siècle, il faisait partie de la prière et séparait ses quatre niveaux, comme il y a quatre niveaux d’interprétation du texte et quatre niveaux de mort ; il était la sanctification du nom divin qui servait de feuille de séparation entre un mode de prière et un autre. C’est à partir du douzième siècle qu’on a dit de le réciter pour un être cher. Le Rav ne réduit pas cette démarche, mais il en rappelle le sens : l’être cher a disparu, il manque une énergie pour compléter le travail entrepris, et celui qui récite se déclare le substitut de ce disparu. À partir d’aujourd’hui, dit-il, je sanctifierai le nom divin comme il le faisait.

Le monde à venir est le monde de la mémoire de l’univers, et la Torah écrite s’abstient d’en parler. C’est ce monde qui est capable de remettre des vies en circuit, ce que l’on appelle la résurrection des morts. Nos sages ont pourtant dit que celui qui affirme que la résurrection n’est pas issue de la Torah n’a pas de part au monde à venir — alors même qu’on ne la voit pas dans le texte écrit. La raison est simple : le monde à venir ne peut pas être enfermé dans un écrit, dans un livre. Il est dans l’oralité, dans le devenir permanent. Ce qui est écrit relève de ce monde-ci, celui que l’on peut manipuler et travailler.

Les deux mondes s’achètent l’un par l’autre. On enseigne qu’il vaut mieux une petite heure de sérénité d’esprit dans ce monde-ci que toute la vie du monde à venir, et, réciproquement, qu’il vaut mieux une heure de sérénité dans l’au-delà que toute la vie d’ici-bas réunie. Il y a là une équation dont il faut tenir compte : c’est dans le temps que nous investissons ici que nous constituons notre olam haba. On ne peut donc pas acquérir le monde à venir en se détachant de celui-ci. Le Rav distingue par ailleurs trois notions à ne pas confondre — olam hazé, qui est le couloir par lequel on accède au palais, olam haba, qui est le monde de la vérité, et le jardin d’Éden, qui est un stade encore autre.

Rien ne s’efface : il reste toujours une trace. On ne peut pas concevoir que le Créateur fasse venir des créatures au monde puis les supprime comme on efface des courriers devenus encombrants. Il y a ce qu’on appelle un rechimou, une trace ; tout ce que tu fais est inscrit dans un registre. Cela ne condamne personne, car la correction est une possibilité offerte, et c’est le travail du tikoun. La faute n’est pas effacée, elle est reprise.

C’est le féminin qui intègre les deux mondes, et c’est pourquoi la Torah raconte la mort à travers Sarah. La faculté supplémentaire qui lui est reconnue fait que ce monde-ci et le monde à venir se trouvent incarnés en lui. Interrogé sur ce point par une auditrice, le Rav précise que le féminin est une entité qui se suffit à elle-même, ce qui n’est pas le cas du masculin, et que cette capacité est déjà inscrite dans son être. C’est aussi qu’il assure la génération qui vient : l’homme peut vouloir, il ne portera pas. Sarah, la princesse dans l’universel, est donc celle par laquelle le texte peut dire ce qu’est le passage d’un monde à l’autre.

Sarah meurt à l’annonce de la ligature d’Itzhak, et le texte dit que son âme s’est envolée. On lui a rapporté qu’Avraham avait pris son fils unique et l’avait déjà offert. Le verbe employé dit, en hébreu courant, que sa neshama s’est envolée ; en hébreu biblique, il évoque la floraison. Ce qu’elle a considéré, c’est que le chapitre de sa vie était clos. Le Rav rapproche cela de l’enseignement selon lequel celui qui enseigne la Torah au fils de son ami, en lui donnant la faculté de s’épanouir, est comme s’il l’avait mis au monde : les enfants ne sont pas des êtres de chair et d’os seulement, mais des entités spirituelles que nous avons réalisées.

Il n’y a de temps mort que ce qui ne s’insère dans aucune finalité. À la question de savoir si cent vingt-sept années pleines signifient une vie sans aucun temps mort, le Rav répond par le détail : préparer le pain n’est pas un temps mort, éplucher des légumes non plus, faire de la pâtisserie avec toutes ses complications non plus. Ce ne sont pas des temps morts parce qu’ils s’insèrent dans une finalité, et c’est la finalité qui donne vie à tous les temps morts. Il en va de même dans une existence : certains temps préparent d’autres états, et c’est le résultat qui compte.

On ne meurt pas, on se retire. Le langage admis en hébreu ne dit pas d’un défunt qu’il est mort mais qu’il s’est retiré, qu’il s’est retiré dans la demeure de son monde. Et la meilleure manière de se retirer n’est pas dans l’exploit : l’expression consacrée est d’aller se coucher auprès de ses pères, les rejoindre, compléter le travail qu’ils ont commencé et que l’on a fait avec eux. La mort cesse alors d’être une rupture pour devenir un relais.

Hebron est la cité des quatre parce qu’elle est le lieu où tout se rejoint. Le nom vient d’un verbe qui veut dire unir : c’est le lieu de rencontre du spirituel et du matériel, du ciel et de la terre. Quatre, parce qu’Adam, Avraham, Itzhak et Yaakov y ont leur sépulture, comme Hava, Sarah, Rivka et Lea. Quatre aussi, parce que cette cité appartenait auparavant à des forces de mort : la lapidation, qui est la révolte des forces de la terre contre l’homme ; la mise à feu, qui répond à l’énergie négative des désirs qui ont brûlé l’être ; l’épée, qui est la mort que réservent les guerres et la violence de l’ego ; et la strangulation, celle d’un monde auquel on n’a pas su s’adapter. La Méarat haMakhpela, la caverne du dédoublement, retourne ces forces : la pierre déposée sur la tombe n’y est pas une pierre d’abandon mais une pierre de construction.

