Ce cours part du dernier verset de Bereshit — Noah a trouvé grâce aux yeux de l’Éternel — et se demande ce que vaut cette grâce. Le Rav Raphaël Benizri commence par situer ce verset au terme d’une évolution en trois temps : la loi du plus fort avec Kayin, la recherche de critères de référence à la génération d’Enosh, puis la libération des mœurs. Il consacre ensuite l’essentiel du cours au mot hen, la grâce, et à la question de savoir si elle se mérite. La réponse arrive à la fin, et elle est inattendue : ce que D’ vise à travers Noah, c’est Avraham.
Le Rav commence par distinguer deux lignées et deux civilisations : celle de Kayin, qui développe le commerce, la musique, la technique, et celle de Chet, qui développe une quête spirituelle. Leur fusion produit des hommes forts, mais elle échoue, parce qu’on y sert non pas ce qui est au-delà du Nom, mais ses dérivés — c’est-à-dire des idoles. C’est ce constat qui conduit à la décision d’effacer et de reprendre.
Le cours passe ensuite à une analyse serrée de la grâce : la différence entre trouver grâce et inspirer la grâce, les deux moyens de l’acquérir, les trois grâces du monde, un conte de Rabbi Nahman sur le chandelier, et le rapprochement entre la grâce et le campement d’Israël devant le Sinaï. Il se termine sur le reproche adressé à Noah — n’avoir pas même tenté de défendre sa génération — et sur la raison pour laquelle il échappe pourtant au déluge.
Ce que dit ce cours
Trois fléaux se succèdent avant le déluge, et le troisième est la libération des mœurs. L’histoire des premiers pas de l’humanité commence par la loi du plus fort, au travers de Kayin. Elle se poursuit par l’adoption ou la recherche d’idéaux de référence, de critères, à la génération d’Enosh. Elle passe enfin à un troisième stade, celui de la libération des mœurs. Ce sont des fléaux que l’histoire a connus et que nous connaissons encore, parce que nous ne sommes pas arrivés à réaliser ce projet d’un ben Adam.
Le projet initial était Adam, et l’homme s’est limité à ha-Adam. Adam est le qualificatif de tout homme dont l’évolution part de la adama, de la terre : comme la terre le nourrit, il est nourri par ses aspirations spirituelles. Mais le voici qui s’est limité à ha-Adam, c’est-à-dire qu’il est sorti de l’universalité et s’est enfermé dans une perspective de vie qui n’est propre qu’à lui. Cela dure depuis Kayin. Depuis Kayin, nous avons affaire aux bnei ha-Adam.
La descendance de Kayin bâtit une civilisation, celle de Chet une quête. Les bnei ha-Adam développent une culture fondée sur le commerce, sur la musique et les arts, sur la technologie et la science : Yaval, puis Yuval, puis Touval-Kayin, et enfin la fille, Naama, qui sera la femme de Noah et qui figure la civilisation des loisirs. Tout cela, c’est la descendance de Kayin. La descendance d’Enosh développe, elle, une quête de spiritualité, attestée par les noms de ses enfants. Et cette ligne aboutit à Noah, celui qui offre la consolation à tout le monde et qui va être le nouvel Adam.
L’union des deux courants engendre des hommes forts, mais elle échoue. Nos sages disent que pour être prophète il faut trois conditions : la richesse, la sagesse, et la gvoura, c’est-à-dire la force, la maîtrise de soi, la puissance. La poursuite de la richesse est chez les enfants de Kayin, la quête de sagesse chez ceux de Chet. C’est la raison pour laquelle, avec cette libération des mœurs et cette volonté de fondre les deux courants ensemble, on a engendré des hommes forts. Mais le véritable fort, dit la formule, est celui qui fait preuve de maîtrise de soi.
Dans le mot shem il y a shmama, la désolation. Ils sont toujours restés au niveau du Nom, et c’est là leur échec, parce qu’on ne sert pas ce qui est au-delà du Nom : on sert les dérivés du Nom. Chacun a une perception de D’ à sa façon, et quand il s’adresse à Lui, il L’a déjà limité à ses catégories de pensée, à ses demandes, à ses besoins. Cela crée plutôt des divinités, et ce sont des idoles. C’est pourquoi D’ se dit déçu par cette évolution et décide d’effacer l’homme qu’Il a créé — d’effacer ha-Adam, puisqu’il n’y a pas de ben Adam, pas d’homme qui se réalise par lui-même.
