Noah — A la découverte d’Elokim

par le Rav Raphaël Benizri

Questions à poser à la table de chabbat de Noah

Un livret d’étude à imprimer : une question par page, la réponse du Rav, sa source, et une leçon à débattre en famille.

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Ce cours suit Noah pas à pas, à partir du verset qui clôt Bereshit et selon lequel il a trouvé grâce aux yeux de l’Éternel. La question qu’il pose est celle de savoir si Noah est l’homme spirituel par excellence, ou seulement une étape. Le Rav Raphaël Benizri y répond en distinguant trois types d’hommes — Adam, Noah, Avraham — et trois manières de se tenir devant D’. Le cours aboutit à un constat précis : Noah a perçu D’ sous l’attribut de Elokim, celui de la justice, et non sous celui de la bonté.

Le point de départ est le portrait d’un homme agréable à tous, en paix avec le ciel comme avec les créatures, capable de s’adapter aux grands comme aux petits, et qui ne mène aucun combat. Le Rav en fait une manière de mener sa vie spirituelle : considérer qu’elle ne concerne que sa propre personne. Il oppose à cette voie celle d’Avraham, qui ne se replie pas et cherche à faire partager son expérience à toute sa génération.

Le cours enchaîne ensuite sur la lecture du texte : le déluge comme avalanche d’idéologies, l’arche comme repli et la circoncision comme ouverture, les sept lois noahides, les trois qualités que le texte reconnaît à Noah, ses trois fils comme trois strates de l’être, et le mot hamas, la violence, comme chef d’accusation réel de la génération. Il s’achève sur les dimensions de l’arche, tirées des combinaisons du Nom divin, et sur la nature du temps qu’on y passe.

Ce que dit ce cours

Noah est un homme agréable à tous, et c’est là toute la question. Il est en paix avec le ciel et en paix avec les créatures ; il trouve sa place auprès des grands et sait coexister avec eux, comme il adapte son langage aux plus petits. Il est très bien dans ce monde-ci et ne laisse rien transparaître. C’est un homme d’ouverture, apparemment ouvert à tout le monde, qui essaie de vivre avec son entourage à tous les niveaux et ne mène aucun combat. Il transporte ses valeurs avec lui, mais elles ne sont que pour lui.

La Torah présente trois types d’hommes, et un verset de trois mots les distingue. Adam, Noah et Avraham se différencient par leur relation au Créateur, et le verset que nous récitons au coucher — « à ton salut j’aspire, Éternel » — se lit de trois façons selon l’ordre où l’on place ses mots. La première est celle d’Adam, la deuxième celle de Noah, la troisième celle d’Avraham. Ce ne sont pas trois voies différentes, mais trois voies d’accès, trois marches. Elles décrivent l’évolution d’une pensée spirituelle depuis le jeune âge jusqu’à la maturité.

Adam se sert de D’ comme d’un appui, parce que ce monde lui fait peur. On s’engage parfois dans des voies qui nous dépassent, et l’on cherche seulement à conserver l’appui que l’on a. Par esprit de démission et par souci de ne pas trébucher ni perdre son acquis, on demande sans cesse assistance et l’on est toujours en train d’implorer. Adam a commencé ainsi : il devait rester dans le jardin pour garder l’acquis du monde spirituel où il avait été placé, mais il a voulu écouter cette voix de serpent qui parlait à travers lui et prendre la maîtrise de ce monde tout en restant dans le jardin. Il échoue, et il conclut qu’il n’y a pas d’autre voie que de demander toujours l’assistance divine.

Noah ne veut pas rester tributaire de l’assistance divine, et il réussit en partie. Il se lance des défis et parvient à se tenir dans un équilibre relatif entre les exigences de D’ et celles de la vie ici-bas. Mais c’est un partage difficile. Quoique D’ engage une alliance avec lui, il doit à un certain moment se retirer dans une arche pour se sauver des eaux. Car en cherchant à taire ses propres valeurs et à ne les garder que pour lui, tout en étant mêlé à la vie de tous les jours, il n’arrive pas à résister au courant qui l’entraîne — sauf s’il décide de se replier et de se renfermer.

Avraham, lui, cherche à faire reconnaître D’ au sein du monde. Sa lecture du verset est celle d’un homme qui ne se sert pas de D’ comme d’un appui et qui ne se replie pas non plus face à sa génération pour ne s’occuper que de sa quête propre. Il veut faire profiter toute sa génération de son expérience et la partager. Au fur et à mesure que mûrit sa spiritualité, la peur disparaît, il gagne en assurance et vit sa spiritualité comme celle d’un associé dans l’édification de ce monde. Il décide de ne pas rester passif, de ne pas se restreindre à ses quatre coudées, mais d’affronter sa génération — et d’en appeler non plus à la justice et à la rigueur, mais à la bonté.