Ce qu’il y a de plus sacré dans un rouleau de Torah, c’est le blanc. Interrogé sur ce que signifie situer le monde à venir au-delà de l’écriture, le Rav répond en opposant deux rapports au livre : celui qui tient la Bible pour un livre fermé et interprète à la lettre, et celui qui laisse le texte ouvert. Ce n’est pas la lettre qui importe le plus, ni la fioriture au-dessus d’elle, ni la manière dont on la chante ni son intonation. C’est le blanc qui entoure la lettre, celui où rien n’est écrit et où tout est à découvrir. La même mise en garde revient à propos des enseignements oraux, qu’il faut situer dans leur contexte plutôt que de les coller comme une étiquette sur un flacon.

La philosophie qui s’enferme dans ce monde-ci est une forme de mort. À une question de l’assistance, le Rav répond en distinguant la sagesse profane, celle que développe le nahash et qui se rapporte à ce monde seulement, et la crainte du Ciel, qui associe à la sagesse la vision du transcendant. Il rappelle au passage la formule de Kant, selon laquelle on n’apprend pas la philosophie mais seulement à philosopher — ce n’est pas un maître d’Israël qui le dit, c’est le philosophe lui-même à propos de sa propre philosophie. L’erreur symétrique est celle des philosophes grecs qui ont ignoré le monde d’ici-bas pour ne penser que l’au-delà. Dans les deux cas, les deux sphères n’ont pas été associées, et c’est précisément cette association que le texte enseigne à travers la vie de Sarah.

Transcription intégrale du cours

Je salue ceux que je n’ai pas vus tout à l’heure. Je traduis ces premiers versets de la paracha de la semaine. On nous relate la mort au travers de l’âme de Sarah. Autrement dit, jusqu’à présent, toutes les morts sont passées inaperçues. Seule la mort de Sarah, elle est relatée en première page et comme titre de la Parachat. Mais le titre de la Parachat n’est pas la mort de Sarah, mais plutôt la vie de Sarah. Ce qui nous fait dire que la vie et la mort ne sont pas différents l’un de l’autre. Vous allez me demander pourquoi, et nous allons voir. Donc Sarah a vécu, c’est aussi un détail important, qu’on nous relate en long et en large, la mort de Sarah, la femme d’Avraham.

Non, on ne s’est pas étalé sur la mort d’Avraham autant que sur la mort de Sarah. Sur la mort d’Israq autant que sur la mort d’Hankov, non, mais la mort de Sarah est très importante. La perte de l’épouse, celle qui véritablement nous permet de réaliser notre propre vie, et de la faire passer du virtuel au réel, cela mérite effectivement que l’on réfléchisse. Parce qu’ici, on ne dit pas qu’elle a vécu comme ça 127 ans, mais Ashana, c’est une entité. Ainslim Shana, c’est une autre entité, entité, 20 ans, c’est une autre entité, Sheva Shanin, c’est une autre entité, on verra Shenei Hayesara, et puis on le reprend en disant Shenei Hayesara, ce sont là les années de vie de Sarah. Je le savais puisque on nous a dit que Baïyu Hayesara voici ce qu’ont été les années de vie de Sarah, Mais la première idée est de nous dire qu’il y a deux vies. Il n’y a pas qu’une seule. Il y a deux vies parallèles que nous menons dans toute vie. Bien sûr, ces vies parallèles se fractionnent en plusieurs vies parce qu’on somme ou bien on vit dans le temps et on essaye de se débattre dans ce temps dans lequel on vit ou bien on crée nous-mêmes notre propre temps les justes disent nos sages ce sont eux qui font leurs jours Par contre, les mécréants occupent leurs jours, c’est-à-dire, bon, il y a du temps à perdre, il y a du temps, ça nous pèse, il faut le remplir.

Non, je vais donner réalité d’être un temps. Alors, il y a le temps qui fuit et qu’on ne peut pas effectivement rattraper, mais il y a un temps dans l’absolu et dans l’infini et que l’on appelle au lame éternité et qui lui en somme ne se perd jamais parce que une parcelle de ce temps c’est tout le temps et tout le temps est une parcelle de ce temps. Alors dans la vie de tout être il y a ces deux coordonnées, Il y a des temps de mort, mais il y a des temps de vie. L’idéal est que l’on réduise au minimum les temps de mort. Ce que finalement, aujourd’hui, à travers un ordinateur, on peut comprendre un peu le phénomène de cette vie. Avant, quand on vous disait qu’il y a un monde de l’au-delà, quand vous nous le disiez, c’était difficile à imaginer. Comment on peut retenir dans dans un nuage des informations, une mémoire, et pas seulement la conserver outre-tombe dans un nuage, mais faire en sorte que je puisse la transvaser d’un ordinateur à un autre, d’un cellulaire à un autre. Alors est-ce possible effectivement de transfaser les informations ou la connaissance de quelqu’un au travers de son cœur et de son cerveau à une d’une autre personne. Bien sûr, on ne va pas dire que les grèves de cœur, n’est-ce pas, font en quelque sorte véhiculer aussi toute la sensibilité qu’il y avait dans ce cœur ou dans un autre corps. Oui, plus tard, si on arrive à faire une grève de cerveau, on ne va pas dire que effectivement nous allons conserver. Il y a ce qu’on appelle afalmina adama, ce qui est matière et ce qui est lourde et ce qui est esprit. Et quand Quand Aka de Jorucho a créé l’homme, il a créé ces deux, à partir de ces deux composés, Afar min Adama, poussière de la terre, d’une pape, et ce qui est poussière de la terre dans l’homme retourne à la poussière de la terre, et il a associé une âme de vie.