Celui qui imprime cette dynamique, c’est le juste de la génération. Quand D’ décide de détruire le brouillon, tout le monde y passe, juste ou pas juste, enfants et adultes : le séisme qui balaie le monde pour laisser place à une nouvelle donne ne distingue pas les méritants des autres, et le nouveau courant de l’histoire est déterminé par les initiateurs d’une nouvelle direction de pensée. C’est lui qui innove une nouvelle voie, et la génération n’arrive pas à se mesurer à lui ni à lui emboîter le pas. Tant qu’il n’y a pas de nouvelle perspective, l’histoire piétine, on vivote, on reste dans l’acquis. Mais aussitôt qu’un juste donne une nouvelle poussée à l’histoire, on fonde là-dessus la nouvelle orientation. C’est ce qui va arriver avec Noah, ce qui arrivera avec Avraham, ce qui arrivera avec Moshe — et ce sont là les messianismes que nous vivons au fur et à mesure des toldot.
La première parasha nommée Toldot aurait dû être celle de Noah. Il y a treize toldot dans le Tanakh, treize engendrements, et les premiers sont l’histoire du ciel et de la terre, puis les deux courants des bnei ha-Adam : celui de Kayin, et celui de Chet, qui tentera de récupérer Adam et d’être ben Adam. Celui qui y réussira, c’est Avraham — d’où le fait que la parasha appelée Toldot soit celle d’Itzhak fils d’Avraham. Or le titre d’une parasha se rattache souvent à son premier ou deuxième mot, et celle-ci commence bien par les engendrements de Noah. Mais il n’y a pas de toldot chez Noah, puisqu’il n’engendre que sa propre personne, et cela limite la marche de l’histoire.
La grâce dont il est question n’a rien de l’élégance ni de la grâce chrétienne. Il ne s’agit ni d’une allure ni d’un maintien, et le verset avertit lui-même que la grâce est mensonge et la beauté vanité. Le Rav retient ici la définition de Rabbi Shimshon Raphaël Hirsch : il s’agit d’une vertu exceptionnelle donnée à l’homme et qui dépasse ses qualités et ses capacités propres. À quel titre lui est-elle donnée ? Elle est gratuite, et le mot hen a d’ailleurs engendré le mot hinam ; le verset le dit sans détour, D’ accorde la grâce à qui Il veut la gratifier, même s’il ne la mérite pas.
Trouver grâce et inspirer la grâce ne sont pas la même chose. Certains de nos sages disent que cette grâce n’est pas totalement gratuite, et qu’elle s’inscrit dans une volonté de récupérer une situation. Trouver grâce, c’est une qualité qui est dans la personne même : une personne sympathique s’impose à vous, vous vous voyez à travers elle, vous communiquez aisément avec elle, vous l’adoptez facilement. Inspirer la grâce est autre chose : il y a celle qui est répugnante à la vue, comme le fut Esther, qui n’était pas belle mais qui inspirait la grâce, et cette grâce était dans celui qui l’observait. Le verset dit de Noah qu’il a trouvé grâce dans les yeux : c’est en l’observant que D’ a décidé de le doter de cette grâce.
Le premier moyen d’acquérir la grâce est l’humilité, et il y a trois grâces dans le monde. Le livre des Proverbes dit que les humbles en bénéficient : ce sont ceux qui ne cherchent pas à imposer leur façon de voir et qui considèrent que dans ce monde varié chacun a une certaine épice de grâce en lui-même. Les trois grâces sont celles-ci : la grâce de l’homme ; le charme du lieu sur ceux qui l’habitent, c’est-à-dire de l’environnement où l’on a choisi de résider ; et le charme de l’objet que l’on a acheté ou choisi. Ce dernier n’a pas nécessairement toutes les qualités requises, mais il me plaît tel qu’il est et il me charme : le choix d’un tableau, le choix d’une voiture, le choix d’un objet d’art. La grâce n’est donc pas une propriété objective de ce qu’on regarde. Elle tient au lien entre celui qui regarde et ce qu’il choisit.
Le conte du chandelier de Rabbi Nahman illustre exactement cela. Un fils quitte la résidence de ses parents pendant des années, s’exile, puis revient en disant qu’il a appris l’art de faire une menora, l’art d’éclairer le monde ; il demande que tous les artistes et hommes de culture soient réunis en colloque pour qu’il leur montre ce qu’il a réalisé. Le père, qui était roi, s’exécute. Le chandelier est confectionné devant eux, et il n’emporte l’agrément de personne. Le père vient dire à son fils qu’il n’a pas le secret de convaincre tout le monde de sa façon de voir ; le fils répond qu’il a au contraire la preuve d’avoir réussi sa mission, puisqu’il voulait précisément montrer que chacun a sa propre lumière et sa propre vision des choses.