Ces trois stades sont ceux que vivront les patriarches. Yaakov est l’homme tam, l’homme de l’intégrité, celui qui a intériorisé toutes les valeurs en lui : c’est l’homme de la prière. Itzhak est celui de la gvoura, et il est associé au champ, exposé à toutes les intempéries de terrains parfois rocailleux, où il faut tenir sans se laisser emporter ; il observe un repli par rapport à son père. Avraham est la montagne : la Torah ne nous fait part d’aucune vertu qui le prédisposerait à sa vocation, et c’est à travers des épreuves permanentes que tout se joue. Sa vie n’est qu’épreuve, mais il a décidé de l’affronter indépendamment de toute assistance divine.

Le déluge n’appartient pas en propre à la Torah, et cela ne change rien à son enseignement. D’autres cultures et civilisations racontent un déluge, tout comme les lois de Sumer reflètent des lois antérieures dont les esprits critiques diront qu’elles ont été reprises par la loi mosaïque. Mais ce qui compte à travers toute chose, c’est l’esprit qui l’anime : ni le récit, ni l’objet, ni la matière, mais l’enseignement qui s’en dégage. Si la création est ex nihilo, elle prend sa source dans une loi : aucune création n’a eu lieu qui n’ait été précédée d’un esprit, et c’est cet esprit qui lui a donné naissance. Le récit vaut par ce qui l’anime, non par son antériorité. Dès lors, le déluge peut se lire comme une avalanche d’idéologies que se disputent les hommes, un libéralisme de pensée qui côtoie la violence et la justifie, et devant lequel celui qui se replie dans la teva cherche refuge.

Teva et mila s’opposent comme le repli et l’ouverture. Chez Noah, c’est l’arche ; chez Avraham, c’est la circoncision, la mila, et ce mot désigne aussi la parole. La teva est de l’ordre de la maison : c’est véritablement un repli sur soi. La mila, au contraire, est une ouverture vers l’extérieur, l’ouverture d’un dialogue. Chez Noah il n’y a pas de dialogue ; chez Avraham il y en a un. C’est aussi pourquoi le texte, en annonçant les engendrements de Noah, laisse entendre que ces engendrements sont Noah lui-même : quand on n’arrive pas à ouvrir le dialogue avec le Créateur, on n’arrive pas non plus à le partager avec sa génération.

Noah a tout de même bénéficié d’une révélation, mais elle a coûté une population entière. Cette révélation, ce sont les sept lois noahides : les trois péchés capitaux — les unions interdites, l’idolâtrie, le crime —, puis la consommation d’un organe prélevé sur une bête vivante, l’interdiction du vol, l’institution d’un tribunal qui légifère, et enfin l’interdiction du blasphème. Cette révélation a coûté la vie à toute une population, concentrée à l’époque dans le périmètre du Moyen-Orient. Le texte dit en effet « sur la surface de la terre », ce qui laisse entendre qu’une autre partie du globe n’était pas touchée.

Ce sont les midot qui donnent la mesure d’une spiritualité, non la piété ni la connaissance. La terre d’Israël n’est importante que par l’embryon qu’elle constitue par rapport à l’ensemble du globe et de l’univers, et elle se distingue par ses sept fruits, qui sont tous symboliques : ils représentent les sept midot, les sept qualités. Ce qui importe le plus dans une quête spirituelle, c’est la manière dont elle se traduit dans nos mouvements, nos pensées, notre langage. Ce sont les midot qui donnent la mesure de la spiritualité de chacun. Ni la piété ni le savoir ne remplissent cet office.

Les trois qualités reconnues à Noah appartiennent chacune à un autre. Le texte le dit ish, tzadik, tamim. Celui qu’on appelle ish, c’est-à-dire un homme d’un niveau moral élevé et d’importance, c’est Moshe ; celui qu’on appelle tzadik, c’est Yossef ; celui qu’on appelle tamim, c’est Yaakov. Noah a donc une parcelle de chacun. Et le rapprochement avec Yossef n’est pas fortuit : Yossef est contesté par ses frères, Noah l’est par sa génération. Il est ish comme Moshe parce qu’il est objet de révélation, et la révélation au Sinaï fut elle aussi accompagnée de mort : le peuple n’était pas en mesure d’appréhender cette exigence, il en a perdu le souffle, et il a fallu une rosée de vie pour le ramener — ce qui n’a été possible que parce qu’il avait campé face à la montagne dans une unité écartant, pour l’occasion, toute source de division.