cette âme de vie, de laquelle nous avons parlé la semaine dernière en disant que finalement il y a deux tranches de création dans l’homme. La première tranche de création c’est lorsque ou laisse la possibilité à la terre de produire l’homme. Que la terre produise l’âme de vie, le reptile, le rampant, et également la bête des champs et ce que produit la nature, ce que produit la terre. Ce que produit la terre, nous avons dit, c’est uniquement le rampant et j’ai expliqué que c’est l’homme qui rampe pour survivre. C’est comme ça, cette sensibilité qu’il partage également naturellement avec tous les animaux. Abhéma, Haïto Eretz, ils ne partagent pas que la sensibilité, ils partagent l’intelligence des animaux. L’intelligence des animaux, n’est-ce pas? Mais elle est naturellement acquise par l’homme. Écoutez, nous sommes, nous venons, nous venons dans un monde avec déjà un acquis d’intelligence poussé ou moins poussé.

mais nous ne l’avons pas encore cultivé, c’est dans nos gènes. Par contre, ce que ce qui fait que nous sommes au-delà de cet animal, c’est évidemment la faculté de donner. La faculté de donné, elle n’est pas dans la nature de l’homme, elle est dans le dépassement de sa propre nature. Pourquoi ? Parce que quand D’ a dû intervenir pour sortir, arracher l’homme au monde du naturel et lui donner une dimension de l’au-delà, il a fallu qu’il lui insuffle la vie et à à Adam, Ayah, le Nefesh Chaya. L’homme était un Nefesh Chaya, donc il était plus que Nahash. Nahash, c’est l’intelligence qui se confond avec la ruse, qui est une forme de ruse, de vivacité de l’esprit qui est donnée naturellement à l’homme dans sa création naturelle. Et c’est ce que la Torah nous dit, « Ah nahash ayah Haru, mikol hayat asadé. » Or ce nahash qui est Haru, c’est qui ?

Ce serpent. C’est uniquement l’intelligence humaine, le rationnel humain. Et tant que ce rationnel humain n’est pas accompagné du chesed, c’est-à-dire de la faculté de donner, de se dépasser, alors il n’y a pas de doute et de s’élèmer le game en l’homme. Il n’y a pas de doute, il n’y a pas de ressemblance, d’image de D’ en l’homme. Donc je reviens à mon texte. Il y a deux composants essentiels dans la vie, la conscience de la vie d’une part et la conscience de la mort d’autre part. L’animal n’a pas la conscience de la mort, seul l’homme a la conscience de la mort, seul l’homme combat la mort. Alors, cette idée de Afar Mina Adama, poussière de la terre qui retourne à la poussière de la terre, qui retourne à son élément naturel, et ce Ruach Haïm, et ce qui se situe dans l’au-delà, fait que, à la mort, il y a tout simplement une déconnexion, une déconnexion.

Il n’y a plus cet enchevêtrement, si vous voulez, ou cette coordination de l’esprit et de la matière qui fait que l’homme peut effectivement donner à l’esprit une réalité sur terre et élever la terre au niveau de l’esprit. Alors, il y a séparation, mais la séparation est-elle définitive ? Nos singes disent que si, en fin de compte, l’homme devait vivre un certain temps et disparaître, à quoi jouerait le créateur et quel serait, finalement, et si nous ne croyons pas, has-le-chalon, à un créateur et à une finalité de la vie, est-ce que ça vaut la peine de vivre ? s’il n’y a pas véritablement une possibilité de dépasser la mort et de la considérer comme un accident dans la vie, un accident mortel, une tragédie, mais qui est appelée à être dépassée et à nous faire accéder à un olam haba, Un monde où cette mort n’existe pas, au bilan amav et l’anetsah, au ma’ashem, du ma’am et l’alcool, où l’éternel est victime, avale la mort.

La mort n’existe pas. La mort est une possibilité de démonter un appareil qui est usé, qui est arrivé à bout de le reconstituer. Alors quand il est démonté, il ne contient pas, il faut le reconstituer et lui donner une autre dimension de vie. Et bien, ça c’est la définition de Haïm. Ça c’est la définition de la vie dans un duel. Un duel, il ne faut pas le comprendre tout simplement comme une dualité de deux éléments, non, mais c’est une confrontation de deux éléments de la création, c’est une confrontation de deux mondes, le monde d’ici bas et le monde en haut. Et c’est la raison pour laquelle je… Il y a des gens qui ont fait du kadiche, le kadiche récité, le kadiche pour un être disparu, pour un chère disparu, comme si véritablement c’était un kamia. Comment dirait-on un kamia aujourd’hui en français?

J’ai oublié le nom. Une amulette. Merci. Alors, ce n’est pas à vous à écrire et citer le Kaddish. Ah non, attention, jusqu’au XIIe siècle, le kadéj faisait partie de la prière. Il séparait les quatre niveaux de prière, parce que vous savez qu’il y a quatre niveaux de prière, comme il y a quatre niveaux d’interprétation du texte, comme il y a quatre niveaux de mort. Ce chiffre de 4 revient constamment, je ne vais pas m’étendre là-dessus, ça y a beaucoup à dire. Mais ce qui fait que dans le Kaddish à l’origine, c’était la sanctification du nom divin qui constituait une feuille de séparation entre tel monde et tel autre monde dans la prière, lorsque effectivement nous nous progressions dans notre prière et que nous passions d’un mode de prière à un autre mode de prière. Retenez-le comme ça, on aura un jour l’occasion de parler de la prière, je le développerai autrement, mais à partir du XIIe siècle. On l’a dit, nous le kadish il faut le réciter pour un être chère. Depuis à qui mieux que réciter le kadish on va pour réciter le kadish. À ce jolombe je ne réduis pas cette démarche pas du tout mais tout simplement je rappelle que dans le peuse, le lettre chair que nous avions, il a disparu et il nous manque une énergie pour compléter maintenant le travail, pour reconstituer notre agenda, notre plan pour le mener à bout. Alors j’entends le faire. Je récite au cadiche parce que à partir d’aujourd’hui et bien je vais être le substitute de cet être chère, qui n’est plus, et je vais, comme il l’a fait, sanctifier le landinat.