Le campement d’Israël devant le Sinaï se lit à partir de ce même mot. Il est dit qu’Israël campa face à la montagne, et nos sages ont commenté : comme un seul homme, d’un même cœur. Or le verbe employé ne doit pas s’entendre comme un simple campement : il faut y voir le mot hen. Chacun a cherché à trouver grâce aux yeux de l’autre, chacun a admis que toute personne dispose d’une grâce. C’est cette communication entre des grâces et des charmes différents qui a rendu possible la révélation. Le second moyen d’acquérir la grâce est d’ailleurs indiqué par le même livre des Proverbes : c’est cette parure de grâce qui illumine un visage par la sagesse de la Torah.
Les pluies diluviennes sont l’envers des pluies de bénédiction. De la même manière que les pluies, en arrosant le sol, donnent vie à la terre, la Torah est appelée pluies de bénédiction, et elle est une rosée de vie : elle est appelée à faire revivre spirituellement. Mais quand on n’est pas capable d’absorber ces pluies et qu’on se présente comme un rocher, alors elles s’accumulent et l’on est noyé par les inondations, parce qu’elles ne sont pas absorbées. Il en va de même d’une révélation extraordinaire qui dépasse la capacité d’intégration : c’est la déperdition de tout son bénéfice. Le déluge fut ainsi une manifestation de la volonté de D’ de récupérer une humanité par une révélation soudaine — et cette humanité n’en étant pas capable, elle a disparu, tandis que Noah, seul, n’a récolté que la loi noahide.
Le Sinaï montre par contraste pourquoi la génération du déluge n’a pas été rattrapée. Lors de la manifestation au Sinaï, le peuple fut lui aussi un instant privé de vie, incapable de supporter cette manifestation, et une rosée lui donna une possibilité de résurrection. Pourquoi n’en a-t-il pas été de même pour la génération du déluge ? Tout simplement parce que cette génération était divisée, remplie de violence, livrée à toutes les perversions : ce n’était pas possible. La génération qui assistait à la manifestation du Sinaï, elle, partageait cette même grâce, comme un seul homme d’un seul cœur. Et c’est ce partage qui a fait que toute la Torah a été intégrée par le peuple juif.
L’arche est un repli sur le Nom, quand les autres se contentaient des attributs. Les dimensions que la Torah prend la peine de donner de cette arche, qu’il devait concevoir pendant cent vingt ans — le temps d’une vie, alors qu’il fut décidé que la vie de l’homme n’excéderait pas cent vingt ans —, obéissent aux combinaisons du Nom divin : trente coudées de hauteur, cinquante de largeur, trois cents de longueur, chacune obtenue par la multiplication de deux ou trois de ses lettres. Cette teva est le repli de Noah sur le Nom de D’. Les autres se contentaient des différents attributs ; lui situait D’ au-delà de ses attributs, et sa foi au-delà d’eux. C’est là qu’il a voulu recréer son monde.
Noah voit juste, mais toujours dans l’ordre du naturel. Quand il doit choisir les bêtes, il lui est dit de prendre des bêtes pures, alors qu’il n’y avait pas encore de Torah pour dire le pur et l’impur ; Rashi indique qu’elles sont appelées à devenir pures, ce qui suppose chez Noah une vue plus lointaine et plus perspicace de ce que doit être la véritable vie avec D’. Mais cette vie avec D’, chez lui, reste de l’ordre du naturel, de l’ordre de la vie de ce monde-ci, et non d’un passage vers l’au-delà. C’est cela, le niveau de Elokim : il est tzadik, c’est un homme moral ; il est tamim, c’est un homme sans défaut ; il a une sagesse propre à la nature de ce monde, mais qui ne va pas au-delà. C’est quelqu’un qui a l’art de traduire les faits une fois qu’ils sont arrivés, de les adapter, de trouver la référence dans le texte — mais qui ne précède pas les faits.
Le reproche fait à Noah est de n’avoir pas même tenté. Il s’est recroquevillé sur lui-même et n’a pas eu suffisamment d’assurance pour se dire qu’il pourrait peut-être changer le décret divin, engager un débat avec le Créateur et défendre sa génération. C’est ce qu’a fait Avraham pour Sodome et Gomorrhe, ce qu’a fait Moshe pour la génération du veau d’or ; Avraham n’a pas réussi, Moshe a réussi et a changé le décret. Noah, lui, n’a même pas essayé. C’est la raison pour laquelle on dit qu’il n’a finalement engendré que lui-même — et l’on verra à travers ses enfants les trois facettes qui se disputent sa personnalité.