Il y a soixante-dix manières d’appréhender D’, et s’y arrêter confine à l’idolâtrie. De même qu’il y a soixante-dix manières d’interpréter la Torah, il y a soixante-dix manières d’appréhender la présence de D’ et la croyance en Lui. Mais lorsque nous restons à ce niveau, celui des expressions différentes, nous sommes à la limite quelque part de l’idolâtrie, parce que nous servons D’ à travers des modes de perception. Ce que le langage hébraïque appelle ici sarim, ce sont des princes, mais ce ne sont que des perceptions annexes. Il existe un niveau au-delà de ces soixante-dix degrés : celui qui réussit à unifier toutes ces ramifications en une seule donnée qui les transcende.

Noah a perçu quelque chose de cela, mais il est resté au niveau de Elokim. C’est un attribut de justice, ce n’est pas un attribut de bonté. Le chapitre 6 dit que Noah a marché avec Elokim : il a perçu D’ sous l’angle de la justice. Mais aussitôt après, dans le chapitre suivant, l’autre Nom apparaît, au moment où les lois sont révélées à Noah et où l’Éternel s’engage à ne plus faire venir de déluge — c’est-à-dire à ne plus avoir la même exigence à l’égard de l’humanité. Il accepte qu’on se serve des Noms, comme on peut aujourd’hui le remarquer dans les différents courants du judaïsme.

Les trois fils de Noah sont trois strates de l’être. Depuis la création, on retrouve la même structure : trois enfants chez Adam, trois chez Chet, trois chez Noah. Ils figurent les trois stades d’évolution de chaque être, qui se font simultanément : nefesh, ruah, neshama. Le nefesh est l’existence biologique, les impulsions de chacun ; le ruah est l’esprit, la conception, les formes idéologiques ; et dans neshama se trouve shem, le nom, l’identité de l’essence qui habite chaque créature. Certains diront qu’il n’y a pas de neshama chez les autres : il vaut mieux laisser cela de côté, sinon on admettrait difficilement que des personnes de civilisation et de croyance étrangères puissent intégrer le peuple juif — il y a une coloration propre, mais chacun peut y accéder, et rien n’est à l’état statique.

Séparés, les trois deviennent malsains ; réunis, ils constituent Noah. Il y a ceux qui donnent la priorité au nefesh, à la vie instinctive et impulsive ; ceux qui cultivent l’art, la beauté, l’élégance de la pensée, indispensables même à l’exigence de vie spirituelle — il n’y a qu’à voir la majesté qui se dégageait du service du grand prêtre dans le sanctuaire ; et enfin la neshama, à laquelle nous rendons hommage chaque matin en rappelant qu’elle nous a été insufflée pure. Quand Shem, Ham et Yefet ne sont pas séparés, ils constituent tous Noah. Ce qui les rend malsains, c’est d’être pris individuellement, de manière autonome et indépendante : Shem et Yefet sont deux nobles vertus, dynamisées par les impulsions de Ham. Le texte le marque en répétant la particule devant chacun des trois noms, comme pour distinguer en chaque enfant une page de vie différente.

Ce qui est reproché à la génération, c’est le hamas, la violence. La terre est corrompue devant D’, et elle l’est aussi par ces spiritualistes qui méprisent le côté de Yefet, l’esthétique — comme elle l’est par les adeptes de la seule esthétique, des belles offices, des belles prières, des belles chorales, où la ferveur n’est pas là. On accuse la génération du déluge de tous les maux, effusion de sang, idolâtrie, débauche ; mais ce que le texte dénonce, c’est le hamas. Pourquoi ? Parce qu’on a volé à la ligne spirituelle authentique ce qui lui appartient, en la privant de sa beauté, ou de son impulsion, ou de sa véritable essence. Alors les gens ne se reconnaissent plus les uns dans les autres, et il n’y a plus de possibilité de récupération.

L’homme ne porte plus le titre d’Adam : il n’est plus que chair. Le texte dit que toute chair avait corrompu sa voie sur la terre, et cela se dit de Shem, de Ham et de Yefet, qui n’ont pas su coordonner le mouvement de ces trois courants dans une même perception spirituelle de D’. C’est pourquoi le texte parle de chair et non plus d’Adam : l’homme est devenu un être de chair comme toutes les créatures. Chacun est occupé à se disputer D’, à Le prendre en captivité à sa façon. Il n’y a plus de possibilité de rédemption, et c’est la raison pour laquelle D’ demande que Noah constitue le point de départ d’une nouvelle humanité.