Très important. Très important parce que vous allez me dire, mes messieurs, est-ce que tout le monde sanctifie le landinat ? Il ne nous appartient pas de juger, il ne nous appartient pas de juger. Si D’ a créé son monde tel qu’il est, avec une variété telle, chacun est appelé à assumer sa mission. Et plus on a d’un tout, mieux. Plus on est responsable. Et dans n’importe quel tableau, il y a ce qui relève un peu de l’accessoire, et c’est ce qui relève de l’essentiel, mais l’accessoire, il est important pour la beauté du tableau, l’unité même du tableau. Donc, il faut partir du principe que lorsqu’on récite un cadige pour un être cher, on est là pour compléter sa mission, remplir ce qu’il ne peut plus faire aujourd’hui.

Et cela passe par la sanctification du nom divin parce que cette sanctification du nom divin relève du monde de l’au-delà et non pas d’un monde et non pas de ce monde-ci parce que le monde de l’au-delà c’est le monde d’une mémoire de l’univers entier. qui est capable de remettre des vies en circuit c’est ce qu’on appelle la résurrection des morts tout celui qui dit qu’il n’y a pas de résurrection des morts à partir de la Torah. Deux, la Torah ne nous parle pas d’Olamaba, de ce monde à venir. On ne voit pas, on ne voit rien. Il a fallu attendre l’époque de la Michna, c’est-à-dire quand les chrétiens ont commencé à aduler le monde futur plus tôt que ce monde-ci et à le rejeter, alors nos haramims ont dû corriger le tir. Mais le holamaba ne peut pas être enfermé dans un écrit, dans un livre. Non, il est dans l’oralité, il est dans le devenir permanent.

ça c’est le olamaba, mais tant qu’il est écrit, ça c’est olamazé, ça c’est le monde ici bas, comment tu peux le manipuler, comment tu peux le travailler. Alors si la Torah écrite ne mentionne pas Olamaba, c’est pour une raison très simple. Elle ne veut pas étrangler la notion de Olamaba dans l’écrit, dans le livre. Elle veut la laisser par-delà l’écriture. Et la vie c’est par-delà l’écriture mais ceci dit on nous enseigne que il vaut mieux une petite heure de sérénité d’esprit dans ce monde-ci, de toute vie, futur, du monde à venir. Et, Et, contrario, il vaut mieux une heure de sérénité dans l’au-delà. Nicole Haye à Olamazeb, plutôt que toute la vie ici-bas, réunit. Il y a une équation de laquelle il faudrait tenir compte et qui fait que, en même temps que nous nous investissons dans ce monsté, nous constituons notre olamaba et on ne peut, en quelque sorte, rendre inculte au lama bas en nous détachant de ce monde-ci.

Alors maintenant, si nous avons compris ce principe et que nous l’admettons parce que nous considérons que le kadocholo kwon ne peut pas tout de même faire venir au monde des créatures, qu’il efface des lettres insuprémées, on le fait sur nos ordinateurs avec nos e-mails et autres, parce que ça devient une surcharge, ça devient incontrôlable et de peu d’intérêt. Alors, il y a ce qu’on appelle un rechimu. Rishimu veut dire « il y a toujours une trace, il reste toujours une trace. V’chol ma’asecha b’aseh vermirtabim. Tout ce que tu fais, c’est inscrit dans un registre, mais bien sûr, on peut corriger. Ça c’est une possibilité offerte. Alors, c’est de faire le tikkun. Or vous savez, le mot tikkun, qu’est-ce que ça veut dire ?

C’est la composition de ten kav. Ten kav, ça veut dire pas centré. C’est merveilleux, c’est merveilleux. Alors, qui peut nous donner parmi les vivants, quelle est la personnalité qui intègre ce d’une façon magistrale, c’est le féminin, parce que le féminin, à la faculté, veut créer Yetira, Koah Ha Yetira, c’est dans le féminin, alors ce Koah Ha Yetira, qui dans le féminin fait que Olamazé et Olamaba sont incarnés par ce féminin et c’est la raison pour laquelle la Torah quand elle nous relate la mort d’une personne et l’importance de ce transit d’une qui s’effectue d’un monde à l’autre. Elle le fait à travers Sarah, la princesse dans l’universel. C’est ? Pardon ? Qui pose des questions. Avec plaisir, je écoute. S’il y a une question, Il y a quelque chose qui dérange.

Je suis désolé, je ne sais pas si les autres ont suivi, mais moi, quand vous me dites que la Kdouchat HaShem, la connaissance divine, ça se prétient au Lama-Bah. Moi, je crois que tout ce monde, c’est la question de la Rochennaz, la clavite, Amal-Khutche, la Shem, Kippour, Shabbat. c’est la vie, la connaissance divine, toute notre connaissance même du judaïsme, c’est la vie d’Agnivella, la clouture de chême. Pourquoi est-ce que vous dites que c’est le Lame à bas? Je ne comprends pas. Oui, alors attendez. Il y a trois notions que faut séparer. Au lamasé, c’est le prose d’or. On nous dit que c’est le couloir. Il faut passer par ce couloir pour arriver au palais, le tranquil c’est un Olamaba, c’est le monde de la vérité.