Si Noah échappe au déluge, c’est qu’à travers lui D’ vise Avraham. Rashi explique que, puisque le texte l’a nommé, il énonce son éloge — le souvenir du juste est pour la bénédiction —, et selon une autre interprétation, que l’essentiel de la progéniture des justes, ce sont leurs bonnes actions et non leurs enfants. Mais ce verset d’éloge vient après, et non avant : ce n’est donc pas de cela que D’ a tenu compte en accordant la grâce. Le verset complet oppose le souvenir du juste au nom des impies voué à la décomposition — et le juste digne de la bénédiction est celui à qui il a été dit : sois une bénédiction, ce qui a été dit à Avraham. Il y a donc quelque chose d’Avraham dans Noah : si Noah échappe au déluge, c’est que la vision de D’ dans cette recréation de l’humanité vise Avraham, qui est la bénédiction, et c’est parce que Noah bénéficie de ce projet qu’il trouve grâce aux yeux de l’Éternel.
Transcription intégrale du cours
Nous nous sommes arrêtés la dernière fois à ce verset de Noach Matsachenbener. Noach a trouvé grâce aux yeux de l’Éternel. Ce verset conclut une évolution des premiers pas de l’humanité dans l’histoire, qui a commencé par la loi du plus fort au travers de Cayen, par l’adoption ou la recherche d’idéaux de référence, de critères à la génération des noshs. Et puis, nous passons à un troisième stade, celui de C’est la libération des mœurs. Ce sont des fléaux qu’a connu l’histoire et que nous connaissons encore parce que nous ne sommes pas arrivés. à ce projet, à réaliser ce projet de Ben Adam. Vous savez que le projet initial de D’ est de créer Adam. Adam est, si vous voulez, le qualificatif de tout homme qui envoie d’évolution à partir d’Adama la terre, et de la même manière que la terre le nourrit, il est également nourrit par ses aspirations spirituelles. Mais le voici qu’il s’est limité à Ha Adam. Ha Adam, ça veut dire qu’il est sorti de l’universalité et qu’il s’est enfermé dans une perspective de vie qui lui est propre à lui et ce déjà depuis Caïn. Depuis Caïn, nous avons affaire à Bénéa Adam et ce Bénéa Adam développe effectivement une culture, une civilisation fondée sur le commerce, fondée sur la musique et les arts, fondée sur la technologie et la science.
Et enfin donc il y a Val, c’est le premier, Yuval, c’est le deuxième, le troisième, c’est Touver Khaïd et le quatrième c’est la fille de, ce sera la femme de Noa Naama, comme son nom l’indique, Noa Haam, c’est en fin de compte la, disons, la civilisation des loisirs, Mais tout cela, c’est la descendance de Cain. Mais la descendance de Enos développe, elle, une quête de spiritualité, d’ailleurs attestée par les noms des enfants, Enos, Hanor, l’éducation, et le noche, l’humanisme, le mal à l’aile, l’ouange à l’éternel et enfin Noah, celui qui offre la consolation à tout le monde et qui va être le nouveau Adam. Il va y avoir une union entre ces deux civilisations. Les enfants de Cahine à Adam et les enfants de Shet, Shet celui qui se substitue à Évelle.
Et on va essayer, effectivement, de réaliser à travers ces deux courants un équilibre de vie qui lui va déterminer l’orientation de l’humanité. Vous savez, nos sages ont dit que pour être prophète, il faut trois conditions. Il faut la richesse d’une part, il faut la sagesse d’autre part, et enfin, il faut la gvoura, il faut la force, il faut la maîtrise de soi, il faut la puissance. La poursuite de la richesse, c’est chez les enfants de Cahine. La quête de sagesse, c’est chez les enfants de chètes et la gvola c’est les enfants de nourriture. C’est la raison pour laquelle quand il y a cette libération des mœurs et cette volonté de fondre les deux courants ensemble, on a engendré des hommes forts.
Or, es eu di bollac ovecititro. Le véritable fort, c’est celui qui fait preuve de maîtrise de soi. Mais il y a un échec. Pourquoi ? Parce que Hachem et Olam, en Chez Hachem, ils sont toujours restés en Chez Hachem. Dans Hachem, il y a la notion de Shmama, de désolation, de désert, de ruines. Pourquoi ? Parce qu’on ne sert pas ce qui est au-delà du chêne. On ne sert pas l’absolu dans le chêne, mais on sert les dérivés du chêne. C’est-à-dire que chacun a une perception de D’ à sa façon, à sa manière, et quand il s’adresse à D’, il a déjà limité à sa catégorie de pensée, à ses demandes, à ses besoins, à sa façon.