Les dimensions de l’arche sont des combinaisons du Nom divin, et le temps qu’on y passe n’est pas celui du dehors. Les mesures de la teva se déduisent des lettres du Nom multipliées entre elles : cinquante, trente et trois cents. L’arche est ainsi le contenant dans lequel Noah se réfugie. On dit qu’au bout de quarante jours il ouvrit l’arche, alors que le déluge a duré bien davantage — quarante jours de pluie à partir du dix-septième jour du mois, puis cent cinquante jours de crue, et il n’en sortira qu’au dixième mois, soit près de sept ou huit mois. Mais le temps que l’on passe dans l’arche n’a aucun rapport avec le temps que l’on vit à l’extérieur : ces quarante jours sont l’équivalent des quarante jours du don de la Loi au Sinaï, et le temps du dehors se compte autrement. Il suffit parfois d’une heure de spiritualité par jour pour couvrir vingt-quatre heures, et d’un jour pour couvrir toute une vie : c’est en ce sens qu’il est dit qu’une longévité se tient à sa droite.

Transcription intégrale du cours

Chers amis, nous avons parlé la dernière fois de ce dernier verset de Parachat Bereshit. Noah matzahen, Noah a trouvé grâce aux dieux de l’éternine. Nous allons maintenant suivre pas à pas ce Noah qui est un homme comme ce qu’on l’indique. Il est en paix avec le ciel, il est en paix avec les créatures, il est en paix avec les grands, il trouve sa place, il trouve également le moyen de coexister avec eux. Noach la Tartonime avec les personnes inférieures également, il adapte son langage. Noach Barulamaze, il est très bien dans ce monde-ci, il ne laisse rien transparaitre, mais il est… Noach Barulamaba, parlant de l’avenir, bon c’est un homme exceptionnel parce que et il est un homme d’ouverture apparemment ouvert à tout le monde, essayant de vivre avec son entourage à tous les niveaux. Il ne mène aucun combat, il ne veut pas. C’est une manière de mener sa vie spirituelle. Bon, c’est-à-dire que je considère que la vie spirituelle ne concerne que ma personne et rien d’autre. Et ma foi, je participe à toutes les activités comme si de rien n’était, je transporte mes valeurs avec moi, elles sont que pour moi.

Alors, est-ce véritablement l’homme spirituel par excellence ? Oh, nous savons que la Torah nous a présenté trois types d’œuvres, Adam, Noé et Avraham. Quelle est la différence entre ces trois types d’hommes dans leur relation avec le Créateur, ou disons le autrement, dans leur relation avec l’Absolu. Alors, il y a un verset de trois mots que nous récitons en général au coucher l’isho-hatra kiviti hachem, j’aspire éternel à ton salut, à ton assistance, à ton secours, mais ce Le petit verset se lit autrement « keviti hachem lisho atra, j’aspire éternelle à ton salut ». Il y a une différence et il y a une troisième lecture « hachem lisho atra keviti, éternelle j’aspire à ton secours ».

Alors le premier c’est Adam, le deuxième c’est Noah, et le troisième c’est Avraham. Quelle est la différence ? On s’engage quelquefois dans des voies qui nous dépassent et pourvu que l’on arrive effectivement à conserver l’appui que nous avons. Nous n’avons pas la force ni le courage d’affronter les difficultés de ce monde et, par esprit de démission et par souci de ne pas tribucher dans sa voie et de ne pas perdre son acquis, Alors, nous nous servons de D’ comme une Rutsuku, nous lui demandant assistance, nous sommes toujours en train de l’implorer. Oui, Adam a commencé comme ça. Il devait, les Ovda ou Chomra, il devait rester dans le jardin d’Eden pour garder l’acquis de ce monde spirituel dans lequel l’Éternel l’a placé, mais il a voulu écouter son Ahash, esprit ou cette langue de serpent qui parle à travers lui abordait la maîtrise de ce monde tout en restant dans le jardin des dennes. Il échoue et alors il dit il n’y a pas d’autre voie. Maintenant il faut toujours demander l’assistance de D’. Le deuxième c’est Noa. Noa est un homme qui ne veut pas rester tributaire de l’assistance divine. Il se lance des défis, il réussit en partie, il arrive à se tenir dans un relatif équilibre entre les exigences de D’ et l’exigence de la vie ici-bas. Mais c’est un partage difficile.

Quoique D’ engage une alliance avec lui, il doit à un certain moment se se retirer dans une arche pour se sauver des eaux du déluge parce que dans le monde, dans l’environnement dans lequel il vit, en cherchant à terre ses propres valeurs et ne les garder que pour lui, et tout en étant mêlé à la vie de tous les jours avec l’autre monde, il n’arrive pas à résister au courant qu’il entraîne sauf s’il décide de se replier et de se renfermer sur lui-même. C’est l’arche de Noé. Enfin, le troisième, c’est celui d’Avraham, Ah Shem Lisho Atra Kiviti, éternel, j’implore ton secours, moi je cherche à te délivrer des griffes des autres personnes, des griffes de ce monde.