Si je devais passer par le langage de Platon d’Aristote, j’aurais dit que ce monde-ci c’est le monde des illusions. Le Holam Abba, c’est le monde de la réalité où les choses prennent corps, effectivement, parce que les illusions, il y a beaucoup de choses à éliminer, il faut nettoyer, il faut sarcler, oui. Le holamabin, c’est celui où véritablement nous voyons le fruit de tout ce que nous avons fait. Mais pour obtenir le fruit de tout ce que nous avons fait, il fallait effectivement débarrasser toutes les mauvaises branches, toutes les mauvaises feuilles, toutes les déviations possibles, c’est la raison pour laquelle nous disons. Qu’est-ce que c’est que la mort ? Roo ha-yet-seh-ra-la, roo ha-satan, roo ma-la-ha-mavet. L’ange de la mort c’est quoi ? C’est d’abord et avant tout les mauvaises pulsions de l’être. Une mauvaise pulsion de l’être, c’est une façon de goûter au parfum de la mort.

Le Satan qui est la rationalisation pure des choses, de vouloir le n’arrache, il m’a posé la question, la dernière fois, est-ce que la philosophie n’est pas une science, et j’avais oublié cette citation de Kant, à savoir il n’y a pas de philosophie que l’on puisse apprendre, il n’y a pas de sagesse que l’on puisse apprendre, on ne peut qu’apprendre à philosopher, et ça ce Ce n’est pas le Haramim qui le dit, c’est le philosophe lui-même qui le dit à propos de sa propre philosophie. C’est-à-dire que, en réalité, ce que nous faisons ici, c’est le brouillon d’une vie. Et ce brouillon d’une vie, nous voulons le mener à bon port, de telle sorte qu’il ne puisse plus être en conflit avec l’holamaba, mais qu’il soit véritablement l’accès au holamaba.

C’est ce que nous faisons au travers de nos fêtes, de nos chabadotes, de tout ce que nous entendons. Et c’est celle-là, la conscience de la mort, qui fait que nous ne nous sombrons pas dans le désespoir. Nous ne vivons pas avec cette idée que nous allons mourir et si nous allons mourir et que rien ne vaut la peine de souffrir tant. et de se contenir, alors autant s’éclater dans la vie. Il y a une façon de penser la mort, la conscience de la mort, c’est tout simplement de pouvoir permettre le passage de l’au-delà parce que cette mort elle s’inscrit déjà dans notre vie au fur et à mesure que nous avançons dans la vie nous approchons toujours de l’échéance de la mort mais quand nous nous rapprochons de l’échéance de la mort cela ne veut pas être C’est-à-dire que nous nous rapprochons de la fin, pas du tout. Nous nous rapprochons de Ha-Ola-Mabba.

Et Ha-Ola-Mabba n’est pas ganaïden. Nous, quand on dit que quelqu’un est décédé, on ne parle pas de décès, on ne parle pas de mort. Comment on dit en hébreu, je vais pas employer le langage des journaux, mais le langage, disons, admis, c’est niftarge. Aujourd’hui, quand vous parlez de pittorine, pittorine ça veut dire, allez, vous avez démissionné ou bien, On vous a exclu de la boîte, puis t’as l’autre, n’est-ce que t’as ? Ça veut dire qu’il s’est retiré, il s’est retiré, il n’est pas mort, il s’est retiré. Et la meilleure façon de se retirer, c’est pas par désexploit quelconque. Il y a une expression consacrée dans la Ligue. Je vais me coucher auprès de mes pères.

Je vais les rejoindre. Je vais compléter ce travail qu’ils ont commencé, que j’ai fait avec eux. Voilà que sont les expressions. Alors maintenant, nous allons pouvoir avancer dans le texte et comprendre beaucoup mieux. Je vous ai expliqué que ça va. Je vous ai expliqué pourquoi il y a des tranches de vie qui ne sont pas équivalentes au point de vue teneur, mais qui s’inscrit dans la flèche d’une vie harmonieuse. Ça s’est dit dans le texte Ce vaillou hayesala, ça peut être, ils peuvent, ça peut être, ils deviennent. sont devenues les années de Salam. Le Mea Shana. Le Mea Shana, ça ne vous dit rien. Ce n’est pas une longévité de vie, c’est une qualité des vies.

Parce que, mais à Shana, on s’est émis de toutes les barrières physiques et biologiques de l’être. Et seul l’esprit est en train de briller. Ne rachem nishmat Adam. Ne rachem. Nous remplaçons la vie par une lumière. C’est la raison pour laquelle, effectivement, nous, dès que c’est un être, on allume à son chevet une lumière. Celle-là, elle est là tout le temps, elle ne le quittera pas, elle est à sa tête. Alors c’est vaillir, mais à Shana, qu’est-ce qu’il y a Shana ? Alors on nous dit, il y a 100 ans, 20 ans, 7 ans, il y a une tranche de lutte. et de bravo, de succès, de réussite, les défis que se lance un jeune à partir de l’âge de 20 ans et où il devient, où il assume ses responsabilités. Parce que jusqu’à 20 ans, on ne le considère pas encore comme suffisamment responsable de ces âges.

Ce n’est pas une entité qui peut être efférée à la justice avec une responsabilité accrue. Mais là, on peut trouver des circonstances atténuantes. Au-delà de 20 ans, sa responsabilité beaucoup plus engagée. Alors, à 100 ans, comme à 20 ans, à 20 ans, ou à 7 ans, au moment où cette coqueterie de la vie commence et où effectivement le jeune garçon, où la jeune fille, elle s’ouvre à la beauté du monde parce que c’est un élément non plus qu’il ne faudrait pas négliger, celui de la beauté de cet univers. Alors Sarah a été cet ensemble Et tout cela forme un très beau collier, ce ne sont pas des pages arrachées au calendrier parce qu’elles sont périnées, non nous les avons gardées parce que chaque page a son message, elle a élevé quelque chose. C’est pas une vie déchirée, c’est une vie complète, et c’est pour cela qu’un cadeau je vois le gros.