de percevoir D’. Alors ça crée plutôt des divinités, ce sont des idoles. Et ce qu’il fait, c’est ce qui fait que, un chême, il est déçu par l’évolution de cette et il décide effectivement. Emre est un Adam, Hachar Baradi. Je vais effacer l’homme que j’ai créé, effacer l’homme que j’ai créé, effacer le Ha-Adam, parce qu’il n’y a pas de ben Adam, Il n’y a pas d’homme qui se réalise par lui-même et qui essaye évidemment de faire converger vers lui toutes les forces de la création et ce même au travers des différents hommes qui composent l’humanité à l’époque. Comme aujourd’hui, vous savez, quand D’ décide de détruire le brouillon qui a été fait, alors à ce moment-là tout le monde y passe, juste ou pas juste, enfants et adultes, on va refaire le nouveau courant de l’histoire. Et le nouveau courant de l’histoire, vous savez, il est déterminé par qui ? Il est déterminé par les initiateurs d’une nouvelle direction de pensée par les innovateurs du nouvel moral au fur et à mesure que l’histoire doit passer d’un cran à l’autre, d’une norme à l’autre. Alors, il y a effectivement un séisme dans l’histoire qui balaye le monde et pour laisser place à cette nouvelle donne de l’histoire. Et quand ce séisme voit le jour, il ne distingue entre personnes méritantes ou on en mérite tant, mais il en porte tout.
Ce qui importe maintenant, c’est la nouvelle dynamique que l’on va donner à l’histoire. Or celui qui implique cette dynamique à l’histoire, c’est le Tzadikador, C’est le juste de la génération. Oui, c’est lui qui innove une nouvelle voie, et la génération n’arrive pas à se mesurer à lui ou n’arrive pas à emboîter le pas, et plutôt que de laisser l’histoire piétiner elle-même donc tant qu’il n’y a pas de nouvelles perspectives d’histoire, on reste en vivotte, on reste dans l’acquis que nous avons mais aussi tôt qu’il y a un juste qui donne une nouvelle pousser à l’histoire, alors on fonde là-dessus la nouvelle orientation. C’est ce qui va arriver avec Noah, c’est ce qui arrivera avec Avraham, c’est ce qui arrivera avec Moshe, et c’est c’est la raison pour laquelle ce sont ceux-là les messianismes que nous vivons au fur et à mesure des tol dot. Vous avez, il y a 13 tol dot dans le Tanna, 13 engendrements, c’est très engendrement bien sûr. Oui, c’est une structure de création, un esphère comme elle est ici. Mais les premières c’est l’histoire du ciel et de la terre et entendons parler des deux courants de Bnéha Adam d’une part de Kaïm.
des deux courants de bené à Adam, d’une part de Cahine, et ceux de Chet qui lui va essayer de récupérer Adam, et ce sera ben Adam. Alors, c’est celui qui le réussira, c’est Avraham, c’est la raison pour laquelle la première paracha de Tol Doth, c’est Itzhak. Elle est Tol Doth, Itzhak ben Avraham. Or la première paracha de Tol Doth aurait dû être celle de Noah. Pourquoi ? Parce que ici la paracha commence par elle est Tol Doth Noah. Vous savez très bien que le titre de la paracha est souvent rattaché au premier ou deuxième mot de l’apparachin. Et ici, celui qui déterminerait le titre de l’apparachin, c’est-à-dire de ce nouveau chapitre dans l’histoire, ce serait le mot d’autres. Or, il n’y a pas de tol d’autre chez Noir. Il n’y a pas de tol d’autre.
Pourquoi ? Parce que Noir n’engendre que sa personne. Et les tol d’autres noirs, noirs, n’engendraient que sa personne. C’est limiter la marche de l’histoire. Ce n’est pas possible. Les avotes sont différents dans leur essence. Il y a une matrice différente de Avraham. Avraham et le chrissède sera la gourbe. il y a un coffre sur un aimet, sur un autre, un autre stade de vie ici, quand D’ décide ce séisme naturel qui va emporter le monde, il conclut par « Ve noach matzachem ve’enehachem Noach a trouvé grâce aux yeux de l’éternel, la grâce. Grâce, c’est un peu chrétien, cette grâce. Qu’est-ce que c’est ? Elle est loin d’être objective. Ne parlons pas de la grâce, elle est de l’élégance.
dans la marche de l’église, dans la parole de l’église dont elle est le gestuel. Non. Parce que à propos de ces grâces, « Shomoham el-chadi shekelachem ve’el delayofu » « Monsonge et la grâce, vanité et la beauté » C’est-à-dire que la grâce de laquelle nous parlons ici, c’est celle que définit Rabi Shemshon Ref’Airish en disant qu’il s’agit d’une vertu exceptionnelle qui est donnée à l’homme et qui dépasse effectivement ses qualités, ses capacités. Mais à titre de quoi elle lui est donnée ? Elle est gratuite. Vous savez que le mot « chen » a généré le mot « chinna », gratuit. Mais le Grâces, il accorde la grâce quand il veut. «Ve chanotie etashera chon, ve rechamte etashera lachem» Je j’accorderai la grâce à celui que je veux gratifier, même s’il ne le mérite pas.