Je cherche réellement à te faire reconnaître, à admettre ta présence au sein de ce monde. Donc, à affirmer tout cette spiritualité, cette morale, qui atteste de la finalité de cette création. Mais ça, c’est un pas en avant, où l’homme ne cherche pas à se servir de D’ comme une Rutsuko. ni à se replier face à sa génération et ne s’occuper que de sa quête spirituelle qui lui est propre. Au contraire, il voudrait faire profiter ou partager son expérience avec toute sa génération, En principe, ce ne sont pas trois voies différentes, ce sont trois voies d’accès, trois marches que les patriarches eux-mêmes vont exploiter de différentes façons, ou illustré, l’homme, dans ses premiers pas, effectivement, il se soumet à la toute-puissance de D’.

Ce monde lui fait peur, la tâche qui lui est demandée est au-dessus de ses moyens, Et par conséquent, il est là accroché, sa prière quotidienne, pour demander l’assistance divine. Mais au fur et à mesure que mûrit sa spiritualité, la peur disparaît, il gagne en assurance et essaie effectivement de considérer D’ comme un partenaire dans une alliance. Et de ce fait, il se sent, il vit sa spiritualité comme un associé dans l’édification de ce monde. C’est vrai que la première alliance est conclue avec Noé, avec l’homme qui se considère comme le partenaire de D’ dans cet univers. vient la troisième dimension, il avance encore plus et quand il a réalisé que ce repli sur soi face aux multiples courants qui menacent le monde de partout, le déluge des idées, le déluge des courants philosophiques.

Et ils décident de ne pas rester passifs, de ne pas se restreindre dans ces quatre coudés de Alain, Mais d’affronter sa génération, de ne plus appeler à la justice, à la rigueur, mais plutôt à la bonté. Bien, ces trois stades qui déterminent l’évolution d’une pensée spirituelle, le jeune âge de l’enfant, jusqu’à sa maturité. Adam, Noah et Avraham sont vécus comme ont été vécus par Avraham, Itzhak et Yaakov. Yaakov est l’homme tam-roi, il est plutôt l’homme de l’intégrité, c’est celui qui a intériorisé toutes les valeurs en lui. Itzraq est celui de l’Agvoura. Si Yaakov a été désigné comme étant celui qui vit de l’intérieur cette quête spirituelle, et cette quête spirituelle se vérifie au au mytote, aux vertus de l’homme.

Itzraq et Sadeh, le chant, le chant n’est exposé effectivement à toutes les intempéries, des terrains quelquefois rocailleux, mais il faut essayer de tenir et de ne pas se laissé emporter par le courant, et Trak observe un phénomène de repli par rapport à son père. Avraham est celui qui est Har, la montagne. Oui, la Torah ne nous fait part d’aucune vertu de Avraham qui le prédispose à sa vocation spirituelle, c’est au travers des épreuves permanentes. Sa vie n’est qu’épreuve, mais il a décidé de les affronter indépendamment de toute assistance divine, l’homme de prière c’est Yaakov, l’agriculteur, l’homme de la terre c’est Itzhak, l’homme qui est véritablement en gage, un dialogue ouvert avec D’ et pour le bien-être de l’humanité et qui répond à tous les défis c’est Avraham. Donc quand nous étudions la paracha de l’ouïe, il faut avoir présent dans l’esprit cette évolution ou ce parcours spirituel qui nous est propre parce que, n’oublions pas que le déluge en lui-même relève d’une histoire qui est partagée par les différents récits de déluge dans les autres cultures et civilisations. Tout comme les lois de Sumer reflètent quelques lois qui existaient déjà, des années auparavant, et pour les esprits critiques elles auraient été reprises par la loi Mosaïque, mais en réalité, à partir du moment où nous admettons que ce qui compte à travers toute chose, c’est l’esprit qui anime, ce n’est pas tant le récit, ce n’est pas tant l’objet, la matière, mais l’enseignement qui s’en dégage. Si la création est ex nihilo, en réalité, elle prend sa source dans la loi.

C’est-à-dire qu’il n’y a aucune création qui n’ait été précédée d’abord par un esprit. Et Et c’est cet esprit qui lui a donné naissance, de ce fait, quand on parle du déluge, on peut effectivement l’envisager comme une avalanche de lois ou d’idéologie que se disputent les hommes et qui favorise une corruption. demeure un libéralisme de pensée qui jouxte la violence et qui la justifie le Ennui qui qui se replie dans la téva, dans l’arche, c’est celui qui véritablement cherche refuge dans la lèche. Le mot est ainsi appelé téva. Chez Avraham, c’est appelé mila, la circoncision. Mais Mila, c’est le mot. Quelle est la différence entre Théva et Mila ? C’est que Théva, c’est bait, c’est véritablement un repli sur soi, tandis que Mila, c’est une ouverture vers l’extérieur.