Les journées, les jours des personnes qui ont le souci de l’intégrité, de la complétude, de l’ensemble harmonieux. Et ça, mais après ça, on nous dit vata mot Sarah bikiriyat arba. Si on doit parler de la mort de Sarah, on nous dit bikiriyat arba, dans la cité des quatre. Alors cette cité des quatre, c’est quoi ? C’est le lieu de rencontre du spirituel et du matériel, de Shammayin et de Eretz. Et c’est à ce titre qu’elle est Kyriat-arba. Pas seulement par le nom de Shammayin, mais par le nom de Shammayin. Et c’est à ce titre qu’elle est Kyriat Arba, pas seulement parce que Adam, Avraham, Itzhak, Yaakov, quatre patriarges. ce n’est pas seulement parce que Haba, Sarah, Rivka, Lea, quatre matriarches ont trouvé leur sépulture là-bas, non qui vient d’alba, c’est parce que cette cité qui appartenait à d’autres forces qui étaient les éléments de mort, vous savez qu’il y a quatre modes de mise à mort. Il y a ce qu’il a, la lapidation, la lapidation, c’est la révolte des forces de la terre contre l’homme. C’est une manière de dire que cet homme-là, il relève dans sa vie des forces, disons, déviationnistes de la nature. Il y a aussi la mise à feu.

La mise à feu, cela correspond à l’incinération de ces désirs qui ont brûlé cette énergie qui qui a brûlé l’être de ta vie, qui a été une énergie négatimée. Il y a Hèrèd, il y a l’épée, il y a la mort que nous réserve les guerres, la violence de l’homme. L’ego, lorsqu’il est, effectivement, l’ivréaliné. Et puis, il y a Hanek, l’astrangulation, étouffée. On étouffe, on étouffe, on étouffe par le monde dans lequel on n’a pas su s’adapter, trouver le langage avec moi. Mais ça c’est la mort quand la mort est une punition, quand elle s’impose de l’extérieur. vient de l’intérieur, tout est une volonté de conversion, de conversion de tout ce qui a été, de tout ce qui a composé cet univers et qui était domaine, inerte, tsomeya qui pousse, vivants, paroles, tous ceux-là qui ont finalement donné un sens à cette énergie, à cette force, à ces guerres, à ces combats qu’ils ont menés et à cette recherche dans le dialogue. Alors, ça c’est qu’il y a 4, c’est la cité des 4. Or la cité des 4 ce sont effectivement les qualités des patriarches, les qualités des patriarches.

C’est tout ça réuni, ça c’est Hebron, ça c’est Me’arat HaMakpela, c’est Me’arat HaMakpela pourquoi ? C’est la caverne du dédoublement où tout se dédoule et par de là, par de là, cette terre, par de là cette sépulture est libérée, est libérée. Un message, une vie à quatre niveaux, tant du côté des patriarges que du côté des matriarches, l’ensemble du clan israël qui lui, qui a une part au monde futur, qui sait que la vie ne vaut que par ce que l’on construit en vue du monde futur et c’est pour cela que le texte cite, parce qu’il aurait pu nous dire, Hebron, pourquoi Hebron, pourquoi Kiriat-arba ou Kiriat-arba ou Hebron. Non, il y a un message à véhiculer au travers de Mahalata Marpela à tous ceux dont la conscience de la mort fait que au travers de leur sépulture, il y a tout un roi, tout un esprit qui plane et qui fait que le Heven, la pierre que l’on dépose sur la tombe, n’est pas une pierre l’aspect chalome de l’appellation. Non, c’est une pierre de bâtisse nouvelle à travers cet esprit qui émane.

Je suis obligée de m’arrêter là. Je vous laisse si vous avez des questions à poser après. Là, nous avons à partir de ce premier verset de Sarah, de la mort de Sarah, esquissé, je dirais esquissé d’une ligne de pensée sur la conception de la mort au travers du Judéï. J’ai une petite question. Dans le Maharat-Amarpela sont enterrés nos trois pères, plus le Yosef ? Non, Adam. Adam ? Oui. Adam est le premier. Dans Maharat-Amarpela ? Oui. Et Yosef était où ? Yosef, il est à Shrem. Aujourd’hui d’ailleurs on se rend à Shrem, il faut se rendre avec une escorte armée. Malheureusement. Rene sur le tambour de Youssef. Marav, deux questions que je n’ai pas très bien compris sur le hola mabar.

Quand vous dites qu’il est par-delà l’écriture, tout a été créé par les lettres, par l’écriture. Je ne comprends pas ce que vous venez de dire quand vous dites pardon à l’écriture. C’est quoi pardon à l’écriture ? Il n’y a pas de question de que ça va aller ensemble. Quand vous dites que le lammaba est féminin, ce n’est pas que je le refusque. Je ne comprends pas ce que vous voulez dire. Quel est le lien entre le lammaba et le féminin ? Bon, mais je l’ai pourtant suggéré, je dirais, je disais que il n’y a que le féminin qui assume la génération urbaine. Mon cher ami, toi, tu as beau vouloir, tu ne vas pas l’apporter chez…

C’est le début, mais ce n’est pas la finalité. Mais c’est ta femme qui va l’apporter, c’est elle, c’est elle. C’est le début, ce n’est pas la finalité, là l’holamaba c’est la finalité, c’est le petit cours. Le heiden c’est la finalité. Je vous ai dit qu’il fallait établir une différence entre olamazé, olamaba et gana-heden. Au début, on dit « shniftal lebet olamo », il s’est retiré dans l’enseigne de son monde. C’est tout. Ça, c’est son olamaban. que son âme repose dans le Hayden, ça c’est déjà un autre stade. Quel rapport quand même entre le féminin, je comprends toujours pas que c’est loin. Le féminin, tout simplement, c’est une suggestion. Il est le géniteur de la génération qui vient, c’est-à-dire de la parcelle de toi-même, qui est appelé à se substituer à toi, à compléter ton travail, etc.