d’accorder la miséricorde, mais que vient faire cette grâce ? Est-elle vraiment méritée ? Certains de nos singes disent qu’elle n’est pas totalement gratuite. Elle s’inscrit dans une volonté de récupération d’une situation. Par exemple, la personne qui a inspiré la grâce, parce qu’il y a une différence entre trouver grâce et inspirer la grâce. Trouver grâce, elle est en la personne même, sauf une personne sympathique. Elle s’impose à vous. Vous vous voyez à travers elle, vous communiquez aisément avec elle. Vous l’adoptez facilement. Il y a celle qui est répugnante à la vue, comme le fut Esther, et la croquette Aïtana, elle était verdade, elle était pas belle, mais elle inspirait la grâce. Et cette grâce, elle était bénait dans celui qui l’observait, parce que ça, Noach matzachin be’ele. Noach a trouvé grâce dans les yeux, c’est-à-dire qu’en cas de jubilant en observant Noé, il a décidé de le doter de cette grâce.
Y a-t-il un moyen d’acquérir cette grâce ? Il y a deux recettes. la anavime et tenren dans Michelet les humbles bénéficient de cet écran. Une personne qui ne cherche pas à imposer sa façon de voir et qui considère que dans dans ce monde varié. Chacun a une certaine épice de grâce en lui-même. Et c’est ce qui fait qu’il y a des choses qui peuvent me plaire à moi, et cela ne veut pas dire que ça plaise à d’autres. C’est ma façon de… Nous, ça, j’en dis, il y a trois haines, trois grâces dans le monde. Haine Adam, la grâce de l’homme. Haine Makom Alioshbap, la grâce, le charme de l’environnement, du lieu on a choisi de résider.
puis le charme de l’objet que l’on a acheté, que l’on a choisi. Il n’a pas toutes les qualités requises, nécessairement, mais il me plaît tel que, il me charme le choix d’un tableau, le choix même d’une voiture, le choix même d’un objet d’art que j’ai acheté. Eh bien, Rabi Nahman dans l’écoute de Ma’aran, il a illustré cette façon de voir les choses au travers d’un fils qui a quitté la résidence de ses parents pendant des années. s’est exilé et puis il est revenu en disant qu’il avait appris l’art de faire une ménora, de faire un chandelier, l’art d’éclairer le monde et il a demandé à ce que tous les artistes et et homme de culture face un colloque et qui va lui-même leur montrer ce qu’il a réalisé Pendant ces années d’exil, le père, qui était un roi, s’exécute.
Et voilà que ce séminaire a lieu. Et la confection devant eux l’aménora. Et finalement elle n’emporte pas l’agrément de l’assistance. personne ne l’adopte et le père veut vérifier si réellement il n’y a pas une complicité qu’il compte là-dedans. Il vient vers son fils et lui dit voilà tu n’as pas tu n’as pas le secret de convaincre tout le monde à ta façon de voir les choses. Alors le fils lui a dit maintenant j’ai la preuve que j’ai réussi ma mission parce que ce que je voulais c’est justement montrer que chacun a sa propre lumière, il a sa propre vision des choses. Et ce qui importe le plus, c’est que au travers de cette tolérance ou de cette convergence de lumière, Nous puissions, comme le peuple d’Israël nous tenir, au pied du Mont Sinai, va y hancher l’Israël négé d’ahar, et l’Israël, accompé face à la montagne, et nos sages ont dit que l’Ishéchad bel’évléchad, comme un tel homme avec un seul cœur, d’un même cœur. Or, ce vaïkhan, il ne vaut pas le traduire comme khano, comme paix, il vaut très plutôt voir là-dedans le mot khen. Chacun a cherché à trouver grâce aux yeux de l’autre. Chacun a admis que toute personne dispose d’une grâce et c’est la communication au travers de ces différentes graces, de ces différents charmes qui fait que nous pouvons effectivement assister à la révélation de D’ sur le monde sénaralé. Et le deuxième d’acquisition de la grâce, c’est toujours dans Michelet, « Ya alat a’avim, a yel et a’avim vi’a alatrem, a yel et a’avim bish d’amour et gazel de grâce ».