C’est l’ouverture sur un dialogue. Chez Noé, il n’y a pas de dialogue. Chez Avraham, il y en a un. Mais le fait que Noé ait tout de même cherché à épargner sa vie face à tous ceux qui lui ont voulu le choix de sa vocation spirituelle et qui a voulu s’enfermer dans le texte, dans le mot, et qui a réussi à bénéficier. Il a bénéficié d’une révélation. De quelle révélation Il a bénéficié des sept lois noachites. Les sept lois noachites, je les rappelle, c’est bien sûr les trois péchés capitaux, à savoir les relations incestueuses, l’idolâtrie, le crime. Alors, la consommation d’un organe de bête vivant, le vol, l’interdiction de vol, l’institution du Sanhédrin, il faut songer un tribunal de fusti, un tribunal qui légifère et en dernière recommandation, le blasphème, l’interdiction de blasphémer. Mais cette révélation a coûté la vie à toute une population, toute une population qui était à l’époque bien sûr concentrée dans ce périmètre du Moyen-Orient parce que le déluge à partir du moment où il est dit Alpner Adama sur la surface de la terre, ça veut dire qu’il y avait une autre partie du globe qui n’était pas touchée par ce début. Ça n’avait pas besoin. La terre d’Israël n’est important que par l’embryon qu’elle constitue par rapport à l’ensemble du globe terrestre, de l’univers entier, c’est en cela que la terre d’Israël qui effectivement se se distingue par ces sept fruits et ces sept fruits sont toutes symboliques, sont toutes.

C’est une terre qui représente les sept mydotes, les sept qualités. Or nous avons dit toujours que ce qui importe le plus dans une quête spirituelle, C’est la manière où cela se traduit dans l’expression de nos mouvements, de nos pensées, de notre langage. Ce sont les mythotes. Les mythotes nous donnent la mesure de la spiritualité de chacun. Ce n’est pas la piété, ce n’est pas la connaissance, mais l’émidote. D’ailleurs, quand on aborde l’étude de Noé, elle est au-delà de Noir. Voici les engendrements de Noé, et nous avons dit que Noé n’engendre que sa personne. Il n’arrivait pas à communiquer au-delà. Quand on n’arrive pas à ouvrir le dialogue avec le créateur, on n’arrive pas non plus à le partager avec sa génération.

Mais ce noir avait trois qualités. Ish, Tzaddik, Tamim. Quand on parle d’Ish, c’est un homme d’un niveau moral élevé. Ha’shuv, il est important, qui était appelé Ish, c’est Moshe. Moshe, Isha, Elohim. Qui est appelé Tzaddik ? Juste. C’est Youssef. Youssef a Tzaddik. Oui. Et qui est appelé Tammim ? C’est Yaakov. autrement dit, Noé a une parcelle à la fois de l’homme moché de Joseph – nous savons très bien que Joseph est contesté par ses frères et Noé est contesté par sa génération il est isch comme mochet parce que il est objet de révélation, vous savez très bien que même la révélation du peuple juif sur le Mont-Sinan était accompagnée de morts, parce qu’une quête spirituelle, à l’extrême, quand on ne peut pas se mesurer à elle, elle nous prive de la vie.

Là-bas, on nous dit lorsque D’ s’est manifesté sur le monde sinaï, le peuple n’était pas en mesure d’appréhender cette exigence divine ou cette manifestation divine, et alors il a perdu son souffle. Une rosée de vie, il a ramené à la vie et tout simplement parce que ce peuple, ce peuple qui avait fait preuve d’unité face à la montagne et qui avait réussi à faire terre pour l’occasion Toutes ces, disons, tout ce qui est des sources de division, de contestation, parce qu’il ne vaut pas perdre de vue que dans le monde spirituel aussi on n’échappe pas à ça. Il ne vaut pas toujours chercher à faire de ce monde spirituel un bon. Chacun a sa manière de vivre sa vie spirituelle et de la même manière qu’il y a 70 manières d’interpréter la Torah.

Il y a 70 manières d’appréhender la présence de D’ la croyance en D’ dans ce monde. Mais on s’age dise que lorsque nous restons à ce niveau-là, des différentes expressions, nous sommes à la limite, à quelques pas de l’idolâtrie parce que nous servons D’ à travers des modes de perception. Ceux qui s’appellent dans le langage ébraïque « sarim ». « Sarim », ce sont des princes, mais ce sont tout simplement des perceptions annexes. Nous le savons très bien comment chacun vit sans judaïsme. Mais il y a un niveau qui se situe au-delà de ces 70 degrés de perception. C’est celui qui réussit à unifier toutes ces septembre ramifications en une seule donnée. qu’ils les transcendent tous.