Comme l’Olamaba qui vient finaliser, et Proie vous dit qu’il est par-delà l’écriture. Je n’ai pas entendu ta question. Il a dit que l’Olamaba était par-delà l’écriture. Personnellement, je ne sais pas ce que ça veut dire par-delà l’écriture, et je voudrais bien comprendre la signification de cette chose. Les chrétiens ont commencé effectivement à répondre leur enseignement à partir du quatrième siècle seulement, dans les autres siècles. Ils ont écrit d’autres livres que nous n’avons pas intégrés, par exemple les Maccabees. Pourtant, c’est-à-dire que les chrétiens ont considéré la Bible comme son nom l’indique tel un livre, un livre fermé. Et de ce fait, ils ont l’interprétation biblicale à la lettre dans l’écriture. Alors j’ai eu l’occasion de vous dire déjà que ce qui est le plus sacré dans l’écriture d’un sefer Torah, c’est quoi ?

Ce n’est pas la lettre, ce n’est pas le taq, ce n’est pas cette fioriture au-dessus de la lettre. Ce n’est pas le taam, ce n’est pas la manière dont tu chantes la lettre. ce n’est pas son intonation, non, qu’est-ce qui importe, le blanc qui entoure la lettre, ce blanc où rien n’est écrit et où tout est à découvrir. D’accord, c’est d’un rabat, merci beaucoup. Moi j’aurais quelques remarques. D’abord quand vous dites ici que le féminin c’est ce qui va le relayer pour le projeter dans une perspective du alamaba ou d’une finalité, parce que c’est un homme et moi qui suis une femme alors qu’est-ce qui va me relayer à moi ? Je comprends pas bien à moi ça ici, attendez.

Lui, en tant qu’homme, il y a un féminin qui va le relier, et alors moi, ça y est, il n’y a rien qui me relie, vous considérez que je suis quelque chose de plein ou fini, ce qui n’est pas le cas, ce qui n’est pas le cas. Je ne peux pas être dans quelque chose d’achever. Je crois que c’est la symbolique du féminin, c’est ça, la symbolique du féminin. Non mais attendez, ici, je pose une question à M. Benizri. Oui, il faut que ce soit M. Benizri. Oui, oui. Est-ce que vous plaignez parce que c’est vous qui avez dit… Oui, je m’excuse, vous êtes quand même l’orateur. La question est excellente. Mais ce que je dois dire, c’est que j’ai eu déjà l’occasion de l’expliquer.

à savoir que le féminin est une entité qui se suffit à elle-même, ce qui n’est pas le cas du masculin. Le masculin dit «ch’est laurant à s’unir et chante», la femme dit «ch’est à s’unir qu’ils sont nos», je suis la pleine expression de la volonté. Non mais ça je le comprends bien mais c’est quand Alors elle-même, c’est-à-dire qu’elle-même elle a déjà cette capacité, elle est inscrite dans son être. La Torah, si elle a commencé par nous relater la mort de Sarah, paradoxalement, vous savez comment elle survient, cette mort de Sarah ? Elle survient quand on lui a annoncé que Avraham a pris son fils unique et qu’il avait déjà offert en holocauste. Et elle s’est dit, mais comment, quelle bêtise, il a été offert. Comment est-ce qu’il s’est laissé prendre? Il s’est fait avoir.

Le texte dit par han ishmata, par han ishmata, ça veut dire en hébreu, courant, Sa neshamah s’est envolée en hébreu biblique, ça veut dire que sa neshamah s’est épanouie, paroach fleurir s’épanouir, par hanishmata, c’est-à-dire qu’en fin de compte, elle l’a considérée que sans le chapitre de sa vie, elle l’a clôturée. Alors nos harramines disent que quand on parle de fils, quand on parle d’enfant, C’est-à-dire qu’il lui donne cette faculté de s’épanouir, c’est comme s’il avait mis au monde. C’est-à-dire que les bannimes, que les êtres, qu’ils aiment, qu’ils aiment. c’est comme s’il avait mis au monde. C’est-à-dire que les banimes, que les êtres, on ne les considère pas comme étant des êtres en chair et en os mais des entités spirituelles que nous avons réalisé dans notre vie, et qui sont notre Oiyama-pa.

Voilà. Est-ce que je peux, en fait, si on doit pousser votre raisonnement jusqu’au bout, si on est dans le féminin, quand vous parlez des 127 années de vie de Sarah, c’est que les 127 années sont pleines, il n’y a pas de temps mort. Si la Torah parle de 127 années, c’est qu’il n’y a pas de temps mort. Ce sont des années de vie où ça inclut aussi des temps morts. Parce que sinon, on va dans le sens du féminin. Et puis j’aurais une autre question, mais qui est par rapport à la philosophie, si c’est possible. Alors la réponse à la question, je ne vais pas dire que la préparation du pain n’est pas un temps mort.