C’est le titre donné à la Torah. Cette grâce qui illumine un visage par la sagesse de la Torah. Mais est-ce que seuls les inavibles, les humbles, ceux qui bénéficient de la Torah qui ont cette grâce ? Non. Cette grâce reste un don mystérieux. Pourquoi ? Parce qu’en réalité, il se projette un avenir à travers cette personne. Qu’est-ce à dire ? Que Noé, en principe, ne méritait pas de survivre aux déluches. Lui aussi, il devait être emporté par ces pluies diluviennes. Les pluies diluviennes, vous savez, ça a aussi un autre sens. parce que de la même manière que les pluies, en arrosant le sol, donnent vie à la terre, la Torah est appelée « Gishme Brachah », ce sont des pluies de bénédiction, et c’est une rosée de vie.
Elles sont appelées à faire revivre spirituellement un air. Mais quand on n’est pas capable d’absorber ces lumières, ces pluies, et quand on se présente comme un rocher, alors ces pluies s’accumulent et nous sommes noyés par les inondations de ces pluies. Elles ne sont pas absorbées. Et bien la Torah c’est la même chose, quand il y a une révélation extraordinaire qui dépasse la capacité d’intégration, c’est la dépérdition de tout le bénéfice d’une révélation. Donc ce déluge, il faudrait le voir également sous deux angles. Mais le principal c’est que, en somme, ce déluge, il était une manifestation de la volonté de D’ de récupérer une humanité par une révélation soudaine, mais cette humanité n’étant pas capable, elle a disparu.
Et Noé, qui était le seul, n’a récolté que cette loi noafide. C’était Saint-Aurin. Il y a un parallélisme, il y a une ressemblance même avec la manifestation de D’ sur le Mont Sinai, avec la révélation sur le Mont Sinai. Quand D’ s’est manifesté, par hanish matam, le peuple d’Israël, c’est un moment privé de vie. Ils ne pouvaient pas supporter cette manifestation. Et Akkadosh Waloukou a envoyé une rosée de vital à Rahim qui leur a donné une possibilité de résurrection. Alors pourquoi n’en a-t-il pas été de même dans la génération du déluge ? Tout simplement parce que la génération des déduges était divisée, elle était remplie, elle était objet de violence, elle était objet de tout, de toutes les quiches, de toutes les perversions.
Alors, ce n’était pas possible. Tandis que la génération qui assistait à la manifestation de D’ sur le monde Sinaï, va y hâcham Israël, et Israël partageait cette même grâce qu’est Isha’at bel’evê’at, tel un seul homme, un seul cœur. Et bien, cette manifestation de D’ sur le Mont-Sinaï a fait que toute la Torah a été intégrée par le peuple juif. Maintenant, j’ai dit tout à l’heure que normalement, Loaq aurait dû effectivement disparaître, tout comme sa génération, sauf qu’il a bénéficié de ce Metsi Uthay, de cette grâce. On se pose la question. Et une première réponse, c’est que Noé n’était pour rien dans cette génération, elle le dépassait. C’est déjà très beau qu’il ne se laissait pas emporter par le courant.
Il était objet de raillerie de toute sa génération. Et par conséquent, ce qui lui importait à lui, c’est de se replier dans une cabane et de vivre sa vie à l’abri de tout le monde. Oui, ceux qui chercheraient à comprendre rien que ces dimensions, que prend la peine de la Torah de donner de cette arche qu’il devait concevoir pendant 120 ans, le temps d’une vie, alors que Akadu-Jouro a décidé que désormais la vie de l’homme n’exéderait pas les 120 ans, eh bien, il va trouver que la longueur, la largeur et la hauteur de cette téva obéissent aux combinaisons du nom divin yut-ke-va-ke He a une valeur de 5. Vav a une valeur de 6. 5 x 6, 30.
30 à mot était la hauteur de la téva. Yud a valeur de 10. He, 5. He x Yud égale 50. C’est la largeur de la téva. 50 coudés. La longueur de la téva c’est yut fois hé fois vaf 5 fois 10 fois yut ça fait 50 fois vaf ça fait 300 6 fois 50, 300 alors c’est à dire que cette téva c’est le repli de de Noach sur le nom de D’ alors que les autres, un chez HM, eux, se contentaient des différents attributs de D’. Lui, il situait son D’ au-delà de ses attributs, sa foi au-delà de ses attributs, et c’est là qu’il a voulu effectivement recréer son monde. Au début c’était pour lui donner vie, pour donner vie, mais non.