Alors, Noé a quelque peu perçu cela, mais il est resté au niveau de Eloquim. Eloquim, c’est un attribut de justice, ce n’est pas un attribut de hachaine. Effectivement, dans le chapitre 6, nous avons État Eloquim et État Dernour, Noah a perçu D’ sous l’angle de l’injustice, mais aussitôt après, dans le chapitre suivant, Nous voyons que l’attribut de Hashem apparaît. L’attribut de Hashem apparaît lorsque Hashem révèle les lois anouées. J’essaie de le retrouver dans le texte. «Va yarach Hashem et reyach hanichoach, vayomer Hashem elitbolo sifchot le kalel eta adamav avur adam, ki etzele v’adam raamin ha’ola». L’Éternel se promet de ne plus apporter de déluge, de ne plus apporter au déluge, le déluge, ça veut dire de ne plus avoir d’exigence par rapport à l’humanité de H.M. Ehad ou Schmo Ehad.

Il accepte que l’on se sert de ces sans-vimes, comme aujourd’hui bien sûr on peut le remarquer dans différents courants du judaïsme, je ne veux pas m’attarder là-dessus. C’est l’homme qui vit, qui se distingue par cette incarnation des valeurs. Alors la descendance de Noé va également attester de cette évolution spirituelle. Je fais remarquer que depuis la création et jusqu’au avocat, nous allons effectivement Suivre un produit de synthèse de vie spirituelle, chez Adam il y aura trois enfants, chez Sheth également il y aura trois enfants. Noé, trois enfants, que représentent en somme ces trois enfants, ce sont les trois stades de l’évolution dont chaque être mais qui se fait d’une manière simultanée. c’est nefech ruach nechama, nefech c’est l’existence biologique de l’être, l’impulsion, les impulsions de chacun, le ruach c’est l’esprit, c’est la conception, ce sont les formes idéologiques et Neshama, comme vous pouvez le remarquer il y a dans le mot Neshama Shen, le nom c’est l’identité de l’essence qui habite chacun, chaque créature. Il y aura certains qui diront que il n’y a pas de Nechama chez les autres. Laissons cette Kabbala de côté, sinon n’admettrez difficilement qu’il y ait des personnes de civilisations étrangères, de croyances étrangères qui puissent intégrer le peuple juif. Il y a une coloration propre. Mais chacun peut y accéder. De toutes les façons, rien n’est à l’état statique. Tout est en mouvement. Quelques fois, ceux qui donneront la priorité à un haut nez à cette vie instinctive, impulsive, il y a ceux qui vont effectivement cultiver en eux l’art, la beauté, l’élégance de la pensée, de la vie sous toutes ces formes et qui est indispensable même à la vie spirituelle, à l’exigence de vie spirituelle, il n’y a qu’à voir cette majesté qui se dégageait du service du Kwaïngadol dans le sanctuaire, qui était appelé Hode, Majesté. Et enfin, cette Neshamah, cette essence spirituelle à laquelle nous rendons hommage tous les matins et l’ocay neshamah chez Nathan Tabithai Oray, éternelle, la neshamah que tu m’as donnée, que tu m’as insufflée et les elle est pure dans son épreuve. Mais ces trois, réunis, Shem, Ham et Effet, quand ils ne sont pas séparés, ils se constituent tous Noé, ils sont tous Noé.

Ce qui les rend malsains, c’est lorsqu’ils sont pris individuellement d’une manière autonome et indépendante. Alors à ce moment-là, Noach, qui est considéré que Eta Elohim, Eta Lech Noach, Noach a marché avec D’, Noach devient par la suite Isha Adama. Il devient Isha Adama, l’homme de la terre, l’homme qui plante une vie, l’homme qui se dénude dans sa tente et qui s’expose des dérives. Pourquoi ? Parce que Vaishan’er a Noir, seul Noir, Noir il a, il n’a pas su saisir dans un seul mouvement, « Shem cham eyefet ». « Shem eyefet » sont deux nobles vertus qui sont, disons, dynamisées par le « cham », par les impulsions de chacun, c’est comme ça que ça devrait être.