Éplucher les légumes n’est pas un temps mort. ou faire de la pâtisserie quelquefois en faisant beaucoup de complications parce qu’on veut créer, il n’est pas quelquefois un temps mort. Mais ce ne sont pas des temps morts parce qu’ils s’intègrent, ils s’insèrent dans une finalité. C’est la finalité qui, elle, donne la vie à tous les temps morts. Et c’est comme ça dans notre vie aussi, parce qu’il y a des temps morts que tu prépares d’autres états dans la vie, et c’est le résultat de la finalité qui compte. Voilà, ça c’est la réponse abrégée à la question. Est-ce que je peux encore poser une question ou c’est la fin ? Mais la dernière alors, allez. Moi j’ai encore une question sur la philosophie.

Oui, oui, moi je ne suis pas philosophe. Non mais vous en parlez, vous prenez le risque d’en parler. Oui, alors quelle est la question ? J’ai pas su écouter tout le cours, mais au début vous avez dit que les animaux n’ont pas la conscience de la mort. Oui. Et ça, je suis pas tout à fait d’accord, les animaux ont une très grande conscience de la mort, parce qu’ils sentent leur mort à venir et souvent ils s’isolent ou ils se bloquent, ils sentent la mort à venir. Oui, mais d’accord, mais la conscience de la mort n’est pas le fait que l’on a perdu ses forces et que finalement, allez, on renonce à tout. C’est pas celle-là, la conscience de la mort. La conscience de la mort, c’est de vouloir la dépasser.

C’est celle-là, la conscience de la mort. bien sûr, mais c’est inné dans chaque animal, il cherche, vous cherchez à l’abattre, il vous fuit. Il va se… il va fuir. Mais il ne veut pas mourir. Oui. Pourtant, c’est écrit dans la Torah aussi que les animaux voient 24 heures sur 24 l’ange de la mort au-dessus des gens. Ça veut dire qu’ils voient le gilgoule de la personne, non ? Oui, bon, ce n’est pas écrit dans la Torah. Ah, on m’a dit que c’était écrit en codé, ou alors c’est écrit dans l’Agmara que les… Ah, ah bon, alors maintenant c’est autre chose. Écoutez, ça c’est déjà l’enseignement oral, et l’enseignement oral, il faudrait effectivement le situer dans son contexte, et ne pas le prendre comme une lecture catholique, ça, il faut l’éviter, il faut l’éviter à tout prix.

Après, ça devient vraiment, comment dirais-je? C’est un raciste qui m’a dit ça, c’est un raciste qui m’a dit ça. Oui, mais on peut quelquefois, même à un certain moment, souffrir d’infantilisme. Ça nous arrive. Ça nous arrive. Ça nous arrive de prendre quelquefois des textes comme ça, à la lettre et de vouloir à tout prix les coller comme une étiquette à des flacons. Il faut toujours voir le contexte dans lequel la naissance de Bilaam, elle a parlé parce qu’elle a vu l’ange de la mort. Ça c’est écrit dans la Torah, la naissance de Bilaam. Mais là-bas c’est écrit. Il y a un certain moment où l’homme, quand il est plus bas que l’animal, l’animal est capable de le devancer.

Ok, oui, oui, autre chose, autre question, la question philosophique. La philosophie, votre réaction est déjà en quelque sorte une réponse, mais je vais quand même poser ma question. En fait, dans cette notion de mort que vous mettez en perspective avec le holamaze et le holamaba, c’est-à-dire dans une perspective du holamaba. pas d’une finalité, mais d’un dépassement. Il y a toujours une ambiguïté qui est attachée au mot philosophie ou à la notion de philosophie. Or, en fait, quand on écoute simplement un philosophe à qui on pose des questions à parler, on est, en règle générale, frappé par le fait que tout ce qu’il dit ne s’attache qu’à ce monde-ci. C’est-à-dire qu’on se rend compte qu’il considère ce monde-ci comme étant la finalité des choses.

Il n’y a pas de notion de dépassement. Est-ce que c’est en cela qu’on peut considérer que la philosophie représente une forme de mort ? C’est la différence entre chokhmah et ir’atashem. Chokhmah, c’est une philosophie, n’est-ce pas? C’est effectivement celle que développe le Nahash et qui se rapporte ce monde-ci. D’accord. Mais ce n’est pas la chokhmah. la vision du transcendant, du transcendant et la véritable sagesse, ça c’est la vision juive de la Et c’est ce qui distingue la philosophie des nations de la philosophie juive. D’accord, mais donc la philosophie des nations se range plus dans une notion mortifère, en fait. Dès lors qu’elle n’est contenue qu’à ce monde-ci, elle ne se donne pas les moyens de se dépasser.

Ou bien, comme l’ont fait les philosophes grecs, ils ont ignoré le monde ici-bas pour ne penser qu’au monde de l’au-delà et situer toute la réalité des choses uniquement dans le monde de l’au-delà et pas dans ce monde-ci. Ils n’ont pas associé les deux sphères. Allez. Merci Rab. Bonne soirée. Merci beaucoup. Merci beaucoup. Merci beaucoup. Merci beaucoup. Merci beaucoup. Merci beaucoup. Merci beaucoup. Si je peux encore vous rappeler, comme il est indiqué derrière moi, la conférence de la Cabale, oui, c’est une initiation d’Edouard Robrecht qui est le président des études juives à l’université de Aix-Marseille, mercredi soir pour les bruxellois. Et tu as dit que ce n’était pas en zoom, c’est ça ? Ce n’est pas en zoom, effectivement.

On essaiera quand même de l’enregistrer, alors on pourra vous la mettre sur la chaîne YouTube, mais hélas, tout le monde ne pourra pas assister. Non, j’habite à Tiberiat, je ne pourrai pas assister. Merci à tous et en tout cas, à la semaine prochaine. Tchao à tous.