La deuxième tentative, quand il doit choisir les bêtes, on lui dit non, il faut prendre des behemoths théorotes, des bêtes pures, c’est-à-dire que, mais il n’y avait pas à l’époque encore de Torah pour dire les pures et les impures, et rachidi, ch’ati dothiot, théorot, elles sont appelées à devenir pures parce qu’il a une vue beaucoup plus lointaine et beaucoup plus juste, beaucoup plus perspicace de ce que doit être la véritable vie avec D’. Mais seulement, cette véritable vie avec D’ chez Noah, il la voit, et à Elohim, et à l’ère Noah. Il la voit, elle reste tout de même de l’ordre du naturel. C’est-à-dire dans l’ordre de la vie de ce monde-ci, et non pas dans un passage de vie à l’au-delà.
c’est ça le Elohim, c’est Noé, la Troie Calité, il est sadiq, c’est un homme moral, il est amin, c’est un homme qui n’a pas de faux, il est plus long. Et a Elohim italech noach le baal ha-turing din. Kels son lei dernier lettre de et a Elohim italech noach, het chaf emem hacham ilayn sechten sages. Et à Eloquim, il a une sagesse qui est propre à la nature de ce monde, mais qui ne va pas au-delà. C’est-à-dire, ce sont des personnes, c’est une personne qui a l’art révictimement de traduire les faits. Une fois qu’ils sont arrivés, on va essayer de les adapter, de trouver la référence dans le texte, etc. Mais il ne veut pas précéder les faits, et c’est la raison pour laquelle un reproche que nous faisons à Toé, c’est celui de s’être recroquillé celui-même et de ne pas, et de n’avoir pas eu suffisamment d’assurance pour dire Mais je pourrais tout de même peut-être changer le décret divin.
Je pourrais engager un débat avec le Créateur et défendre la génération, comme l’a fait Avraham avec Sdom et Amorah, comme l’a fait Moshe avec la génération du Vaudô. Alors Avraham n’a pas réussi, mais Moshe a réussi, a changé le décret divin. Alors Noé n’a même pas tenté, et c’est la raison pour laquelle on dit Noé n’a finalement enfanté que lui-même, engendré que lui-même. Et on verra au travers de ces enfants, c’est un peu les trois facettes qui se disputent la personnalité de Noé, J’aime Khaméyev. Ça nous le verrons au prochain cours. Mais ce qui est maintenant important, c’est de dire que la métis outreine, la grâce qu’il a trouvée, elle est résumée dans ce premier rachis, au ilve ischiro siperbe chiffro, étant donné qu’il l’a nommé, qu’il l’a nommé Noé, Il a énuméré ou évoqué son éloge, « Zecher tzadik livrachah, daval acher » et autre interprétation, « La metra sheikar, she’el tordote hem, she’el tzadikim ma’asintomim » que l’essentiel dans la progeniture des justes Ce sont leurs bonnes actions. Ce ne sont pas les enfants.
Ce sont leurs bonnes actions. Alors, où est-il ce Rashi ? Parce que la question que se pose Rashi, Matsachen BNHM, il a trouvé grâce aux yeux de D’, mais il a de quoi ? Finalement, il est un… Il est amine et il a ces trois qualités essentielles et sa progeniture ce sont les bonnes actions qu’il a posées. le souvenir du juste et pour la bénédiction, il mérite la bénédiction. Il mérite ce noyé. Donc en principe, ce verset aurait dû venir justifier ce noyé. Or le fait qu’il soit dit, qu’il soit rapporté par la suite, cela prouve que ce n’est pas de cela qu’il a tenu compte à Kado Shwarukhu quand il a accordé cette grâce à nous.
De quoi a-t-il tenu tout ? Parce que on évoque pour la bénédiction que lorsqu’il y a un contraste, le verset dit « Zechert de kivrachan v’shem reshaim yirkav » le souvenir du juste et pour la bénédiction, mais le nom des Rechaim sera condamné à la décomposition. Pour relever le contraste entre les Rechaim et les Tzaddiki, on dit « C’est que le Tzaddik Mais non. Alors quel est le Tzaddik ? Si ce n’est pas Noah puisque nous disons que Noah n’est même pas intervenu pour sa génération et un Tzaddik qui n’intervient pas pour sa génération ne mérite pas d’être Tzaddik. Le Tzaddik, qui lui est digne de la bénédiction à qui il a été dit vehiyeh berachah et soit une bénédiction.
Il a été dit vehiyeh berachah à Avraham. Donc il y a quelque chose d’Avraham dans Loé, dans Noach. Et si Noach échappe au déluge, C’est parce que la vision de D’ dans Noah, dans ce déluge, dans cette recréation de l’humanité, vise Avraham, qui lui est Berachat, qui lui est Zechertzadik l’Ibrahah. Donc c’est parce que Noé bénéficie de ce projet de Avraham qui va lui être l’Étoldote, qui va véritablement amorcer l’histoire de l’humanité, c’est lui qui sera, c’est pas lui que Noach Mazarin, BNHM, Noach a trouvé grâce aux yeux de l’éternel. Vous avez dit qu’il s’y…