Mais, ce qui nous permet de dire ça, c’est que va y’oled noach shlo shabani, noach, ami au monde, trois enfants, c’est et chen, et cham ve et yafet. Chaque fois, il y a ce mot « et ». Le texte aurait pu dire « chem cham ve yafet. Tout simplement, pourquoi ce être ? C’est parce qu’il a justement tenu à distinguer chaque enfant comme étant une page de vie différente. Mais alors, quand on les sépare, c’est là la source de tout dérive. «Va ti shachet ha’arets lifne ha’elokim, va ti male ha’arets hamas». «Va ti shachet ha’arets lifne ha’elokim, la terre est corrompue devant D’». Elle est corrompue, corrompue même par ces spiritualistes qui méprisent le côté de l’effet, de l’esthétique, ou bien qui sont toujours en crainte de décrire Ham.

Ils sont rattrapés au détour des situations passées d’eux par Ham et Effet. Ce sera la même chose pour les adeptes du hofi, de l’esthétique tout court, de l’élégance, des beaux offices, des belles prières, des belles chorales, mais la ferveur de la prière n’est pas là. C’est la torture des tortures, je suis en train de faire du trompe-d’œil. Oui, je viens de la… Donc, va-t-il m’aller à Haaretz, Hamas, et la terre s’est remplie de violence. La terre s’est remplie de violence, c’est-à-dire oui, Hamas, parce que, or vous savez, la génération du déluge est accusée de tous les maux. Et là, elle est passive, plus deux. J’fais houdami, mais fusion de sang, d’idolâtrie, de débauche. Mais non, mais ce qu’on dénonce, c’est le Hamas. Le Hamas, c’est la violence.

ramasser la violence, pourquoi ? Oui, mais parce que on a volé à la ligne spirituelle authentique, soit en la privée de sa beauté, soit en la privée de son impulsion, soit en la privée de sa véritable essence. Alors, à ce moment-là, les gens ne se reconnaissent plus les uns dans les autres. Il n’y a plus de possibilité de récupération étant donné que tout chair a corrompu sa vie sur terre. A ça s’est dit Scher. Scher se dit même de Schemm, de Ramm, de Yevet, parce qu’ils n’ont pas su coordonner le mouvement de ces trois courants dans une même perception spirituelle C’est la raison pour laquelle D’ décide de refaire l’humanité. Qu’est-ce que l’homme n’appelle plus Adam ?

L’homme ne porte plus ce titre, cette attribut. Il est un être de chair, comme toutes les créatures, qui m’a les arrêtres ramasse, m’y pénèrent parce qu’eux, ils sont en train, chacun, de se disputer, D’, de le voler, de le prendre en captivité, à leur façon. A leur façon, il n’y a plus de possibilité de rédemption, et c’est la raison pour laquelle D’ demande que Noé puisse constituer le point de départ d’une nouvelle humanité. Et nous avons dit que cette humanité qui doit constituer le nouveau point de départ, elle est dans une téva, elle est dans une arche, mais quel est le secret de cette arche ? c’est yut k vav, les dimensions de cet arch nous les avons dites la semaine dernière, yut k, yut fois k, yut fois he, ça fait 50, yut fois vav, ça fait 30 et yut multiplié par he, multiplié par vav, ça fait 300.

ce sont les dimensions de la teva, dans lequel c’est le mot, c’est le contenant, dans lequel le yut kevav, dans lequel va se réfugier Noah, dans la teva et nous remarquons que cette teva va durer 40 jours, mais 40 jours, mais le déluge a duré plus que 40 jours. Si nous comptons qu’il y a eu 40 jours du déluge, ça a commencé le 10 à Tajman, et puis il y a eu 150 jours où les eaux se sont multipliées, il y a eu un revenu des eaux, 150 jours, et en réalité, il n’est sorti que dans Havre, le Ba’asiri la Haudèche, ça fait presque sept mois, huit mois, mais on nous dit qu’au Au bout de quarante jours, le Noé a ouvert la téva, mais il y avait plus que quarante jours, non.

Mais le temps que l’on est dans la téva, qu’on est dans le yut-kevav, par rapport au temps que l’on vit à l’extérieur, n’a aucun rapport. C’est le temps de l’atéva ces 40 jours, qui est l’équivalent des 40 jours du don de la loi même sur le mon Sinaï. Et ce temps-là, on peut le multiplier par 5, par 10, c’est le temps qui se passe à l’extérieur, et qui lui est propre à la nature des choses mais pas à la vie spirituelle. Et il suffit quelquefois d’un jour de spiritualité, d’une heure de spiritualité par jour pour couvrir 24 heures et un jour pour couvrir toute une vie. C’est pour cela qu’on dit « l’orech yamin bimina » ou « bismonah » ou « chalvechavot ».

Il y a une longévité de vie, bimina, à ceux qui se tiennent à sa droite, ceux qui l’adoptent. Effectivement, la longévité de vie est là parce que l’essence de cette vie couvre plusieurs jours dans l’existence de ce monde. Je m’arrête là s’il y a des questions à poser avec plaisir.